Paris à la nage
Piscine Thérèse-et-Jeanne-Brulé
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PISCINE
T H É R È S E - E T - J E A N N E - B RU L É
1, place Édith-Thomas, 75014 Paris
P O U RQ U O I Y A L L E R ? Une piscine toute neuve, c’est un
événement. On est curieuses.
Sur le chemin, on rêvait de la piscine idéale, ajoutant de grandes
baies vitrées qui s’ouvriraient au printemps sur une pelouse où
l’on pourrait s’allonger après le bain, un distributeur de bois-
sons à l’entrée, et même une machine à jus d’oranges pressées
comme à la piscine Keller. Je me souvenais d’une piscine dans le
parc de Schönbrunn à Vienne en Autriche, où j’ai nagé un après-
midi d’avril. La piscine quasi vide, les grands arbres du parc se
reflétant dans le fond du bassin en aluminium. Ici, pas de parc,
mais la porte d’Orléans abandonnée aux voitures.
AV E C QU I ? Un nageur exigeant, mais pas perfectionniste. Thérèse-et-Jeanne-Brulé est presque parfaite. Le nageur exi-
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geant a regretté l’absence de cabines individuelles où laisser
ses affaires, l’escalier au carrelage glissant et a ressenti un
courant d’air froid. Pour le reste, elle est une de mes piscines
préférées (pour Marine, cela reste Pailleron). Elle est comme on
la rêvait, lumineuse, des baies vitrées, un solarium. Il y a deux
bassins, un pour s’amuser avec des jets d’eau et de l’eau plus
chaude, un autre pour nager avec des lignes bien sérieuses.
À QU E L M O M E N T D E L’A N N É E ? Un jour ensoleillé d’hiver pour profiter de la lumière qui se reflète dans l’aluminium du
bassin.
Un jour de printemps pour s’allonger dehors au soleil.
V E S T I A I R E S E T C A S I E R S Trois salles de vestiaires, c’est une bonne idée, les salles sont petites donc plus intimes. Les portes
se ferment facilement, il y a un banc pour poser ses affaires.
Les casiers sont à pièce. Certains sont petits, d’autres plus
grands, et s’il ne reste que des petits et que vous avez un gros
manteau, ce qui arrive l’hiver, bonne chance pour caser toutes
vos affaires. Cela me fait penser à notre salle de bains d’en-
fants avec une mini-baignoire comme si nous n’allions jamais
grandir. L’architecte a dû oublier qu’après l’été, l’hiver arrive
fatalement, on ne peut pas l’éviter et qu’il faudra bien ranger les
manteaux quelque part.
D O U C H E S On se déshabille en haut, on descend en maillot de bain le grand escalier un peu frais aux marches glissantes,
on arrive dans une petite salle de douche mixte avec un débit
léger et tiède.
QUA L I T É D E L’E AU Le fond en aluminium donne à l’eau une
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Elle est au milieu de
la Oui. porte d’Orléans,
donc facile en métro
ligne 4, en bus, en
vélo, en tram.
Constante sur toute la
longueur, 2 m. Parfait.
25 m x 20 m.
3,50 €
De jeunes gens sou-
riants passent et repassent armés de seaux d’eau, balais et
serpillères. Oui, c’est
propre. Merci à eux.
27 degrés dans le bas-
sin de nage, 28 dans
celui pour s’amuser.
Le très haut plafond
en métal blanc. J’aime
Le toit-solarium « végétalisé » comme on dit en
bien prendre le der-
langage professionnel, avec des arbustes en
nier couloir côté fenê-
pot. On peut s’allonger sur des chaises longues
tre, quand on tourne la
avec rien que le ciel au-dessus de sa tête. En-
tête, on reçoit le soleil,
fin, on devrait, à l’heure où j’écris, le solarium
les nuages, le ciel.
est fermé.
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clarté nouvelle, ce n’est pas la mer et ses algues, ce n’est pas
le bleu javellisé habituel, là il y a plus de vie.
Dans son Éloge de la nage publié chez Actes Sud en 2002, la philosophe Annie Leclerc écrit : « Nager en mer est tout brouillé
de songerie monstrueuse, nager s’y égare dans la plus con-
fuse métaphysique, nager se noie. Nager en piscine, quel sou-
lagement. C’est simple, c’est clair ; c’est juste nager. » Nager ici,
pour plagier Annie Leclerc, c’est simple, c’est clair, c’est bien.
N O M B R E D E CO U L O I R S D E N A G E Huit couloirs sauf que certains sont réservés en permanence à des associations donc
il n’en reste que quatre, bien pleins en fin d’après-midi et le
soir.
E N S O RTA N T Le terre-plein où est installée la piscine est
crade de canettes, papiers gras, il paraît abandonné par ceux
qui fréquentent ce lieu et par ceux qui sont chargés de le net-
toyer.
Ce n’est pas ici que vous aurez envie de manger votre sand-
wich sur un banc.
Deux solutions, à gauche vers Montrouge ou Gentilly ou à
droite, vers l’avenue du Général-Leclerc à Paris.
Si vous choisissez la gauche, à Montrouge, juste de l’autre côté
du périf, Yakigushi, un classique japonais, là depuis le e XX siè-
cle (1987) ou encore mieux, The Himalayan, comme son nom
l’indique un restaurant himalayen réputé. Nous sommes allées
en vélo jusqu’à la place Denfert-Rochereau pour acheter des
gougères à la très bonne boulangerie Moisan et prendre un
café rue Daguerre.
Yakigushi : 42, avenue Henri-Ginoux, 92120 Montrouge.
The Himalayan : 40, avenue Henri-Ginoux, 92120 Montrouge.