La vie est un arc-en-ciel

Cecelia Ahern · Chapitre 40 sur 51

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La vie est un arc-en-ciel

Chapitre 40

 

Bienvenue au Forum des Joyeux Divorcés de Dublin. Six

membres ont rejoint le salon.

Divorcée1 : arrêtez une minute de gémir, Solitaire, et

réfléchissez à votre situation. Vous devriez être

furibonde, plutôt que désespérée. Répétez après moi : je

suis une femme forte.

Solitaire : je suis une femme forte.

Divorcée1 : je dirige ma vie comme je l’entends. Solitaire : je dirige ma vie comme je l’entends. Divorcée1 : ce n’est pas ma faute si Tommy est parti. Solitaire : ce n’est pas ma faute si Tommy est parti. Divorcée1 : et je me fous de ce qu’il a fait parce que c’est

un salaud.

Solitaire : ah non, ça je ne peux pas ! Divorcée1 : permettez-moi d’éclairer votre lanterne. Il vous

a quittée au bout de six mois de mariage, il a emporté les

meubles, les ustensiles de cuisine et même le tapis de la

salle de bains, et il vous a juste laissé un petit mot

d’adieu. Alors répétez après moi : je me fous qu’il soit

parti parce que c’est un salaud.

Solitaire : je me fous qu’il soit parti parce que c’est un

SALAUD !

Divorcée1 : qu’il crève !

Solitaire : qu’il crève !

Timide : mesdames, je n’ai pas la certitude que ce soit une

manière très saine d’aider Solitaire.

Divorcée1 : oh vous, bouclez-la, vous n’êtes jamais sûre de

rien.

Solitaire : oh vous, bouclez-la, vous n’êtes jamais sûre de

rien.

Divorcée1 : Solitaire, je ne vous ai pas demandé de répéter

ça.

Primevère : vous êtes vraiment tordantes. Timide : je me pose une question : à part vous, Divorcée1,

quelqu’un est-il en droit d’avoir une opinion ? Divorcée1 : vous n’avez jamais d’opinion. Sam : calmez-vous, les unes et les autres. Voyons, Timide,

nous avons tous envie de connaître votre avis. Comment

avez-vous réagi en apprenant que Leonard avait une

liaison et vous quittait ?

Divorcée1 : elle s’est sagement installée dans la chambre

d’amis et elle a cessé de vivre.

Sam : allons, Divorcée1, laissez-la s’exprimer. Timide : merci, Sam, vous êtes un gentleman. Je ne suis pas

pour le divorce, je respecte les préceptes de l’Église

catholique, or le pape lui-même a déclaré que le divorce

était un « fléau » qui se répandait « comme la peste »

dans notre société. Je suis d’accord avec lui. Une famille

doit rester unie, quoi qu’il advienne.

Divorcée1 : le pape n’a jamais été marié avec mon ex, c’est

évident.

Timide : je préfère ne pas poursuivre cette conversation. Je

n’apprécie pas votre manière de parler. Primevère : l’Église catholique annule certains mariages,

Timide. Pourquoi vous ne choisissez pas cette solution ? Timide : je refuse.

Primevère : mais pour quelle raison ? Ça revient au même,

sauf que le pape donne sa bénédiction. Timide : non, je refuse.

Primevère : vous pouvez expliquer ?

Divorcée1 : elle ne veut pas mettre un terme à son mariage,

point à la ligne.

Timide : non, je pense simplement que ce ne serait pas bon

pour les enfants.

Divorcée1 : et c’est « bon pour les enfants » que vous

dormiez dans la chambre d’amis, que vous passiez le Sam : il vous a contactée ?

week-end à la maison pendant que votre mari court le

guilledou ? Vos gamins, quand ils seront grands,

penseront que les gens mariés doivent faire chambre à

part et avoir des aventures.

Solitaire : vous lui permettez de continuer à vous tromper ? Timide : n’écoutez pas Divorcée1, ce soir elle est mal lunée.

Il sort pour des dîners professionnels. Je ne peux quand

même pas l’en empêcher, et je ne vois pas pourquoi je

m’inquiéterais sous prétexte que son supérieur

hiérarchique est une femme. S’il avait un patron, vous

trouveriez ça normal.

Sam : oui, mais… et s’il avait une liaison avec sa patronne ? Primevère : ce serait drôle.

Solitaire : je comprends le raisonnement de Timide. Au

moins, elle vit avec l’homme qu’elle aime, elle lui parle

chaque jour, elle sait où il est, ce qu’il fait, au lieu d’être

seule à longueur de temps. S’il ne lui rend pas tout à fait

son amour, quelle importance ?

Timide : vous devriez vous réconcilier avec Tommy. Six mois,

ça ne suffit pas pour poser les fondations d’un mariage. Divorcée1 : je vous rappelle, Timide, que Tommy a vidé leur

compte en banque, embarqué les meubles, la télé, le

lecteur de CD, qu’il lui a volé sa bague de fiançailles, tous

ses CD, ses vêtements et ses affaires personnelles.

Pourquoi voudrait-elle le revoir ailleurs que dans un

cachot ?

Timide : parce qu’elle l’aime et que le mariage est sacré. Divorcée1 : mais ce type est un escroc. Vous êtes cinglées,

mesdames.

Primevère : comme dit le proverbe, l’amour est aveugle. Divorcée1 : et sourd et débile, comme le prouve cette

discussion.

Fleur Bleue a rejoint le salon.

Divorcée1 : ah tant mieux, voici venir la voix de la raison. Fleur Bleue : ce n’est qu’un salaud, il l’a épousée. Divorcée1 : qu’il crève.

Fleur Bleue : non, je n’ai aucune nouvelle de lui depuis qu’il

m’a dit de ne plus l’appeler.

Sam : je pensais qu’il vous enverrait une invitation de

dernière minute.

Fleur Bleue : il s’en est bien gardé, ce sale petit égoïste de… Timide : vous avez été très dure avec lui, vous l’avez accusé

d’épouser cette femme pour des raisons abjectes. Solitaire : j’aimerais bien que mon père puisse offrir une

promotion à Tommy. Comme ça, il me reviendrait. Fleur Bleue : inviter une gamine de treize ans à prendre

l’avion pour Boston toute seule. Vous imaginez ? Il est

devenu fou. Je vous l’annonce officiellement : il n’est plus

mon meilleur ami.

Solitaire : je peux le remplacer ?

Divorcée1 : vous êtes pathétique, Solitaire. Solitaire : qu’est-ce que j’ai encore fait ? Primevère : et s’il vous avait invitée, Fleur Bleue, vous

auriez assisté à son mariage ?

Fleur Bleue : pas pour un empire.

Solitaire : il le savait, donc il n’a pas jugé nécessaire de faire

imprimer une invitation pour toi. Ça coûte très cher. Je

me rappelle l’époque où Tommy et moi établissions la

liste de nos invités. Nous étions si heureux. Divorcée1 : sans doute parce qu’il savait qu’il ne resterait

pas assez longtemps pour papoter avec la moitié de ces

invités.

Solitaire : vous êtes trop injuste.

Fleur Bleue : en tout cas, ces gens ne manquent pas

d’argent, je vous prie de me croire. Non, il a invité

seulement Katie pour me flanquer une baffe. Je m’en

fiche, je suis prête à parier que leur « bonheur » ne

durera pas. Il sera vite membre du Forum des Joyeux

Divorcés. Cette femme est un fléau, je le sens. Divorcée1 : non, le divorce est un fléau. Pas vrai, Timide ? Primevère : vous me faites toutes mourir de rire.

Timide : ce n’est pas drôle.

Timide a quitté le salon.

Primevère : vous êtes méchante avec elle, Divorcée1. Divorcée1 : elle adore ça. Elle est là tous les soirs, non ? Je

crois que ce chat représente l’unique semblant de

conversation adulte qu’elle ait.

Fleur Bleue : alors vous avez tous passé de bonnes fêtes ? Primevère : j’ai fait la java toute la semaine, c’était

formidable. Je me suis assise sur les genoux d’une

centaine de Pères Noël. Bon, il faut que je vous quitte. Je

vais à une soirée costumée, je me déguise en Bunny Girl.

Bye !

Primevère a quitté le salon.

Fleur Bleue : et vous autres, vous avez passé de bonnes

fêtes ?

Divorcée1 : je crois que j’ai pris au moins dix kilos. Solitaire : pour moi, ça été très tranquille. Sam : j’ai trouvé que, cette année, les programmes

télévisés étaient vraiment bien.

Divorcée1 : c’est vrai.

Fleur Bleue : oui, j’aime beaucoup les émissions de fin

d’année.

Divorcée1 : et pour distraire les gosses, c’est parfait. Fleur Bleue : oui.

Sam : il y a eu aussi de bons documentaires. Fleur Bleue : oui.

Divorcée1 : hier soir, j’ai regardé celui sur les ours polaires. Fleur Bleue : ah oui, moi aussi.

Sam : j’ignorais que les ours polaires étaient tous gauchers. Fleur Bleue : oui, c’était intéressant… et les escargots… Divorcée1 : ils sont gauchers, eux aussi ? Sam : apparemment, ils peuvent dormir pendant trois ans. Fleur Bleue : les petits veinards.

Divorcée1 : en résumé, à Noël on apprécie la télé. Sam : je ne trouve pas désagréable d’être seul pour Noël,

d’avoir un peu de paix et de tranquillité.

Solitaire : une paix et une tranquillité totales. Fleur Bleue : le calme.

Sam : mon ex et moi, à la période des fêtes, nous n’avions

jamais une minute à nous. Soit nous sortions, soit nous

recevions à la maison. Les choses ont bien changé, plus

de réceptions, plus d’invités…

Fleur Bleue : pareil pour moi.

Divorcée1 : qui essayons-nous de convaincre ? C’était

atroce, le pire Noël que j’aie jamais vécu. Fleur Bleue : pour moi aussi.

Sam : pareil pour moi.

Solitaire : moi aussi.

De : Julie Casey

À : Rosie

Objet : un fax pour vous

Je ne voudrais pas vous déranger, vous êtes trop occupée à travailler (comment va Ruby ?), mais un fax vient d’arriver. Il ne vous était pas précisément adressé, néanmoins en le lisant j’ai découvert qu’il vous était forcément destiné. Qui en effet, parmi les membres du personnel, donnerait mon numéro de fax pour son usage personnel ? J’ai déchiffré le gribouillis en bas de page, il me paraît signifier « de la part de Josh ». Ce document vous attend. Tant que vous y êtes, basculez vos appels dans mon bureau, apportez deux cafés et un paquet de cigarettes.

POTINS MONDAINS

ELOÏSE PARKINSON

Ceux d’entre nous qui ont eu la chance d’assister à

l’événement de l’année (ou du moins de la semaine)

pourront dire qu’ils ont vécu pour raconter la splendeur

extravagante que le Dr et Mme Reginald Williams ont

déployée pour les trois cents invités au mariage de leur

fille Bethany et du Dr Alex Stewart.

La cérémonie, qui s’est déroulée à la Memorial Church

de l’université de Harvard, était grandiose. De

somptueux bouquets de roses et de bougies rouges

bordaient l’allée centrale de l’église, pareils à des feux de

joie illuminant le chemin du jeune couple vers un avenir

radieux.

Bethany, 34 ans, était comme toujours éblouissante

dans une élégante robe blanche dessinée spécialement

pour cette occasion par le célèbre ami des stars (qui est

aussi le mien) Jeremy Durkin. Dix mille perles ornaient le

bustier (et dissimulaient habilement une grossesse dont

tout le monde ici parle sous cape). La jupe longue de

style ballerine, constituée de plusieurs épaisseurs de

tulle souple, froufroutait à chaque pas de la jeune femme

qui marchait au bras de son père, l’éminent chirurgien

Reginald Williams. Les longs cheveux blonds de Bethany,

qu’elle laisse généralement détachés, étaient coiffés en

un sage chignon roulé sur la nuque, pour donner à la

future jeune maman un air virginal de circonstance.

Miranda Williams, parfaite dans son rôle de mère de la

mariée, arborait un ensemble pantalon Armani pourpre,

assorti à un fabuleux chapeau Philip Treacy, et volait

presque la vedette à sa fille. Les mannequins (récentes

amies de Bethany) Sara Smythe et Hayley Broadbank

étaient demoiselles d’honneur, en robe de soie rouge

hyper sexy moulant leur absence de formes, et elles

tenaient douze roses. Quant au bouquet de la mariée que

j’avais moi-même l’honneur de porter, il se composait de

six roses rouges et six roses blanches.

Devant l’autel, le prince charmant couvait sa princesse

d’un regard adorateur. Il était magnifique, vêtu de la

traditionnelle queue-de-pie, d’une chemise blanche à col

cassé et d’une lavallière du même rouge que la rose qu’il

avait à la boutonnière.

C’est au Boston Harbor Hotel qu’a ensuite eu lieu

l’extravagante réception. Josh Stewart, le garçon

d’honneur âgé de cinq ans – le fils du Dr Stewart, né de

son précédent mariage avec Sally Gruber, son amie de

faculté – a prononcé le premier discours de la soirée.

Pour conclure, cette journée fut à la hauteur des

exigences et des standards de la vie mondaine, et tous

ceux qui ont vu les nouveaux mariés danser leur

première valse ne doutent pas que leur union soit

éternelle. Souhaitons-leur donc une longue, heureuse et

opulente vie conjugale. Et moi, votre chroniqueuse

mondaine préférée, je m’en vais de ce pas, avec mon

bouquet, me chercher un amoureux.

Ma Rosie,

Joyeux anniversaire, ma grande.

Encore une année – on continue.

Ruby

De : Stephanie

À : Rosie

Objet : ta visite

J’attends avec impatience le mois prochain. Sophia est toute contente de faire ta connaissance, et Jean-Louis est comme toujours surexcité.

Bon anniversaire, sœurette. Pour tes trente-trois ans, je suis sûre que Ruby et toi allez vous coucher à l’aube.

Chers Alex et Bethany,

Félicitations pour la naissance de votre petit garçon. Nous vous souhaitons à tous beaucoup de bonheur, et nous sommes ravies que Josh ait le petit frère qu’il désirait tant.

Rosie et Katie

Joyeux anniversaire, mon ange.

Amuse-toi bien et n’oublie pas que tu as quatorze ans : pas d’alcool, pas de drogue, pas de sexe.

Mille baisers,

Maman

Vous avez un message de : ROSIE

Rosie : Katie Dunne, qui est le garçon que, paraît-il, tu

embrassais en dansant le slow, vendredi soir ? Katie : je ne peux pas discuter, maman. M. Simpson parle

d’un truc super important pour les examens de fin

d’année, il faut que j’écoute, c’est vital. Rosie : menteuse.

Katie : je ne mens pas. Je suis sûre que c’est très important. Rosie : allez, crache le morceau. Qui était ce garçon ? Toby : salut, Rosie.

Rosie : toi, tu tombes à pic. J’interrogeais ma fille sur

l’inconnu de la discothèque, vendredi soir. Toby : ha ha. Les nouvelles vont vite. Katie : ne lui dis pas, Toby.

Rosie : alors c’est vrai ?

Toby : eh oui.

Katie : il peut parler. Monica et lui se sont léché la poire

toute la soirée.

Rosie : oh non, Toby, pas Monica la Pleurnicheuse. Toby : mais pourquoi vous la surnommez comme ça ? Avec

moi, elle ne pleurniche pas.

Rosie : nous, nous ne l’embrassons pas en public. Ne tourne

pas autour du pot, ma fille chérie, il me faut les détails de

ton histoire d’amour.

Katie : il s’appelle John McKenna, il a quinze ans, et il est

vraiment chouette.

Rosie : mon Dieu, un vieux.

Katie : que veux-tu, maman, j’ai du goût. Rosie : Toby, qu’est-ce que tu penses de lui ? Toby : ça va. Il est dans l’équipe de foot du collège, il est

bon.

Rosie : tu me le surveilleras, n’est-ce pas ? Katie : maman ! Maintenant, il racontera n’importe moi. Rosie : tu as couché avec lui ?

Katie : maman ! J’ai quatorze ans !

Rosie : de nos jours, à la télé, on voit des filles de quatorze

ans enceintes.

Katie : pas moi, en tout cas !

Rosie : tant mieux. Tu as pris de la drogue ? Katie : arrête, maman ! Où je me procurerais de la drogue ? Rosie : je n’en sais rien, mais de nos jours, à la télé, on voit

des filles de quatorze ans qui se cament. Katie : eh bien, pas moi !

Rosie : tant mieux. Tu as bu de l’alcool ? Katie : maman ! La mère de Toby nous a amenés au collège

et elle est venue nous rechercher – à quel moment on

aurait pu boire ?

Rosie : je n’en sais rien. De nos jours, à la télé, on voit des

filles de quatorze ans enceintes, camées et ivres. Katie : je n’en fais pas partie !

Toby : mais vous regardez quelles émissions ? Rosie : surtout les infos.

Katie : ne t’inquiète pas, tu m’as suffisamment fait la

morale, je suis sage comme une image. Rosie : bon, admettons, néanmoins je te le rappelle : un

baiser, c’est bien, mais on ne va pas plus loin. OK ? Katie : maman ! Je n’en veux pas plus ! Rosie : tant mieux, et maintenant, remettez-vous au travail,

tous les deux. J’exige que vous ayez un A ! Katie : ça m’étonnerait qu’on l’ait si tu continues à nous

embêter !

Ruby : quels sont tes projets pour les deux prochains mois,

puisque les cours sont terminés ? Avoir d’aussi longues

vacances, quelle veine ! Randy Andy m’a déclaré que

j’avais épuisé mes congés, ce qui est grotesque vu que

j’ai pris toutes ces journées en arrêt maladie. Il a dit qu’il

ne comprenait pas comment quelqu’un pouvait être

malade soixante-cinq jours par an et être encore vivant. Rosie : alors tu n’auras pas du tout de vacances ? J’espérais

passer un week-end en Angleterre avec toi. À Blackpool,

par exemple.

Ruby : c’est possible. Je lui ai répondu que s’il m’accordait

deux semaines, je mentionnerais la société Randy Andy

Paperclip quand Oprah nous inviterait dans son émission,

Gary et moi, après notre victoire au championnat du

monde de salsa. Mais passons… qu’est-ce que tu

comptes faire, donc ?

Rosie : je ne sais pas trop. Julie m’a vaguement parlé de

cours pour adultes qui ont lieu à l’école. Elle estime que

je devrais suivre une formation en gestion hôtelière, mon

rêve. Comme si c’était si simple.

Ruby : pourquoi ça ne serait pas simple ? Rosie, si tu

n’essaies pas, tu ne sauras jamais si tu en es capable.

Depuis que je te connais, tu veux travailler dans un hôtel.

Tu n’arrives même plus à ouvrir la porte de ta salle de

bains, tellement elle est pleine de trucs que tu as chipés

dans des hôtels. Pour être honnête, je ne pige pas bien

pourquoi ça te fascine autant, mais je sais que tu dois

tenter de réaliser ton rêve.

Rosie : Julie m’a dit que, si je ne suivais pas cette formation,

elle me virait. Elle a dit aussi qu’à la fin de cette

formation, elle me virerait de toute manière. Ruby : écoute-la, elle a toujours été un bon professeur pour

toi.

Rosie : mais, Ruby, il faut deux ans pour décrocher le

diplôme, ça coûte cher, et je serai obligée de travailler le

jour et d’étudier le soir. Ce ne sera pas de la tarte. Ruby : où est le problème, Rosie Dunne ? Tu as mieux à faire

pendant les deux années à venir ?

Chère Rosie,

Excusez-moi d’avoir tant tardé à vous répondre. Ces derniers mois ont été mouvementés pour Alex et moi, avec l’organisation de notre vie conjugale et la naissance du bébé.

Nous avons été ravis de recevoir votre petite carte, et nous espérons que Katie et vous coulez des jours heureux dans notre chère Irlande.

Amicalement,

Bethany (Alex, Theo, sans oublier Josh)

Vous avez reçu un message de : ROSIE Rosie : tu as raison, Ruby, je crois que je n’aurai rien de

mieux à faire dans un proche avenir. Donc, je vais

m’instruire.