Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 11 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 10

 

 

Louna

Non mais quelle idiote ! Je n’ose même pas imaginer la tête que Cathy va faire quand je vais lui raconter ce qui s’est passé avec Léo. Moi qui venais de lui promettre de prendre mes distances…

J’étais bien partie, pourtant ! Je n’avais pas répondu à un seul de ses messages et j’ai même tenu bon lorsqu’il m’a demandé que l’on se voie, alors que j’ai senti dans sa voix qu’il allait mal. Cela a été dur mais j’ai suivi les conseils de mon amie en repensant à la douleur que j’avais ressentie la veille, quand je l’ai vu partir avec cette fille. Ça m’a effectivement bien aidée !

Finalement, il m’a été impossible de lui résister lorsqu’il s’est pointé chez moi. S’il est persuadé d’avoir besoin de ma présence auprès de lui pour aller mieux… je suis persuadée d’avoir d’autant plus besoin de la sienne.

J’aime quand il me parle, qu’il m’écoute avec attention. J’aime dormir près de lui et avoir cette sensation qu’il m’appartient. Il est en quelque sorte mon… agapé. Peu importe qu’il ne m’aime pas de la façon dont je l’aime. Ce qu’il a à m’offrir me suffit. Je serai toujours là pour l’aider à lutter contre ses démons, non parce que je souhaite qu’il fasse de même en retour, mais parce que je ne supporte pas de le voir souffrir. J’aimerais juste qu’il soit heureux !

Je replonge dans mes documents en prenant quelques notes :

L’agapé ne peut-elle pas être dangereuse ? Donner et donner encore.

Toujours donner. De toute son âme, sans rien attendre en échange.

Un amour inconditionnel ne peut-il pas nous mener à de

l’épuisement, ou pire, à l’oubli de soi ?

Je souris, fière d’avoir trouvé ma conclusion et d’avoir ainsi bouclé mon exposé. Alors que je m’apprête à tout remettre au propre, un message me sort de mon travail. C’est Alice.

Toujours OK pour ce soir ?

J’arrive la dernière chez mon frère. Après avoir fini mon sujet de grec, je me suis mise à réviser mes cours en retard et je n’ai pas vu le temps passer.

Toute la bande est déjà là. Papa est également parmi nous, et je lui saute dessus pour l’embrasser. Il est très casanier et ne sort pas beaucoup, donc j’adore quand nous sommes tous en famille comme ça.

— Bonsoir, ma chérie, dit-il en posant ses lèvres sur mon front. Tu as l’air épuisée.

Son sourire s’efface lorsqu’il jette un œil par-dessus mon épaule et qu’il aperçoit Léo, en pleine discussion avec les autres.

— J’ai passé la journée à la bibliothèque, réponds-je pour me justifier.

Il n’apprécie pas vraiment mon meilleur ami et je n’ai jamais compris pourquoi. À vrai dire, je n’ose pas aborder le sujet avec lui. C’est tellement évident… comme le nez au milieu du visage.

Je sors de son étreinte et fais le tour du salon pour embrasser les autres, mon frère en dernier.

— Salut, Greg ! m’exclamé-je en lui donnant un coup de poing sur le bras.

— Lou, enfin tu es là ! lâche-t-il un peu anxieux avant de se tourner vers nous tous. Les amis, papa…

Il adresse un signe de tête à Alice, qui s’approche de lui avant de se coller contre son torse.

— Avant le dîner, on aimerait vous parler de quelque chose, commence-t-il, nerveux.

— Ce n’est pas vrai, vous allez vous marier ? demande Léo en ouvrant grand la bouche, ce qui provoque l’hilarité générale.

— C’est justement de ça qu’il s’agit ! répond mon frérot en rigolant. Chérie ?

Alice lève le regard sur sa moitié, qui pose une paume dans son dos, comme pour l’encourager.

— La cérémonie du mariage approche en effet, et nous sommes là pour vous distribuer vos rôles !

— Ah ! lâche Lilly en se frottant les mains.

Nous savons tous qu’elle sera la demoiselle d’honneur, mais elle fait comme si c’était une grande nouvelle.

— Lilly, ma chérie, dit Alice en tendant les bras vers elle. Ma meilleure amie. Veux-tu être ma…

— Avec joie ! s’écrie-t-elle avant que ma belle-sœur ait pu terminer sa phrase.

Lilly se précipite pour la prendre dans ses bras, et elles fondent en larmes toutes les deux. Je suis tellement émue que je pose les mains sur mon visage. Léo me donne un gentil coup d’épaule en le remarquant.

— Diego et Léo, lance mon grand frère. Voulez-vous être mes garçons d’honneur ?

— Hum…

Mon ami place les doigts sur son menton en faisant mine de réfléchir, et ils s’esclaffent tous les trois avant de s’enlacer rapidement. Pas de larmes cette fois !

Nous nous jetons un bref regard avec papa.

— Lou, ma chérie, dit Alice. Je suis désolée mais tu ne pourras pas être ma demoiselle d’honneur…

Ah bon ? Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps que mon grand frère s’approche vivement de moi.

— Louna, papa, dit-il, les yeux brillants. Je veux que vous soyez mes témoins.

Oh mon Dieu ! Si je m’y attendais à celle-là…

Mon père acquiesce en donnant une bonne tape dans le dos de son fils tandis que je sens mon cœur se remplir d’émotions. Et de joie évidemment.

— Avec plaisir, Sac d’os ! réponds-je en l’enlaçant fermement, tout en luttant pour ne pas pleurer.

— Super, Bouboule, me renvoie-t-il.

Je dois l’admettre, nos surnoms n’ont rien de charmant. Mais il était si maigre quand il était petit, et moi… tout l’inverse. On s’est attribué ces sobriquets tout naturellement et ils ne nous ont plus jamais quittés.

Mais je dois l’avouer aujourd’hui, mon frère est devenu beau garçon. Il est très grand, mince et large d’épaules. Lui et Alice forment vraiment un joli couple. Elle, c’est une toute petite blonde d’à peine un mètre cinquante. Leur différence de taille est énorme, mais ça leur va si bien !

Alors que tout le monde est ému, ma belle-sœur nous propose de passer à table, et c’est dans une bonne humeur générale – Diego compris – que nous savourons le dîner.

Après le repas, je m’installe sur le canapé en face de Lilly, dont l’esprit semble complètement ailleurs.

— Ça va ?

— Oui, ne t’inquiète pas, répond-elle en tentant de sourire. Je suis ravie pour eux, tu sais ?

— Bien sûr !

Dans un geste consolatoire, je pose une main sur la sienne et la presse.

— C’est normal que ça te fasse quelque chose, la rassuré-je.

Lilly est divorcée depuis à peine deux ans et, même si elle ne le montre pas, on sait tous que la plaie est encore à vif. Elle était mariée à un véritable taré ! Enfin, il ne l’était pas devant nous. On s’entendait tous très bien avec lui d’ailleurs. Mais il y a deux ans, mon amie s’est rendu compte qu’il avait une double vie et ça lui a brisé le cœur. Elle a d’abord eu beaucoup de mal à s’en détacher. Heureusement qu’il restait une chambre chez les garçons : ils l’ont accueillie à bras ouverts.

— Tu sais que tu es la fille la plus adorable du monde, hein ?

— Paraît-il ! dis-je en riant.

— Et toi alors, ma belle ? Comment vas-tu ? m’interroge-t-elle en penchant la tête.

— Toujours dans les révisions ! Plus que cette année, et je serai une femme active, comme vous tous.

— Je ne parlais pas de ça, Lou…

Je retire ma main et m’éclaircis la voix, mal à l’aise. Lilly a été la première à découvrir mes sentiments pour Léo. Elle aimerait que je passe à autre chose mais, ce que j’admire le plus, c’est qu’elle ne porte pas de jugement là-dessus.

— Il a encore découché hier soir, m’informe-t-elle.

— Il était chez moi.

— Je sais bien…

Je lève les yeux sur elle et m’apprête à ouvrir la bouche quand Diego nous rejoint.

— Le garçon d’honneur numéro un peut-il se joindre à vous ?

— La demoiselle d’honneur accepte ! s’exclame Lilly.

— « Garçon d’honneur numéro un », non mais tu déconnes ? ronchonne Léo en frappant son pote.

Ce dernier fait mine d’avoir mal tandis que Léo me pousse doucement pour s’asseoir dans le fauteuil où je suis installée. Nous sommes carrément collés l’un à l’autre alors qu’il y a encore deux places de libres près de Lilly.

Seuls Diego et Lilly remarquent mon soudain changement de couleur. Nous nous mettons à parler de tout et de rien en tâchant bien d’éviter de demander à Diego comment il va. Il a l’air de bonne humeur ce soir, mieux vaut ne pas lui rappeler la raison de sa déprime.

Après plusieurs coupes de champagne, j’ai fini un peu plus loin, chez Lilly et les garçons. Papa est rentré assez tôt, et les amoureux ont montré des signes de fatigue passé minuit. On se moque souvent d’eux, mais je crois qu’au fond nous sommes tous un peu envieux de leur petite vie tranquille, moi la première ! Je n’ai jamais connu ce que c’est de partager sa vie avec celui qu’on aime et j’envie beaucoup Alice pour ça.

— Bon, je vais me coucher ! nous informe Lilly en bâillant.

— Pareil ! souffle Diego. Bonne nuit, les amoureux.

Avant de quitter la pièce, il hausse les sourcils plusieurs fois de suite, et je le fusille du regard avant de jeter un œil à Léo, qui ne semble même pas l’avoir entendu.

Quand je me lève à mon tour, ce dernier se réveille de son demi-sommeil.

— Reste, m’implore-t-il en tirant sur mon bras.

— Il est presque 3 heures du matin et je…

— Dors avec moi.

Pourquoi mon estomac se retourne alors que je sais très bien que, venant de lui, cette demande n’a pas le sens que n’importe qui pourrait imaginer ?

— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Léo.

— Pourquoi ? demande-t-il en plissant le front. Personne ne travaille demain ! Et honnêtement, j’ai la flemme de te ramener chez toi.

Mon meilleur ami me fixe en attendant une réponse, et je repense à ce que j’ai promis à Cathy. Seulement, je meurs d’envie de rester à ses côtés.

— OK, je reste.

Comme à chaque fois que je prends de bonnes résolutions, elles ne tiennent jamais plus d’une journée.

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