N'ayons pas peur du ciel

Emma Hooper · Chapitre 17 sur 31

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N'ayons pas peur du ciel

1 – Quiteria

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Quiteria

 

Nous avons couru. Marina qui, auparavant, traînait la patte, a pris ma main et m’a tirée en avant. Est-ce qu’on devrait se trouver des chevaux ? a-t-elle demandé.

On est plus silencieuses sans, ai-je répondu.

On est plus rapides avec, a-t-elle rétorqué.

 

Le lendemain, tandis que le soleil déclinait et que nous nous apprêtions à partir, j’ai vu de la fumée monter derrière nous, de l’endroit où se trouvait notre camp.

On a éteint notre feu ? a demandé Marina.

On a éteint notre feu, j’ai dit.

Nous avons volé des chevaux dans la première écurie que nous avons croisée ensuite et nous les avons poussés au galop jusqu’aux cavernes.

Où as-tu appris à monter ? m’a demandé Marina.

Cyllius, j’ai dit. J’ai incliné mon poids plus proche du dos humide de sueur de l’animal, l’ai incité à accélérer encore la cadence.

À l’embouchure de la caverne, nous avons donné aux chevaux toute l’eau dont nous pouvions nous passer et les avons libérés. Ils ont fait quelques pas, désorientés, puis ont compris qu’ils étaient libres et ils ont filé comme le vent, retournant vers les longes que nous avions tranchées pour les voler.

Peut-être qu’on aurait dû les tuer, les manger, ai-je dit.

Il est trop tard, maintenant, a dit Marina.

Et puis nous nous sommes glissées à nouveau dans ces ténèbres froides et renfermées.

Et, même s’il faisait noir de toute façon, j’ai fermé les yeux et les ai gardés fermés. Retenant mon souffle, j’entendais Marina, devant, qui avançait, avançait encore, pendant tout le chemin. Franchis cela, me répétais-je, franchis seulement cela. Chaque pouce te rapproche de la lumière.

 

De l’autre côté, dans l’éclatante clarté du soleil, yeux ouverts, nous nous sommes redressées et étirées, et j’ai regardé le visage de Marina, qui était mon visage.

Ça va ? a-t-elle dit.

Et j’ai dit : Ça va.

Et, de nouveau sur nos pieds, nous avons couru.

 

Il n’y avait plus de chevaux à voler. Ils avaient tous été mis sous clef, prévenus. Il n’y avait plus que nous, nos jambes, nos corps, l’une et l’autre, la course, simplement la course.

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