Not Just Friends
Chapitre 18
Louna
Hurler ? Je passerais pour une folle. Pleurer ? Je n’y parviens pas, même quand je me force. Tout le monde sait que pleurer fait du bien, ça relâche les nerfs et ça permet d’extérioriser. Bien sûr, cela m’arrive parfois… mais pour une seule et unique raison. J’ai d’ailleurs tellement versé de larmes durant mon adolescence que je crois que c’est pour ça que je n’y parviens plus aussi facilement aujourd’hui.
J’ai débarqué assez tôt chez mon frère et je leur ai demandé d’emprunter le bureau afin de commencer ce que le prof m’a demandé tant j’étais pressée. Mais j’ai vite déchanté en me rendant compte que ça ne marchait pas. J’ai écrit, effacé, puis réécrit de nouveau pendant une heure sans rien rédiger de convenable. J’ai fini par penser que M. Scott s’était trompé à mon sujet et que l’écriture n’est peut-être pas faite pour moi.
Mon cœur s’est serré lorsque je l’ai entendu débarquer. J’ai pris quelques minutes pour me calmer avant de sortir de la pièce, mais je suis restée bloquée derrière la porte quand je l’ai entendu dire : « J’ai quelqu’un. »
Je savais que ça arriverait un jour, mais je n’avais pas imaginé à quel point ça me ferait mal. Je suis pourtant heureuse pour lui… d’une certaine façon. Je suis contente qu’il combatte ses démons et qu’il parvienne à construire quelque chose de solide.
J’ai longtemps espéré que ce serait avec moi, surtout lors de cette fameuse nuit pendant laquelle il m’a proposé ce pacte. J’ai cru que mon cœur allait défaillir et j’en ai rêvé plusieurs nuits d’affilée. Je m’en veux d’avoir pu imaginer de telles choses.
Pour des conneries pareilles, ça j’en ai de l’imagination !
C’est drôle, j’ai entendu une fois qu’un auteur réussissait plus généralement ses œuvres quand il était malheureux. J’ai toujours trouvé cette idée absurde. Jusqu’à ce soir.
En rentrant de cette horrible soirée où j’ai tout fait pour éviter l’homme que j’aime, j’ai allumé mon ordinateur et c’est sorti tout seul. J’ai écrit ! Des dizaines et des dizaines de lignes sans m’arrêter. Je ressentais à chaque phrase un profond soulagement, indescriptible.
J’ai fini par comprendre que ce n’était pas ma propre histoire que j’allais raconter. Mais plutôt celle qui est dans ma tête. L’histoire de cette fille qui me fait rêver. Moi en mieux. Une fille superbe et sûre d’elle que Léo regarderait. Qu’il regarderait pour de vrai.
Affalée sur mon lit à plat ventre, la musique me perçant les tympans et les doigts en feu à force d’écrire, je ne pense plus à lui. Enfin pas tout à fait. Au lieu de Léo, c’est Jason qui me fait vibrer. Jason, l’homme de mes rêves, celui que j’ai créé dans mon imagination. Celui qui partage mon amour.
Je décide d’aller me coucher lorsque mon corps ne tient plus la fatigue. Alors que je viens de me mettre sous la couette, je me redresse soudain et récupère mon ordi, simplement pour écrire le titre de mon roman en première page :
Agapé
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