Les voix intimes: Premières Poésies
A L'amiral Cavelier de Cuverville
Soudain je m'aperçois que ma vilaine lyre Ne rend que des sons creux... Allons, avant d'écrire, J'aurais dû, mon ami, penser et repenser!
Désormais je mettrai ce précepte en pratique, Ainsi je serai moins mordu par la critique
Dont la terrible dent ne cherche qu'à blesser!
Août 1877.
A L'AMIRAL CAVELIER DE CUVERVILLE
Lu à l'amiral par une orpheline des Soeurs de la Charité.
Notre âme a tressailli de joie et d'allégresse, O pieux amiral, quand notre bon pasteur
Nous a transmis ces mots, doux comme une caresse: «La France vous envoie un noble visiteur!»
Nous connaissions déjà les vertus, la tendresse De l'ange dont Veuillot parle en admirateur;[6] Vous avez hérité de sa grande sagesse,
Puisque votre France est celle du Sacré-Coeur!
Ah! nous l'aimons aussi votre admirable France! Son nom est buriné dans le coeur de l'enfance Et brille en lettres d'or sur tous nos monuments.
Par elle nos aïeux se sont couverts de gloire; Or comment voulez-vous qu'en lisant leur histoire, Nous n'aimions pas la mère autant que les enfants...