Féral : cette force qui existe en nous

Chapitre 2

 

DÉTERMINATION : Caractère résolu, décidé.

 

J ’AI DONC CHOISI À 16 ANS de rejoindre une unité spéciale, avec au bout du chemin ce rêve de faire partie d’une élite au service de mon pays. Une fois admis, je deviendrai le détenteur de savoirs et de techniques

uniques que je serai l’un des rares privilégiés à connaître et à utiliser. Je sais

aussi qu’avec mes frères d’armes je partagerai des moments intenses, riches

en émotions, où mon sens de l’engagement et ma loyauté feront de moi un

opérationnel reconnu par ses pairs. Mais je n’ignore pas que pour me faire

une place dans cette confrérie de chevaliers, il me faudra faire preuve de

détermination. Je devrai tailler ma route tel un pistard de brousse, sans

dévier, et en affrontant les fauves qui ne manqueront pas de surgir sur mon

chemin.

Mentalement, je suis prêt ! Dur à dire, mais j’ai fait le ménage autour de

moi. J’ai impitoyablement mis de côté tous ceux qui pouvaient être un frein

à l’accomplissement de mon destin. Résultat : je n’ai plus que quatre amis, dont les frères Clemenceau, qui bientôt me seront d’une aide précieuse dans

ma préparation physique – car celle-ci conditionne tout.

Je vous ai expliqué dans les pages précédentes mon choix d’un art

martial de contact : la boxe pieds-poings. Aujourd’hui encore, je reste

persuadé que c’était la bonne décision. Dans une unité d’élite,

l’affrontement est inévitable. D’ailleurs, à 17 ans, je savais déjà que ma

prestation sur le ring lors des tests de sélection serait déterminante. J’ai

donc opté d’emblée pour le full-contact, qui semblait convenir le mieux –

même si aujourd’hui le MMA (Mixed Martial Arts, les arts martiaux

mixtes) me semblerait plus adapté, avec un complément de JJB (jiu-jitsu

brésilien).

Ce type d’art martial, qu’il s’appelle full-contact ou boxe américaine,

reprend les principes de la boxe anglaise pour les coups de poing et ceux

des arts martiaux classiques comme le karaté ou le taekwondo pour les

techniques de pieds. Certains parleront plutôt de sport de combat, mais tout

dépend de l’état d’esprit avec lequel il est pratiqué. Pour ma part, je me sens

l’âme guerrière, tel un samouraï.

Actuellement, le GIGN pratique le MMA, qui autorise toutes les

combinaisons possibles. Il vous est maintenant possible de trouver un

professeur dans cette discipline qui vient d’être autorisée en France.

Comme je m’entraînais chaque soir, j’ai très vite acquis un bon niveau.

Mes entraîneurs m’ont enseigné l’humilité, car seules l’assiduité et la

maîtrise des savoir-faire permettent la progression. Mais, surtout, c’est sur

le ring que j’ai appris à souffrir et c’est un dur apprentissage que celui de la

douleur – un mot qui m’accompagnera tout au long du périple que j’accomplirai jusqu’à mon objectif final. Il était donc indispensable que je

l’apprivoise dès le départ.

Je pensais qu’il s’agissait là d’un combat permanent entre le corps et

l’esprit et qu’il suffisait, quand le premier disait « Stop ! », que le second lui

réponde « Encore ! ». Je me suis vite aperçu que c’était un peu plus

compliqué que cela, car souvent le refus de la souffrance s’appelle facilité.

Vous allez découvrir dans ce livre mes premiers programmes

d’entraînement, qui vous montreront que si j’étais bien celui qui éteignait la

lumière de la salle de boxe, je n’étais pas le plus matinal sur les parcours de

footing. Pas grave !, me disais-je alors, courir ce n’est pas bien compliqué,

inutile de perdre du temps avec ça ! Erreur funeste, que je paierai très cher

car l’acquisition des gestes techniques, dans quelque domaine que ce soit,

est toujours difficile à rattraper. Il s’agit là du cardio, l’un des fondamentaux

de l’entraînement. Les exercices d’entraînement1 cardio imposent au cœur

de fortes accélérations qui stimulent le débit sanguin et ont pour effet de le

muscler dans son intégralité grâce à des stimulations de courte et de longue

durée. Mettre entre parenthèses cet entraînement était une facilité que je

m’accordais généreusement et qui, quelques années plus tard, se

transformera en handicap.

 

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P OURTANT, je souffre physiquement, et je continue à aller plus loin quand mon corps, lui, me demande d’arrêter. Mais c’est le cas uniquement dans les disciplines « plaisir » – musculation, boxe – et les

exercices de force athlétique. Là, oui, je me mets dans le rouge ! Pour le

reste, je dois avouer qu’entre 16 et 18 ans je n’ai pas la volonté de

m’astreindre à une pratique régulière et intense des sports que je juge « de

seconde zone ». Et c’est ici qu’intervient la détermination. Ce « truc » en

plus qui nous différencie du commun des mortels, qui nous oblige à nous

« bouger le cul » pour aller courir dans le froid ou sous la pluie, à faire des

séances de musculation le soir quand les autres sortent en boîte, à sacrifier

des week-ends pour peaufiner une technique de franchissement.

Mais avant tout, la détermination permet l’acceptation de la souffrance

ainsi que la gestion de celle-ci. C’est en effet notre force de caractère qui

dicte sa loi à un corps perclus de douleurs et non l’inverse. Si je sais que

rien ne me sera donné dans la facilité, la potion magique n’existant pas, je

ne combats pourtant pas ce manque d’appétence pour la course à pied. Ce

sera chose faite lors de mon service militaire chez les parachutistes. C’est là

que, contraint et forcé, je découvrirai les bienfaits qu’apporte la pratique

régulière du footing de longue distance sur ma condition physique.

En attendant, le soir après le lycée et l’entraînement en salle de boxe, je

passe des heures à étudier le corps humain pour en connaître chaque organe,

chaque os, chaque muscle… Outre l’intérêt de prévoir les effets d’un coup

porté sur tel ou tel organe, je veux aussi visualiser instantanément l’origine

de la souffrance susceptible de m’affecter lorsque les terminaisons

nerveuses la font remonter à mon cerveau.

Je m’aperçois que celui-ci gère de façon quasi automatique une partie des

conséquences de la blessure. C’est notamment le cas lorsque mon genou est

atteint par un low-kick 2. De lui-même, mon cerveau prend la décision de

transférer la plus grande partie du poids de mon corps sur l’autre jambe.

Travailler cette représentation mentale de la souffrance va me permettre

d’aider mon esprit à mieux accompagner les blessures, jusqu’à me les faire

oublier. Au moins pendant un temps…

Si vous avez un objectif qui correspond à une envie réelle et assumée,

comme celui d’intégrer une unité d’élite, cette détermination, qui va vous

aider à surmonter les blessures morales et physiques, doit entrer dans votre

quotidien et ce livre est là pour vous booster.

Mais pour les autres ? Pour ceux qui n’ont pas encore de but, pour ceux

qui se disent « tout est perdu » et qui se sont installés dans un rituel

journalier où tout devient pénible ? Si c’est votre cas, sachez que vous aussi

vous pouvez donner un objectif à votre vie. Comme vous n’avez pas fait le

choix du challenge permanent ni celui de connaître la souffrance physique,

à vous de trouver votre propre but. Le chemin reste le même pour

l’atteindre puisqu’il vous faudra faire preuve de persévérance et de force

mentale. Mais vous y arriverez si vous savez segmenter votre parcours en

petites étapes plus facilement accessibles.

Quel que soit votre niveau, le sport est un bienfait pour la santé. À vous

d’adapter les programmes que nous détaillons dans ce livre à vos propres

capacités, soyez progressif, votre recherche à vous est différente. C’est celle

du bien-être.

Reste le dernier carré, celui des no life, les « sans vie ». Ces cas

désespérés sont pour la plupart issus de la secte des adorateurs du divan ou

de la communauté des 3 haters acharnés. Pour les premiers, je reconnais

volontiers qu’il est difficile voire impossible de les extraire de la douce

béatitude à laquelle les a conduits la procrastination à haute dose. Pour les

autres, si vous comptez parmi ces derniers, pensez au premier commentaire

haineux que vous avez rédigé, bien à l’abri derrière votre anonymat, pour

fustiger une erreur ou un comportement, ou simplement déverser votre

mauvaise bile. Cela a-t-il changé les choses, cela vous a-t-il rendu

meilleur ? Êtes-vous tout aussi impitoyable envers vous-même ? D’ailleurs,

vous-même, êtes-vous à l’abri de toute critique ? Déverser votre bile sur autrui alors que vous ne le connaissez pas forcément ne vous fera pas

avancer.

 

Si les plus âgés d’entre eux sont irrémédiablement perdus, tentons au

moins de sauver les plus jeunes. Alors, à vous, les costauds du clavier et les

fébriles de la vie, je propose, dans un geste de salut public, les quelques

lignes qui suivent. Méditez ce texte, il est de l’amiral William McRaven, un

ancien SEAL4 devenu patron des forces spéciales américaines.

Le 17 mai 2014, l’université du Texas, où il avait été étudiant, lui

demande de prononcer un discours pour la remise des diplômes de fin de

cycle universitaire. Ne doutant de rien, l’amiral McRaven choisit de

disserter sur le thème « Vous aussi, vous pouvez changer le monde ». Pour

argumenter sa causerie auprès des élèves, il décide de développer dix points

clés tirés de sa propre expérience militaire. Moi, pour mes jeunes amis

« spécialistes de tout et surtout de rien », je n’en ai retenu qu’un seul. Si

vous le suivez, je suis sûr que votre mère me remerciera !

« Chaque matin de cette formation initiale des forces spéciales, mes

instructeurs, qui à l’époque étaient tous d’anciens combattants du Vietnam,

montaient dans nos baraquements et la première chose qu’ils inspectaient

c’était notre lit. Si vous le faisiez bien, les coins étaient carrés, les

couvertures tirées bien serrées, l’oreiller centré juste sous la tête de lit et la couverture supplémentaire pliée soigneusement au pied de la banette – c’est

le langage des marins pour désigner un lit.

C’était une tâche simple, ordinaire au mieux. Mais chaque matin, il nous

était nécessaire de faire notre lit à la perfection. Cela semblait un peu

ridicule à l’époque, en particulier compte tenu du fait que nous aspirions à

être de vrais combattants, des membres des forces spéciales durs et rodés à

la bataille, mais la sagesse de ce simple geste m’a été prouvée à maintes

reprises.

Si vous faites votre lit chaque matin, vous aurez accompli la première

tâche de la journée. Ceci vous donnera un petit sentiment de fierté qui vous

encouragera à faire une autre tâche, puis une autre et encore une autre. À

la fin de la journée, cette tâche que vous aurez accomplie se sera

transformée en de nombreuses tâches achevées. Faire votre lit renforcera

également le constat que les petites choses dans la vie comptent. Si vous ne

pouvez pas bien faire les petites choses, vous ne ferez jamais bien les

grandes. Et si par hasard vous avez eu une mauvaise journée, vous

reviendrez chez vous où vous attend un lit qui est fait – que vous avez fait –

et un lit fait vous procure l’encouragement que demain sera un autre jour.

Donc, si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit. »

 

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PERSÉVÉRANCE : Constance, ténacité.

 

J ’AI 17 ANS et je veux participer au plus vite aux championnats de France juniors de full-contact. Malheureusement, et malgré les nombreuses heures passées sur le ring avec mon sparring-partner, je suis bien obligé de

constater que je ne progresse plus. Il me faut entamer un cycle beaucoup

plus poussé de mise en forme pour gagner en souplesse et en explosivité

tout en restant le plus léger possible. Je décide donc, afin d’améliorer mes

performances en boxe, de demander à mon ami Karim Clémenceau,

préparateur physique, de m’établir un programme d’entraînement.

Karim est l’homme idéal pour cela. Nous nous sommes rencontrés il y a

un an, en 1996, lors d’un combat clandestin de MMA à Cognac 5. Passionné

d’arts martiaux, il deviendra bientôt quatrième dan de krav-maga, c’est un

préparateur physique hors pair. Ce programme qu’il va me concocter pour

être en mesure de figurer aux championnats nationaux me convaincra de lui

confier, un peu plus tard, celui des tests d’entrée au GIGN.

Vous allez donc pouvoir profiter de ces différents cycles d’entraînement

en les adaptant à votre niveau et à vos besoins.

À cette époque, je ne surveille pas particulièrement mon alimentation. Je

suis encore très jeune et je mange sans prêter beaucoup d’attention à ce que

j’ingurgite. La nourriture a toujours été pour moi un plaisir, et quand Karim

me demande de manger de manière plus saine, ce n’est pas facile. Il

m’explique qu’il est inutile que je m’astreigne à accomplir des exercices

destinés à me préparer à être champion de boxe si j’annule tous ces efforts

par des repas trop riches en graisse ou en sucre. Je suis alors loin d’en avoir

fini avec ce régime alimentaire6 que j’aurai beaucoup de mal à respecter. À

cette époque, le reflet de mon miroir est pour moi le reflet de ma santé.

C’est une erreur.

C’est ici qu’interviennent la constance et la ténacité qui vont me guider

tout au long du parcours. Ces deux vertus doivent s’exercer dans tous les

domaines, y compris celui de l’équilibre alimentaire. Et ce n’est pas mon

ami Gilles Lartigot, l’auteur des livres Eat 1 et Eat 2, qui vous dira le contraire ! À compter de ce jour je vais veiller à garder mon poids de forme

en m’entraînant régulièrement et en adoptant une hygiène de vie rigoureuse.

Cela dit, en bon Gaulois, je lâcherai prise de temps à autre en me faisant

plaisir avec des amis. Mais cela restera vraiment occasionnel.

 

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Programme d’étirements

 

A VANT D’ABORDER le premier programme d’entraînement physique, voici quelques conseils sur la façon dont je pratique les étirements, en anglais stretching (élongation). Ils doivent accompagner toutes les séances

d’exercices physiques décrites dans ce livre. Pour un rendement optimal, il

est important de réaliser ces étirements dans des conditions qui vont parfois

à l’encontre des idées reçues.

 

QU’EST-CE QU’UN ÉTIREMENT ?

L’étirement consiste à mettre en tension un ou des muscles en les allongeant

ou en les contractant. Cela permet d’entretenir la souplesse, voire de

l’améliorer, et surtout d’éviter l’apparition de blessures articulaires, en

particulier aux tendons. Ceux-ci sont composés d’un faisceau de tissus qui

sert à attacher les muscles à des points d’insertion éloignés situés sur les os

et qui permet le transfert de l’énergie des muscles au squelette. Important

donc d’en prendre soin ! S’étirer permet également de diminuer l’apparition

des courbatures et par conséquent d’améliorer la récupération et de

favoriser la lubrification des articulations.

QUAND S’ÉTIRER ?

Bien souvent, lorsqu’il est demandé dans les clubs de sport de s’étirer sitôt

la séance terminée, c’est tout simplement pour s’assurer que les sportifs

vont réaliser ces exercices d’étirement, car une fois la douche prise, il est

beaucoup plus difficile de s’y remettre. Mais idéalement, il faut s’étirer au

moins une demi-heure après l’effort parce que ce travail provoque une

compression des vaisseaux sanguins, ce qui a pour effet de ralentir la

circulation sanguine. Or, pour récupérer, le muscle a besoin de sang afin de

drainer les déchets. S’étirer juste après l’effort n’est donc pas recommandé.

Doit-on s’étirer avant l’effort ? Pour ma part, si je préconise un

échauffement léger, je ne recommande pas une séance d’étirement juste

avant de fournir un effort violent, car cela enlève de la tonicité musculaire.

 

LES DIFFÉRENTS TYPES D’ÉTIREMENTS

Voici les trois principaux types d’étirements qui intéressent les candidats

aux tests des forces spéciales : les étirements de contraction-relâchement,

les étirements passifs, les étirements balistiques. Cette dernière catégorie ne

doit être réalisée que par des sportifs confirmés car, mal maîtrisée, elle

risque de provoquer des blessures.

EXEMPLE D’ÉTIREMENT DE CONTRACTION-

RELÂCHEMENT

L’exercice consiste à contracter, relâcher puis étirer le même groupe

musculaire.

► mise en tension du muscle (allongement) en position extrême ;

► contraction du muscle (6 à 8 secondes) ;

► relâchement (2 à 3 secondes) ;

► étirement supplémentaire (6 à 8 secondes).

 

EXEMPLE D’ÉTIREMENT PASSIF

Ces étirements sont à proscrire en début de séance ou avant les tests,

car ils augmentent les temps de réaction et réduisent les capacités

explosives du muscle. Pratiqués 30 minutes après votre séance, ils

facilitent la récupération et vous permettent de gagner en souplesse.

► mise en tension du muscle à l’aide du poids du corps ;

► étirement jusqu’à la perception d’une tension ;

► maintien de cette tension (sans forcer) pendant au moins 30

secondes.

 

EXEMPLE D’ÉTIREMENT BALISTIQUE

Les étirements sont effectués sous forme d’à-coups (lancer de jambes,

talons-fesses, balancement des bras) jusqu’à atteindre une position

extrême. La contraction d’un groupe musculaire provoque un

mouvement qui va étirer la chaîne musculaire opposée. Ce balancement

est initié par la contraction du muscle opposé (appelé antagoniste), qui

entraîne l’étirement du muscle que l’on souhaite travailler (appelé

agoniste). C’est un exercice qui se pratique fréquemment lors des

entraînements aux sports de combat et dans les différentes disciplines

d’arts martiaux. Ce type d’exercice peut provoquer une contraction du

muscle étiré (réflexe myotatique de protection) et, selon la violence du

mouvement, sa lésion. Vous devez donc maîtriser ce type d’étirement.

► À éviter :

Le risque de blessure chez un opérationnel est assez grand pour qu’on

évite d’en rajouter en réalisant un exercice qui paraît anodin mais qui,

mal réalisé, peut avoir des conséquences sérieuses. Voici quelques

précautions élémentaires à respecter afin d’éviter les blessures et les

étirements contre-productifs :

• S’étirer sans échauffement avec des mouvements brusques. Ne pas

pratiquer l’étirement passif juste avant un effort intense, car un muscle

très allongé en tension devient moins efficace.

• Ne jamais s’étirer sans tenir compte de la position du bassin afin de

protéger son dos.

• Éviter les contraintes excessives sur le genou (protéger les

ménisques).

• Attention aux tractions : les temps de ressort, les à-coups

n’améliorent en rien l’extensibilité du muscle, mais développent au

contraire la raideur.

• Lorsque vous pratiquez l’étirement balistique, ne vous étirez pas au-

delà d’une certaine limite. Ne dépassez pas le seuil d’allongement

extrême, sous peine de provoquer des microlésions.

Programme pour gagner en force

 

et en explosivité

 

J ’AI MIS CE PROGRAMME EN ŒUVRE pour la préparation des championnats de France de full-contact. Tout d’abord, il faut travailler la puissance (force-vitesse) sur 4

semaines. Enchaîner ensuite avec 3 semaines de physico-technique axées

sur la musculation appliquée aux techniques de boxe et une semaine de

récupération. Pour cette préparation spécifique, il est nécessaire de posséder

un peu de matériel ou de fréquenter une salle de sport.

Quelques rappels élémentaires : travailler avec peu de répétitions et de

lourdes charges touche davantage les fibres musculaires dites à contraction

rapide. Celles-ci développent une plus grande puissance mais se fatiguent

plus vite.

A contrario, s’entraîner avec de faibles charges en réalisant un plus

grand nombre de répétitions va toucher les fibres musculaires dites à

contraction lente. Celles-ci sont plus endurantes mais développent moins de

force.

Dans le cas présent, il s’agit de gagner en force et en explosivité dans un

but bien précis : être prêt pour les championnats de France de full-contact.

La musculation n’est donc pas ici une fin en soi mais un moyen pour

parvenir à cet objectif. Ce programme est idéal pour vous préparer à des

tests d’agressivité.

Cet entraînement est basé sur un cycle de 4 semaines qui doit idéalement

être répété une fois. Le programme hebdomadaire comprend :

► 3 séances de musculation,

► 3 séances de boxe,

► 3 séances de cardio-training.

► AVERTISSEMENT :

Dans tous les programmes, il est fait référence à la charge maximale.

Les exercices s’effectuent avec un pourcentage par rapport à cette

charge selon qu’il s’agit de réaliser des répétitions lourdes ou légères.

La charge maximale en musculation est le poids maximum que l’on

pourra soulever, tirer ou pousser lors d’un seul exercice. Par exemple,

si votre charge maximale est de 100 kilos, 80 % de la charge maximale

signifie que vous réaliserez l’exercice avec une charge de 80 kilos lors

d’une répétition lourde.

 

DÉCOMPOSITION DE LA SÉANCE DE MUSCULATION

La technique adoptée est celle dite de la « force bulgare ». Il s’agit

d’une méthode par contraste qui consiste, dans la même séance, à

utiliser des charges lourdes et des charges légères.

 

► Jour 1 : développé incliné x 4 répétitions lourdes 85 % de la charge

max + 6 pompes claquées x 4 séries

Vis-à-vis poulie basse x 4 répétitions lourdes 85 % + 6

répétitions légères 30 % x 4 séries

 

► Jour 2 : squats nuque x 4 répétitions lourdes + 6 box jump x 4

séries

Fentes x 4 répétitions lourdes sur chaque jambe + 6 step

jump x 4 séries

 

► Jour 3 : rowing debout x 4 répétitions lourdes + 6 tirages à

l’élastique x 4 séries

Tirage horizontal prises serrées x 4 répétitions lourdes + 6

tirages rapides amplitude courte pour éviter les hyper

extensions 30 % de charge

 

CARDIO-TRAINING / AU MILIEU DU COURS / 3 SÉANCES

PAR SEMAINE

5 minutes de gainage

15 minutes d’échauffement cardio de moyenne intensité

20 sprints de 100 mètres en 20 secondes + 20 secondes de récupération

active entre les sprints

15 minutes de course de moyenne intensité pour la récupération

 

FULL-CONTACT / 3 SÉANCES PAR SEMAINE

À définir avec son entraîneur sans négliger la récupération en fin de

séance et les étirements.

 

1. Exercices que je qualifie désormais de #cardiosamère

2. Low-kick : coup de pied bas.

3. Haters : personnes haineuses agissant par le biais d’Internet.

4. SEAL : forces spéciales de la marine américaine aptes à intervenir en tous milieux, d’où l’acronyme signifiant Sea, Air, Land (mer, air, terre).

5. Voir GIGN, confessions d’un ops (Nimrod, 2019).

6. Voir conseils alimentaires en fin d’ouvrage.

OceanofPDF.com

Synthèse du chapitre 2

 

JE SUIS DÉTERMINÉ ! Je ne suis pas un boxeur sur un ring, mais un gladiateur

qui joue sa vie à chaque combat. L’enjeu n’est pas le même que pour

certains de mes adversaires. Moi, je joue ma vie. Cette détermination me

donne un avantage certain. Je travaille mon mental et mon physique

simultanément. Je dois m’éloigner peu à peu du commun des mortels en

refusant la facilité et en repoussant le seuil de la douleur. Le doute sur mes

capacités n’a pas sa place, je me projette et je m’y vois déjà.

 

JE CHOISIS UN SPORT DE COMBAT. Ce choix est indispensable, car

l’affrontement sur un ring en boxe pieds-poings fait partie des épreuves de

sélection de la majorité des unités d’élite. Il doit aussi être utile. Opter pour

un art martial sans contact est sans intérêt pour votre préparation : MMA,

jiu-jitsu brésilien, boxe pieds-poings… Le sport de combat reflète bien ce

qu’est la conquête d’un objectif : stratégie, précision dans la technique,

assiduité à l’entraînement mais aussi souffrance. Au fur et à mesure des

victoires, on gagne en confiance et, au contraire, l’échec nous fait douter.

Mais celui-ci est aussi formateur car il entraîne la remise en question

indispensable pour progresser et le réajustement. Un échec doit être perçu

comme une leçon dont on peut tirer des enseignements positifs.

J’ÉLABORE UN PROGRAMME D’ENTRAÎNEMENT. Celui que m’a concocté

Karim Clémenceau, et qui figure dans ce chapitre, m’a permis de devenir

vice-champion de France en boxe américaine. Ajoutez-y dès à présent une

dose de footing à raison de deux ou trois séances par semaine. Attention, le

coaching sportif est un métier, seul je n’aurais pas su optimiser mes

qualités. Il ne faut donc pas craindre, si l’on a un objectif précis et

ambitieux, de faire appel à un professionnel de la préparation physique et de

la nutrition. Sachez investir à bon escient, il vaut mieux se payer les

conseils d’un coach professionnel qu’acheter des équipements sportifs hors

de prix – l’habit ne fait pas le sportif !

 

JE CONNAIS LE CORPS HUMAIN. Vous devez étudier l’anatomie humaine.

Plusieurs raisons à cela. En matière de sports de combat, il est impératif que

vous sachiez où frapper pour coucher l’adversaire : la pointe de menton qui

fera bouger le cervelet et entraînera un KO, le foie, le plexus qui asphyxiera

votre adversaire. Il vous faut connaître les clés dans la maîtrise de

l’adversaire : doigts, poignets, coudes, bras, épaules, pieds… sans oublier

les étranglements sanguins et respiratoires. Si vous voulez ensuite maîtriser

la douleur, il est important de connaître précisément quels sont les organes

qui sont à l’origine de votre souffrance. Cela peut vous servir à mieux la

supporter, mais aussi à savoir dire « Stop ! » quand la gravité des lésions peut avoir des conséquences irrémédiables. Cette connaissance du corps

humain vous permettra de reconnaître les signaux d’alerte qu’il envoie et de

stopper un entraînement avant une fracture de fatigue ou la rupture d’un

tendon. Des connaissances en matière d’anatomie vous feront gagner un

temps précieux au cours de cet apprentissage. En visualisant mes maux et

en travaillant dessus par une profonde réflexion qui confine à la méditation,

je parviens à les soulager. Et pourtant, je suis loin d’avoir des pouvoirs de

guérisseur…

 

JE FAIS PREUVE DE TÉNACITÉ ET DE CONSTANCE DURANT MA PRÉPARATION.

Affichez votre programme dans les endroits stratégiques de la maison :

frigo, chambre, toilettes, à côté de la télé ! Ceci pour vous éviter de

procrastiner, mais aussi pour vous faire culpabiliser si vous sautez quelques

séances. Vous aurez souvent l’impression de devoir gravir une montagne, il

vous faudra donc apprendre à segmenter l’effort. À procéder étape par étape

et à n’en brûler aucune, car cela risquerait de vous mettre en difficulté.

Respectez votre plan de marche, jour après jour, soyez constant et ne

renoncez jamais à une séance d’entraînement, quelle qu’en soit la raison.

Sur une journée difficile au cours de laquelle vous n’avez pas pu respecter

votre plan de marche, faites au moins une séance de cardio. C’est le

minimum ! C’est de cette façon que vous vous forgerez un mental de

vainqueur !

 

POUR CEUX QUI DOUTENT ! Pour vous qui n’avez pas encore défini un but ou

un objectif, pensez d’abord à vous. Essayez simplement d’amener un peu de

bien-être dans votre vie en travaillant à votre façon votre force de caractère

et votre physique. Si à la fin de ce livre vous vous décidez à vous prendre

en main, vous aussi vous aurez « gravi la montagne » et ce succès

individuel aura forcément un impact collectif puisqu’il rejaillira sur votre

entourage. Je vous donnerai tout au long de l’ouvrage quelques clés pour y

parvenir.

 

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