Paris à la nage
Piscine Alfred-Nakache
PA R I S 2 0 e
P A R I S 2 0 e
PISCINE
A L F R E D - N A K AC H E
4, rue Dénoyez, 75020 Paris
P O U RQ U O I Y A L L E R ? Cette piscine de Belleville permet de faire d’une pierre deux coups. Belleville et nager, nager et Bel-
leville. Je me souviens d’un soir d’été dans les années 80, avec
notre père, d’un sandwich tunisien, pain frit, thon, tomate, œuf
dur, le tout qui déborde, je me souviens de l’avoir mangé assise
sur une chaise en plastique sur le boulevard, de la chaleur
poussiéreuse, de musique à la radio. À l’époque, il n’y avait pas
de piscine ici.
La piscine Alfred-Nakache est belle, elle est moderne, elle est
jaune, elle est en alu, bref, elle est fraîche. Elle est la parfaite
piscine d’un soir d’été en ville.
D’ailleurs, elle a été conçue par l’architecte Patrick Berger dont
le projet était de dessiner une piscine à l’allure d’un trait, afin de
pouvoir nager à la hauteur de la rue, et créer ainsi une véritable
« natation en ville ».
A L F R E D - N A K A C H E
AV E C QU I ? Quelqu’un qui accepte l’embourgeoisement des
quartiers populaires, qui s’enthousiasme devant ce qui reste
de la mixité sociale, sans se lamenter à l’idée que le quartier
perd son âme, qu’à une époque musulmans et juifs vivaient
ici ensemble, que maintenant ce n’est plus ça, chacun est
repoussé dans son coin. Chacun est dans son café, peut-être,
mais dans le bassin, on retrouve tout le monde.
À QU E L M O M E N T D E L’A N N É E ? De grandes baies sur l’ex-
térieur, rue et jardin, une journée ensoleillée d’hiver.
Ou un plein été de canicule pour la fraîcheur et le voyage.
V E S T I A I R E S E T C A S I E R S De longs et étroits couloirs, un peu
trop beiges à mon goût, des cabines de bonnes taille.
Casiers à code juste en face des vestiaires.
D O U C H E S Une pièce mixte, dont l’agrément est une sépara-tion en deux par de blanches étagères pour poser ses affaires,
très utile.
Et aussi, des fontaines à eau, pour boire (ce qui devrait être
installé partout, on ne les a vues qu’ici). Encore que, on peut
boire de l’eau au robinet.
N O M B R E D E CO U L O I R S D E N A G E Cinq couloirs et beau-coup de monde. Dans ce cas, je regarde le nombre de personnes
dans la ligne. S’il y a plus de trois personnes dans une ligne de
25 mètres, j’ai l’impression d’être serrée, ce n’est pas agréable.
Il faut doubler ou on se fait doubler, il y a des pieds devant vous.
Ce jour-là, six personnes par ligne, des lents, des bruyants, des
qui nagent au milieu. Il y a une ligne réservée « avec matériel »
pleine de nageurs sans matériel. Si je renonçais ? Trop de
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3,50 €
À 2 min à pied du
métro Belleville.
27 degrés pour le grand bassin, 28 de-
grés pour le petit.
Oui.
Deux bassins.
Le grand mesure 25 m x 12,50 m.
Profondeur de 1,30 m Acide sulfurique. à 2 m.
Le petit mesure 12,50 m x 6 m.
Profondeur minimale
0,70 m.
Des lignes blanches.
Impeccable.
Le paradis des petits enfants, avec une
pataugeoire et une eau bien chaude, un bassin
pour s’amuser, des jets massants, un accès
l’été à un petit jardin.
A L F R E D - N A K A C H E
monde, pas envie, j’hésite, je compte encore les nageurs.
À chaque fois, sans m’en rendre compte, il y a un moment où
la ligne se vide, et je suis contente de m’être forcée.
E N S O RTA N T Juste en face, il y a une boulangerie bobo,
c’est bon, c’est cher, il y a très peu de choix (des cookies
chocolat-sésame, des Esquimaux au café au lait, du pain super
complet), j’ai envie de tout goûter.
À droite, se trouve Le Grand Bain, bistro chaudement recom-
mandé par un ami du quartier. Marine se méfie un peu de ce
genre de restau dont elle connaît l’histoire. Un ancien d’un grand
chef qui ouvre son bistro, propose des tapas rutabaga-œufs de
hareng à 6 €, il faut en prendre six pour ne plus avoir faim. Délicieux, mais on se retrouve avec une addition géante et l’im-
pression de ne pas avoir été nourri.
Sur le boulevard de Belleville, il y a L’Épicerie, une épicerie
orientale, ou la boucherie casher Henrino, qui propose des gril-
lades et le célèbre sandwich tunisien en terrasse.
• Paloma : L’une est cuisinière, l’autre est ébéniste et ensemble, Marie-
Ana et Olivia ont créé Paloma. Une cuisine de marché, végétarienne si on
veut mais pas obligé et un menu du midi à 15 € qui donne envie d’habiter
dans le quartier.
Paloma : 93, rue Julien-Lacroix, 75020 Paris.
• Capitale : Un peu plus loin mais c’est vraiment bien.
Déjà à la tête du bar Combat sur les hauteurs de Belleville, Margot Le-
carpentier étend son royaume à deux pas des Buttes-Chaumont, où elle
a ouvert un coffee shop-eaterie. Le concept de coffee shop-eaterie ?
« Il n’y en a pas ! », rigole Margot. Pas de latte art à l’horizon mais des
cocktails à base de chicorée ou de café filtre, avec ou sans alcool, et des
vières, mix entre vin et bières.
Capitale : 10, rue Pradier, 75019 Paris.