Paris à la nage
Piscine Jacqueline-Auriol
PA R I S 8 e
P A R I S 8 e
PISCINE
J AC QU E L I N E - AU R I O L
Allée Louis-de-Funès, 75008 Paris
P O U RQ U O I Y A L L E R ? Ce pourrait être à Copenhague, à
Londres, à Milan, dans un de ces nouveaux quartiers contem-
porains tout d’acier, de bois, de lumière, riche de centres de
yoga, de salons de thé avec cake au thé matcha, granola et jus
de fruits fraîchement pressés, jardins plantés de verveine et de
lavande. Le résultat d’une réflexion sur le rapport à l’espace, la
modernité, l’urbanité, le futur. On ne sait pas très bien où on
est, mais c’est bien, c’est beau, c’est luxueux ; il y a du monde,
les gens sont contents et en plus la piscine est réussie.
La vue d’en haut à l’accueil permet de regarder les nageurs. On
peut s’amuser à exercer son talent de profileur ou de menta-
liste. C’est fascinant comme un bras brutal qui tape dans l’eau,
un autre qui hésite en plein flou, des jambes agitées vous don-
nent des indications sur la psychologie des gens.
J A C Q U E L I N E - A U R I O L
AV E C Q U I ? Un jeune couple. Ils ont 30 ans, veulent un enfant,
s’installer dans un appartement lumineux avec un balcon. En
bas de chez eux, il y aurait une crèche bilingue, un cours de
yoga, une école et un mur d’escalade.
À QU E L M O M E N T D E L’A N N É E ? Toute l’année, sauf un
mercredi de juin, trop de jeunes pères ou de jeunes mères
parfaits avec enfants qui crient, car seuls les enfants refusent
d’être parfaits.
AC C È S À quinze minutes à pied du métro Miromesnil. Une
piscine sans station de métro proche et dont l’entrée n’est pas
facile à trouver. En face du 54, rue de Courcelles, une voie
paraît privée, l’allée Louis-de-Funès, où se trouve la piscine.
Ou par le 208, rue du Faubourg-Saint-Honoré, derrière l’hôtel
de Beaujon, un hôtel particulier, ancien orphelinat, transformé
en centre d’animation de la Ville de Paris.
V E S T I A I R E S E T C A S I E R S Les vestiaires sont blancs et
grands. Les casiers sont à code. Mais bizarrement dans ce lieu
parfait, nombre d’entre eux sont en panne. Que se passe-t-il ?
D O U C H E S Des douches comme à la plage, avec un jet haut pour les grands, un jet plus bas pour les petits. Elles sont placées
face au bassin, sans mur, sans protection, sans pudeur.
Elles sont l’application du principe « douches ouvertes » établi
par la mairie. Marine apprécie : « Ici, on est des corps nag-
eants ». Ni sexués, ni genrés, ni identifiés, ni poilus ou gras,
juste nageants. On se rince sous ces douches ouvertes, on ne
vient pas se faire beau.
Les toilettes sont dans ce même espace, et là, on a peut-être un
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3,50 €
Pour le grand bassin :
Oui.
25 m x 12,5 m.
Profondeur de 1,10 m à
2,05 m.
Le petit bassin mesure
12 m x 10 m pour une
profondeur de 70 cm
à 1 m.
Affichée à 27 degrés
dans le grand bassin,
Ça va.
elle paraît plus fraîche.
Comme partout, il y a
Aucune odeur de
31 degrés dans le petit
des hauts et des bas.
chlore grâce au net-
bassin.
toyage à l’ozone.
La cuve en inox pro-
cure un sentiment
6 dont un réservé au crawl et au dos crawlé,
de clarté, une rivière
très pris à l’heure du déjeuner, dans un quartier
coulant parmi les
où l’on travaille et où l’on profite de ce moment
roches en montagne.
pour faire du sport.
Les jets d’eau, une banquette dans l’eau,
un lit massant, et des buses pour la nage à
contre-courant dans le petit bassin.
Les mini-jets sous les pieds dans le grand bassin.
L’accès à une sorte de jardin-solarium pour se
sécher.
Les grandes baies vitrées plein sud. J’ai l’im-
pression d’écrire comme un agent immobilier,
mais c’est l’effet de la piscine et du quartier,
être en pleine promotion immobilière.
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doute, encore que. Aller faire pipi juste avant de plonger est un
réflexe indispensable. Si on a oublié, il est parfois contraignant de
sortir de l’eau, longer un couloir, monter un escalier pour trouver
les toilettes. Ici, elles sont devant vous quand vous nagez.
V U E QUA N D O N N A G E L E D O S C R AW L É Du blanc en haut,
de la lumière sur les deux côtés.
E N S O RTA N T Dans ce microquartier moderne, un espace salon de thé et salle de yoga aux couleurs pastel (Petite Forêt,
10, rue Laure-Diebold) propose bien sûr des granolas et des
bols d’açaï, mais on ne l’a pas testé.
Vers la rue de Courcelles et de Lisbonne, tous les mètres, il y
a des endroits pour le déjeuner destinés aux gens pressés, un
festival de poke bowl, de banh mi, de steak tartare-frites ou de
sushis, qui portent des noms en jeux de mots mignons.
On a choisi Mersea, un fish and chips retravaillé par un jeune chef.
À notre grande surprise, c’était délicieux. Plus tard, nous avons
appris qu’il y a plusieurs Mersea dans Paris, c’est un concept
autour du « poisson autrement » et de la « street food de la
mer ». On imagine que cela a demandé de la réflexion et beau-
coup de marketing.
Mersea : 216, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.
• Ouvert en 1868, Le Valois était une brasserie parisienne ambiance
Romy-Schneider-va-débarquer. Depuis quelques années, le lieu s’est
refait une beauté et en a profité pour ouvrir un petit corner de cuisine sur
le pouce. On prend une salade ou un hot dog (oui, on a beaucoup nagé)
avant de traverser la rue et de se retrouver au coeur du parc Monceau.
Le Valois : 1, place Rio-de-Janeiro, 75008 Paris.