Les voix intimes: Premières Poésies

J. B. Caouette · Chapitre 44 sur 88

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Les voix intimes: Premières Poésies

A L'amiral Thomasset

DE LA «MAGICIENNE»

 

Va sur le Saint-Laurent, ô ma muse chérie, Offrir un humble hommage aux marins valeureux Qui viennent sur nos bords, l'âme toute attendrie, Pour voir ce beau pays fondé par leurs aïeux!

O muse, ne crains pas d'être mal accueillie, Les Français sont toujours courtois et généreux; S'ils s'arment quelquefois du dard de l'ironie, Ce n'est que pour punir les sots, les orgueilleux.

Dis-leur que, sur le sol de la libre Amérique, Deux millions de coeurs, à la trempe énergique, Ont promis aux Français un éternel amour;

Et dis-leur que, malgré l'épreuve et la souffrance, La haine des tyrans et l'oubli de la France, Ils n'ont voulu trahir leur promesse un seul jour!

1er août 1878.

 

A M. P.-C. BEAULIEU

RÉPONSE

 

Oh! qu'ils sont beaux ces jours où la sainte espérance Entonnait dans mon âme un chant plein de douceur! Mon rêve se brisa, je connus la souffrance Et pleurai, mais en vain, ces moments de bonheur...