Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 15 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 14

 

Louna

Je reste concentrée sur la tasse de café entre mes mains pour éviter de croiser leurs regards tant la honte me submerge. Peut-être qu’avec tout ce bruit Léo n’a pas entendu ce que Diego a dit ?

Pffff… J’ai beau me trouver toutes les excuses du monde, j’ai bien vu dans son regard qu’il avait compris.

À sa demande, nous avons tous fini chez mon frère après l’incident du bar, mais personne ne semble avoir envie de parler. Lilly est en train de soigner la lèvre coupée de Léo pendant que mon frère et Alice finissent de remplir les tasses de moka dans la cuisine.

Je me recroqueville sur le canapé en attendant que quelqu’un daigne rompre ce silence insupportable. Au même moment, Diego sort enfin de la salle de bains où on a pu l’entendre se vider de tout son corps. Ses yeux sont vitreux et remplis de remords. Il pose une main sur sa bouche avant de s’adresser à nous.

— Je suis désolé.

Personne ne lui répond, alors il attrape sa veste en faisant un détour pour passer près de Léo, qui, pour une fois, est à l’autre bout de la pièce. Loin de moi.

Le visage enfoui dans mes genoux, je ne parviens à entendre que les derniers mots de mon meilleur ami.

— OK, ça va, rentre avec Lilly, je vous rejoins.

Mon cœur s’accélère.

Je relève la tête quand je sens Diego revenir vers moi. Il me serre fort dans ses bras en me chuchotant à l’oreille :

— Pardon, Lou…

Je lui adresse un léger signe avec un demi-sourire, pour lui montrer que je ne lui en veux pas.

Lilly et Diego partis, mon frère et Alice montent se coucher en nous souhaitant une bonne nuit. Le regard compatissant de ma belle-sœur ne m’effraie que davantage.

Une fois seuls, Léo et moi restons silencieux durant quelques minutes. Je n’ose pas le regarder, jusqu’à ce qu’il vienne s’asseoir sur la table basse en face de moi. Il se penche légèrement de manière à ce que je redresse la tête.

— Louna…

Je déglutis. Il ne m’appelle jamais par mon prénom. Jamais !

— Qu’est-ce que Diego a voulu dire ?

Je le connais assez pour savoir qu’il est aussi mal à l’aise que moi à cette seconde.

J’ai imaginé cette scène tellement de fois par le passé… mais jamais, jamais je n’aurais pensé que Léo apprendrait la chose de la bouche d’un des membres du groupe.

Tout à coup, il se renverse en arrière en se mettant à rire. Je le dévisage, abasourdie.

— Excuse-moi ! s’exclame-t-il en se levant. Diego était complètement bourré, il a dit n’importe quoi ! Oublions ça.

Il me tend la main, comme s’il voulait que je tape dedans. Je la fixe, perplexe. À quoi bon nier la chose, une fois de plus ? J’ai la chance de pouvoir tout avouer, là, maintenant. Je dis « chance » car, mis à part l’angoisse qui me submerge, je ressens tout de même une sorte de soulagement à l’idée de cette confrontation. Comme si je pouvais enfin me libérer d’un poids.

— Léo, murmuré-je.

Doucement, il relâche son bras le long du corps en me fixant avec stupeur. Il attend patiemment que je m’exprime mais, vu la lueur présente dans ses iris, il a déjà compris.

— Je suis désolée.

Ses sourcils se soulèvent. Il pose subitement les paumes sur le haut de son crâne.

— C’est quoi, ces conneries ?

Son ton me fait déglutir. Je cherche désespérément comment lui avouer mes sentiments, mais il ne m’en laisse pas le temps.

— Ce n’est pas possible, tout ça ! Qu’est-ce qui te prend ?

— Comment ça, qu’est-ce qui me prend ? demandé-je en osant enfin l’affronter du regard.

— C’est sûrement un délire passager ! balance-t-il en secouant énergiquement la tête.

— Non, Léo, ça fait des années.

— Quoi ? s’étrangle-t-il en écarquillant les yeux.

— Je ressens tout ça depuis que je te connais, avoué-je en détournant les yeux.

— Oh putain ! crie-t-il encore plus fort sans se soucier de mon frère et d’Alice à l’étage du dessus.

Léo se met à tourner en rond dans la pièce, les mains toujours sur la tête. Jusqu’à ce que je me lève à mon tour.

— Calme-toi, Léo, s’il te plaît !

Il s’arrête enfin pour me fusiller du regard.

— Que je me calme ? J’apprends que ma meilleure amie me ment depuis des années et tu veux que je me calme ?

— Je… je suis désolée, je ne voulais pas gâcher notre amitié.

— Notre amitié ? Bon Dieu, Louna, mais tu es beaucoup plus qu’une amie ! Tu es ma petite sœur !

Aïe. Ça, ça fait mal.

Ses paroles sont tellement douloureuses que j’en ai le souffle coupé.

J’ai toujours su que ce n’était pas réciproque. Mais quelque part, il restait perpétuellement ce petit espoir que ça le deviendrait un jour. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles je n’ai rien dit. L’espoir.

Léo me jette un bref regard avant de détourner la tête.

— Il faut que j’y aille.

— Non, attends !

— S’il te plaît, arrête, dit-il en tendant son bras vers moi comme pour m’empêcher de l’atteindre.

— Ne me fais pas ça, Léo…

— Te faire quoi ? Je ne comprends pas. Qu’est-ce que tu veux ?

— Qu’on reste amis, ça ne changera rien !

— Tu sais que c’est faux. Et dire que tout ce temps… toutes ces fois où on a dormi ensemble, toi, tu…

L’air dégoûté, il grimace, sans se rendre compte une seule seconde à quel point il me fait mal.

Quand j’aperçois sa mâchoire se crisper et qu’il m’adresse un regard noir, je sais déjà ce qui m’attend. Léo inspire doucement avant de baisser les yeux au sol.

— Je ne peux plus être ton ami, Louna, lâche-t-il d’une voix éraillée.

Sans me laisser le temps de réagir, il me tourne le dos et sort précipitamment de l’appartement en claquant la porte.

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