Hyper-parentalité: Apprendre à lâcher prise pour le bien des parents et des enfants (French Edition)
Introduction Que les hyper-parents lèvent le doigt !
Introduction
Que les hyper-parents lèvent le doigt !
Chaque fois que je donne une conférence sur un sujet lié à la parentalité,
je devine que le public sera essentiellement composé non pas de parents,
mais bien… d’hyper-parents ! Ce phénomène s’explique sans mal par le fait
que l’idée de se déplacer et de passer une soirée à écouter quelqu’un traiter
d’un aspect particulier ou d’une composante générale de l’éducation
familiale ne peut trouver sa place que dans la tête de parents
particulièrement soucieux de bien faire et terriblement désireux de ne rien
laisser au hasard dans l’éducation de leurs enfants.
À chaque conférence, je leur parle donc de « leur » hyper-parentalité en
prenant évidemment le temps de leur expliquer qu’il ne s’agit là ni d’un
défaut ni d’une maladie ni même d’une quelconque faille, mais bien
d’une tendance qu’ils développent parce qu’ils ont souhaité avec beaucoup
d’enthousiasme la venue au monde de leur enfant et l’ont de ce fait
quasiment convoqué à naître.
Je développe ensuite les signaux qui se cachent derrière l’idée de se
comporter en parent hélicoptère, en parent drone et en parent curling. Le
plus souvent, ils sourient parce que leur hyper-parentalité, somme toute, ne
cause que des dégâts limités. Le moment de détente que leur offre, je
l’espère, la conférence leur permet de réduire pour un soir la tension qui
contamine parfois la relation qui les lie à leurs enfants, de limiter la
pression qui pèse à l’occasion sur leurs épaules de parents et d’éviter que
leur souci d’une parentalité parfaite ne prenne une telle consistance qu’il
finisse par constituer pour leur enfant un fardeau trop lourd à supporter.
L’hyper-parentalité est une affaire sérieuse, mais ne doit en aucun cas
être traitée avec gravité. C’est généralement par le biais d’une lucidité
amusée qu’un parent parviendra le mieux à la maîtriser et même à s’en
délester. Prendre conscience de sa tendance à faire preuve d’hyper-
parentalité constitue un premier pas dans la direction d’une parentalité
mieux dosée dans ses objectifs, moins ambitieuse dans ses prétentions et plus vivable dans le quotidien à la fois pour les parents qui ployaient sous la
tâche éprouvante qu’ils s’étaient donnée et pour les enfants ou les
adolescents qui, sous l’effet d’une parentalité pavée de trop bonnes
intentions, finissaient par ne plus respirer sous l’effet d’une pression
étouffante.
Aider chacun, dans la famille, à respirer, permettre à tout le monde de
souffler, résister à l’asphyxie que produisent des attentes éducatives
excessives, voilà donc le triple objectif de cet ouvrage. Pour cela, il faudra
sans doute se donner les moyens de comprendre ce que signifie précisément
l’hyper-parentalité en remontant notamment à ses sources. Cela nous
permettra de mieux concevoir l’inconfort particulièrement intense que
produit cette tendance éducative quand elle se manifeste dans le contexte
social anxiogène que nous traversons actuellement.
L’hyper-parentalité est en effet encore plus difficile à vivre quand un
parent perçoit que la qualité de l’éducation qu’il s’attache à donner à son
enfant n’offre en réalité aucune garantie d’avenir parce que le monde est
vécu comme profondément incertain. Ce livre, dans un tel contexte, peut
alors se lire comme une sorte de « guide » pour permettre aux parents de se
diriger par ces temps d’inquiétude avec davantage de sérénité en continuant
à offrir à leurs enfants une éducation qui leur donne l’envie de grandir en
dépit de l’imperfection du monde parce qu’ils perçoivent néanmoins que le
bonheur y sera toujours possible.
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