Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 10 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

Le Doigt de Dieu

Une orpheline, un jour, demandait à sa mère Pourquoi, soir et matin, elle priait Jésus?

C'est que, répondit-elle, en lui je vois un père Qui remplace celui que tu n'embrasse plus!

 

LE DOIGT DE DIEU

Par un froid de décembre, une tremblante mère Chez un riche orgueilleux alla tendre la main; Le riche en blasphémant repoussa sa prière, Mais l'ange de la mort le foudroya soudain.

 

LA RECONNAISSANCE

Tout bienfaiteur a droit à la reconnaissance; L'être suprême à qui nous devons l'existence

A les prémices de ce droit.

C'est un devoir auquel chaque bienfait nous lie, Et l'ingrat est un monstre indigne de la vie,

Un être à l'esprit trop étroit!

 

MA POLITIQUE

Ma politique à moi, voulez-vous la connaître?--Non, dites-vous?--Alors, ce sera plus tôt fait! D'ailleurs, je vous dirais qu'elle est encore à naître: Quoi! cela vous étonne? et pourtant c'est un fait.

 

A NOS FRÈRES EXILÉS

O frères, qui vivez loin de notre patrie

Et qui gardez encore avec idolâtrie

Les coutumes, les moeurs et la foi des aïeux, Soyez bénis! Nos coeurs caressent l'espérance Qu'un jour vous reviendrez dans la Nouvelle-France Partager nos travaux et leurs fruits glorieux!