Féral : cette force qui existe en nous
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Prologue
Munich
La page était blanche lorsque tout a commencé. Inutile de copier,
puisque rien n’existait. Seule la question était posée. En fait elle avait été
posée deux ans plus tôt, très précisément le 5 septembre 1972, là où ce qui
aurait dû être une fête s’était brutalement mué en tragédie. Pour la première
fois depuis 1936, l’Allemagne avait obtenu d’accueillir les jeux
Olympiques, signe incontestable de son retour à la table des grandes
nations. Munich, la ville hôte des Jeux, travaillait sans relâche depuis le 26
avril 1966 afin que tout soit prêt pour la cérémonie d’ouverture, puisque, à
une ou deux exceptions près, aucune infrastructure n’existait encore. Alors
on a construit, ici un parc olympique, là une tour de télévision de 280
mètres de haut, puis un stade olympique de 77 000 places a vu le jour – tout
a été prévu et pensé dans les moindres détails, jusqu’au teckel Waldi,
première mascotte officielle des JO. Les Allemands en sont convaincus, ils
vont pouvoir démontrer au monde entier que rigueur, sens de l’organisation
et fiabilité des installations sont la marque de fabrique de leur nation.
Il ne manque donc pas un bouton de guêtre le 26 août 1972, jour de cette
inauguration qui rassemble 121 nations. C’est un record de pays
participants, mais aussi de spectateurs, puisque 3 millions de billets ont été
vendus à la veille de la cérémonie. Plus de 7 000 athlètes, tous pays
confondus, vont maintenant défiler dans l’Olympiastadion de Munich,
parmi lesquels les quatorze athlètes israéliens, dont le pays maintient sa
présence dans les territoires palestiniens conquis depuis la guerre des Six
Jours, malgré la résolution n° 242 de l’ONU.
Celle-ci, votée en 1967, voudrait qu’Israël restitue les terres occupées en
échange de la reconnaissance de l’État hébreu par tous les pays arabes. Ce
détail diplomatique auquel personne n’a songé, ni le Comité international
olympique, ni le pays organisateur – nous sommes en pleine période du
Peace and Love1 –, va se révéler dévastateur pour la suite des Jeux. Il est en
effet la raison d’être d’une organisation terroriste palestinienne, Septembre
Noir, qui s’est juré de mettre la terre d’Israël et de ses alliés à feu et à sang
tant que les territoires n’auront pas été libérés.
Ses membres ne sont pourtant pas inconnus des services de
renseignement occidentaux. Après que les structures palestiniennes de cette
organisation ont été expulsées de Jordanie au terme de sanglants combats,
Septembre Noir a assassiné en représailles, en novembre 1971, le Premier
ministre jordanien Wasfi Tall. La présence d’athlètes israéliens aux jeux
Olympiques de Munich n’est évidemment pas passée inaperçue aux yeux
des terroristes et elle semble offrir une proie facile pour un commando bien
entraîné comme le leur.
Le 5 septembre 1972, à 4h30 du matin, huit membres de Septembre Noir
s’infiltrent dans le village olympique et gagnent l’immeuble où sont logés
les athlètes de la délégation israélienne. Un membre de cette délégation,
Yossef Gutfreund, alerté par le bruit, fait alors barrage avec son corps en se
dressant à la porte de la chambre. Deux coups de feu retentissent, qui le
blessent au bras. Il a cependant le réflexe d’alerter ses compatriotes en
criant « Attention, terroristes ! ».
L’entraîneur d’haltérophilie Tuvia Sokolovsky, avec lequel il partage sa
chambre, brise aussitôt une vitre et s’enfuit par la fenêtre. Moshe Weinberg,
le coach de l’équipe israélienne de lutte gréco-romaine, tente, lui, de
s’interposer. Sans hésiter, l’un des terroristes lui tire une balle dans la joue
et le force à indiquer les chambres où logent les autres membres de la
délégation. Malgré sa blessure, il tente néanmoins de retarder les assaillants,
permettant ainsi à un athlète israélien, Gad Tsobari, de s’échapper. Moshe
Weinberg va malheureusement le payer de sa vie : l’un des membres du
commando lui tire une balle en pleine tête.
Yossef Romano, un haltérophile, tente lui aussi de s’opposer aux
terroristes avec un couteau de poche. Il blesse l’un d’entre eux avant d’être
abattu. Au final, l’assaut des Palestiniens se solde par la prise en otages de
neuf Israéliens : Yossef Gutfreund, qui est blessé, l’entraîneur de tir sportif
Kehat Shorr, l’entraîneur d’athlétisme Amitzur Shapira, le tireur sportif
Andre Spitzer, le juge d’haltérophilie Yacov Springer, les lutteurs Eliezer
Halfin et Mark Slavin, ainsi que les deux haltérophiles David Berger et
Zeev Friedman. Les autres membres de la délégation ont réussi à fuir en
sautant des balcons ou en se cachant dans l’immeuble.
À 4h45, une femme de ménage alertée par les coups de feu prévient la
sécurité, qui envoie un garde non armé sur les lieux, lequel prévient la
police. Il est un peu plus de 5 heures du matin lorsque le commando fait
parvenir ses revendications aux autorités allemandes : libération immédiate
de 236 prisonniers détenus dans les prisons israéliennes ainsi que de deux
terroristes allemands de la Fraction Armée Rouge, dont Andreas Baader 2,
dangereux activiste et fervent soutien de la cause palestinienne. Ces
demandes sont assorties d’une menace : à partir de 9 heures, le commando
exécutera un otage toutes les heures et jettera son corps dans la rue du
village olympique.
Ces revendications sont immédiatement transmises à Tel Aviv. Il est
maintenant 8h15 et, comme si de rien n’était, la compétition de dressage
hippique commence selon le programme prévu. Show must go on !
Moins d’une heure plus tard, la réponse de Tel Aviv fuse par la bouche
du Premier ministre Golda Meir : « Il n’y aura pas de négociations. »
Les autorités allemandes vont néanmoins tenter de négocier. Avec un
premier résultat, celui d’obtenir des ravisseurs un report de l’ultimatum
d’exécution des otages initialement fixé à 9 heures du matin et désormais
renvoyé à midi. Mais ces autorités ne savent pas encore que les terroristes
vont mettre à profit ce délai pour torturer certains de leurs otages et laisser
sans soins ceux qu’ils ont blessés pendant l’attaque du matin.
Persuadé que les membres du commando sont au nombre de cinq, le
gouvernement allemand finit par accepter leur ultime exigence : un transfert
en hélicoptère jusqu’à un aéroport militaire d’où un Boeing 727 les
emmènera en Égypte. Les Allemands positionnent six policiers habillés en
membres d’équipage dans l’avion afin de neutraliser les premiers terroristes
qui y pénétreront, les autres membres du commando devant être foudroyés
par les cinq tireurs d’élite postés sur des toits avoisinants.
Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y a pas de tireurs
d’élite disponibles dans la police munichoise ! À 7 heures du matin, ce 5
septembre 1972, des fonctionnaires appartenant au bureau de gestion des
personnels de la police de Munich ont été rappelés à leurs postes de toute
urgence. Le commandement leur demande de trouver le plus rapidement
possible, en épluchant les centaines de fiches mécanographiques des
policiers de la ville, les noms de ceux qui font partie d’un club de tir sportif.
Une fois ces policiers trouvés, les dirigeants des clubs sont contactés afin de
connaître leur niveau de tir ! Cinq sont sélectionnés, cinq policiers auxquels on explique la situation et ce que l’on attend d’eux : qu’ils soient capables
d’effectuer des tirs à tuer sur des terroristes.
Tous vont accepter cette mission, en insistant toutefois sur les limites de
leur action : ils ne sont pas à proprement parler des tireurs d’élite et ils ne
sont pas équipés comme tels, car, il faut bien se rendre à l’évidence, ils
n’auront pas de fusils de précision à leur disposition ! C’est donc avec un
armement disparate – fusils de compétition et pistolets-mitrailleurs qui ne
sont pas équipés de lunettes de tir – que les policiers prennent leurs postes
en fin de matinée. Il est bien évidemment encore moins question
d’équipements de vision nocturne ou d’équipements radio. Cette absence de
moyens de communication entre les « tireurs d’élite » va s’ajouter au fait
que jamais, dans aucun pays ni dans aucune unité, le tir simultané et la
coordination des tireurs n’ont encore été envisagés. Toutes les conditions
sont réunies pour qu’un carnage puisse avoir lieu.
La cellule de crise mise en place par le gouvernement ouest-allemand est
dirigée par le chef de la police munichoise Manfred Schreiber, entouré du
ministre de l’Intérieur Hanns-Dietrich Genscher et du ministre de l’Intérieur
bavarois 3 Bruno Merk. Schreiber a offert aux terroristes une quantité
illimitée d’argent qu’ils ont refusée en lui faisant cette réponse : « L’argent
ne signifie rien pour nous, nos vies ne signifient rien pour nous. » Toutefois,
ils acceptent à cinq reprises de repousser leur ultimatum. À 17 heures, alors
que leur demande initiale de mise à disposition n’a pas varié, les
négociateurs exigent un contact direct avec les captifs pour s’assurer qu’ils
sont encore en vie. Deux d’entre eux qui parlent couramment l’allemand,
Andre Spitzer et Kehat Shorr, ont alors une brève conversation avec les
policiers depuis la fenêtre ouverte du deuxième étage du bâtiment assiégé.
Mais Spitzer commet l’erreur de répondre à la question de trop – où sont-ils
? Il reçoit aussitôt un coup de crosse de kalachnikov en plein visage.
Quelques minutes plus tard, le ministre Genscher et Walter Tröger, le maire
du village olympique, sont cependant autorisés à pénétrer dans les
appartements afin de parler avec les otages.
Tröger mentionnera la dignité avec laquelle les otages israéliens font
face à la situation et note qu’« ils semblent résignés à leur sort ». Il a
également remarqué que plusieurs otages, en particulier Gutfreund, qui
saigne abondamment, ont subi des sévices et que David Berger a reçu une
balle dans l’épaule gauche. Genscher et Tröger déclarent avoir vu « quatre
ou cinq assaillants » à l’intérieur de l’appartement.
Après avoir considéré divers scénarios en vue de libérer les otages, les
autorités allemandes mettent un bus à la disposition des terroristes afin de
les transférer avec leurs prisonniers jusqu’à une plate-forme pour
hélicoptères, conformément aux exigences du commando. De là, deux
appareils les conduiront à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck
Air Base de l’OTAN, où les attendra un Boeing 727 à destination du Caire.
Le plan des forces de police allemandes consiste à positionner six
policiers à l’intérieur de l’appareil afin qu’ils maîtrisent les deux terroristes
qui inspecteront le Boeing. Dans le même temps, les tireurs d’élite devront
abattre ceux qui seront restés dans les hélicoptères, estimant qu’ils ne seront
que deux ou trois.
C’est lors du transfert du commando que l’équipe de crise découvre que
les terroristes sont au nombre de huit ! Prévenus à la dernière minute, alors
que les hélicoptères sont sur le point d’atterrir à Fürstenfeldbruck, les
policiers allemands à bord de l’avion votent pour l’abandon de leur mission
– sans consulter leur commandement central – et désertent l’avion ! Il ne
reste alors, pour remplir la mission, que les cinq tireurs d’élite, dont trois
ont été préalablement positionnés sur le tarmac et les deux autres dans la
tour de contrôle.
Les hélicoptères atterrissent peu après 22h30 et six des terroristes en
sortent – quatre qui gardent les pilotes et les otages sous la menace de leurs
armes, et deux autres qui vont inspecter le Boeing 727 et le découvrir vide,
sans équipage ! Réalisant qu’ils sont tombés dans un piège, ils retournent
rapidement vers les hélicoptères au moment précis où les autorités
allemandes donnent l’ordre d’ouverture du feu aux tireurs d’élite.
Deux terroristes qui se tiennent près de l’un des pilotes d’hélicoptère
sont abattus, et un troisième qui tente de s’enfuir est mortellement blessé,
mais le reste de l’intervention va tourner à la tragédie. Après une heure et
demie d’échanges de coups de feu et le renfort de véhicules blindés, la
situation s’apaise enfin. Un silence qui ne rend que plus angoissant le
décompte des cadavres.
Tous les otages sont morts. Et seuls trois terroristes ont été capturés
vivants.
En France, debout devant la télévision du mess de l’escadron 6/3 de
gendarmerie mobile de Saint-Denis, un jeune lieutenant suit le compte
rendu du chaos indescriptible que reflètent les images diffusées en différé
depuis Munich. Le bilan est sans appel : si trois terroristes ont finalement été capturés et cinq autres tués lors d’échanges de tirs avec la police
allemande, la délégation israélienne n’en a pas moins été décimée. Elle a
perdu onze de ses athlètes sur quatorze, auxquels il faut encore ajouter le
policier allemand tué ainsi que de nombreux blessés.
La sécurité des jeux Olympiques et la gestion de la crise par les autorités
allemandes sont pointées du doigt par la communauté internationale mais,
dans les cercles du pouvoir de chaque pays, une question revient, lancinante
: Et nous, qu’aurions-nous fait ?
Les Israéliens, eux, ne se posent pas de questions. Ils confient à leur
unité Kidon 4 la mission de retrouver et de tuer un à un les organisateurs
encore vivants de la prise d’otages de Munich. L’opération Colère de Dieu
durera vingt années, au cours desquelles le Kidon neutralisera à travers
toute l’Europe une dizaine de Palestiniens et de ressortissants de pays
arabes directement concernés par le massacre des athlètes israéliens de
Munich5. Aucun n’échappera à la vengeance d’Israël, y compris les trois
preneurs d’otages survivants qui, libérés par l’Allemagne quelques mois
après Munich afin de répondre aux exigences de pirates de l’air ayant
détourné un avion de la Lufthansa, seront abattus peu après leur sortie de
prison. Hélas, dans cette chasse aux terroristes, le Mossad commettra
quelques erreurs d’identification qui entraîneront la mort de plusieurs
innocents, comme ce garçon de café, Ahmed Bouchiki, exécuté par erreur à
Lillehammer, en Norvège.
Lorsque les autorités françaises examinent à leur tour l’éventualité d’un
tel attentat sur le territoire national et entreprennent de faire la somme des
moyens en personnels et matériels dont ils disposent pour faire face à un tel
événement, la réponse a le mérite d’être limpide : rien ! Car en septembre
1972, la France ne dispose d’aucune unité possédant un entraînement
spécifique et utilisant un matériel adapté qui permettrait de faire face à une
prise d’otages du calibre de celle de Munich.
*
Le ministère de l’Intérieur demande alors à la Police nationale de créer
sept groupes d’intervention (GIPN), un par région, dont le premier va voir
le jour à Marseille le 27 octobre 1972 sous les ordres du commissaire
N’Guyen Van Loc, dit le Chinois. Mais un an plus tard éclate l’affaire
Danielle Cravenne.
Le 18 octobre 1973, un Boeing 727 d’Air France quitte Orly à 11h45 à
destination de Nice, avec 112 passagers à bord. Alors que l’avion est à mi-
parcours, une femme se lève pour aller aux toilettes en emportant avec elle
un sac de toile grise. Lorsqu’elle en sort, elle tient dans une main un
revolver (qui se révélera être un faux) et dans l’autre une carabine 22 LR.
Elle tend alors à l’hôtesse quatre feuillets sur lesquels sont écrites ses
revendications, qui vont de la situation au Moyen-Orient à la mise sous
scellés du film Rabbi Jacob, qui vient de sortir en salles ce même jour et
qu’elle estime être pro-sioniste. À 12h32 l’avion se pose à Marseille-
Marignane, où les gendarmes des transports aériens tentent alors de la
raisonner, sans succès. La pirate de l’air fait débarquer l’ensemble des
passagers, à l’exception du commandant de bord et du steward, qu’elle
retient en otages.
Le préfet de police alerte le GIPN de Marseille, qui arrive sur place à
14h10. Déguisé en steward, un policier du GIPN, Paul Caparos6, l’un des
meilleurs tireurs de la Police nationale, va tenter d’immobiliser la preneuse
d’otages sans utiliser son arme. Se sentant menacée, la femme ouvre le feu
en tirant à la hanche avec sa carabine 22 LR. Paul Caparos plonge entre les
sièges et riposte de quatre balles de 38 Spécial. Atteinte à la tête et au cœur,
la femme est tuée sur le coup.
On s’aperçoit alors qu’elle est l’épouse de Georges Cravenne, l’attaché
de presse le plus demandé de Paris, qui est justement chargé de la
promotion du film Rabbi Jacob. Dès le lendemain, la mort de la jeune
femme – connue pour être fragile psychologiquement – entraîne un
déchaînement de la presse, qui juge les méthodes du GIPN de Marseille
pour le moins expéditives.
À partir de ce moment, le ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, va
privilégier l’emploi de la Brigade de recherche et d’intervention de Paris
(BRI), à laquelle il va donner une compétence nationale. En cas de crise
grave, elle devient Brigade anti-commando (BAC) et se voit alors
adjoindre, le temps de la crise, un renfort de policiers spécialistes dans le
maniement de gaz incapacitants de type lacrymogènes (la brigade des gaz).
L’intervention de la BRI-BAC ne se fera pas sans heurts, la Police nationale
n’appréciant pas l’arrivée de cette unité de la préfecture de police de Paris
partout en France.
*
À l’escadron de gendarmerie mobile de Saint-Denis, faute de direct à la
télévision, le lieutenant Christian Prouteau a continué à suivre le
dénouement de la prise d’otages de Munich à la radio jusque tard dans la
nuit. Les semaines ont passé, mais les mots « terroristes », « prise d’otages
», « massacre », « impuissance des forces de l’ordre » ont marqué l’esprit
du jeune officier. Il l’ignore encore, mais à la Direction de la gendarmerie,
l’idée de la création d’une unité nouvelle et autonome, ne puisant pas dans
les ressources existantes, fait là aussi son chemin.
La tragédie de Munich va bientôt changer la vie de dix-sept hommes,
dix-sept gendarmes qui vont remplir la première page blanche de
l’antiterrorisme avec quelques lignes en lettres de sang.
Voici la véritable histoire des dix-sept premiers membres de l’unité qui,
en très peu de temps, deviendra une référence mondiale dans la lutte contre
le terrorisme et le grand banditisme : le GIGN.
1. Le mouvement hippie s’est cristallisé autour de l’opposition à la guerre du Vietnam entre 1954 et 1975. Peace and Love était le cri de ralliement des hippies du monde entier, particulièrement nombreux en Allemagne, pays où pesait un tabou sur la génération du nazisme.
2. Le 13 octobre 1977, quatre membres du Front Populaire de Libération de la Palestine détournent un avion de la Lufthansa parti de Palma de Majorque pour Francfort. Leur chef exige la libération des onze membres de la Fraction Armée Rouge, dont Andreas Baader, détenus à la prison de Stammheim en Allemagne. L’avion se rend finalement à Mogadiscio, en Somalie, où il arrive le 17 octobre. Les passagers du Boeing 737 sont libérés le lendemain, après un assaut effectué par les forces spéciales allemandes du GSG 9 qui provoque la mort de trois terroristes. Apprenant l’échec du détournement, Baader et trois autres membres de la Fraction Armée Rouge se suicident dans leurs cellules.
3. L’Allemagne étant un État fédéral, chaque province a son gouvernement en sus du gouvernement fédéral.
4. Créé au début des années 70, le Kidon (« baïonnette » en hébreu) est le Service Action du Mossad. Il a pour mission de tuer les ennemis d’Israël et de réaliser les opérations de sabotage et les enlèvements. Le service compte une centaine de membres répartis en commandos de quatre éléments (trois hommes et une femme).
5. Le dernier, Atef Bseiso, sera tué par le Kidon en juin 1992 à Paris.
6. Paul Caparos sortira très marqué par ce drame, qu’il décrit dans un livre intitulé Tireur de l’ombre (Éditions Autres Temps, mars 1995).
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