Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 71 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 70

 

Léo

Je rentre dans le même état de fatigue et de lassitude que tous les autres soirs de la semaine. Je ne me suis pas totalement remis de mon accident et mon épaule me fait encore souffrir le martyre. Malgré cela, je préfère aller au travail plutôt que de me morfondre à la maison. Même si cela implique que je dois me coltiner les transports en commun. Je me demande comment font ceux qui les prennent tous les jours… Heureusement, je récupère ma voiture au garage dans une semaine.

J’attrape une bière bien fraîche dans le frigo, puis me précipite dans ma chambre. Avant de m’affaler sur mon lit, j’avale une bonne gorgée et pose la bouteille sur ma table de chevet.

Putain de journée ! Est-ce qu’elles seront toutes comme ça dorénavant ? Fades et sans intérêt ? Je me déteste tellement de m’apitoyer sur mon sort comme ça ! Moi qui me suis toujours moqué de Diego, aujourd’hui c’est moi le pauvre imbécile qui broie du noir à cause d’une fille. Mais pas n’importe quelle fille… Stop !

Depuis qu’elle m’a dit qu’elle ne voulait plus me voir, je me suis promis de ne plus penser à elle. Cette fois-là, ce jour où j’ai tout gâché, je n’ai pas pu m’empêcher de lui envoyer un message pour lui demander comment elle allait. Je n’espérais qu’une chose : qu’elle demande à me voir, qu’elle m’explique… C’est complètement fou, mais une partie de moi espérait qu’elle me dise qu’elle m’aimait.

J’attrape mon téléphone pour relire son message, encore une fois. Car, à chaque fois que je pense à elle et que je brûle d’envie de lui parler, il me faut de l’aide pour me remettre les idées au clair.

Léo, tout ça n’est pas ta faute mais uniquement la mienne. Je suis désolée. J’ai besoin d’être seule.

Voilà qui est clair. Je ne suis pas la raison de tout ça.

Au départ, je me suis dit que j’allais lui laisser quelques jours pour réfléchir, mais, quand Lilly m’a appris qu’elle partait tout de même à Londres, j’ai compris. J’ai réalisé qu’elle ne voudrait plus jamais de moi dans sa vie.

Je me relève légèrement pour attraper ma bière quand j’aperçois un livre posé juste à côté. C’est quoi, ça ? La dernière fois que j’ai lu un bouquin, c’était pour l’école… et encore, je ne l’ai pas fini !

Je me penche pour l’attraper et, en voyant le titre… c’est le choc ! Qu’est-ce que le livre de Louna fout ici ? Je le serre de toutes mes forces et m’imagine déjà le balancer à l’autre bout de la pièce tant ça me met en rogne. Comme si j’avais besoin de ça en ce moment ! Mais malgré toute la haine que je ressens, je ne peux pas. La mâchoire crispée, j’ouvre la première page sur laquelle est apposée son écriture, et mes nerfs se détendent.

C’est Lou qui m’a laissé ce livre.

Je m’assois rapidement sur mon lit pour me concentrer sur ses mots :

Je te dédie ce livre. Ta meilleure amie pour toujours. Louna.

Pourquoi ferait-elle une chose pareille ?

Je referme vivement le roman en me disant que je ne pourrai pas relire de nouveau ces passages qui m’ont brisé le cœur. Je pose alors les mains sur ma tête. C’est étrange. Il y a forcément une raison qui l’a poussée à faire une telle chose…

Je rouvre le bouquin et inspire un bon coup avant de démarrer la lecture de la première page, cette fois.

« Je le regarde dormir paisiblement, comme toutes ces fois où ses

démons l’obligent à me rejoindre. Toutes ces fois où c’est moi, et

pas une autre, qui le console et l’aide à surpasser ce qui lui arrive.

Parfois, je m’en veux d’être aussi heureuse quand il débarque en

pleine nuit. Car quand cela arrive, Dieu sait que la raison de ses

troubles est tout simplement ignoble. J’aimerais qu’il n’ait plus

jamais le moindre de ces cauchemars, même si cela signifie que

nous n’aurons plus droit à ces moments passés ensemble, même si

cela signifie que je le perdrai. Pour son bien, je voudrais qu’ils

cessent.

Quand il entrouvre légèrement la bouche et que je peux maintenant

entendre le son de sa respiration, j’esquisse un sourire. C’est le seul

moment où je peux lui dire. Où je peux lui avouer ce que je ressens

sans aucune crainte. Je me penche alors doucement sur lui et

chuchote à son oreille : "Je t’aime, Jason…” »

Le cœur battant à cent à l’heure, je me redresse et fait un bond hors de mon lit. Je suis perdu, c’est bien de moi qu’elle parle, là ? Je parcours rapidement les lignes qui suivent afin d’être sûr. Nom d’un chien, oui, c’est bien moi ! Mais pourtant Lilly m’a dit une fois que Jason était un nom de code pour « Joshua »… Tout s’embrouille dans ma tête. J’ai l’impression que je vais devenir fou.

Je sors de la chambre en criant le nom de mes colocataires, mais aucun d’eux ne daigne me répondre. Je frappe successivement à chacune de leur porte, mais rien. Où est-ce qu’ils sont ? J’attrape mon portable pour appeler Diego quand je me souviens qu’on était invités à dîner chez Alice et Greg ce soir.

Dix minutes plus tard, je donne quelques coups à la porte d’entrée de chez mes amis avant de l’ouvrir et de tomber nez à nez avec Alice, qui est en train de mettre la table.

— Ah, tu es venu finalement ! s’exclame-t-elle, surprise de me voir.

— Ouais… enfin non ! dis-je, tout essoufflé.

— Tout va bien, Léo ? demande Greg en s’approchant de moi.

Lilly et Diego se lèvent du canapé en entendant mon nom et s’approchent à leur tour, un verre de vin à la main.

— Excusez-moi de vous déranger, je…

— Mais tu ne nous déranges pas, me coupe Greg. On prend l’apéro, viens !

Je me rends compte seulement maintenant que je n’ai pas reparlé à Greg depuis le jour du… non-mariage et je suis étonné qu’il ne m’en veuille pas plus que ça.

— Non, attendez, écoutez-moi, c’est urgent… Vous… Ce livre, bégayé-je en leur montrant le bouquin de Lou. Vous saviez que…

Je m’arrête net en me demandant si je ne suis pas en train de faire une gaffe, mais Alice me rassure.

— Que c’est Louna qu’il l’a écrit ? Oui, on sait.

— Alors…

Je les regarde les uns après les autres.

— Dites-moi, c’est qui ce Jason ?

Ils se mettent à rire.

— Tu ne l’as pas lu ? demande Lilly.

— Non, enfin, si… juste quelques lignes en fait.

— Tu devrais le lire, lâche Diego en gloussant.

— Je dois d’abord savoir ! rétorqué-je. Qui est Jason, putain ?

Ils se regardent tous, l’air mal à l’aise.

— Est-ce que quelqu’un peut me répondre ? répété-je, les dents serrées.

Alice s’approche de moi avec un air limite accusateur.

— Mais c’est toi, espèce d’abruti ! C’est toi, Jason.

Et merde…

— Pourquoi ne m’avez-vous rien dit ?

Lilly et Diego haussent les épaules.

— On pensait que tu étais au courant, répond Greg. Et on se voyait mal te parler de ça, surtout après ce qu’il s’est passé entre vous.

Je ne peux pas y croire.

— Mais quel con ! braillé-je en me tapant le front. Elle est déjà partie ?

— Ouais… mon père l’a déposée à l’aéroport il y a un peu moins d’une heure, répond-il en regardant sa montre.

Mince, je fais quoi maintenant ? De nombreuses idées me viennent à l’esprit et la panique m’empêche d’être cohérent. Je pourrais peut-être l’appeler ? La convaincre de rester pour que l’on discute de tout ça ?

— Je vais y aller !

— Quoi ? demande Lilly, plus que surprise.

— Attends, attends…, fait Alice en réfléchissant. Tu comptes aller à l’aéroport, là, tout de suite ?

— Ouais !

— C’est génial ! hurle Diego. Va la chercher, mon pote !

En à peine une minute, ils passent d’une humeur déprimante à un enthousiasme hors du commun. Je jette un regard à Greg pour avoir son approbation.

— Vas-y, Léo…, lâche-t-il en souriant. Fonce la rejoindre.

Je m’apprête à lui sauter dans les bras quand je réalise qu’il y a un léger problème.

— Ma voiture est encore en réparation…, annoncé-je en me frottant le menton.

— Pas de problème, je peux t’emmener ! s’exclame Diego

— Inutile, passe-moi tes clés !

— Hors de question ! réplique Lilly. Tu es interdit de conduite tant que ton épaule n’est pas totalement guérie !

— Ça va, je…

— Non, Léo, intervient Alice à son tour. C’est trop dangereux.

Je souffle d’exaspération. Ah, les femmes…

— OK, Diego, allons-y !

Il se précipite pour attraper sa veste quand Lilly l’arrête.

— Pourquoi c’est lui qui irait ? demande-t-elle.

Je l’interroge du regard.

— J’ai envie de venir, moi aussi !

— Comment ça ?

Je ricane en jetant un œil à Greg et Alice, mais cela ne semble surprendre personne.

— Ça fait des mois, non, attends, ça fait des années qu’on suit vos histoires en se demandant quand est-ce que vous allez enfin finir ensemble ! Et le jour où tu lui cours après pour lui avouer ta flamme, on ne va pas y assister ? N’y compte même pas ! lâche-t-elle en attrapant un léger manteau à son tour.

— Bon, OK, dis-je en secouant la tête. Mais il faut y aller, maintenant !

— Euh, attendez…, ajoute timidement Alice. Étant donné que vous nous lâchez tous pour le dîner et que nous n’avons rien d’autre de prévu ce soir, est-ce que…

Elle n’est pas sérieuse ?

— Je suis quand même le grand frère de Louna ! rajoute Greg avant même qu’Alice puisse terminer sa phrase.

J’ouvre grand la bouche d’étonnement.

— Vous rigolez, là ?

Alice secoue énergiquement la tête, et je lâche un énorme soupir avant de hurler :

— En route !

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