Les voix intimes: Premières Poésies
Le Lac Beauport
Berthe vivait pour moi; j'avais sa confiance. D'un amour grandissant nous goûtions la saveur; Le prêtre allait bientôt bénir notre alliance, Mais Berthe un soir partit pour un monde meilleur!
Je souffre maintenant--oui, je souffre en silence--Et pourtant je bénis l'austère Providence
Qui me versa l'absinthe et lui tendit le miel!
Je garderai toujours, mon ami, souvenance De celle qui dora longtemps mon existence Et brille désormais dans les splendeurs du ciel!
Avril 1880.
LE LAC BEAUPORT
A. M. M. PELLETIER
J'aime à te contempler, ô lac, que la nature A placé dans un lieu poétique et charmant! J'aime à voir tes flots noirs refléter la ramure Des pins que le zéphyr agite mollement!
Et je songe que là, dans leur retraite obscure, Les Hurons, autrefois, vivaient paisiblement; Mais sur tes bords mon oeil ne voit plus la figure D'un seul de ces héros: ils sont morts vaillamment...