Not Just Friends

Fanny DL · Chapitre 64 sur 75

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Not Just Friends

Chapitre 63

 

Léo

— Ça va, ça va ! Je ne suis pas handicapé !

Diego m’ignore en m’arrachant mon sac pendant que Lilly pousse la porte de ma chambre de son pied afin de rester agrippée à mon bras valide. Elle pense m’aider en s’accrochant à moi comme ça mais, en réalité, elle me gêne plus qu’autre chose.

— Stop ! braillé-je quand ils me font carrément m’asseoir sur le bord du lit. Je vais bien !

— Le médecin a dit que tu pouvais sortir à condition que tu te reposes encore quelques jours, rétorque sévèrement Lilly.

— Je t’ai dit que j’avais déjà une mère ?

— Arrête de faire chier, Léonard, et laisse-toi dorloter, lance Diego, plus que moqueur.

Je lui enverrais bien mon poing dans la gueule à ce petit con. Mais bon, je n’ai pas à me plaindre. On est mieux ici que face à la vue carrément déprimante des murs et blouses blanches de l’hôpital, sans parler de la nourriture immangeable.

— Je ne compte pas rester coucher ici pendant des heures, dis-je en soupirant, avant de m’allonger sur le dos.

— Il va bien falloir si tu veux être en forme pour le mariage.

Merde à la fin… Ça faisait quoi ? Peut-être dix bonnes minutes que je n’y pensais plus.

J’ai promis à Louna d’être présent et d’assumer mon rôle de meilleur ami jusqu’au bout, même si je sais que ça sera sans aucun doute la pire épreuve de toute ma vie. Ouais, pire encore que tous les coups que j’ai pu prendre durant mon enfance.

Malgré tout, je sais que j’y arriverai. Pour elle. Parce que, si je suis bien sûr d’une chose, c’est que je souhaite la voir heureuse. Et d’une certaine façon, on peut dire que j’ai hâte qu’elle soit mariée. Je me dis que mes ardeurs se calmeront sûrement une fois qu’elle aura la bague au doigt. J’ai bien cru que j’allais craquer quand elle est venue me voir à l’hôpital, la semaine dernière. Quand son visage s’est posé sur la paume de ma main, mon cœur a failli sortir de ma poitrine tellement il battait vite. Et quand elle a longuement posé ses lèvres sur ma joue, là, c’était le summum. Je n’avais qu’une envie, l’attraper pour la coller à moi et l’embrasser comme un malade ! Mais je me suis retenu de toutes mes forces pour éviter de refaire une connerie. En réalité, je n’avais pas vraiment le choix, je venais de m’excuser et de lui promettre de redevenir son ami.

— Ça va aller ? me demande doucement Lilly en s’asseyant sur le bord du lit.

— Ouais.

— Léo…, dit Diego en s’asseyant à son tour.

Je les regarde l’un après l’autre.

— Vous allez également jouer aux psys, maintenant ?

Ils ne répondent pas. Diego croise les bras pendant que Lilly fronce les sourcils.

— Ça va aller, ne vous en faites pas. Au besoin, mes deux pots de colle seront là pour m’aider, non ?

Je tente de rire, mais ils me fixent tous les deux sérieusement.

— Tu ne comptes toujours pas lui dire ? demande Lilly.

Je soupire de désespoir. Combien de fois m’ont-ils posé cette foutue question, sérieusement ?

— Non. À quoi bon lui prendre la tête avec ça alors qu’elle s’apprête à réaliser son rêve ?

Mon amie hausse les épaules avant de répondre :

— C’est juste que… Si tu dois lui dire un jour, c’est maintenant. Après, ça sera trop tard.

— Tu devras te taire à jamais, ajoute Diego, tel un prêtre.

Mine de rien et malgré le sourire moqueur que j’arbore, ce qu’il vient de dire me retourne le bide.

— C’est mieux comme ça, faites-moi confiance, murmuré-je pourtant.

Ils ne peuvent pas comprendre, ils ne savent pas tout sur Lou, ils ne savent pas ce que j’ai lu ce soir-là dans sa chambre… Je secoue la tête avant que ces affreuses lignes ne pénètrent de nouveau mon cerveau.

— Écoutez, je… suis fatigué, je vais me reposer un peu.

Lilly hésite à me laisser mais je me rallonge et ferme les yeux pour leur montrer que je ne souhaite plus parler.

— Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit, dit-elle avant de quitter la chambre avec Diego.

Quelques secondes après, je sombre dans le sommeil.

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