Not Just Friends
Chapitre 4
Léo
Je souris largement en la voyant se déhancher de cette manière. Enfin, elle se lâche ! Lou est tellement timide que ça l’empêche de s’amuser. Mais je la connais assez bien pour savoir comment l’aider à prendre confiance en elle.
J’éclate de rire en la voyant se trémousser de plus en plus vite, comme si elle était seule au monde et que personne ne pouvait l’observer. Mais dès qu’elle ouvre les paupières et qu’elle me voit la dévisager, elle s’arrête en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Ça, c’est son tic quand elle est mal à l’aise. Je serais prêt à parier qu’elle rougit, mais je ne peux pas le voir dans le noir.
La musique finit par prendre une cadence plus lente. C’est ce qui est drôle dans cette chanson : le rythme d’enfer s’arrête tout à coup comme s’il s’agissait d’un slow. Tout le monde se calme alors et certains couples en profitent pour se rapprocher. C’est à ce moment-là que je croise le regard insistant d’une jolie brune aux lèvres pulpeuses, près du bar. Elle ne me lâche pas des yeux depuis que je suis entré et, même si j’ai fait mine de l’ignorer, j’ai bien remarqué son petit cul moulé dans sa minirobe léopard.
Vu que Lilly nous rejoint sur la piste, j’en profite pour m’esquiver. Je ne voulais pas laisser Lou seule mais, maintenant, je suis tranquille. Je jette un rapide regard vers Diego avant de m’approcher de la tigresse. Il me fait de la peine, mais je ne peux plus rien faire pour lui. J’ai tout essayé, il se noie dans sa déprime chaque jour. Je ne comprends pas que l’on puisse se mettre dans cet état pour une meuf !
— Salut, beauté, commencé-je en la fixant dans les yeux.
La fille me déshabille du regard avant de se mordiller la lèvre inférieure.
— Salut.
— Je te paie un verre ?
— Avec plaisir, répond-elle en souriant.
Je m’assois près d’elle et nous flirtons comme ce n’est pas permis. C’est sûr, ce soir, elle finit dans mon lit. Ou moi dans le sien ? Je n’aime pas trop découcher mais, au moins, je n’ai pas à faire face aux remarques de mes colocs, au réveil.
Je parviens merveilleusement bien à placer ma fameuse phrase qui explique que je ne cherche pas de relation sérieuse. Et elle me répond qu’elle est sur la même longueur d’onde.
Je ne suis pas super émotif, seulement je n’aime pas trop quand une fille pleure pour mes beaux yeux. En fait, ça m’insupporte carrément.
Je passe le reste de la soirée avec cette fille jusqu’à ce que l’on décide de rentrer. Finalement, ce sera chez moi, tant pis pour les réflexions matinales !
Je rejoins mes amis à leur table pour leur dire au revoir. Je tente d’éviter le regard triste de Louna. Je sais pertinemment ce qu’elle pense de tout ça. Elle ne s’est jamais permis de juger ma façon de faire, mais elle m’a déjà exprimé sa désapprobation. Pour elle, c’est carrément irrespectueux de faire ça à une fille. Pourtant, je ne vois aucun mal à se faire plaisir, du moment que tout le monde est consentant.
Je m’approche de Diego pour lui dire à l’oreille :
— Elle a une copine…
D’un signe de tête, je lui indique l’autre bout du bar où une charmante demoiselle nous observe.
— Non merci ! me rétorque-t-il avant de plonger le nez dans son verre.
Avant qu’il puisse boire une autre gorgée, je le lui retire des mains.
— Dans ce cas, tu devrais rentrer.
Je ne suis pas contre le fait de se faire plaisir avec l’alcool, mais Diego a sérieusement tendance à abuser dernièrement. Il me reprend violemment le verre des mains et se met à grogner. Voilà l’une des raisons pour lesquelles je n’aime pas qu’il boive autant. Il a l’alcool mauvais !
— Allez, tu viens avec moi ! lui ordonné-je en attrapant son bras.
— Pour vous entendre hurler comme des porcs ? Non merci, j’attends que tu aies fini !
Quel con !
Il était vraiment obligé de faire ce genre de réflexions salaces devant les filles ? Je serre les dents en voyant Lou baisser les yeux, dégoûtée.
— Ça va, il rentrera avec moi, lance Lilly pour mettre fin à notre échange de regards meurtriers.
— OK, déclaré-je à contrecœur. Alors, à demain !
Impossible de croiser les prunelles de Louna, elle a les yeux rivés sur la piste de danse, comme si je n’existais pas. Sans insister, je leur tourne le dos avec cette sensation de culpabilité que je déteste. Mais cela disparaît en un clin d’œil quand la jolie brune – euh Karen, je crois ? – m’attrape par le bras pour m’emmener avec elle.
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