Homo Question so
À New York, fin e xix-début e…
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Classes laborieuses 1
À New York, fin e xix-début e xx siècle, les hommes ayant
des relations sexuelles avec des hommes ne vivaient pas
cette pratique à l’écart de la société. Ce qu’ils avaient de
spécifique faisait partie d’une « culture de la rue » majori-
tairement ouvrière, centrée sur les quartiers noirs, mais
aussi ceux peuplés d’immigrés irlandais, allemands, ita-
liens et juifs, employés dans des activités industrielles et
commerçantes, liées au port notamment. Nombre de ces
prolétaires, travailleurs migrants, déracinés, sans domi-
cile, ex-détenus aussi, vivaient hors mariage et sans famille.
Métropole industrielle, New York était en partie a city of
men.
Bien plus que dans leurs logements exigus et inconfor-
tables, la vie sociale des classes laborieuses se déroulait
dans les lieux publics, où moralistes et policiers ne man-
quaient pas de voir une menace pour l’ordre.
Cet espace, les homos en faisaient usage. Ils vivaient
dans un milieu populaire et leur socialisation empruntait
à ce milieu : les saloons leur servaient de centres sociaux
ou de foyers permettant de s’informer, de se divertir, de
trouver un travail, éventuellement un partenaire, remplis-
sant ainsi une fonction identique à celle qu’y trouvaient les
autres habitants du quartier. Et les mêmes saloons accueil-
laient généralement homos et non-homos.
Au sein de cette vie urbaine populaire à dominante
ouvrière, l’homosexuel a une place. Non pas que la classe
1. La working class dont parlent les historiens anglophones est plus large que la
« classe ouvrière » : au-delà des ouvriers (d’usine, du bâtiment, d’entretien…),
elle englobe l’ensemble des travailleurs manuels pas ou peu qualifiés,
hommes et femmes, y compris le conducteur d’autobus, l’employée de
magasin, l’aide-soignante, etc. Tous les habitants des « banlieues ouvrières »
françaises n’étaient pas non plus ouvriers. En plus de « classe ouvrière »,
nous avons donc eu recours aux expressions « classes populaires », « milieu
populaire », et « classes laborieuses », terme aujourd’hui désuet mais adéquat
au New York de 1910.
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ouvrière new-yorkaise de 1900 ait été spécialement tolé-
rante et sexuellement libérée. Mais, en raison notamment
de leurs conditions matérielles, le mode de « régulation
des mœurs » subi et perpétué par les prolétaires divergeait
de celui des bourgeois sur bien des points : vie de famille,
logement, rôle de la rue, et séparation entre sphères privée
et publique.
Une particularité des quartiers populaires, c’est la visi-
bilité publique du (ou de la) fairy. Le mot désigne d’abord
une fée (celle des contes), mais s’applique aussi à un homme
d’allure ou de manières dites efféminées : s’il n’est pas indif-
férent qu’il ait des rapports sexuels avec des partenaires
masculins, ce fait est secondaire.
L’homme habillé en femme, et/ou se comportant
comme on l’attend d’une femme, était une figure familière
de ces quartiers, et relativement acceptée, au point d’être
la bienvenue aux bals « normaux », mais aussi la vedette
de bals masqués et de drags où les fairies sont l’attraction
principale.
À partir de 1926, à Harlem, le bal costumé de la Hamil-
ton Lodge est l’occasion de la plus grande réunion d’homos
hommes et femmes de New York, attirant des milliers de
travestis, la plupart d’origine ouvrière, surtout dans les
années 1930, avec une présence homosexuelle de plus
en plus marquée. En 1929, on compte 2 000 danseurs et
3 000 spectateurs, en majorité de jeunes ouvriers noirs.
Les participants seront 8 000 en 1937, dont un grand
nombre d’hommes habillés en femmes, mais également
des femmes costumées en hommes. Les homos des deux
sexes détournaient une pratique de la société « normale » :
ils y ont trouvé une place, avant d’en venir à l’organiser
eux-mêmes.
Une frange de la « bonne société », des célébrités, des
artistes assistaient à ce grand événement mondain au sens
inévitablement contradictoire. Car le paradoxe de cette
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mise en scène, c’est que le travestissement tournait en
dérision l’image de l’homosexuel comme efféminé tout
en la perpétuant sous forme caricaturale. Le carnaval,
c’est le mélange des genres, des classes aussi, le dérègle-
ment cathartique, l’inversion d’une nuit. Le spectacle du
renversement coexiste avec la norme et la renforce. Tout
en rendant mieux visible l’artificialité des rôles sexués, la
féminité outrancière des fairies confortait le stéréotype de
la femme.
« Je ne suis pas une femme »
Le ou la fairy se conduit comme aucun homme ne devrait
le faire, mais comme tout homme authentiquement « viril »
pourrait souhaiter qu’une femme le fasse.
Le quartier populaire accepte la fairy comme une ano-
malie plus amusante que repoussante : la fairy ne menace
pas la hiérarchie des sexes, elle est autre, homme incom-
plet et femme impossible. Pire, sa féminité affichée et son
mépris des qualités féminines « traditionnelles » de pudeur
et de réserve la font ressembler à une prostituée.
Du choix vestimentaire jusqu’aux gestes dans la rue,
la féminisation est ici le critère essentiel. L’« anormalité »
consistait d’abord à renoncer aux privilèges et obligations
typiques du statut d’homme, et seulement ensuite à cher-
cher des partenaires amoureux ou sexuels masculins. De
son côté, l’homme répondant aux avances d’une fairy
n’était pas considéré comme « anormal » tant qu’il restait
fidèle à ce qui était supposé définir la masculinité. Cela
permettait à des hommes, seuls ou non, mariés ou non,
vivant dans des communautés immigrées avec une forte
séparation des sexes, de pratiquer parfois régulièrement
des rapports sexuels avec des semblables, sans pour autant
risquer de perdre leur statut d’« homme ».
Un procès célèbre à l’époque l’illustre bien. En 1919,
désireuse d’éliminer la « sodomie » de sa base de Newport,
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l’Us Navy recrute dans ses rangs une douzaine de marins
choisis pour leur jeunesse et leur beauté, chargés de
séduire des homos afin de les faire passer en jugement.
L’affaire se soldera par dix-sept condamnations. Selon
leurs témoignages, les marins ayant servi d’« appâts » n’ont
eu aucun problème à commettre des actes sexuels avec des
hommes qui pour eux n’étaient pas vraiment des hommes,
seulement des êtres efféminés face auxquels ils tenaient le
rôle masculin.
Le sexe du partenaire sexuel n’était pas encore un critère
discriminant, mais il allait le devenir, la division entre fairy
et homme « normal » cédant la place à celle entre homo et
hétéro – différenciation apparue plus tôt dans les classes
moyennes ou supérieures que chez les prolétaires.
Distinction de classe
Aux États-Unis, l’hétérosexualité exclusive est en effet
devenue dans les classes sociales aisées une condition
nécessaire de « normalité », deux générations avant de
gagner les couches populaires noires et blanches.
Lors des premières décennies du e xx siècle, la situa-
tion et les revenus des classes moyennes offrent à leurs
membres masculins une sphère privée plus large que celle
des prolétaires. L’homme « bien élevé » est en mesure de
se conformer aux normes de discrétion et d’autocontrôle
qui règnent dans son milieu, voire pour les plus privilégiés
d’adopter une posture de gentleman et de fréquenter des
artistes. L’homme qui préfère les hommes doit et peut ne
pas le montrer, détachant ainsi sa préférence sexuelle de
son image « en société ». Les marqueurs sexués indiquent
aussi la distinction sociale.
La fairy exhibe vulgairement (c’est-à-dire à la façon des
gens du peuple) aux yeux de tous une différence sexuelle :
l’homo d’un « bon » milieu (le queer au sens d’alors) masque
cette différence avec élégance, souvent derrière la façade
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d’une vie de couple hétérosexuel très conventionnelle, et
ne la révèle qu’aux initiés.
Apparence et respectabilité font partie des conditions
d’existence et de travail des classes moyenne et bourgeoise :
vêtement, langage, sérieux, façon d’occuper l’espace,
autant de signes distinctifs de supériorité attestant leur
fonction de commandement. Et si beaucoup d’ouvriers
aspirent à la respectabilité, peu en ont les moyens maté-
riels. L’homme capable de s’offrir une garçonnière ou un
bon hôtel préservera mieux les apparences, dans l’adultère
comme dans le cas d’amours homophiles.
Choix d’objet
L’ouvrier prouvait sa virilité en jouant le « rôle masculin »
avec un homme comme il le faisait par ailleurs aussi avec
une femme. L’homme de classe moyenne, lui, s’est repré-
senté de plus en plus sa virilité comme dépendant d’une
attirance exclusive pour les femmes. On peut y voir un
aspect de la moralisation des classes laborieuses entamée
au e xix siècle.
Encore fallait-il que cette vision s’impose socialement.
D’abord, à en croire les enquêtes sociologiques, les rap-
ports homosexuels ou hétérosexuels hors mariage étaient
bien plus fréquents chez les ouvriers que dans la classe
moyenne.
D’autre part, dans la première moitié du e xx siècle,
le discours médical change dans sa définition des rôles
sexuels. Jusque-là, le désir sexuel était considéré comme
moins important que la façon (active ou passive, notam-
ment) de le satisfaire : l’« inverti », homme à l’envers comme
le mot l’indique, était celui qui se comportait comme une
femme, et pour échapper à l’inversion il suffisait à un
homme de tenir un rôle dominant.
Désormais, être un « homme » ne consiste pas seule-
ment à se conduire comme un homme (c’est-à-dire ne
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pas se conduire en femme), c’est avant tout n’avoir de rap-
ports sexuels qu’avec des femmes. Freud théorisera cette
évolution en distinguant le but (ce que cherche la pulsion
sexuelle, pas forcément d’ailleurs un acte sexuel au sens
courant, une « pénétration » par exemple) de l’objet (le
moyen d’obtenir satisfaction, entre autres par le choix
du partenaire). La psychiatrie ne théorise plus l’inver-
sion mais l’homosexualité, définie par l’attirance pour le
même sexe, conception contraire à ce que vivaient alors
les milieux populaires.
S’il a fallu attendre pour que le discours savant se tra-
duise dans les comportements, c’est que la « biopolitique »
n’est pas affaire de mots. C’est seulement après 1945
qu’une nouvelle perception de la sexualité a peu à peu pré-
valu, grâce à sa diffusion par l’ensemble des institutions
de sécurité sociale et de santé publique, ainsi que dans les
mœurs et l’opinion.
Mais il n’y aurait pas eu transformation des pratiques
sexuelles sans un changement profond de la place et donc
de l’image de la femme, dû à la tendance à l’égalisation
– partielle et contradictoire – des conditions masculine
et féminine. La quasi-totalité des sociétés précapitalistes
imposent à la femme des fonctions spécifiques qui l’en-
ferment dans un statut à part, secondaire et minoré. En
faisant travailler des femmes hors du foyer, et de plus en
plus dans des métiers et à des postes « d’homme », le sala-
riat moderne ne supprime pas mais atténue la hiérarchie
des sexes. Dans la représentation dominante en Occident,
la femme n’est plus cet être enchaîné au foyer, passif,
éternelle mineure, face à un homme « vrai » travailleur et
actif. En conséquence, si la femme n’est plus systémati-
quement subordonnée, se conduire comme une femme
(est supposée le faire) devient moins symbole et synonyme
d’infériorité. Ici la « question homosexuelle » croise celle
plus générale du rapport homme/femme.
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Il fallait cette évolution pour qu’une réalité historique
appelée hétérosexualité en vienne à exister face à une autre
appelée homosexualité. En 1948, le professeur Kinsey
affirmait à ses compatriotes étonnés que plus d’un tiers
des mâles étasuniens avaient connu dans leur vie au moins
une expérience qualifiable d’homosexuelle. Contesté et
dénoncé pour ses méthodes comme pour ses bonnes ou
mauvaises intentions, le « rapport Kinsey », énorme succès
de librairie, avait en tout cas valeur de symptôme : doré-
navant, les hommes « normaux », qu’ils aient d’ailleurs ou
non des relations sexuelles occasionnelles avec d’autres
hommes, se vivraient (et seraient socialement perçus)
comme « hétéros ».
Et dans le Sud profond
Tout semble opposer New York au Mississippi, un des
États américains les plus religieux et les plus racistes, qui,
en 1955, avait même étendu aux rapports hétérosexuels sa
loi anti-sodomie de 1839. Il y a pourtant plus d’un point
commun entre la métropole emblème de la modernité et
l’État réactionnaire.
Si les hommes attirés par les hommes ne disposaient pas
au Mississippi, contrairement à New York et à San Fran-
cisco, de lieux voués en permanence à leurs rencontres, ils
se trouvaient et se retrouvaient grâce à des réseaux infor-
mels, entre autres facilités par les moyens de transport
modernes, la voiture en particulier.
Il était couramment admis que les garçons traversent
une phase de bisexualité, jusqu’à ce que l’intérêt pour les
filles l’emporte chez la plupart d’entre eux. Tant qu’elle
pouvait passer pour du jeu et n’impliquait pas d’adulte,
cette sexualité était acceptable.
Dans les années 1930, l’adolescent qui sortait en ville
en compagnie de son ami (qui pouvait être aussi ce que
nous appellerions son amant), habillé en corsage et en
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jupe, suscitait le rire des passants. On tolérait l’excentri-
cité qui ne remet pas en cause l’ordre familial et social. Le
travestissement était accepté comme jeu, interdit comme
transgression des démarcations sexuées.
À la même époque, les church drags, parodies de mariage
en pleine église avec homme déguisé en future épouse,
amusaient beaucoup les paroissiens. On pense aux bals
costumés de Harlem, ou aux travestis des spectacles pour
militaires en 1914-1918 comme en 1939-1945. Les écoles
organisaient des concours de beauté masculine, là encore
avec scène de mariage entre garçons. Plus d’un lieu et
d’une occasion servaient de prétexte à tourner l’hétéro-
sexualité en dérision.
À condition de ne pas « en faire trop ». Celui qui se mon-
trait trop souvent en robe, trop consentant aux jeux sexuels,
trop pénétré, se faisait traiter de queer, mot désignant beau-
coup plus que l’homosexualité, car recouvrant de multiples
expressions et gestes non conformes (voire franchement
opposées) aux normes sexuées. En particulier, il ne fallait
pas violer « la règle implicite de l’impénétrabilité mascu-
line 2 » : être « homme » était assimilé à être actif, donc celui
qui pénètre sa ou son partenaire.
Au terme d’une longue et difficile évolution que
nous ne pouvons résumer ici, le Mississippi a fini par
renoncer à criminaliser les amours masculines. Alors que
les Mississippiens de 1950 ne pensaient pas en termes
« homo ou hétéro », mais de « péché », ceux du e xxi siècle
reconnaissent (ce qui ne veut pas dire acceptent) un
fait social, l’homosexualité, fondée sur une orientation
vers le même sexe. La dualité homo/hétéro prévaut à
Jackson comme à New York : l’homosexualité n’est plus
vécue comme un ensemble d’activités sexuelles entre
hommes, mais comme un mode d’être, éventuellement
2. John Howard, Men like that: a southern queer history*.
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lié à un mode de vie spécifique. Il en va de même pour
l’hétérosexualité.
Question de mots
Au début de son livre sur New York, George Chauncey
avertit qu’il emploiera des mots ayant « maintenant une
connotation péjorative qui de prime abord peut choquer
le lecteur 3 ». Dans les premières décennies du e xx siècle,
fairy et queer étaient les termes les plus employés par et
pour les homosexuels new-yorkais. Les hommes attirés
par une personne de même sexe, et non par un homme
féminisé (le ou la fairy), s’appelaient queer, sans y donner
un sens négatif, voulant signifier par ce mot (« bizarre » ou
« étrange » en anglais) qu’ils se situaient hors de la norma-
lité statistique des hommes attirés par les femmes. Par
ailleurs, à l’époque, « bisexuel » ne signifiait pas être attiré
par les hommes et les femmes, mais être à la fois masculin
et féminin.
En parallèle, l’Américain se voulant « normal » renonçait
aux sentiments ou aux conduites susceptibles de le faire
passer pour homosexuel… et de se voir qualifié de queer.
Ce terme lui-même cédait peu à peu du terrain, en par-
ticulier parmi les homos jeunes, tandis que progressait
l’appellation gay, d’usage de plus en plus fréquent dans les
médias à partir des années 1960, jusqu’à devenir le qualifi-
catif courant sinon obligé, dont la prééminence supposait le
nouvel horizon mental basé sur la différence homo/hétéro.
L’homosexualité cessant d’être « anormale », elle perdait
son caractère bizarre, queer, d’où l’abandon du nom, puis
sa reprise ultérieure par les plus radicaux quand « gay » a
trop ressemblé à une nouvelle norme (nous y reviendrons
au chapitre 13).
3. George Chauncey, Gay New York*.
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Question d’être
Dans la classe ouvrière new-yorkaise du début du e xx,
l’hétérosexualité ne faisait pas partie des critères et condi-
tions indispensables pour « être un homme ». Le désir d’un
homme pour un autre homme révélait autant et aussi peu
sur sa personnalité sexuelle que de savoir s’il préférait les
femmes brunes ou blondes.
Était homosexuel l’homme qui se conduisait comme
une femme (est supposée se conduire). Sauf que, juste-
ment, on ne parlait pas d’« homosexuel », mot au sens
précis qui ne s’est répandu qu’à partir du moment où le
critère de démarcation est devenu « même sexe/autre sexe ».
Aujourd’hui, est homosexuel l’homme qui fait l’amour avec
un homme et – mieux encore – qui vit avec un homme une
vie comparable à celle des couples homme-femme, paren-
talité comprise. Alors que la fairy renforçait par contraste
un modèle familial qu’elle ne pratiquait généralement pas,
l’homosexuel(le) contemporain(e) revendique de pouvoir
mener comme tout le monde une vie de famille « normale ».
Il n’y a pas si longtemps, le stéréotype et la caricature
de l’homosexuel, c’était la féminité affichée des fairies.
À notre époque, avec la culture, voire le culte, du corps,
c’est l’image de l’homme délibérément masculin qui l’em-
porte. La folle, le drag, l’outrance provocatrice valent pour
la Gay Pride, pour le spectacle et la fête, mais chacun sait
ces exhibitions secondaires comparées à la fréquentation
régulière d’une salle de gym où chacun entretient son capi-
tal-corps, quelle que soit sa sexualité.