Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 32 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

Au Peuple Canadien

Que mon âme navrée

Féconde de ses pleurs!

15 septembre 1886.

 

AU PEUPLE CANADIEN

 

A M. L. O. DAVID.

O peuple canadien, tressaille d'allégresse, Plonge ton noble coeur dans une sainte ivresse,

Entonne des hymnes d'amour!

Déroule avec orgueil les plis de tes bannières, Fais retentir partout tes fanfares guerrières,

Car de Saint-Jean c'est le beau jour!

L'astre d'or, ce matin, à l'horizon sans bornes, S'est levé radieux, posant au front des mornes

Un diadème de rayons;

Le vaste Saint-Laurent roule sa vague pure, Et les petits oiseaux cachés dans la verdure

Disent leurs plus douces chansons.

La forêt secouant sa crinière brillante,

Jette mille clameurs à la brise odorante;

Le ruisseau, serpentant dans les vallons en fleur Mêle au concert des bois sa suave harmonie; L'airain lance aux échos sa mâle symphonie: Tout sous le soleil chante une hymne au Créateur!

Joignant ta voix aux voix de la nature entière, Peuple, au pied des autels, courbant la tête altière, Va chanter et prier ton glorieux patron.

Pour retremper ton coeur aux sources de la gloire, Étale les feuillets de ta sublime histoire,

De tes fastes dorés rouvre le panthéon!

C'est toi qui, découvrant nos forêts et nos ondes,

Les baptisa d'un nom français,

Et c'est toi que plantas sur ces rives fécondes

Le doux symbole de la paix.

Tu rêvais pour tes fils un avenir prospère

Sur la plage que nous foulons,

Quand, un jour, contre toi la puissante Angleterre