Paris à la nage
Piscine Jean-Taris
PA R I S 5 e
P A R I S 5 e
PISCINE
J E A N - TA R I S
16, rue Thouin, 75005 Paris
P O U RQ U O I Y A L L E R ? Située dans notre quartier d’enfance,
le V e arrondissement, c’est la piscine du Panthéon, du lycée Henri-IV et de la Sorbonne. Enfouie, pas clairement visible de
l’extérieur, il faut grimper pour la trouver. Elle est intime, close,
familiale. Pour nous, c’était revenir en arrière, à la maison, dans
un quartier qui ne change pas.
Nous nous sommes souvenues que nos parents et notre oncle
avaient fréquenté pendant un an la piscine Jean-Taris. Ils
étaient très fiers d’aller nager, cela s’est terminé par un dîner
dans un bon restaurant à la fin de leur année, et mystérieuse-
ment, ils n’ont pas rempilé à la rentrée de septembre.
AV E C QU I ? Un touriste blasé, car en sortant à droite, vous
tombez sur la rue de l’Estrapade où a été tournée la série Emily
J E A N - T A R I S
in Paris. Vous pouvez donc lui affirmer que, même s’il y a plein
de clichés dans cette série, Paris c’est aussi ça, une jolie place
et une terrasse de café.
À QU E L M O M E N T D E L’A N N É E ? À l’automne quand la baie
vitrée est ouverte sur les arbustes où pousse même un pa l-
mier. S’il n’y a pas trop de monde, choisissez le couloir le plus
proche de la verdure pour profiter de l’air et de la lumière,
sinon le bassin est assez sombre.
TA R I F 3,50 €. Le tarif des piscines de Paris est l’objet d’un
débat. La Cour des Comptes ne le trouve pas assez élevé. Mais
c’est un choix politique de la Ville, rendre la piscine accessi-
ble à tous en subventionnant l’entrée. Dès que vous passez le
périphérique, les prix augmentent d’au moins 30 % et parfois
doublent : un choc pour les Parisiens.
V E S T I A I R E S E T C A S I E R S Une pièce carrelée de jaune, un peu tristounette. Souvent un monsieur, jamais une dame, ne
comprend pas qu’il doit s’habiller et se déshabiller dans un des
vestiaires fermés par une porte. Il trouve cela plus pratique de
le faire devant son casier, se baladant en slip devant tout le
monde. C’est vrai qu’il doit marcher deux mètres du vestiaire
au casier pour poser ses affaires. Ce jour-là, il portait un slip en
coton détendu à rayures jaunes et rouges.
Les casiers à pièce de 1 sont de petite taille, donc pas pra €-tiques à utiliser l’hiver quand vous devez ranger un manteau et
de grosses chaussures.
D O U C H E S La salle est mixte sans possibilité de s’isoler.
Il y a bien une grande cabine à part, avec deux pommeaux de
P a r i s 5 e PA R I S 5 e
Un jour très fréquenté,
Il faut grimper en vélo
la propreté était mo-
ou à pied. Les stations
yenne dans l’escalier,
25 m x 15 m. de métro Monge et
les couloirs et le ves-
Cardinal-Lemoine sont
tiaire. Le personnel est
en bas de la butte du
sympathique, accueil-
Panthéon.
lant, mais pas à fond
De 1,30 m à 3 m.
sur le boulot.
6 dont un couloir réservé au crawl.
Oui. Propre et chlorée.
Un petit 26 degrés frisquet qu’on oublie vite en nageant vigou-
reusement.
La température est
Un petit bassin chauffé à 30 degrés pour ceux réglementée, la même qui n’enchaînent pas les couloirs. Une danseuse pour tous, entre 27 et y faisait ses exercices, deux dames discutaient, 28, mais parfois, elle un papa apprenait patiemment la brasse à sa glisse vers le bas ou fille. Bonne ambiance. vers le haut.
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douche, mais sans porte. Le carrelage est abîmé.
V U E QUA N D O N N A G E L E D O S C R AW L É Les plaques grises du plafond ne sont pas intéressantes et l’arrivée n’est
pas signalée par des fanions, mais seulement par un change-
ment de couleur des lignes. Le dos crawlé est donc à la limite
du dangereux. À côté de moi, une vigoureuse nageuse de dos
crawlé s’est cognée plusieurs fois contre le carrelage en arri-
vant en bout de ligne. À chaque fois, elle pestait et rigolait en
même temps, j’ai rigolé avec elle, car cela m’est arrivé aussi.
Mieux vaut se tourner vers le fond de la piscine et nager le crawl.
D’abord parce que le bassin est tout de suite profond (1,30 m au
départ) ce qui est très agréable, et que le carrelage blanc aux
rayures bleu vif est plus joli que les carrelages habituels.
E N S O RTA N T Nous sommes tombées sur un groupe de tou-ristes. C’est toujours une surprise de se rappeler que les rues
que l’on connaît, celles de notre vie quotidienne, faite d’ha-
bitudes anciennes – recherche de la boulangerie qui offrirait
la meilleure baguette, attente devant la porte du lycée où on
est allées retrouver un ami en seconde, café de sa bande, le
monde place du Panthéon le 10 mai 1981 –, sont aussi des lieux
visités et admirés. Ils sont présents dans tant de films et de
livres, de guides et d’imaginaires, qu’il faut donc les partager.
On l’accepte volontiers avec le sentiment agréable d’avoir eu
beaucoup de chance de grandir dans ce quartier.
Nous nous sommes posées au Café de la Nouvelle Mairie, rue
des Fossés-Saint-Jacques. C’est un chouette bistro dont la ter-
rasse accueille des gens du quartier et d’ailleurs.
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• Chez Mona : À dix minutes, un spot bien caché dans une ancienne
école primaire. Chez Mona et sa grande terrasse vous accueillent au
frais quand il fait chaud, au chaud quand il fait frais, à l’abri en cas
d’orage. Le lieu est ouvert du jeudi au dimanche et propose toute une
programmation de conférences et ateliers dédiés aux femmes et à leurs
projets. Il est tout à fait possible de simplement prendre un grand latte.
Chez Mona : 9, rue de Vaugirard, 75006 Paris.
D É B A T
Marine et moi ne sommes pas d’accord.
Pour elle, à la piscine, on est un « corps social », à la vue de
tous, pas sexué, les douches mixtes ne la gênent pas. Le regard
des autres ? Il n’a aucune importance.
Pour moi, il est difficile de gommer l’aspect sexuel de nos
corps. Je préfère les douches séparées pour me rincer tran-
quillement, sans regard appuyé et sans que l’intimité de mes
voisins déborde.
D O U C H E S M I X T E S ?
D O U C H E S M I X T E S ?
D O U C H E S M I X T E S ?