Paris à la nage

Colombe Schneck · Chapitre 3 sur 46

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Paris à la nage

Piscine Jean-Taris

PA R I S 5 e

 

P A R I S 5 e

 

PISCINE

 

J E A N - TA R I S

16, rue Thouin, 75005 Paris

 

P O U RQ U O I Y A L L E R ? Située dans notre quartier d’enfance,

le V e arrondissement, c’est la piscine du Panthéon, du lycée Henri-IV et de la Sorbonne. Enfouie, pas clairement visible de

l’extérieur, il faut grimper pour la trouver. Elle est intime, close,

familiale. Pour nous, c’était revenir en arrière, à la maison, dans

un quartier qui ne change pas.

Nous nous sommes souvenues que nos parents et notre oncle

avaient fréquenté pendant un an la piscine Jean-Taris. Ils

étaient très fiers d’aller nager, cela s’est terminé par un dîner

dans un bon restaurant à la fin de leur année, et mystérieuse-

ment, ils n’ont pas rempilé à la rentrée de septembre.

 

AV E C QU I ? Un touriste blasé, car en sortant à droite, vous

tombez sur la rue de l’Estrapade où a été tournée la série Emily

J E A N - T A R I S

 

in Paris. Vous pouvez donc lui affirmer que, même s’il y a plein

de clichés dans cette série, Paris c’est aussi ça, une jolie place

et une terrasse de café.

 

À QU E L M O M E N T D E L’A N N É E ? À l’automne quand la baie

vitrée est ouverte sur les arbustes où pousse même un pa l-

mier. S’il n’y a pas trop de monde, choisissez le couloir le plus

proche de la verdure pour profiter de l’air et de la lumière,

sinon le bassin est assez sombre.

 

TA R I F 3,50 €. Le tarif des piscines de Paris est l’objet d’un

débat. La Cour des Comptes ne le trouve pas assez élevé. Mais

c’est un choix politique de la Ville, rendre la piscine accessi-

ble à tous en subventionnant l’entrée. Dès que vous passez le

périphérique, les prix augmentent d’au moins 30 % et parfois

doublent : un choc pour les Parisiens.

 

V E S T I A I R E S E T C A S I E R S Une pièce carrelée de jaune, un peu tristounette. Souvent un monsieur, jamais une dame, ne

comprend pas qu’il doit s’habiller et se déshabiller dans un des

vestiaires fermés par une porte. Il trouve cela plus pratique de

le faire devant son casier, se baladant en slip devant tout le

monde. C’est vrai qu’il doit marcher deux mètres du vestiaire

au casier pour poser ses affaires. Ce jour-là, il portait un slip en

coton détendu à rayures jaunes et rouges.

Les casiers à pièce de 1 sont de petite taille, donc pas pra €-tiques à utiliser l’hiver quand vous devez ranger un manteau et

de grosses chaussures.

 

D O U C H E S La salle est mixte sans possibilité de s’isoler.

Il y a bien une grande cabine à part, avec deux pommeaux de

P a r i s 5 e PA R I S 5 e

 

Un jour très fréquenté,

Il faut grimper en vélo

la propreté était mo-

ou à pied. Les stations

yenne dans l’escalier,

25 m x 15 m. de métro Monge et

les couloirs et le ves-

Cardinal-Lemoine sont

tiaire. Le personnel est

en bas de la butte du

sympathique, accueil-

Panthéon.

lant, mais pas à fond

De 1,30 m à 3 m.

sur le boulot.

 

6 dont un couloir réservé au crawl.

 

Oui. Propre et chlorée.

 

Un petit 26 degrés frisquet qu’on oublie vite en nageant vigou-

reusement.

La température est

Un petit bassin chauffé à 30 degrés pour ceux réglementée, la même qui n’enchaînent pas les couloirs. Une danseuse pour tous, entre 27 et y faisait ses exercices, deux dames discutaient, 28, mais parfois, elle un papa apprenait patiemment la brasse à sa glisse vers le bas ou fille. Bonne ambiance. vers le haut.

J E A N TA R I S

 

douche, mais sans porte. Le carrelage est abîmé.

 

V U E QUA N D O N N A G E L E D O S C R AW L É Les plaques grises du plafond ne sont pas intéressantes et l’arrivée n’est

pas signalée par des fanions, mais seulement par un change-

ment de couleur des lignes. Le dos crawlé est donc à la limite

du dangereux. À côté de moi, une vigoureuse nageuse de dos

crawlé s’est cognée plusieurs fois contre le carrelage en arri-

vant en bout de ligne. À chaque fois, elle pestait et rigolait en

même temps, j’ai rigolé avec elle, car cela m’est arrivé aussi.

Mieux vaut se tourner vers le fond de la piscine et nager le crawl.

D’abord parce que le bassin est tout de suite profond (1,30 m au

départ) ce qui est très agréable, et que le carrelage blanc aux

rayures bleu vif est plus joli que les carrelages habituels.

 

E N S O RTA N T Nous sommes tombées sur un groupe de tou-ristes. C’est toujours une surprise de se rappeler que les rues

que l’on connaît, celles de notre vie quotidienne, faite d’ha-

bitudes anciennes – recherche de la boulangerie qui offrirait

la meilleure baguette, attente devant la porte du lycée où on

est allées retrouver un ami en seconde, café de sa bande, le

monde place du Panthéon le 10 mai 1981 –, sont aussi des lieux

visités et admirés. Ils sont présents dans tant de films et de

livres, de guides et d’imaginaires, qu’il faut donc les partager.

On l’accepte volontiers avec le sentiment agréable d’avoir eu

beaucoup de chance de grandir dans ce quartier.

Nous nous sommes posées au Café de la Nouvelle Mairie, rue

des Fossés-Saint-Jacques. C’est un chouette bistro dont la ter-

rasse accueille des gens du quartier et d’ailleurs.

PA R I S 5 e

 

• Chez Mona : À dix minutes, un spot bien caché dans une ancienne

école primaire. Chez Mona et sa grande terrasse vous accueillent au

frais quand il fait chaud, au chaud quand il fait frais, à l’abri en cas

d’orage. Le lieu est ouvert du jeudi au dimanche et propose toute une

programmation de conférences et ateliers dédiés aux femmes et à leurs

projets. Il est tout à fait possible de simplement prendre un grand latte.

Chez Mona : 9, rue de Vaugirard, 75006 Paris.

D É B A T

 

Marine et moi ne sommes pas d’accord.

Pour elle, à la piscine, on est un « corps social », à la vue de

tous, pas sexué, les douches mixtes ne la gênent pas. Le regard

des autres ? Il n’a aucune importance.

Pour moi, il est difficile de gommer l’aspect sexuel de nos

corps. Je préfère les douches séparées pour me rincer tran-

quillement, sans regard appuyé et sans que l’intimité de mes

voisins déborde.

D O U C H E S M I X T E S ?

D O U C H E S M I X T E S ?

D O U C H E S M I X T E S ?