Le réveil d'Artémis: Wolf & God (édition française) t. 1 (French Edition)

Chapitre 30 - Clayton

 

– Tu n’es pas seule, lui assuré-je. Je suis là ! Repose-toi sur moi si tu en ressens le besoin ! Mais ne me fuis plus… soufflé-je douloureusement tandis que je plonge mes yeux dans les siens.

L’intensité qui se dégage de ce moment me donne presque le tournis. Ma peau brule de sentir son corps si près du mien. Pourtant, je ne fais aucun geste pour combler la distance qui nous sépare. Mes muscles sont tellement tendus que j’en tremble. Je ne veux pas prendre l’initiative d’un quelconque rapprochement. Cela fait des jours qu’elle m’ignore et c’est bien plus douloureux que je ne l’admettrai jamais. Je comprends aussi qu’elle a besoin de contrôler les choses. Ce pouvoir qui grandit en elle lui fait peur. Je le sais sans qu’elle ait besoin de me le dire, tout comme je sais que nous ne pourrons pas être ensemble si je dois toujours faire le premier pas. Doucement, elle saisit ma main qui repose toujours contre son cœur et la porte à sa bouche.

– Merci, souffle-t-elle en déposant de tendres baisers au creux de ma main.

Je manque de suffoquer et cela affole un peu plus les papillons qui s’agitent dans mon ventre à chaque fois que je me trouve à proximité d’elle. Je ne peux plus nier ce que je ressens quand elle est près de moi. Moi qui pensais que je pourrais contrôler cette attirance, je ne peux plus me voiler la face. C’est elle que je veux et uniquement elle. Un grondement m’échappe en sentant le bout de sa langue contre ma peau. Elle me rend fou ! Je dois lutter contre moi-même pour conserver cette retenue que je dois maintenir entre nous tant qu’elle n’aura pas pris sa décision. Je sais que lorsqu’elle sera mienne, aucun retour en arrière ne sera plus possible. Pourtant, il m’est de plus en plus difficile de résister à cette attraction, d’autant plus quand je perçois l’odeur de son excitation.

– Putain ! grondé-je en serrant les mâchoires, tout en amorçant un mouvement de recul.

– Non ! me retient-elle, en saisissant fermement ma main pour me ramener contre elle.

– Ne joue pas avec moi ! grondé-je d’une voix plus rauque que jamais. – Jamais, m’assure-t-elle en inversant nos positions pour que je me trouve plaqué contre le mur.

Ses yeux s’assombrissent alors qu’elle approche ses lèvres des miennes. Doucement, je redécouvre sa saveur enivrante. Je la laisse mener la danse quelques secondes, mais la bribe de mon contrôle rompt en entendant le doux gémissement de contentement qui passe la barrière de ses lèvres. Ma langue s’invite de manière possessive dans sa bouche. Je veux qu’elle comprenne tout ce que j’éprouve pour elle. Il s’agit bien plus qu’une simple attirance physique entre nous. Je l’embrasse comme jamais je n’ai embrassé quiconque : avec dévotion, avec passion, comme si je la revendiquais déjà comme mienne. Son corps fond tout contre le mien alors qu’elle répond avec ardeur à mon baiser. J’ai l’impression de perdre la tête quand ses mains glissent sous mon t-shirt. Le contact de sa peau si douce contre la mienne m’électrise. Nos baisers deviennent voraces et ses hanches entament une danse sensuelle contre ma jambe qui s'est invitée entre les siennes. Comprenant ses besoins, j’attrape l’arrière de ses cuisses pour qu’elle s’arrime à mon corps. J’inverse nos positions pour faciliter notre rapprochement. Son dos heurte violemment le mur, mais elle ne semble pas s’en préoccuper. La fièvre me gagne encore davantage quand elle m’enlève mon t-shirt. Le frottement délicieux de son intimité contre ma hampe me fait complètement perdre la tête. Je perds toute notion de l’endroit où nous nous trouvons. Tout ce qui m’importe, c'est répondre à ce besoin primitif de la faire mienne. Je plaque ma bouche contre la pointe érigée de son sein qui me nargue depuis tout à l’heure. Le tissu de son t-shirt s’imprègne de ma salive tandis que je mordille son téton. Elle s’agite de plus belle contre ma queue et je ne peux retenir un gémissement de plaisir. C’est tellement bon ! Le loup trépigne d’impatience au moment où je soulève son t-shirt pour gouter sa peau délicieuse. Je réalise à ce moment-là que je ne peux pas faire ça. Pas comme ça. Pas ici. Pas maintenant alors qu’elle est encore bouleversée. Fais chier ! Je lutte contre mon instinct primaire qui me gronde de la prendre tout de suite, que la chaleur et l’humidité entre ses cuisses m’appellent. Je redescends le tissu sur sa poitrine et plaque mon front contre le sien pour essayer de me calmer. Ses yeux s’arriment aux miens tentant de comprendre pourquoi j’arrête.

– Qu’est-ce qui se passe ? me demande-t-elle d’une voix rocailleuse qui ravive mon envie d’elle.

– On ne peut pas… pas ici… pas comme ça… soufflé-je contre sa bouche.

Elle me détaille pendant ce qui me semble de longues minutes. Seules nos respirations saccadées résonnent dans la salle. Elle finit par poser ses mains sur mes épaules pour s’aider à se remettre debout.

– Je pensais qu’on voulait la même chose, lâche-t-elle le rouge aux joues, en constatant que son t-shirt est transparent à l’endroit où ma bouche l’a léché.

– Ne crois pas que je n’ai pas envie de toi, soufflé-je. C’est seulement que tu dois comprendre que si nous faisons l’amour, mon loup voudra te revendiquer, lui expliqué-je à contrecœur. Il n’y aura plus de retour en arrière possible.

– Je ne comprends pas, commence-t-elle à s’inquiéter en croisant ses bras devant sa poitrine.

– C’est bien pour ça qu’on ne peut pas aller plus loin pour le moment, lui expliqué-je en passant une main nerveuse dans mes cheveux. – Clay ! Les délégations viennent d’arriver ! nous interrompt Tia, en entrant brusquement dans la salle.

Merde ! Il fallait que mon père envoie Tia entre toutes les personnes possibles. Je sais qu’il existe une certaine animosité entre les deux femmes et cela se confirme à la tension dans les épaules de Cassie. Je ne sais pas exactement ce qu’elle connait de notre passé, mais je comprends que je dois lever toute ambiguïté sur la situation.

– Nous continuerons cette discussion plus tard, murmuré-je à l’oreille de la jeune femme avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

Son souffle se coupe sous l’effet de surprise, mais je suis heureux de constater qu’elle répond instinctivement à mon baiser. Lorsque je me tourne vers Tia, j’ai la certitude que le message est passé. Elle n’est plus rien pour moi à part la fiancée de mon frère. Notre passé amoureux est ce qu’il est, mais je refuse qu’elle s’interpose entre Cassie et moi.

– Allons-y ! lui ordonné-je en passant à côté d’elle, tout en enfilant mon t-shirt.

Le chemin jusqu’au bureau de mon père se fait dans un silence pesant. Je sens presque le poids de son mécontentement sur mes épaules.

– Alors, c’est vrai ? chuchote-t-elle en me retenant par le bras quand je m’apprête à entrer dans le bureau de l’Alpha.

– Elle sera bientôt mienne, lui assuré-je en me tournant vers elle pour qu’elle comprenne qu’elle n’a plus la moindre influence sur moi.

J’ignore si notre histoire d’amour était vraiment ce que je pensais à l’époque. J’étais jeune et influençable. Mais je réalise seulement maintenant que ce qui lui plaisait en moi n’avait peut-être rien à voir avec ma personne, mais plutôt avec ce que ma famille pouvait lui offrir. Mon frère ne se souciait pas d'elle à ce moment-là. Elle s’est donc rabattue sur celui qui lui vouait presque un culte. À vingt ans, j’étais flatté qu’une femelle de l’âge de Garnett s’intéresse à moi. J’étais encore un jeune loup qui apprenait à se maitriser et qui ne connaissait rien au jeu de pouvoir de nos aînés…

Elle lâche alors mon bras et me précède dans le bureau. À l’intérieur sont réunis les membres des familles alphas de notre Alliance : ceux du Clan du Croissant de Lune, de la famille Knights, Travis et Milenna, les parents de Tia ainsi que Garnett et notre père. Notre Alpha a préféré laisser de côté les Baker pour le moment. Nous devons déjà tenir au courant nos alliés des derniers évènements.

Lorsque nous sortons du bureau de mon père, la nuit est tombée et les célébrations pour le solstice ont déjà commencé. Le parfum fumé des barbecues me fait saliver d’avance, le bruit des conversations et les éclats de rire qui résonnent dans la nuit me font immédiatement sourire. J’oublie toutes les inquiétudes que nous avons soulevées pendant la réunion. J’aime particulièrement cette fête. Depuis que je suis petit, j’attends la fête du solstice avec impatience. Cette année, elle se déroule sur notre territoire, ce qui explique les tentes qui occupent tout le terrain. Des lampions éclairent le chemin menant aux feux de joie. Enfant, je passais cette soirée à m’empiffrer en dansant autour des feux de joie. Mais, c’est à partir de seize ans que j’ai vraiment compris l’engouement des loups pour cette fête. À minuit, la chasse au loup permet de nous rapprocher des femelles d’autres meutes. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai échangé mon premier baiser avec Tia. Nos aînés, de leurs côtés, profitent de cette soirée pour se détendre avec leurs amis. À l’origine, cette fête était un moyen de célébrer notre déesse protectrice: Artémis. Si nous n’honorons plus la déesse depuis plusieurs siècles, cette fête, elle, est restée. Elle est avant tout un moyen de rendre hommage à nos ancêtres et de célébrer la nuit la plus longue de l’année. Cependant, cette année n’est pas vraiment comme les autres. D’une part, Artémis est parmi nous; et d’autre part, nous devons aussi demeurer sur nos gardes. Les nymphes ne se sont plus manifestées pour le moment, mais cela ne veut pas dire qu’elles ne préparent pas leur revanche. Ce soir, même si je vais participer à la Chasse, je vais surtout avoir un rôle de surveillant. De toute façon, il n’y a qu’une femme que je souhaite embrasser…

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