Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 41 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 40

 

 

Léo

Je pose mes affaires sales dans l’entrée avant de souffler. Je n’ai qu’une envie : m’affaler sur le canapé après cette douche qui m’a fait un bien fou ! Il faut dire que les températures étaient excessivement élevées aujourd’hui et ma journée de travail m’a épuisé. Quand j’aperçois le regard assassin de Lilly, je lève les mains en l’air. Ce qu’elle est chiante à être maniaque comme ça ! Bon, d’un côté, ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose, sinon l’appartement serait un vrai dépotoir.

— Ça va, ça va, je range ! dis-je en me mettant à ramasser mes fringues. Et sinon, je vais bien, je te remercie de me le demander, ajouté-je le plus ironiquement possible.

— Viens immédiatement ici, Léonard.

Je lève brusquement les yeux sur elle, et son regard noir me déstabilise. C’est rare de la voir énervée comme ça. Le peu de fois où ça arrive, mieux vaut ne pas être dans les parages…

— Qu’est ce qui t’arrive ?

Elle s’approche de moi, les bras croisés sur sa poitrine.

— Je viens de parler à Louna.

— Et ?

Je fais mine de ne pas comprendre, même si je commence à avoir quelques doutes…

— Bon sang, Léo, pourquoi tu lui as conseillé une telle chose ?

— C’est quoi le problème ? Tu aurais voulu que je lui dise de se laisser baiser par ce bouffon et de faire une croix sur toutes ses valeurs ?

— Déjà, ne parle pas comme ça, dit-elle en me pointant du doigt.

Elle inspire profondément avant de poursuivre plus calmement :

— Léo… tu sais pertinemment que ce n’est pas le genre de conseil que tu donnerais habituellement à ta meilleure amie. Mais enfin, qu’est-ce qui te prend ? Où veux-tu en venir ? Tu voudrais qu’ils rompent ?

— Oui ! lâché-je sans réfléchir avant de me mordre la lèvre.

Mon amie écarquille les yeux, choquée par la vivacité de ma réponse. J’attrape une chaise et m’y installe avant de poser ma tête sur mes mains. Elle se rapproche alors et se met accroupie en tirant sur mes doigts pour que je la regarde.

— Léo… que se passe-t-il ?

— Je n’en sais rien… Tout ça me rend dingue.

— Tu… Serait-il possible que tu sois…

— Non ! hurlé-je en me relevant vivement.

Je lui tourne le dos en regardant par la fenêtre et je suis tellement troublé que je me jetterais bien dans le vide, là tout de suite.

— Comment je pourrais le savoir ? la questionné-je. C’est quoi, les signes ?

— Comment ça, les signes ?

— Bah tu sais…

Elle veut que je le dise mais je ne le ferai pas.

— Les signes quand quelqu’un te plaît ?

Je soupire.

— Ouais.

— Disons, hum… que la jalousie est inévitablement l’un des signes les plus courants, commence-t-elle, mais il s’agit aussi d’un sentiment qui peut survenir même quand on n’est pas amoureux.

Je hoche la tête. Ouais, je suis sûr que c’est ça ! Notre amitié est si profonde que Lou me fait parfois perdre le contrôle sur mes émotions.

— OK, continue. Les autres signes ?

— Je dirais qu’il y a aussi… la sensation quand la personne en question te touche.

Mon visage s’illumine d’un large sourire.

— Bon, là-dessus, tout roule. Elle m’a touchée plusieurs fois hier au bar, et rien !

— Comment ça, elle t’a touché ?

— Euh… elle m’a frôlé de temps en temps, puis donné quelques coups sur le bras.

— Mouais… En fait, pour être sûr, il faudrait que tu l’embrasses. Et je peux te dire que tu seras très vite fixé.

— Quoi ? crié-je presque.

— Si tu ressens quelque chose de spécial au niveau du ventre, tu sais, les fameux papillons, là je pense que…

— Non mais, Lilly, tu t’entends, là ? T’imagines quand même pas que je vais aller trouver Lou pour lui dire : « Hé ! Si on se roulait une pelle juste comme ça, faut que je teste un truc ! »

De nouveau, elle croise les bras, l’air vexée.

— Si tu n’as pas besoin de moi, débrouille-toi, mon vieux !

Je me lève d’un bond.

— Tu sais quoi, laisse tomber ! Tout ça, c’est des conneries ! J’ai juste peur pour Louna parce que c’est mon amie et, finalement… tu viens de me donner la réponse à ma question : je n’ai aucune envie de l’embrasser !

— OK, alors parfait ! dit-elle en se relevant également.

— Mais juste comme ça… c’était quoi, les autres signes ?

Elle pouffe et me lance un regard de biais. Je vais la tuer !

— Au-delà d’avoir envie d’embrasser quelqu’un, il y a d’autres petits signes avant-coureurs, comme être obnubilé par sa présence ou adorer sentir son odeur.

— Son odeur ?

— Oui. Je pense que la personne que tu aimes aura toujours un parfum enivrant à tes yeux.

Oh putain.

Allez, du calme. On a le droit de trouver qu’une personne sent bon sans qu’il y ait quoi que ce soit de bizarre là-dedans.

Je remarque que Lilly a adopté un air nostalgique et qu’elle semble perdue dans ses pensées. Peut-être que cela lui rappelle de mauvais souvenirs avec son ex-mari… Mieux vaut changer de sujet. Je ne voudrais pas la faire souffrir davantage.

— Si on allait se manger une glace ce soir ?

Revenue à elle-même, elle secoue la tête.

— Non, ce soir on va chez Alice afin que tout soit prêt pour demain.

J’éclate de rire.

— Ses fiançailles sont prêtes depuis trois mois !

Elle hausse les épaules en souriant.

— Au fait…, dit-elle avant de retourner dans sa chambre, tu sais qu’il vient, n’est-ce pas ?

— Qui ça ? l’interrogé-je avec crainte.

— Joshua. Il sera présent demain.

Je déglutis douloureusement.

— Non, je ne le savais pas, mais aucun problème !

Je tente de paraître indifférent mais je fulmine intérieurement.

— Super. Tu vois, par exemple, le fait que tu le prennes mal aurait été un signe, donc… tant mieux ! lâche-t-elle avant de fermer la porte de sa chambre.

Je souffle en m’allongeant sur le canapé. C’est bien qu’il soit là, on va pouvoir faire connaissance. Peut-être que tout ira mieux quand il m’aura prouvé que c’est quelqu’un de bien. Oui, voilà, je suis sûr que cette rage que je ressens est uniquement due au fait que je veux protéger mon amie. Demain, tout rentrera dans l’ordre… enfin, je l’espère.

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