Love not s'Cam
Chapitre 39
Théo
"Montre-moi ce que j’aime voir, dans le blanc de mes yeux
noirs
Miroir mon miroir, tu reflètes le bien en moi
Tu es mon identité, tu n’as plus à t’inquiéter
Ta place est indélébile
[...]
Je veux tout de nous
Tout ou rien du tout”
Dadju - Tout ou rien du tout
Putain, fait chier. Il fallait que ça arrive, maintenant, en présence de Camille. Mon corps a décidé de me berner, encore une fois, juste pour le plaisir de me rappeler ce que j'ai été.
— Théo, où as-tu mal ? Explique-moi, tu me fais peur.
Évidemment qu'elle s'inquiète, je viens de me plier en deux comme un con sans raison apparente. Il faut que je la rassure, vu sa tête paniquée, elle ne va pas tarder à appeler les pompiers.
— Ça va, c'est passé.
Je l'attire à moi pour l'embrasser, mais surtout pour masquer mon embarras. Évidemment, ça ne lui suffit pas, elle a besoin de comprendre. En un sens, c'est normal, à sa place, je voudrais savoir ce qu'elle a. J'inspire un grand coup avant de lui raconter.
— Ce sont ce qu'on appelle des douleurs fantôme. Il m'arrive encore parfois de ressentir les mêmes symptômes que pendant les règles. C'est comme si mon corps ne comprenait pas que je n'ai plus ni les organes ni les hormones qui vont normalement de pair avec le syndrome prémenstruel.
Camille ne pipe mot. Elle se contente de me couver du regard, de caresser mon visage comme pour effacer les rides d'expression qui le jonchent sûrement en ce moment. Impossible de savoir ce qui se passe dans sa jolie tête. Les secondes s'égrènent, puis elle se lève avant de me tendre la main pour que je la suive. Intrigué, je ne discute pas. Je le laisse guider jusqu'à la chambre où elle m'intime de me coucher avant de se diriger dans la salle de bains attenante. Elle en revient avec une huile de massage. Pas celle que j'avais utilisé sur elle. Non, une huile "aphrodisiaque". Ce n'est clairement pas moi qui l'ai achetée. Elle lance une musique sur l'enceinte Bluetooth. Pas des moindres. La voix de Sofia Carson, I didn't know, résonne dans la pièce.
Je vois bien qu'elle n'est pas sûre d'elle, pourtant, ma jolie gaffeuse grimpe sur le lit pour s'asseoir à mes côtés. Vêtu seulement de mon short et de mon boxer, je me demande à quelle sauce elle a prévu de me manger. Puis non. N'importe laquelle tant que c'est elle qui me dévore. Le terme est d'ailleurs plutôt bien choisi puisqu'elle commence à embrasser mon ventre sensuellement. Ses lèvres, sa langue chaude se promènent sur la zone victime de mes spasmes il y a peu.
Ensuite, Camille verse un peu d'huile qu'elle réchauffe entre ses paumes. Elles viennent se poser sur mes abdominaux. Lascivement, son massage commence. Il descend crescendo. Le parfum du produit met tous mes sens en éveil, à l'instar de la chaleur qui se diffuse lentement, toujours plus bas pour atteindre mon pubis. La voix de la femme que j'aime a perdu quelques octaves quand elle s'élève pour couvrir la fin de la chanson.
— Tu sais ce qu'il y a ici, n'est-ce pas ?
Sur l'instant, je ne suis pas sûr de la suivre, alors je secoue la tête dans l'attente qu'elle n'éclaire ma lanterne.
— Sous mes doigts se trouve un réservoir permettant à cette partie de ton corps de m'envoyer dans les étoiles.
Sa bouche se pose ensuite sur mon sexe, au repos pour le moment. Quelque chose me dit qu'elle entend remédier à cet état. Elle me rend fou. Mon envie d'elle est tout ce qui occupe mes pensées à présent. Sa paume gauche reste immobile sur mon ventre alors que l'autre glisse en une délicieuse caresse jusqu'à mes testicules. Elle les effleure, les cajole avant d'arrimer son regard joueur au mien.
— Choupinou ?
— Humm ?
Je sens la connerie arriver, mais je marche avec grand plaisir dans son jeu.
— Puis-je avoir l'honneur de faire pouet-pouet moi-même ? J'aimerais essayer.
Je réprime un rire en lui donnant l'aval qu'elle attend. À vrai dire, j'aime l'idée qu'elle le fasse à ma place, qu'elle se sente suffisamment à l'aise avec tout ça pour s'en amuser. On pourrait croire que sa vanne casse l'ambiance alors que c'est tout l'inverse. Elle m'excite. Tout simplement parce qu'elle résulte de la force de son amour pour moi.
Pendant qu'elle tâtonne, actionnant avec précaution la pompe une première fois, Camille se penche pour glisser sa langue sur toute ma longueur. De la base à mon gland. Cette vision érotique provoque une multitude de frissons à travers mon épiderme. De la racine de mes cheveux à la pointe de mes pieds, je suis en feu. Sa bouche englobe mon intimité, amorçant de longs mouvements de va-et-vient. Elle varie la pression, le rythme, alors que mes doigts s'enfoncent dans ses cheveux. Je me sens durcir contre sa langue. J'ai l'impression que mon cœur peut me lâcher à tout instant tant le plaisir est intense. Je ne tiens plus, j'ai besoin de me perdre en elle, de la voir se tordre de désir, de l'entendre jouir.
Mes mains passent de sa tête à sa mâchoire pour la relever. Son corps, attiré comme un aimant au mien, suit sans résistance. L'appétit qui luit dans ses iris. Aucun doute que le même habite mes yeux. Nos lèvres se cherchent, s'accrochent, si vite que nos dents s'entrechoquent. Je souris contre cette bouche qui à elle seule rend ma vie plus belle. Quoi qu'il en sorte, que ce soit ses mots si justes ou sa langue pour cajoler la mienne, elle sait m'apprivoiser. Ses mains, si douces, si féminines et pourtant si fortes ont su venir à bout de ma carapace. De quelle manière ? À coups de tendresse, de caresses comme à cet instant où elles effleurent ma peau fiévreuse. En la faisant sienne. En la protégeant du monde extérieur. Quand ses paumes se déploient sur mon épiderme, elle étouffe mes souffrances, érige un bouclier indestructible. Par-dessus tout, la totalité de son être réclame de moi ce que je suis. Son homme. Rien qu'à elle. Pour toujours. Sans condition. Sans jugement. Les doigts ancrés à ses hanches, je la guide, l'amenant à glisser sur mon sexe impatient de retrouver sa maison. Je suis chez moi. En elle. Nos peaux fusionnent, nos âmes se connectent. Durant quelques secondes, nous restons, les pupilles dilatées par le plaisir, en suspens l'un au-dessus de l'autre. Le temps de dire silencieusement ce que l'on sait déjà.
Camille se redresse pour entamer une danse lascive juste bonne à me rendre encore plus accro à elle, du moins si c'est possible. Son bassin ondule, ses seins bougent en rythme. La vision qu'elle m'offre est la plus addictive au monde. Elle arbore cette expression d'extase pour laquelle je pourrais tout donner. Ses gémissements m'étourdissent, ses ongles griffant mes côtes me donnent le vertige, son odeur sucrée m'enivre.
Je me mords presque les joues devant ce spectacle pour ne pas craquer avant elle. Ça, il en est juste hors de question. Quand elle prend appui sur mes abdos contractés, que son écrin se resserre autour de moi, je sais que je peux laisser ma tête s'enfoncer dans l'oreiller, succomber à mon orgasme dévastateur. Camille crie mon nom, qu'elle m'aime, dans un dernier effort avant de se laisser tomber sur mon torse pour profiter des dernières secousses qui traversent nos corps. Moi, il ne me reste que la force de l'enlacer pour la sentir tout contre mon cœur au bord de l'implosion. Rien à foutre qu'elle m'empêche de retrouver un semblant de souffle convenable, que ses cheveux trempés de sueur me barrent le visage. Tout ce à quoi j'aspire, c'est rester le plus longtemps possible comme ça, sans barrière, encore nicher en elle, bercé par nos respirations erratiques.
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