Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 33 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 32

 

Louna

— Tu es sûr que tu ne veux pas entrer ? insisté-je.

De nouveau, il jette un œil à ma maison.

— Non, une prochaine fois.

— D’accord.

Je lui souris nerveusement, comme à chaque fois qu’il me ramène chez moi. Bon, nous ne sommes sortis ensemble que cinq fois, mais quand même… N’y a-t-il pas une règle pour échanger un premier baiser, genre cela devient obligatoire à partir du troisième soir ?

En tout cas, je n’ai jamais entendu dire qu’il fallait attendre plus de cinq rencards…

— La prochaine fois, on ira chez moi, dit-il en m’adressant un sourire en coin.

Je rougis pour la centième fois de la soirée en tâchant bien de ne pas toucher à mes cheveux.

— Tu as ton propre appart ? demandé-je.

— Oui, c’est l’avantage de travailler en parallèle à ses études.

— C’est sûr, mais il faut du courage pour concilier les deux.

— Oui c’est plus de boulot, c’est clair, mais je ne me voyais pas rester plus longtemps chez mes parents.

— Pourquoi ?

Ma question le fait rire, et je me mords immédiatement la lèvre.

— Excuse-moi, dis-je en secouant la tête.

— Je m’entends bien avec mes parents, mais ma mère… est très maman poule. Tu vois le genre ?

Je lui souris en faisant tout pour ne pas lui montrer que je pense à la mienne. Mes copines se sont souvent plaintes de leur mère possessive, et moi je les ai toujours atrocement enviées.

— J’adore mes parents, poursuit-il. Mais j’avais vraiment besoin de ma liberté.

— Je comprends…

— Toi, tu n’as pas l’air d’être pressée de partir de chez toi !

— En effet, dis-je en me retournant rapidement pour regarder l’endroit où j’ai grandi. Je ne me vois pas laisser papa tout seul.

— Je comprends.

— Et puis… je ne suis pas du genre solitaire, je n’ai pas ce besoin de vivre seule, comme toi.

— Toi, pas solitaire ? J’aurais juré le contraire.

— Pourquoi ça ? demandé-je, intriguée.

— Eh bien, tu ne sors pas beaucoup, tu n’as qu’une seule amie à la fac et, surtout… tu es en permanence plongée dans tes bouquins !

— Oui c’est vrai, mais j’ai toujours eu besoin d’être entourée.

— Tu penses à ton frère et ses amis ?

— Oui, ils sont comme ma famille.

— Vous avez l’air tous très soudés…, dit-il, légèrement ému.

— On l’est.

Joshua penche la tête sur le côté en me souriant. Qu’est-ce qu’il est mignon…

— À ce propos, lâche-t-il sérieusement. J’ai cru comprendre que l’un d’entre eux était plus qu’un ami… ?

— Hein ? De qui tu parles ?

Aurait-il remarqué ma gêne lorsque je lui ai présenté Léo ?

— Tu vois de qui je veux parler.

— Non, car il n’y a jamais rien eu avec qui que ce soit.

S’il savait à quel point je dis vrai !

— Ce mec… Léo, je crois. Il me regardait bizarrement. Comme si je lui piquais sa copine.

Je ne peux m’empêcher de glousser.

— Oh non, je peux t’assurer que tu te trompes… Avec Léo, on est un peu en froid en ce moment. C’est tout.

Je sens un petit mal-être m’envahir en y repensant. J’espère vraiment qu’il ne va pas me demander pourquoi, car je n’ai aucune envie de lui raconter tout ça.

— Bon, eh bien j’ai dû me tromper…

— Carrément !

— En tout cas, je les ai trouvés très accueillants. Ton père a l’air génial.

— Il l’est, vraiment !

Mon enthousiasme ravive son sourire.

— Papa est courageux, ajouté-je. Il ne nous a jamais abandonnés depuis que… Tu sais. Il a toujours placé notre bonheur en priorité.

— C’est très beau.

— Merci… c’est pour ça que je ne me vois pas le quitter. C’est l’homme de ma vie ! dis-je en riant.

— Qu’il en a de la chance…

Son regard brûlant me déstabilise tellement que je suis obligée de baisser les yeux.

— Mais il faudra bien que tu prennes ton envol un jour, petit oiseau.

— Petit oiseau ? répété-je, amusée.

— Quoi, tu n’aimes pas ce surnom ? Il est original, je trouve.

Nous rions quelques secondes avant qu’il reprenne son sérieux.

— Tu préfères peut-être « ma jolie » ou… « bébé » ?

— Non, pas « bébé » ! rétorqué-je un peu trop violemment.

— D’accord, j’ai compris, répond-il en levant les mains en l’air.

Joshua s’arrête de rire et s’approche davantage, laissant à peine quelques centimètres entre nos deux visages.

— Et que dis-tu de « chérie » ?

J’ai le souffle coupé, je n’ose même pas parler tellement nous sommes proches. Je me contente de hocher la tête lentement, ce qu’il prend sûrement pour un accord car il pose alors ses lèvres sur les miennes.

Mon être entier frémit quand il glisse sa langue sur la mienne pour la caresser avec tendresse. Je ressens quelque chose d’assez étrange dans mon ventre, comme des chatouillis qui me font vibrer. C’est donc ça embrasser quelqu’un avec plaisir ? Cette agréable sensation qui donne la chair de poule ? J’adore !

C’est quand il s’arrête que je prends conscience que je suis restée raide comme un piquet. Mince, j’aurais pu passer les bras autour de son cou, ou je ne sais pas, moi, faire autre chose que de rester immobile ! Je suis sûre qu’il doit se dire que je suis nullissime.

— Alors, bonne nuit, ma chérie…

Cette simple parole suffit à faire disparaître mes inquiétudes. Bon sang, c’est trop bon ! Le regard qu’il pose sur moi, son baiser, ses petits mots…

— Bonne nuit, murmuré-je en attrapant nerveusement une mèche de mes cheveux, geste qu’il suit attentivement des yeux.

J’aurais aimé pouvoir lui dire beaucoup plus que cela, mais ma pudeur a pris le dessus. Heureusement, ça n’a pas l’air de le gêner, car il me sourit tendrement avant de m’embrasser une dernière fois.

Je suis à peine rentrée dans la maison que mon père m’interpelle :

— Ça a été ta soirée, ma puce ?

— Très bien, merci…

— Et ton petit ami… je veux dire, Joshua, comment va-t-il ?

— Très bien !

Il doit sans doute remarquer à mon sourire que je suis encore sur mon petit nuage.

Ai-je rêvé ou a-t-il dit « petit ami » ? Après tout, il a raison ! Moi, Louna Thomas, j’ai un petit ami !

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