Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 42 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

Rose Fanée

Elle a dormi longtemps; la voilà qui se lève! Un pont traversera, de l'une à l'autre grève, Le cours majestueux du large Saint-Laurent.

De superbes palais embelliront ses rues;

Des hôtels dresseront leurs dômes dans les nues; Et l'immortel Champlain aura son monument!

1er mars 1889.

 

ROSE FANÉE

 

L'autre soir, en ouvrant quelques feuillets de prose Cachés sous la poussière et jaunis par le temps, J'en vis rouler à terre une petite rose

Qui me rappela l'heure où j'avais dix-sept ans.

A sa tige pendait un bout de satin rose

Où j'aperçus le nom d'un ange aux traits charmants Qu'autrefois j'adorai mais, fleur à peine éclose, La mort vint la cueillir à quatorze printemps...

Je priai ce soir-là--le coeur plein de tristesse--Pour celle qui dora l'aube de ma jeunesse Des rayons les plus purs des plaisirs et des ris...

Depuis, un autre amour a germé dans mon âme, Et je vois tous les jours sa bienfaisante flamme Illuminer le coeur de mes enfants chéris.