Love not s'Cam

Marie Tavernier · Chapitre 9 sur 51

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Love not s'Cam

Chapitre 8

 

Théo

 

“Let her talk, let her cry, let her get it off her mind

Be a rock, be a shoulder

Don't say a word, just hold her

Don't forget to be a friend

Give her space but know just when

To pull her in a little closer

Yeah, you gotta know that you can't fix it all

But you can let her talk”

Cooper Alan - Let her Talk6

Camille m'a écrit. D'elle-même. Ça peut paraître con, ou niais, mais mon cœur joue du tambour comme dans les fanfares qu'on voit à la télé les 4 juillet aux États-Unis. Ce qui gâche un peu mon plaisir, c'est la sensation qu'elle ne va pas bien. Même à l'écrit je le perçois. Un pincement au cœur me tient à chaque fois que s'affichent les petits points qui indiquent que je vais recevoir un message de sa part. Je meurs d'envie de lui demander ce qui la turlupine, toutefois, je ne m'en sens pas le droit. Il y a trop de choses dans ma vie que je ne suis pas prêt à lui dévoiler pour oser la questionner. Qui suis-je pour attendre d'elle ce que je ne serais pas capable d'entreprendre dans le sens inverse ? J'ai beau être à l'aise, en confiance lorsqu'elle se trouve près de moi, je sais d'avance que je ne serai pas capable d'aborder le sujet. Il le faudra un jour, c’est inévitable vu la manière dont on se rapproche. Cependant, très égoïstement, je tiens à profiter au maximum de ce que la vie m'offre à ses côtés. Sans préjugés, sans interrogations, sans tous ces sentiments négatifs que d'autres m'ont jeté au visage avant elle. J'en ai essuyé des regards de travers, je les ai tous supportés. Seulement, je suis persuadé que venant de Camille, cela me ferait l'effet d'un poignard en plein cœur. Bien que je ne sois pas froussard de nature, sur ce coup, je passerais bien mon tour. 

Partant de ce principe, je retiens ce qui m'arrange, à savoir qu'elle a choisi de venir chercher du réconfort auprès de moi. Je me considère comme privilégié, même si elle ne m'a pas vraiment donné la raison de son coup de blues. J'opte donc pour l'humour afin de remonter le moral de la jolie demoiselle qui m'a retourné le cerveau en me rendant mon baiser hier.

J'avoue que je ne parviens pas à me le sortir de la tête tant il était au-delà de tout ce que j'avais fantasmé. Je ne suis toujours pas redescendu de mon nuage. Un pauvre ado. Voilà ce que je suis devenu. J'oserais bien dire en rut, mais c'est un autre sujet. Foutues hormones ! Quand elles prennent le dessus, tout un tas de pensées, d'images, me hantent. Malgré ce désir de malade, jamais je ne sauterais comme un sauvage sur la douce Camille. Elle mérite mieux. Mieux que ce que tu as à offrir, mon petit gars… Cette foutue voix dans ma tête me fout la haine. C'est à elle et à personne d'autre que je prouverai que je peux être digne d’elle. Pas maintenant. Un jour. Quand je la sentirai prête à écouter, à accepter. 

D'ailleurs, il n'y a qu'une façon de m'assurer que Camille est la bonne. Tous mes sens semblent être d'accord sur cet état de fait. Il ne reste plus qu'à valider la théorie. C'est ce que j'entrevois. Doucement, mais sûrement. Je ne peux pas, ne veux pas me tromper. Pas pour moi, pour elle. Hors de question de la décevoir ou de la blesser. Ce serait le comble alors que je ne lui veux que du bien. Beaucoup de bien… 

Pour toutes ces raisons, ce soir, c'est décidé, je ne la ramène pas chez elle. Pas avant de lui avoir offert à dîner. J'en ai marre de la voir qu’en coup de vent. Je veux profiter un peu plus de sa présence à mes côtés, de la découvrir, de vraiment partager avec elle. Je devrais certainement tirer avantage de notre échange de textos pour l'inviter, mais encore une fois, égoïstement, je ne le fais pas. Je crains trop de me heurter à son refus. Ma journée a bien commencé, je ne vais pas la gâcher tout de suite. 

Nous échangeons quelques textos et je reprends ma routine habituelle, rien de mieux pour avoir l'impression que le temps défile plus vite. 

Ça fonctionne super bien. En un battement de cils, me voici dans la douche du vestiaire à la salle. Est-ce normal d'avoir les mains moites en étant sous la flotte ? Ça ne m'était jamais arrivé. Encore une fois j'ai minutieusement choisi ma tenue. Il me fallait quelque chose de cool, tendance ET classe à la fois. À peine compliqué le type.

Je suis allé jusqu'à rafraîchir ma barbe. Le barbier me la taille tous les quinze jours, ce n’est pas la jungle non plus, mais je tenais à être irréprochable. 

Un coup d'œil à ma montre… merde ! Le temps n'a pas avancé si vite que ça, je suis carrément trop en avance. Je lui envoie un SMS pour la prévenir que je suis sorti plus tôt et que je l'attends. On m'a toujours dit qu'il ne fallait jamais être trop en avance ou trop en retard… décidément, cette fille chamboulé toutes mes habitudes et codes de conduite.

 

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