Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 73 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 72

 

Léo

— Ça y est, elle vient de me répondre, s’exclame Lilly.

Je m’avance de mon siège en poussant Diego, qui est au milieu de nous, afin de pouvoir regarder le téléphone de mon amie. Finalement, Greg a tenu à prendre sa voiture, et je me suis retrouvé derrière avec mes deux colocs.

— Elle dit que… euh… elle dit qu’elle n’a pas encore embarqué…

— Bonne nouvelle ! crie Diego si fort que j’ai l’impression d’avoir le tympan percé.

— C’est tout ? Pourquoi t’es rouge écarlate ?

— Hum hum, ajoute-t-elle en se raclant la gorge. Elle dit que… qu’elle a rencontré un certain John.

— Quoi ? hurlé-je presque.

— Hé, bah, lâche Alice. Faut toujours qu’elle fasse de bonnes rencontres !

Je me penche davantage pour parler à Greg.

— Tu ne peux pas accélérer ?

— Il fait son max ! rétorque Alice en se retournant pour me fusiller du regard.

Je soupire d’agacement et me recule dans mon siège. Ils vont tous me rendre complètement dingue ! Alors que je suis en train de bouillir intérieurement et d’angoisser comme jamais, eux se marrent comme si nous partions en vacances entre potes !

— On arrive dans combien de temps ? demandé-je une nouvelle fois.

— Tu es pire qu’un gosse, ma parole ! se moque Diego.

— On y sera à temps, ne t’en fais pas, me rassure Lilly.

Greg met un peu de musique afin de détendre l’atmosphère, mais je ne peux m’empêcher de me prendre la tête. En admettant que j’arrive à temps, qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? J’ai beau essayer de préparer un discours dans ma tête, je n’y arrive pas ! J’ai tellement de choses à lui dire que tout s’embrouille.

Et si elle refusait de m’écouter ? Si elle partait encore plus fâchée qu’elle ne l’est déjà ? De toute façon, j’ai beau retourner le truc dans tous les sens, maintenant que nous sommes là, j’irai jusqu’au bout. Avec ce que je sais aujourd’hui, impossible de la laisser partir sans lui expliquer mon comportement de ces derniers mois.

Dire que c’était de moi qu’elle parlait… Dire que je suis Jason ! J’esquisse un demi-sourire malgré mon stress. J’aurais pu éviter tout ça…

La voiture s’arrête tout à coup. Mon buste cogne le siège conducteur avant de revenir s’écraser aussi sec contre le siège.

— T’es complètement fou ! reproché-je à Greg en passant une main dans mes cheveux.

— T’avais qu’à mettre ta ceinture, râle Alice.

— Je n’ai pas pensé à la boucler vu l’allure à laquelle on roule ! rétorqué-je.

— On y est, annonce Greg en me fixant dans son rétroviseur.

Quoi ?

— On est arrivés à l’aéroport, hurle Lilly, tout excitée.

J’ouvre la portière avant de me tourner vers la bande. Ils sont clairement insupportables, mais… qu’est-ce que je ferais sans eux ?

Ils savent que je ne suis pas du genre à étaler mes sentiments, et le simple regard complice que je leur lance devrait suffire à leur faire comprendre ce que je pense.

— Bonne chance ! me dit Alice en me faisant signe d’y aller.

— On se rejoint à l’intérieur, ajoute Diego.

J’inspire profondément avant de sortir comme un voleur et de me mettre à courir.

Je sprinte jusqu’à l’entrée du bâtiment mais, une fois à l’intérieur, la tâche s’avère bien plus difficile. Je suis obligé de ralentir le pas pour éviter les gens, et le temps que je perds me fait paniquer. L’adrénaline est à son paroxysme quand j’arrive enfin au comptoir, et je me mets à bafouiller comme un imbécile.

— Le vol… le vol pour… Londres, s’il vous plaît.

La jeune hôtesse se met d’abord à me fixer avec étonnement avant de me sourire timidement.

— Le prochain vol pour Londres est demain matin.

— Non, non ! Celui de ce soir.

Elle vérifie rapidement son écran avant de me dire :

— Je suis désolée, le vol de ce soir est bouclé, l’embarquement est prévu dans cinq min…

— Où ? la coupé-je.

— Je vous demande pardon ?

— L’embarquement pour ce vol, où se situe-t-il ? Je dois y retrouver quelqu’un.

Ses yeux s’arrondissent de nouveau avant qu’elle prenne un air plus sérieux.

— Monsieur, il n’est pas possible d’y accéder sans carte d’embarquement.

— Très bien, alors donnez-m’en une.

— Pour cela il faut acheter un billet !

Sans déconner ?

J’inspire doucement afin de répondre le plus calmement possible.

— Alors donnez-m’en un, s’il vous plaît.

— Comme je vous l’ai dit, le vol est bouclé, et je ne…

— N’importe lequel ! dis-je en haussant le ton.

Elle se met à regarder certains voyageurs dont j’ai attiré l’attention. Simultanément, je passe ma main sur mon visage en sueur pour tenter de me calmer afin que la situation ne dégénère pas.

— Monsieur, des passerelles sont disponibles si vous voulez dire au revoir à quelqu’un qui se situe en zone d’embarquement.

Mes nerfs sont à vif et je suis à deux doigts de péter un plomb ! Une passerelle, sérieusement ? Elle croit vraiment que je fais tout ça juste pour un au revoir ? Pour ça, il y a le téléphone, merde !

— Madame, dis-je le plus posément possible. J’ai simplement besoin de passer la douane. Il me faut un billet d’avion pour n’importe quelle destination. Choisissez le moins cher que vous trouvez.

Elle lève un sourcil interrogateur et met quelques secondes à réagir en me fixant une nouvelle fois comme si j’étais le dernier des demeurés. Je jure que je vais faire un scandale si elle ne se réveille pas, maintenant ! Heureusement, elle semble enfin comprendre ma demande.

— Un vol pour Bordeaux dans deux heures, cent cinquante euros, ça vous va ?

Cent cinquante balles ? Outch. Je sors ma carte de crédit et la lui tends. J’ai envie de lui dire de se dépêcher, mais je me retiens car je sens bien qu’elle est, elle aussi, à deux doigts de craquer.

— Merci, dis-je vivement en attrapant mon billet avant de me remettre à courir comme jamais.

Une fois la douane passée, je regarde rapidement les panneaux d’information, et mon cœur s’accélère quand je vois :

Londres – embarquement immédiat.

Je me remets à courir à une vitesse incontrôlée en m’excusant auprès des personnes que je heurte malencontreusement. Pas le temps de les éviter, cette fois ! Malgré la forte douleur que je ressens au niveau de l’épaule, je continue dans ma lancée.

Quand j’arrive enfin sur place, je balaie rapidement du regard la file se préparant à entrer dans l’avion. Oh non… elle n’y est pas ! Un nœud d’angoisse prend place dans mon estomac. Je peux peut-être l’appeler et lui demander de sortir ? Si elle est déjà dans l’avion, je ne pourrai jamais… Bon sang ! Un mélange de soulagement et de panique m’envahit quand je l’aperçois enfin. Elle est là ! Belle comme pas permis, tranquillement assise en train d’attendre que tout le monde soit entré. C’est tout elle, ça ! Pourquoi se mettre dans la queue alors que l’on a déjà une place attitrée ?

Mon sourire d’idiot s’efface quand je remarque qu’elle est en pleine conversation avec un mec. Je serre les dents.

Allez, calme-toi, tu es venu pour elle, tu es venu pour lui parler, pas pour casser la gueule d’un parfait inconnu !

Je tente de me convaincre d’y aller, de la rejoindre et de tout lui dire… mais, quand je la vois éclater de rire, de nouveaux doutes me submergent. Et si c’était mieux, ainsi ? Si elle était plus heureuse sans moi, finalement ? Après tout, elle a écrit un livre pour décrire ses sentiments à mon égard sans jamais m’en parler.

Je continue de l’observer, et la douleur physique que je ressens, mélangée à ces satanés doutes, me donne carrément la nausée. Ce que je m’apprête à faire changera sûrement le reste de nos vies…

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