Féral : cette force qui existe en nous
Les experts
EXPÉRIENCE : L’expérience est la seule école où les
imbéciles apprennent quelque chose, mais les leçons y coûtent
très chères ! Illustre inconnu, mais certainement un militaire1.
L orsqu’un nouvel équipier intègre la Force Intervention du GIGN, on lui demande de se spécialiser. Trois spécialités principales co-existent : maître-chien d’intervention, chuteur opérationnel et plongeur
d’intervention. Mais d’autres possibilités s’offrent au jeune opérationnel :
négociateur, tireur longue distance, explosifs, NRBC, Silent Team, etc. Ces
cellules animées sont animées par des opérationnels chevronnés qui sont
des maîtres dans la discipline qu’ils enseignent ? Ce sont les experts.
Dans ce milieu, rares sont les ops loquaces. Aussi quand les experts2 se
mettent à parler, tendez l’oreille ! Leurs conseils vous feront gagner un
temps précieux. C’est ce que j’ai fait au lieu de tracer seul mon chemin en
répétant des erreurs déjà commises par d’autres il y a bien longtemps. Les
anciens sont les héritiers d’un patrimoine virtuel qui a été transmis de
génération en génération d’opérationnels. Dans bien des domaines, les
unités spéciales progressent de manière empirique, en essayant encore et
encore de nouvelles techniques même les plus iconoclastes. Inutile pour
vous de perdre du temps à vouloir réinventer l’eau chaude ! J’ai écouté ce
que l’on m’a dit et je l’ai appliqué. Plus tard, à mon tour je ferai profiter
l’unité d’innovations dans le domaine des sports de combat en y insufflant
le MMA par exemple.
Dans le livre précédent, je vous ai parlé du Yunnan Baiho, une poudre
qui ne figure pas dans le paquetage, mais que tous les ops portent sur eux.
J’ai été bien inspiré de suivre ce conseil, le fait d’en avoir sur moi en Irak
m’a permis de cicatriser plus vite lorsque j’ai été blessé. De la façon de
s’équiper, du type de matériels à emmener en fonction des interventions aux
astuces en matière de franchissement, tout est bon à prendre. Écoutez vos
anciens afin de devenir l’un des dépositaires des « secrets de fabrication »
de votre unité, secrets qu’à votre tour vous transmettrez aux jeunes
générations quand le moment viendra. Parmi ces anciens, quelques-uns sont
des références dans des spécialités extrêmement pointues.
Lors de la formation, je me débrouille plutôt bien en utilisation des
explosifs, à tel point que mon chef de section me propose de suivre la
formation « Effraction chaude », la froide concernant les virtuoses du passe-
partout. En fait, j’ai toujours eu une attirance pour les artifices. Gamin, je
m’amusais à faire exploser des pétards Mammouth sur les pas de portes des
professeurs qui avaient pris un malin plaisir à me ridiculiser en classe. La
prof d’allemand, dont j’étais le martyr, avait droit à un traitement de faveur,
le Mammouth dans la boîte aux lettres ! Voilà qui m’a donné quelques
dispositions pour cette discipline !
Au GIGN, les opérateurs doivent être capables de pratiquer des
ouvertures là où on le leur demande. Le mot « ouverture » a ici un sens
large puisque cela va de la simple ouverture de porte, blindée ou non,
jusqu’à la confection de charges spéciales pour pratiquer des brèches dans
un mur, un plafond, une carlingue d’avion ou encore une structure
industrielle, etc. Le tout en ne provoquant aucun dégât collatéral et en
réalisant une ouverture conforme à la demande. Et c’est là que tout se
complique, car pour réaliser ce genre de performances, l’explosif ne suffit
pas. « Il y a autre chose », comme disaient les Tontons flingueurs !
Ce niveau d’expertise en la matière que possède aujourd’hui le GIGN est
le fruit d’études empiriques et d’expériences réalisées en compagnie
d’ingénieurs et de chimistes. Nous sommes tous des militaires et, à ce titre,
nous avons une culture de base des explosifs qu’il nous suffit ensuite de maîtriser, d’affiner, pour atteindre l’objectif demandé sans dégât collatéral.
Ceux qui ont fait le chemin en partant pratiquement de zéro ont eu
beaucoup plus de mal à y arriver. Les opérationnels du Groupe qui ont
ouvert la voie en la matière y ont souvent laissé des plumes. L’un d’eux a
perdu quelques doigts en testant des grenades dont l’une d’elles avait un
défaut d’allumeur. C’est en écoutant ces passionnés et en appliquant leurs
méthodes que j’obtiendrai 100 % de réussite sur les ouvertures de portes à
l’explosif en mission.
Parmi ces experts en explos, il y a les dépiégeurs d’assaut. C’est une
spécialité qui a été initiée par les Israéliens afin de répondre à la
problématique de l’intervention dans un site piégé. Dans une investigation,
si l’on sait que l’adversaire peut posséder des explosifs, ce sont ces
spécialistes qui sont en tête. Le regard fixé sur le sol, ils avancent repliés
sur eux-mêmes afin de voir ce que nous ne voyons pas. Rien ne leur
échappe. Au pire, ils nous balisent le terrain pour éviter de ralentir notre
progression, au mieux ils neutralisent tous les pièges susceptibles d’avoir
été déposés sur l’itinéraire. Il ne peut être question ici d’expliquer
l’entraînement très particulier qu’exige une telle qualification. La formation
qui dure 24 semaines débute par un cycle sur la neutralisation des colis
piégés, et se poursuite par les munitions conventionnelles et radiologiques,
biologiques et chimiques. Mais il ne s’agit ici que du déminage défensif,
traditionnel, réalisé sans contrainte de temps. Le futur dépiégeur doit être
capable de pratiquer le dépiègeage offensif, c’est-à-dire de déceler les
pièges et de les désamorcer au rythme de progression de la colonne
d’assaut. Sinon, ils le balisent selon un code connu de tous les militaires du
GIGN.
Pour en arriver là, c’est un nouveau cycle d’instruction interne, ponctué
de stages dans des unités spécialisées 17e RGP, École du Génie, etc.) Ils
sont ensuite de tous les symposiums consacrés aux explosifs organisés en
France et à l’étranger, car la mise à niveau des connaissances est
permanente. Parmi eux, Jérémy, le chef de la cellule dépiégeage d’assaut
qui est titulaire du diplôme de « Master EOD3 », le plus haut degré de
qualification internationale interarmées en matière de déminage.
La maîtrise des explosifs est à mon sens l’un des basiques que doit
posséder tout bon opérateur. Au GIGN, j’ai pu tester, sans aucune
restriction, pendant des semaines entières, tous les explosifs en les alliant
avec d’autres matières. Nous avons pu ainsi réduire les effets collatéraux des charges et diminuer la quantité d’explosif nécessaire pour obtenir un
résultat parfaitement contrôlé. Ce sont là des secrets de fabrication « Made
in GIGN » que je ne peux vous dévoiler ici, mais sachez qu’ils font l’envie
de beaucoup de nos homologues en France et à l’étranger.
K 9
En France, on adore les anglicismes et l’armée n’y échappe pas. Pour le
non-initié, K9 se prononce Kay-nine, soit « Canine » qui signifie canin en
anglais. Toutes les unités canines des États-Unis sont appelées K9 Teams.
L’expression a maintenant gagné le monde entier et, lorsque K9 est
prononcé, tous les cynophiles savent de quoi l’on parle. Au GIGN les teams
K9, sont en recherche perpétuelle.
Chaque section d’intervention – il y en a 4 – possède son binôme
cynophile. Ce sont les « croque-dur », car chez eux c’est le mordant qui
prime. Leurs maîtres, qui sont des opérationnels, sont responsables de
l’instruction et de l’entraînement de leurs malinois. Pas facile, car si l’action
se limite à quelques secondes, l’attente dure souvent plusieurs heures
pendant lesquelles le chien ne doit ni bouger ni aboyer.
Il existe au sein du GIGN une section d’appui cynophile spécialisée
essentiellement dans la recherche d’explosifs. Il ne se passe pas un jour sans
que leurs maîtres-chiens ne fassent de nouveaux tests qui vont du guidage
des chiens par laser ou par radio. Pour les endroits exigus comme les faux-plafonds des chiens de petite taille ont été formés à la détection des matières
explosives.
La Silent Team
Il s’agit là d’une équipe mythique dont le nom a été évoqué pour la
première fois dans le livre 4 Le GIGN par le GIGN. Cette « équipe du
silence » est un peu à l’image du jeu vidéo Splinter Cell. Approche,
infiltration, investigation, intervention, le tout dans un silence total. Aucun
étranger au Groupe n’a pu voir son entraînement, ni les moyens dont cette
équipe dispose. Vous pensez donc bien que ce n’est pas ici que je vais trahir
quelques secrets de fabrication propres à l’unité. Je vais donc me contenter
d’effleurer le sujet, et c’est déjà beaucoup !
Les membres de la Silent Team, encore appelée DAR5 au Groupe, sont
des opérationnels provenant des quatre sections de la Force Intervention et
que l’on réunit lorsque la mission l’exige. Une arrestation nocturne
compliquée parce qu’elle exige un effet de surprise total, un étage à infiltrer
par l’extérieur ou bien une investigation dans un endroit peu favorable au
silence des déplacements (graviers, planchers, etc.)… Ce sont quelques-
unes des situations où il est fait appel à cette équipe.
Ces opérateurs ont en commun d’avoir un profil de « chat maigre » et de
s’être soumis à un entraînement extrêmement rigoureux afin de maîtriser
l’art du déplacement. Les mouvements doivent être d’un silence absolu, à la
façon des Yamakasis. L’étude des différents terrains, le choix du
cheminement, le mode de progression et bien d’autres choses encore font
partie des apprentissages auxquels se livrent régulièrement les équipiers
DAR. L’intervention de La Crau le 18 novembre 2006 illustre parfaitement
le degré de technicité atteint par cette équipe. Celle-ci a déjà fait l’objet
d’un récit dans GIGN : Confessions d’un Ops, mais l’action de la Silent
Team n’y avait été qu’effleurée.
Dans cette petite ville du Var, un père de famille qui n’a jamais fait
parler de lui apprend brutalement que sa femme le trompe et que ses beaux-
parents sont au courant. Si une telle nouvelle a de quoi déstabiliser le plus
solide d’entre nous, elle déclenche chez lui le retour de la bête ! Nous
l’avons vu, l’état féral n’est pas réservé qu’aux opérationnels, ce serait trop
facile. Le commun des mortels peut y prétendre. La différence réside dans
le fait que les premiers provoquent et maîtrisent cet état alors que l’inverse se produit pour les seconds. Là, c’est la bête qui se met à dominer l’homme,
faisant de lui un forcené.
Christian Borghetto, c’est son nom, est maintenant un fauve. Les yeux
exorbités, prononçant des paroles incompréhensibles, il débarque chez les
beaux-parents, tue le beau-père, blesse la belle-mère et se lance à la
poursuite de son épouse. Il la rattrape sur la route alors qu’elle vient
d’arrêter une voiture et s’apprête à y monter. En la voyant transie de peur,
rigole Borghetto et lui hurle :
« Prends ça, salope !
Bam !, la balle de 9m/m du pistolet de Borghetto va se ficher en plein
dans la cuisse de la jeune femme. Des automobilistes stoppent et, alertés par
le coup de feu, des gens sortent dans la rue pour voir Borghetto aller se
réfugier dans la maison de ses beaux-parents. Dans la cour, un Rottweiller
excité par les cris et les tirs tourne sans arrêt prêt à mordre tout ce qui se
présente. Au rez-de-chaussée, Borghetto court d’une pièce à l’autre. Il est
seul, du moins le pense-t-il. Si la belle-mère blessée a réussi à se traîner en
dehors du domicile, il reste au premier étage la petite amie de son fils.
Voyant le coup de folie de son futur beau-père, elle s’est réfugiée dans un
réduit à l’étage et a alerté les gendarmes locaux en envoyant un SMS.
Depuis, elle est là, prostrée, guettant les pas de l’assassin dans l’escalier.
Voilà la situation que nous découvrons lorsque le GIGN arrive sur place.
La négociation aussitôt entamée ne donnant pas grand-chose, il est
décidé d’extraire la jeune fille. Immédiatement, la Silent Team se constitue.
Quatre opérateurs, spécialement formés aux techniques silencieuses de
déplacement s’équipent rapidement de leur matériel spécial, en ne
conservant sur eux que leurs armes de poing. Ces quatre-là ont le même
profil, ils sont minces avec les muscles tout en longueur, tous excellents
varappeurs.
La nuit est tombée depuis une heure quand le premier s’élance vers le
toit en escaladant la gouttière située à l’opposé de la pièce où se tient le
forcené. Il progresse lentement, pas un son ne vient troubler son ascension.
Il se rétablit sur le toit, écoute et observe quelques secondes avant de faire
un signe de la main. Aussitôt le second commence à monter avec la même
souplesse dans les mouvements. Dans le silence nocturne, les bruits portent
beaucoup plus loin que le jour et l’attention de Borghetto pourrait être
attirée par le moindre frottement ou le déplacement d’une tuile. Les deux opérateurs marchant sur le faîte de la toiture se dirigent à présent à son
extrémité, au plus près de l’endroit où la jeune femme a été localisée.
C’est maintenant au tour des deux derniers du team de s’élancer vers le
toit. Ceux-là seront chargés de l’évacuation à l’aide d’un rappel.
Afin de parer à toute éventualité, nous mettons en place un assaut
d’urgence. Vite ! Un breacher fixe une charge explosive sur la porte tandis
qu’un autre agit à l’identique sur les fenêtres dont les volets sont fermés.
Mais nos « chats maigres » sont des pros et Borghetto n’entendra rien,
occupé qu’il est à discuter avec notre négociateur.
Les « spidermen » marchent sur le sommet du toit, enlèvent quelques
tuiles et pénètrent dans le grenier. La jeune femme se terre dans un petit
cagibi à l’extrémité d’un couloir. Les escaliers sont en bois et les couloirs
en plancher, mais la Silent Team sait faire. Chaque pas est réfléchi, calculé
selon une technique là aussi répétée lors de multiples exercices et qui est
adaptée au revêtement à franchir.
Ils descendent à présent les marches qui mènent au premier étage. Ils
entendent parfaitement Borghetto qui, au rez-de-chaussée, discute au
téléphone avec le négociateur et menace « de tuer le premier flic qui se
pointe ! ». Ils pourraient surgir en force et le neutraliser d’un tir, facile ! Ce
n’est pas leur mission, leur job c’est d’extraire la fille que nous considérons
comme une otage. Viendra ensuite la reddition du forcené qui devra être
amené non pas au cimetière, mais devant la justice.
Alors que deux équipiers sont en garde face à l’escalier d’où pourrait
jaillir Borghetto, le chef d’équipe envoie un court SMS à la jeune femme :
« On est à votre porte ». Il faut impérativement éviter qu’elle crie. Rien ne
filtre de l’autre côté, preuve qu’elle a passé son portable en mode
silencieux. Il attend une dizaine de secondes puis ouvre lentement le
battant, un doigt sur les lèvres. D’un geste, il lui fait signe d’ôter ses
chaussures et de les suivre. Ils se dirigent vers la fenêtre la plus éloignée de
l’endroit où se trouve le forcené, un étage plus bas.
À partir de maintenant, si Borghetto alerté par un bruit se pointe l’arme à
la main, il faudra le neutraliser dans la seconde car la vie de la jeune femme
serait alors menacée. Or, le sang a déjà suffisamment coulé pour ne pas en
rajouter, fût-ce celui de l’assassin.
Un opérateur ouvre la fenêtre tandis que la jeune femme enfile le harnais
que lui tend l’un des équipiers. Ce n’est pas bien haut, un peu plus de huit mètres, mais il serait idiot de lui faire courir un risque. Un rappel est monté
et elle descend, sanglée dans le dos de l’un des hommes de la Silent Team.
Deux minutes plus tard, tout le monde est là. L’opération n’a pas duré plus
de quinze minutes.
Assaut ! On rentre. Il tire une balle qui me frôle le visage, je ne riposte
pas. Chez les forcenés, il arrive fréquemment que l’état dépressif succède à
celui de féral. C’est le cas de Borghetto qui vient de prendre conscience de
ses actes. Il attend maintenant la mort, mais il n’a pas les couilles de se la
donner : il braque son arme vers lui, tire, mais retourne sa tête au moment
même où son index appuie sur la queue de détente. On a connu des
suicidaires plus déterminés. Lui, il veut que nous soyons ses exécuteurs.
Tu te trompes, Borghetto ! Nous ne sommes pas là pour rendre la justice,
juste pour t’organiser un rendez-vous avec elle.
Le premier de la colonne lui fonce dessus avec son bouclier et l’aplatit
au sol. Pour lui ôter toute velléité de reprendre la castagne, je l’immobilise
d’un coup de pied dans les côtes qui lui fait perdre connaissance. C’est fini.
Borghetto prendra 18 ans fermes aux assises.
Voici ce qu’est la Silent Team. Un groupe d’hommes spécialement
formés pour s’infiltrer de nuit et dans le silence le plus absolu. Cet exemple
authentique sur un forcené est le seul me permettant de vous décrire cette
équipe sans trop entrer dans les détails tactiques et techniques et sans
dévoiler des missions plus pointues et confidentielles.
Mais retenez que ceci fait appel à une préparation physique et mentale
intense. Chaque geste devant être contrôlé au millimètre, les hommes de la
Silent Team sont eux aussi en état d’exception afin d’augmenter leurs sens
de perception (vue, ouïe) et de développer une hyperconcentration qui
favorise leurs techniques de déplacement.
Enfin pour clore sur l’état féral, sachez que nous ne faisons pas
uniquement appel à lui pour améliorer nos performances en intervention,
mais aussi pour « doper » nos capacités de résistance.
Ce 19 juillet 2006, une vague de chaleur frappe la France depuis une
dizaine de jours. À Marseille, la mer atteint 30 degrés ; à Paris la
température est de 38 degrés. Lorsque cette canicule sera passée, on
s’apercevra qu’elle aura entraîné une surmortalité de plus de 2 000 décès en
France, selon Météo-France/Inserm.
Ce jour-là, je suis à Villeparisis pas très loin du Crédit Agricole, enfermé
avec Chris et Steph dans un fourgon en tôle. Nous sommes là parce qu’un
renseignement venu de la section de recherches de Versailles nous annonce
qu’un braquage va être réalisé sur le véhicule de transport de fonds chargé
de réapprovisionner le distributeur en billets. Les types sont des violents qui
ne vont pas hésiter à tirer en cas de grabuge, d’où notre gros dispositif
composé de plusieurs voitures banalisées et de deux sous-marins.
Le plan prévoit que nous déclenchions l’arrivée du fourgon peu de temps
après l’apparition des braqueurs. L’équipage de la Brink’s est constitué de
deux équipiers du GIGN, Victor et Yoann, le MR 73 à la ceinture, prêts à
accueillir la bande de malfaisants comme il se doit. Fred, le patron du
Groupe est lui-même posté dans un bâtiment depuis lequel il a des vues sur
l’endroit où le transport de fonds doit s’arrêter.
À bord de notre fourgon, nous lorgnons sur l’unique pack d’eau qui nous
a été généreusement octroyé en espérant que l’attente ne va pas durer trop
longtemps. Car la température monte : on dépasse maintenant les 45 ° dans
notre étuve métallique et nous ne sommes pas en tenue de plage. Casque sur
la tête, gilet pare-balle lourd et bouclier pour moi. Les types d’en face
arrosent à la Kalach, il vaut mieux être prudent !
Dans une rue adjacente, Mathieu, un Réunionnais tient le rôle de piéton-
observateur. Vous connaissez Snoop Dog, ce vieux rappeur américain qui a
son étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard ? Eh bien, Mathieu,
c’est une copie conforme en plus jeune ! Il est à la veille de partir en
vacances, mais aussi parce que c’est la mode, il s’est fait tresser et coller les
cheveux sur le crâne, comme Snoop Dog, à la grande satisfaction de l’état-
major du GIGN !! Dire que son occiput souffre de la chaleur est un doux
euphémisme, mais lui, à qui on reprochait hier cette coupe trop éloignée des standards gendarmiques, se fond aujourd’hui dans la foule avec une aisance
déconcertante.
Deux heures plus tard, aucun des malfrats n’a pointé le bout de son nez
et il fait cinquante degrés dans le sauna. Nous qui avions tablé sur trois
heures d’attente au maximum, soit un litre d’eau par heure et par personne,
on a tout faux. Et de l’eau maintenant, il n’y en a plus.
« On pourrait peut-être enlever le casque, suggère Steph.
– Impossible ! rétorque Chris, si on doit sortir fissa, on doit être prêt ».
Puis se ravisant : « Allez, mais pas plus de cinq minutes ! On ne prendra pas
le bouclier. Tel que l’on est, on est cuit ! On se mettra face à eux et s’ils
nous braquent, on tire ! »
Nous avons prévu qu’ils soient équipés de gilets pare-balles, c’est donc
un tir à la tête que nous nous devrions réaliser s’ils devaient pointer leurs
armes sur nous.
Mon casque dégouline de sueur, la combi est à tordre, on est rouge
comme des coquelicots, et pourtant nous restons cinq heures dans cette
fournaise, cinq heures ! À force de transpirer, je passe tout ce temps sans
pisser. Mes deux potes eux, urinent dans une canule aménagée dans le sous-
marin. La bouche et la gorge sèche, la sueur qui coule de nos fronts fait
picoter nos yeux, et toujours pas de braqueurs… Où allons-nous chercher la
résistance qui nous permettra de tenir jusqu’à l’arrivée du premier truand ?
Alerte générale, les voilà, devant nous à une centaine de mètres. L’Audi
grise qui nous a été signalée arrive et se gare sur un parking à une dizaine
de mètres du distributeur. L’un des malfrats en descend et vient s’asseoir sur
le trottoir tout près de la banque. Il observe, on le sent peser et soupeser la
situation, c’est un méfiant. Son acolyte quitte la voiture à son tour, mais
reste à proximité. Chez nous, l’adrénaline a remplacé la transpiration !
Allez vite, envoyez les billets ! Fred, notre patron, fait démarrer le camion
blindé, c’est bon les gars, braquez que l’on sorte de cet enfer ! Eh bien non !
Les malfrats ont un sixième sens. Ils regardent Yoann et Victor effectuer
les opérations de remplissage du DAB sans bouger un cil. Nos deux ops
font cela comme des pros, c’est vrai qu’ils ont été coachés par les gens de la
Brink’s pour jouer le rôle des convoyeurs de fonds. Le fourgon parti, l’Audi
ne quitte pas le parking. Et nous non plus ! Il nous faudra encore patienter
un long moment avant de les voir abandonner les lieux, filés par des ops à
motos. Nous nous retrouvons tous dans la cour de la Brink’s où le spectacle de Chris et Steph en slip, en train de s’arroser d’eau froide, restera dans les
mémoires.
Beaucoup des opérationnels présents ce jour sont de ma promo, la
célèbre « Des racines et des brêles ». Aucun d’eux ne s’est plaint, tous ont
tenu et étaient prêts à intervenir malgré six heures à attendre sous une
chaleur caniculaire. L’histoire ne s’arrête pas là. Quelques jours plus tard,
nouvelle alerte. Nos deux braqueurs veulent passer à l’action au même
endroit et sur le même objectif. La vague de chaleur est toujours présente et
c’est avec soulagement que je vois que notre sous-marin est… un camion
frigorifique ! Un vrai luxe, d’autant plus qu’il est équipé de caméras,
d’écrans et de moyens d’observation. Ce sont justement ces moyens qui
nous permettent de constater que nous ne sommes pas les seuls sur le coup !
Ordre nous est donné aussitôt de replier les gaules afin d’éviter une bavure
éventuelle. Sage décision, car ce jour-là non plus, ils ne passeront pas à
l’acte.
Eux aussi avaient détronché les policiers.
Nous les arrêterons un peu plus tard, à six heures du matin lors d’une
intervention domiciliaire.
Air-Marshall
La lutte contre la piraterie aérienne est l’un des domaines d’excellence du
GIGN. Dès 1976, sous l’impulsion de son chef Christian Prouteau, le
groupe va réaliser des entraînements réguliers au contre-terrorisme aérien
sur tous les types d’aéronefs. Un Boeing 707 interdit de vol sera même mis
à la disposition des gendarmes par Air France afin de tester armes et
explosifs pouvant être employés lors d’interventions sur des avions. Les
enseignements importants tirés de cette phase d’expérimentation serviront à
définir les procédures et les moyens techniques à utiliser pour pénétrer dans
un appareil et le genre de munitions permettant d’effectuer des tirs efficaces
sur les vitres de cockpits.
Cette expertise, patiemment acquise, donnera toute sa mesure lors de
l’assaut de l’Airbus de Marignane le 26 décembre 1994. Depuis cette date,
le GIGN travaille d’arrache-pied à identifier les différentes menaces
aériennes et à mettre au point différents plans de sécurité dont celui qui
prévoit la présence d’équipiers armés sur certains vols à risques. C’est
auprès des unités étrangères, et en premier lieu des Américains, que les
opérationnels du GIGN vont se former sur cette mission particulière.
Les air-Marshals américains sont des agents de la Federal Air Marshal
Service qui est un service dépendant de la TSA (transportation Security
Administration), lui-même sous la tutelle de la Sécurité intérieure des États-
Unis. Quand on sait que ce service a été créé au début des années soixante,
on mesure l’importance de leur expertise dans ce domaine. Notons en
passant que les Américains n’étaient pas les seuls précurseurs.
En Europe, suite au détournement et à l’explosion d’un appareil de la
Swissair en Jordanie, les Suisses ont ouvert la voie dès 1970 en mettant sur
pied une unité spécialement dédiée à cette mission. L’Autriche leur a
immédiatement emboité le pas en se joignant aux Helvètes pour la
formation de ses air-marshals. Quant à Israël, depuis les JO de Munich en
1972, la plupart des avions d’El Al bénéficient à chaque vol d’une présence
de gardes armés.
Jusqu’au début des années 2000, les air-marshals US étaient à peine plus
d’une trentaine. Les attentats du 11 septembre 2001 ont changé la donne,
non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier. C’est donc tout
naturellement auprès de ces unités étrangères que le GIGN va compléter la
formation des opérationnels qui seront chargés d’assurer cette mission. Plus
tard, le Groupe développera son propre réseau de formateurs « Air
Marshall ».
Comme les autres, j’ai suivi ce cycle d’instruction qui commence par
une présentation détaillée des avions par les deux principaux constructeurs :
Airbus et Boeing. Les appareils sont disséqués centimètre par centimètre
carré. Rien ne doit nous échapper, trappes secrètes, ouvertures des portes,
des soutes, etc. Vient ensuite l’apprentissage de l’ensemble des procédures
en usage à bord des vols des différentes compagnies françaises. À partir de
là sera élaborée une stratégie qui aboutit à un protocole à appliquer pour
chaque vol. La position des air-marshalls dans l’appareil, leur dotation en
armement et les techniques d’intervention à bord font l’objet de mises en
situation très poussées. Bien sûr, tout ceci est théorique et tous nos chefs
d’équipe air-marshals ont pleine liberté pour s’adapter aux événements qui
se présentent.
Lorsque je suis arrivé au Groupe, cette mission était en place depuis
quelques années. Une fois ma formation de « shérif de l’air » terminée, j’ai
pris le tour opérationnel comme tous ceux qui avaient suivi ce cursus. Pas
facile ! Il était hors de question pour la gendarmerie de nous envoyer à
l’étranger pour y passer ne serait-ce qu’une journée de repos. Pensez donc !
Très rapidement on a donné le nom de « Touch and go » à ces missions, à
l’image des pilotes qui atterrissent et remettent les gaz les roues à peine
posées. En effet, nous repartions avec le même avion sitôt nettoyé et les
nouveaux passagers embarqués ainsi que leurs valises. Les valises, c’est
sous les yeux que nous les avions ! Il nous fallait rester près de 48 heures en
hyper concentration avec juste le droit d’aller faire un tour dans les
boutiques duty-free une fois arrivé à destination.
Avec le décalage horaire des vols transatlantiques qu’accompagne le
manque de sommeil, nos performances opérationnelles s’amenuisaient au
fil des heures du retour qui s’effectuait dans la foulée de celui de l’aller. Or,
cette mission exige une vigilance de tous les instants et une discrétion totale
de façon à ne pas se faire détroncher par d’éventuels terroristes, ni par les
passagers d’ailleurs afin de ne pas créer un climat d’anxiété dans l’appareil. Mais surtout, en cas de pépin, il fallait être capable de « switcher » dans la
seconde. C’est-à-dire de passer d’un état qui, aux yeux des autres
voyageurs, pouvait sembler être de la léthargie à celui d’un fauve
parfaitement maîtrisé.
La gendarmerie, sensibilisée par nos chefs, nous accordera parfois une
journée de repos à l’escale. Ce n’était pas volé, car intervenir dans un avion
est l’une des choses les plus compliquées qui soient. C’est exigu, les
passagers sont nombreux et leurs réactions imprévisibles, mais surtout s’il y
a lieu de tirer, la première balle doit être déterminante. Il faut donc être en
pleine possession de ses moyens. Effectifs, armes, tactiques, lignes et
compagnies, tout est strictement confidentiel, mais on peut lire ici ou là de
soi-disant témoignages portant sur le sujet. Ne croyez pas tout ce qui est dit
à propos des air-marshals, en particulier sur l’armement. Notre
collaboration avec les transporteurs aériens et les constructeurs ont fait
tomber quelques principes qui prévalent toujours dans la croyance
populaire.
J’ai accompli plusieurs de ces missions, dont l’une d’elles est restée
gravée dans ma mémoire parce que, ce jour-là, nous avons volé avec deux
« Targets » potentiels à bord.
Désigné comme chef d’équipe pour un vol long-courrier, je me présente
avec mes équipiers deux heures avant l’embarquement pour prendre contact
avec l’équipage. Nous faisons une inspection détaillée de l’avion et prenons
quelques repères avant de rejoindre la file des passagers pour embarquer
avec eux. Nos places ont été soigneusement réservées afin d’assurer une
observation complète de tous les passagers et une protection des zones
stratégiques de l’appareil.
Tout se passe normalement et l’avion se prépare à quitter le parking
quand une info arrive tout droit du ministère de l’Intérieur : « Vous avez à
bord deux passagers susceptibles de provoquer un crash ». Suit alors une
description des deux hommes avec les identités d’emprunt sous lesquelles
ils voyagent et l’information selon laquelle un comité d’accueil sera
positionné à l’arrivée pour les cueillir. Mais on n’en est pas là ! 7 000
kilomètres nous séparent de notre destination, le temps risque de nous
sembler long !
Nous disposons d’oreillettes à port discret – même votre voisin ne peut
entendre la conversation –, je peux donc passer l’info à mes équipiers et
établir un plan de surveillance afin de nous tenir prêts à intervenir. Notre
positionnement dans l’avion est excellent, car sans que nous ayons à nous
déplacer, les deux types sont sous notre observation permanente. Lorsque
l’appareil arrive à son altitude de croisière, l’hôtesse distribue des plaids
aux passagers pour les protéger du froid. Heureuse initiative ! Sitôt dépliés
sur nos genoux, nous sortons nos armes de leurs étuis et les gardons à la
main, la couverture posée dessus. Une longue attente commence.
À chaque fois que l’un d’eux se lève pour aller soulager sa prostate, c’est
l’alerte ! Agir avant qu’ils aient entamé le moindre geste faisant penser à un
passage à l’acte ferait courir un risque sérieux aux passagers sans préjuger
des suites judiciaires. Si à la fouille, rien n’est trouvé sur eux, les autorités
du pays d’arrivée nous le reprocheront. Dans la diffusion du renseignement
par les services du Ministère de l’intérieur, c’est bien le mot « susceptible »
qui a été employé et non celui de « certitude ».
Nous voici en approche de l’aéroport, c’est le moment qu’ils choisissent
pour se lever et aller tripoter leur coffre à bagages. Nous sommes prêts ! La
répartition des cibles est faite, s’ils bougent une oreille, ils sont morts ! Je
les vois faire un tour d’horizon de la cabine, toujours debout alors que
l’hôtesse leur dit de se rasseoir, ce qu’ils finissent par faire. À proximité du
parking, j’aperçois depuis le hublot, planqué dans le recoin d’un bâtiment,
des vans noirs aux vitres fumées qui stationnent derrière des tracteurs de
pistes. Pas de doute, ils sont là pour eux. Le pistard gare l’avion au plus
près de la passerelle, le couloir télescopique se déplie et la porte s’ouvre
aussitôt. D’habitude cette opération prend un temps fou, là tout s’accélère. Les premiers passagers quittent l’appareil et, après qu’une bonne moitié soit
descendue, les suspects se lèvent pour suivre la colonne de voyageurs se
dirigeant vers les contrôles douaniers et de sécurité. Quelques cris et deux
minutes plus tard, depuis mon hublot, je vois des hommes en combinaisons
d’intervention encadrer les deux individus et disparaître avec eux dans les
vans noirs.
Qui étaient-ils ? Nous ne l’apprendrons qu’à notre retour, mais cela c’est
une autre histoire…
Pour conclure sur ce chapitre air-Marshal, voici un extrait du rapport de
Messieurs les députés Christophe Lejeune et Jean-Jacques Ferrara sur
l’action aérospatiale de l’État en date du 17 juillet 2019 :
« En outre, en cas de menace pré-identifiée, le déploiement de gardes
armés à bord des aéronefs, le plus souvent issus du groupe d’intervention de
la gendarmerie nationale (GIGN), peut être décidé sur certains vols. De tels
déploiements ont lieu à la demande du Ministère de l’Europe et des affaires
étrangères, qui identifie des vols « sensibles ». Depuis 2015, autour de 80
avions ont ainsi fait l’objet d’une surveillance en vol, pour beaucoup en
provenance de Turquie. En Europe, ce dispositif repose sur le Traité de
Prüm du 27 mai 2005. Pour les vols transatlantiques, une convention existe
avec les États-Unis afin de protéger juridiquement les agents de la
gendarmerie nationale en cas d’intervention armée. Le recours aux
personnels du GIGN s’explique par l’extrême délicatesse d’un éventuel tir
en altitude, au sein d’une cabine pressurisée. Au final, la posture
permanente de sûreté aérienne est l’outil ultime ».
Le contrat opérationnel.
Si vous intégrez le GIGN, vous aurez entre autres obligation de satisfaire à
un contrat opérationnel individuel et collectif. Vous devez être capable d’y
répondre en tout temps et en tous lieux. Prenons l’exemple du tir. À l’arme
longue, c’est-à-dire au fusil, tous les opérationnels doivent être en mesure
de toucher une demi-tête à 200 mètres et d’effectuer un tir de précision à
400 mètres. Au-delà de cette distance, le relai est pris par la cellule de tirs
spéciaux dont les experts peuvent atteindre des objectifs jusqu’à 2
000 mètres. Notons en passant que la libération d’otages obtenue par un tir
de tireurs d’élite a été réalisée par le GIGN en 1976 à Loyada (Djibouti) à
une distance de 183 mètres.
À ma connaissance, aucune unité française ou étrangère n’a effectué une
telle opération par ce moyen ni tiré à une portée supérieure lors d’une
intervention. Ce type de tir, appelé tir coordonné, est constamment répété à
l’unité, car il fait partie du contrat opérationnel du GIGN. Il faut en effet
que toutes les cibles soient atteintes simultanément sous peine de voir un
terroriste ou un forcené se retourner vers ses otages. Mis au point en 1975,
la technique a été sans cesse améliorée depuis.
À l’arme de poing, le contrat opérationnel exige que chaque opérateur
soit capable de mettre 9 cartouches sur 10 dans le centre de la cible à
25 mètres. Le tir de riposte à 15 mètres réalisé sur une cible se dévoilant
devant nous doit être effectué en moins de 2 secondes, toutes les balles
tirées devant toucher un endroit précis de la cible.
De plus, dans chaque spécialité, il nous faut remplir un contrat
opérationnel individuel pour lequel nous sommes régulièrement et
sévèrement contrôlés. De même, les groupes et les sections sont également
testés tant sur le plan tactique que sur l’utilisation des moyens techniques.
C’est aujourd’hui l’une des exigences des opérationnels du Groupe que de
voir l’ensemble des unités qui composent les forces d’intervention du
Ministère de l’intérieur, soumises aux mêmes procédures de contrôle
opérationnel.
___________________
C es pages sont le reflet de mon parcours au GIGN et je vous encourage, si votre destin vous amène à rejoindre les rangs d’une unité spéciale, quelle qu’elle soit, à adopter le comportement qui a été le
mien pour cette période.
Humilité, rigueur et abnégation, voilà ce que vos chefs attendent de vous
la première année. Vous aurez ensuite tout le loisir de faire valoir votre
point de vue lorsque vous aurez gagné vos galons d’opérationnel. Pendant
cette période d’acclimatation, les anciens auront l’œil sur vous, aussi ne les
décevez pas, car en retour ils vous donneront beaucoup.
Les occasions de faire vos preuves ne manqueront pas et vous saurez à
l’attitude qu’ils adoptent à votre égard, s’ils vous considèrent comme un des leurs.
1. En fait, cette citation est dérivée de celle écrite par Benjamin Franklin : l’expérience est une école onéreuse, mais les sots ne s’instruisent que là ! B. Franklin, L’Almanach du pauvre Richard (Etats-Unis, XVIIIe siècle).
2. Lors de la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1942, les pilotes allemands de la Luftwaffe qui avaient survécus étaient appelés les « Experten », les experts. C’est auprès d’eux que les jeunes chasseurs venaient s’informer des astuces du combat aérien. La durée de vie au front de ces jeunes pilotes à peine formés ne dépassant guère plus de 15 jours, c’est donc peu dire qu’ils tendaient l’oreille quand leurs ainés leur prodiguaient avis et suggestions. Futurs ops, profitez des conseils de vos anciens !
3. EOD : Explosive Ordnance Disposal (élément opérationnel de déminage et de dépollution)
4. Editions LBM (2013)
5. DAR : Discrétion, Action, Renseignement.
OceanofPDF.com