Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 28 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

Elle Est Morte!

Moi qui prête à ta lyre une oreille attentive, Qui m'enivre parfois aux flots de l'art divin, Qui des sons de mon luth quelquefois te ravive, Je m'unis à ces coeurs pour te serrer la main!

6 juin 1880.

 

ELLE EST MORTE!

 

Rose avait dix sept ans; elle était belle et blonde; Sur son front les rayons de la candeur brillaient; Les perles de sa bouche enchantaient tout le monde; Ses cheveux en flots d'or jusqu'à ses pieds roulaient.

Ses lèvres souriaient comme celles d'un ange; Son oeil d'azur jetant un vif rayonnement;

Sa voix avait parfois une harmonie étrange Qui me plongeant soudain dans le ravissement!

Quand venait le printemps avec ses nids de mousse, Ses brises, ses parfums, son soleil radieux, Nous allions, elle et moi,--réminiscence douce--Tout pensifs, nous asseoir sur le gazon soyeux.

Et là nous admirions le couchant et l'aurore Déployant à notre oeil leurs tableaux gracieux; Et nos coeurs bénissaient l'Artiste que décore Toute l'immensité de la terre et des cieux.

Aux coupes de l'espoir nous abreuvions notre âme; Un heureux avenir brillait dans le lointain;