Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 12 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

La Saint-Jean-Baptiste

 

A M. AMÉDÉE ROBITAILLE

Président général de la société St-Jean-Baptiste.

Quand brille à l'horizon le jour de la patrie, Les Canadiens-Français, l'âme toute attendrie, Célèbrent des aïeux les vertus, les exploits; Et, léguant à l'oubli tout ce qui les divise,

Ils suivent l'étendard qui porte leur devise: «Nos institutions, notre langue et nos lois!»

Ils marchent, le front haut, sur ce sol où leurs pères Ont posé les jalons de ces villes prospères Que le touriste admire aux bords du Saint-Laurent. Ils s'arrêtent parfois dans leur pèlerinage

Pour saluer le nom d'un noble personnage Buriné sur l'airain d'un humble monument.

Ils vont se recueillir un instant dans le temple Sous le tendre regard de Dieu qui les contemple Et les fait triompher d'ennemis dangereux; Ils retrempent leur foi--la foi des leurs ancêtres--Que savent leur transmettre une foule de prêtres Aussi braves et saints que Brébeuf et Buteux.

Et lorsqu'ils ont offert au ciel un pur hommage, Ils retournent chacun festoyer sous l'ombrage Des érables plantés en l'honneur de saint Jean. O les joyeux refrains que chantent les poitrines Que de mots répétés par des voix argentines Et qui mettent la joie au coeur de l'indigent...