Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 46 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

A Monsieur C...

Que de fois, ô beau lac, après une victoire, Les Hurons revenaient, le front chargé de gloire, Reposer près de toi leur membres tout meurtris;

Et, que de fois aussi, l'humble missionnaire, Portant pour bouclier la croix, le scapulaire, Allait y consoler ces malheureux conscrits!

1er août 1880.

 

A MONSIEUR C...

 

Depuis deux ans, poète à l'âme tendre,

Ta lyre d'or a suspendu ses chants.

Souffrirais-tu? Mais l'oiseau fait entendre

Dans la douleur des murmures touchants.

Ton noble coeur doit pouvoir se défendre

Du désespoir et des chagrins cuisants.

Tous nos pensers, tu le sais, doivent tendre Vers le séjour du Maître des puissants.

Sois courageux! car c'est dans la souffrance Que nos aïeux retrempaient leur vaillance Quand ils luttaient pour la foi du chrétien!

Oui, chante encor: ta voix mélodieuse

Fera connaître à la France oublieuse

Les grands exploits du peuple canadien!