Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 9 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 8

 

 

Louna

— Tu montes déjà te coucher ? m’interroge papa. Tu n’as rien avalé !

— J’ai pas mal de révisions.

— Emporte au moins un petit truc, insiste-t-il en me tendant un croque-monsieur.

— Tu sais, ça ne me fera pas de mal de ne pas manger ce soir, j’ai des réserves !

Mon père rit en posant le sandwich sur la table de la cuisine.

— Alors prend ça, dit-il en me lançant une pomme que j’attrape en pouffant. Bonne nuit, ma chérie.

— Bonne nuit, papa.

Je lui souris en le laissant seul avec ses inquiétudes. Il ne me le dit pas, mais je sais qu’il s’en fait beaucoup pour moi. C’est normal de vouloir que ses enfants soient heureux et ça doit être dur pour lui de me voir dans cet état sans ne rien pouvoir faire. Et parfois, ça me peine. Honnêtement, qui voudrait décevoir un homme aussi gentil que lui ?

Je me jette sur le lit en croquant à pleines dents dans le fruit, puis branche mes écouteurs à mon téléphone avant d’attraper mon bouquin. Je devrais plutôt réviser, mais mes livres de chevet ont tendance à m’appeler à corps perdu. Ils arrivent toujours à m’avoir, j’ai beau me promettre d’arrêter à la fin d’un chapitre, j’ai toujours envie de continuer. Quelquefois, il m’arrive même de ne pas dormir de la nuit pour découvrir la fin.

D’une certaine manière, l’histoire de la vie des autres me permet de m’évader de la mienne. Souvent, je ferme les yeux et je m’imagine dans la peau du personnage principal…

Je sursaute en voyant la porte de ma chambre s’ouvrir. Je mets ma musique sur pause.

— Tout va bien, papa ?

Debout devant moi, il secoue la tête en croisant les bras sur son torse.

— Tu peux dire à ton copain d’utiliser la porte d’entrée comme tout le monde ?

— Pardon ?

— Léo ! braille-t-il. Il est dans le jardin en train de t’appeler depuis au moins un quart d’heure ! Tu n’entends pas les cailloux qu’il jette sur tes carreaux ?

Je me précipite à la fenêtre, et mon cœur se met à battre plus vite en le voyant là, en plein milieu de la pelouse. Il porte une chemise blanche un peu froissée qui sort à moitié de son pantalon noir. Ses cheveux sont mouillés et en bataille. Il sort du lit, ou quoi ? Le pire reste son regard. Ses yeux ont l’air tout gonflés et rouges. Je sais ce que signifie cet air apeuré et désespéré.

— Dis-lui que s’il casse cette vitre, il aura affaire à moi !

Tandis que j’entends mon père redescendre les marches de l’escalier, j’ouvre ma fenêtre.

— Léo ? Est-ce que… est-ce que ça va ?

— Je peux ? demande-t-il d’une voix rauque en me désignant du doigt.

Je m’écarte en lui faisant signe d’entrer. Il a juste à grimper sur le garage accolé au mur de la maison pour arriver jusqu’à ma chambre.

Il a commencé à venir en douce chez moi quand nous sommes devenus proches. J’avais à peine seize ans et il était hors de question de recevoir un garçon à la maison à cette époque. Léo pourrait sonner et ne plus avoir à se cacher aujourd’hui. D’autant que je suis une adulte et que papa a bien compris que notre relation était purement amicale… Mais, non, il préfère continuer à venir me retrouver de cette manière.

Lentement, il referme la fenêtre derrière son passage avant de poser le front contre la vitre. J’attends une minute avant de m’approcher de lui.

— Léo, murmuré-je.

Il secoue la tête. Il ne veut pas parler, ou n’y parvient pas. Pas maintenant.

J’observe ses épaules se soulever au rythme de sa respiration saccadée. Je m’approche encore un peu et pose une main sur son dos. Ses épaules se relèvent d’un coup sec avant de s’affaisser. J’attends quelques instants qu’il se calme un peu plus et je l’enlace en posant mon visage contre son dos. Son souffle s’est ralenti alors que je tente toujours de maîtriser le mien. Car, maintenant, c’est moi qu’il faut calmer. Mon cœur bat la chamade. Quand je sens le désir monter brusquement en moi, je me détache de Léo, et il se retourne lentement.

— Je peux… je peux rester ? m’implore-t-il.

— Bien sûr.

— Je sais que tu dois réviser, dit-il en toussotant pour tenter de reprendre une voix normale. Je me ferai tout petit.

Je souris en hochant la tête, et il retire sa chemise avant de s’installer dans mon lit. Je détourne le regard et tente de dissimuler ma gêne.

Heureusement, il se couvre avec mon drap avant de poser la tête sur mon oreiller. Impossible de ne pas songer que je vais pouvoir sniffer son odeur pendant des jours, comme une cinglée que je suis.

Je vais pour m’installer sur mon bureau avec mon livre de latin quand il m’appelle :

— Lou ?

— Hum ? fais-je, les yeux rivés sur mon manuel.

— Ça te dérangerait de… réviser dans ton lit ?

Je lui souris avant d’aller m’asseoir près de lui. Il pose aussitôt une paume sur mon genou, et ce geste me fait frissonner de la tête aux pieds. Je fais mine de lire alors que tout mon être se concentre sur sa main posée sur moi.

Au bout de quelques minutes, sa respiration a changé. Il s’est endormi.

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