Pentagone: Magie, traque et malentendus (French Edition)
Chapitre 12
†
— Écoute-moi bien, mon garçon. Écoute-moi bien.
Cela faisait plus d’une semaine que nous étions rentrés de l’Arbre, que je tentais de tirer davantage d’informations du maigre dossier du Persécuteur et que j’épluchais des ouvrages historiques pour y dénicher la signification des dates inconnues ; sans succès. Jolag, présent aujourd’hui chez Morjiane pour enseigner à Celian le sortilège d’effacement et de restitution mnésique, m’avait porté un nouveau livre que je décortiquais pendant que mon meilleur ami essayait de m’effacer le souvenir de mon petit déjeuner. D’ailleurs, il venait, après des heures d’efforts et pour la première fois, de réussir l’exploit. Mais Jolag ne semblait pas convaincu :
— Ce n’est pas assez souple, le réprimanda-t-il avec un signe de l’index. Et si ce n’est pas assez souple…
— Le sortilège ne marchera pas, je sais, soupira Celian.
— Pire. Il te donnera l’illusion d’avoir marché. Ta cible oubliera le souvenir, mais n’importe quel sorcier plus expérimenté que toi pourra annuler l’opération avec un sortilège de restitution. Rends-lui son souvenir et réessaie.
Je jetai un coup d’œil amusé à Celian, rouge de concentration. Je le laissai là à ses problèmes, bien satisfait des miens, et en revins à mes dates mystères. Je tournai une nouvelle page du livre, un peu plus dépité à chaque ligne, et, après quelques minutes, l’image d’un fabuleux pain au chocolat ressurgit dans ma mémoire.
— Ah ! m’écriai-je, ravi. Je me souviens, maintenant. Il était excellent.
— Tu vas l’oublier très vite, me prévint Celian.
— Si tu le dis.
— Souple, souple, rappela Jolag.
Abandonnant à nouveau Celian à sa bataille, je retournai à la section de mon ouvrage censée lister les grands évènements de la communauté des sorciers mais qui n’avait pas levé le voile sur ne serait-ce qu’une seule de mes dates inconnues. Je soupirai, de plus en plus inquiet. Comment allais-je bien pouvoir avancer dans l’enquête ?
— Val ! m’interpella Celian après une bonne vingtaine de minutes. Qu’est-ce que tu as mangé, ce matin ?
— Qu’est-ce que j’ai mangé ? Facile ! C’était…
Je bloquai, fronçai les sourcils et eus un mouvement de recul. Celian fit un geste de victoire au moment où Morjiane réapparaissait dans son salon. Il bondit en arrière.
— Qu’est-ce que tu as réussi ? l’interrogea-t-elle, l’air supérieur.
— À effacer le souvenir de…
Il n’alla pas plus loin, sûrement parce que cela ne faisait pas assez classe.
— Tu as déjà terminé tes cours ? préféra-t-il demander.
— Non, mais mes élèves s’ennuient. On ne peut que les comprendre. Je viens chercher de quoi les occuper.
À ces mots, elle s’approcha de la première armoire, saisit une pile de papiers colorés et disparut.
— Reprenons, décida Jolag.
Et ainsi se déroula notre après-midi. Celian s’amusait avec ma mémoire pendant une heure, passait en coup de vent à l’université pour camoufler nos absences, revenait, recommençait, pendant que je décortiquais un bouquin qui n’avait rien d’autre à m’apporter que des maux de tête. Jolag, lui, dirigeait Celian tel un chef d’orchestre :
— Plus souple ! Sens-le ! Encore, mon petit, réessaie !
Ce ne fut qu’en début de soirée que les progrès de Celian furent suffisants pour laisser entrevoir une belle issue à la journée. Morjiane était rentrée du travail depuis un moment et l’observait avec beaucoup d’attention.
— Bien, décréta Jolag. À présent, Celian, nous allons vérifier que le sortilège est acquis. Choisis un nouveau souvenir de Valentin, et efface-le-lui.
Je n’eus pas le temps de répliquer que mon meilleur ami leva sa baguette, le visage crispé de concentration.
— C’est fait, annonça-t-il très vite.
— Tu aurais pu prévenir ! m’énervai-je sous le coup de l’inquiétude. C’est quoi, le souvenir que tu m’as enlevé ?
— Raconte-moi notre rencontre.
— Notre rencontre ? bredouillai-je, honteux de ne rien trouver dans ma mémoire à ce propos. C’était… c’était, euh, il y a longtemps, et ce fut le début d’une belle amitié…
Un large sourire fendit le visage de Celian :
— J’ai réussi ! Tu as vu, Jolag ? J’ai réussi !
— Il semble en effet que ce soit un succès, mon grand. Mais nous allons le vérifier. Je vais lancer un sortilège de restitution à Valentin. Si je parviens à faire remonter le souvenir de votre rencontre, alors ton sortilège d’effacement aura été raté. Es-tu prêt ?
— Ça ne serait pas plutôt à moi que vous devriez poser la question ? m’outrai-je, les mains sur la taille.
Jolag m’ignora et brandit sa baguette. Mon coup de foudre amical pour Celian surgit aussitôt dans ma mémoire, riche de détails et de rires. Je m’apprêtais à signaler son échec à mon frère de cœur quand soudain une nouvelle image me revint : celle d’une jeune fille, blond polaire, les cheveux lisses, le visage maculé de larmes, me tendant de la nourriture et de l’eau avant de me jeter un sort. Très vite, ce souvenir fut remplacé par un autre ; des figures hautes, noires, refusaient de me dire où se trouvait ma famille biologique et me laissaient pour mort dans ma maison d’enfance.
Mais cela ne s’arrêta pas là, car soudain des cris surgirent, des cris que je connaissais bien ; ceux de mes parents lors de leur chute dans le ravin qui leur avait coûté la vie. Mais cette fois, je n’avais pas que les cris. J’avais des vestiges d’images avec ces mêmes gens vêtus de noir, des baguettes à la main, puis ma mère, agenouillée, en larmes, qui hurlait que les inconnus venaient de tuer son fils, et enfin mon père, debout, d’une pâleur effroyable. Puis je voyais mes parents s’effondrer à leur tour, non pas dans le ravin, mais au sol, dans ma maison d’enfance, la maison dont j’avais hérité. Je les voyais mourir. Je les voyais se faire assassiner.
Une vague de terreur s’empara de moi.
— Ma famille, m’étranglai-je en tombant en arrière.
Morjiane et Celian échangèrent un regard surpris ; Jolag, lui, me dévisagea.
— Tu t’es souvenu de quelque chose ? chuchota-t-il d’une voix blanche.
Je tentai de prononcer un mot mais en fus incapable. Celian se remit en mouvement d’un coup et s’agenouilla devant moi :
— Val, ça va ?
Je gémis, transpercé par les cris de mes parents que j’avais passé ma vie à mal interpréter.
— Ils ont été…
Je m’arrêtai.
— Qui, ils ? m’encouragea Morjiane en s’approchant à son tour.
— Ma famille biologique. Mon frère, mes parents. J’ai des souvenirs qui me sont remontés.
Jolag s’assit, le visage défait.
— Valentin a été victime d’un sortilège d’effacement, prononça-t-il.
— Quoi ? bredouilla Morjiane, les yeux exorbités.
— Valentin a été victime d’un sortilège d’effacement, répéta Jolag. Un sortilège mal exécuté que j’ai annulé sans le vouloir.
— Tu te rappelles de quoi, Val ? me pressa Celian.
Je déglutis et tentai de remettre les choses dans l’ordre :
— Je me suis d’abord souvenu de notre rencontre, mais ensuite…
Ma gorge se noua.
— C’était la nuit, dans la maison de la forêt. Une adolescente était là, elle pleurait. Elle m’a donné de l’eau et de la nourriture et elle m’a jeté un sort.
— Une adolescente ?
— Elle était blond polaire, les cheveux mi-longs et lisses.
Mes trois amis se raidirent.
— C’était une Régisseuse ? lâcha Celian.
— Je ne sais pas, bafouillai-je.
— Réfléchis, mon garçon, m’encouragea Jolag. Cette jeune femme ressemblait-elle à un membre du Pentagone ?
Je me sentis rapetisser :
— Aucune idée.
— Est-ce que ça pourrait l’être ? insista Morjiane.
— Je suppose que oui, admis-je sans trop savoir quoi faire de cette information.
Ils échangèrent un nouveau regard.
— S’il s’agit d’une Régisseuse du Pentagone actuel, c’était soit Arwen, soit Ariana, soit Arkya, murmura Morjiane.
— Peux-tu dater ce souvenir ? me demanda Jolag en se retournant vers moi.
Je m’efforçai à retrouver mes esprits :
— C’était dans ma maison d’enfance, donc avant 2005. Impossible d’être plus précis.
— Alors ce n’est pas Arkya. Elle est née en 1995. On parle d’une adolescente, pas d’une petite fille.
— Ariana et Arwen sont de quelles années, déjà ? lança Morjiane à son grand-père.
— 1984 pour Arwen. Elle était une grande adolescente ou une jeune adulte avant 2005. Ariana, elle, est née en 1989. Elle était bien adolescente à l’époque.
— Alors, Val ? me poussa Celian. Plutôt Ariana ou Arwen ?
Aux cris de mes parents se substitua le souvenir de ma visite au Tribunal et du cadavre d’Ariana dans son cercueil.
— Ariana, dis-je simplement.
Celian et Morjiane se laissèrent tomber dans leurs poufs.
— Ariana est venue te voir quand tu étais enfant, prononça Celian avec lenteur. Pour te donner de l’eau et de la nourriture. Et elle pleurait.
— Ce n’est pas le seul souvenir, murmurai-je en tremblant. Il y avait des silhouettes noires qui parlaient autour de moi. Elles refusaient de me dire où était ma famille.
— Ta famille ? Quelle famille ?
— Biologique.
Jolag et Celian échangèrent un regard consterné ; Morjiane, à l’inverse, ne dévia pas son attention de moi.
— Il y a autre chose, détecta-t-elle.
Une vague de larmes me monta instantanément.
— Qu’est-ce qui s’est passé, Val ? s’inquiéta Celian en revenant s’agenouiller face à moi.
Mes sanglots redoublèrent. Mon meilleur ami saisit mes mains.
— Prends ton temps, me chuchota-t-il.
Je restai silencieux.
— C’était où ? m’aida Morjiane.
— À l’intérieur de la maison aussi. Quand…
Mon ventre se tordit :
— Quand mes parents et mon frère biologiques sont morts.
Celian fronça les sourcils :
— Mais ils ne sont pas morts dans la maison ! Ils ont chuté dans le ravin !
— Ils ont été assassinés. Dans la maison.
Celian en retomba en arrière et finit en tailleur juste devant moi.
— Comment c’est possible ? murmura-t-il d’une voix éteinte.
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire de ravin ? intervint Jolag.
— Il y en a un à côté de la maison familiale, expliquai-je avec peine. Il est connu pour sa dangerosité car il fait de nombreuses victimes parmi les promeneurs des alentours. On retrouve régulièrement des corps plus bas dans le cours d’eau.
Je fixai le sol :
— J’ai toujours cru que mes parents et mon frère étaient décédés d’une chute mortelle dans ce ravin. Alors qu’ils ont été assassinés.
— Mais par qui ? balbutia Morjiane. Quand ? Comment ? Pourquoi ?
Je m’avachis encore davantage et Morjiane s’empressa de me faire apparaître une tasse de thé. Je la remerciai d’un geste mais la posai sur la table sans y toucher.
— De quoi te souviens-tu exactement ? me demanda Jolag dans ce mélange de choc et de compassion.
— Les hommes en noir dont je vous parlais juste avant. Ma mère leur a crié qu’ils avaient tué mon frère. Et ensuite, mes parents se sont écroulés par terre, dans le salon de ma maison d’enfance.
— Ça explique tout, lâcha Celian. Quand on est allés visiter les lieux, j’ai ressenti une forte présence magique sur place. Ça confirme aussi qu’un de tes deux parents était sorcier.
Je ne répondis pas et revis ma vie défiler. Je revis ma famille adoptive, aimante, tendre, pétillante. Je revis nos souvenirs respirant le bonheur. Et je me confrontai au fait que ces moments n’auraient jamais dû exister et avaient découlé d’un triple assassinat.
— Pourquoi ? pleurai-je enfin.
Mes trois amis me fixèrent avec un regard de pitié.
— Il va falloir tirer cette histoire au clair ! articula Morjiane avec fougue tandis que Celian posait sa main sur mon épaule. Qui s’en est pris à ta famille, et pourquoi ? Si c’est bien Ariana qui t’a rendu visite, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Était-ce la même nuit ?
— Qui a effacé les souvenirs de Valentin, aussi ! intervint Celian en se relevant. Ariana, peut-être ?
— Ça expliquerait que le sortilège ait mal été réalisé, admit Jolag. L’effacement est un sortilège de magie noire complexe. Malgré ses entraînements, Ariana était jeune, à l’époque, et sûrement pas assez exercée. Mais on ne peut avoir aucune certitude.
— C’était forcément elle, murmurai-je. Elle a dit qu’il fallait que j’oublie tout ce qu’il s’était passé avant de lever sa baguette pour me jeter un sort.
— Je n’arrive pas à y croire, souffla Celian en secouant la tête.
Les larmes me remontèrent aussitôt :
— Pourquoi on m’a menti ? hoquetai-je, les yeux brûlants. Pourquoi on m’a dit que mes proches étaient morts dans le ravin ?
— Ce n’est pas difficile à comprendre, lâcha Morjiane. Des monstres les ont assassinés puis ont balancé les cadavres dedans. Les corps ont été retrouvés, et voilà.
Aussi terrible que cela puisse paraître, cela me soulagea presque. Mes parents adoptifs, au moins, ne m’avaient pas menti. Eux aussi avaient été bernés. Enfin, si Morjiane visait juste.
— Mais qui ça peut être ? insista Celian. Qui a bien pu leur en vouloir ?
— On ne comprendra pas sans en savoir davantage sur la famille biologique de Valentin, énonça Jolag avec fermeté. Ce n’est qu’avec ces informations qu’on trouvera qui étaient leurs ennemis.
— Tu n’as vu aucun visage, tu es sûr ? me pressa Morjiane.
Je secouai la tête. Celian ne cacha pas sa déception, mais, très vite, sa détermination reprit le dessus :
— On va découvrir la vérité, Val, je te le promets.
— Comment ? Je me prends tout ça dans la figure par hasard ! Quel autre élément capital va encore nous tomber dessus, là, sans prévenir ?
Celian resta immobile quelques secondes avant de fuir mon regard.
— Écoute, Val, il faut que je te dise quelque chose. Le jour où on a visité ta maison, à ta majorité, au moment où on est montés dans la voiture pour repartir…
Il serra les dents.
— Arkya est arrivée chez toi.
Mon cou s’allongea en avant.
— Quoi ? bredouillai-je.
— Je n’ai jamais compris ce qu’elle faisait là. Par chance, elle ne nous a pas repérés car elle est apparue directement devant la porte de la maison. Elle a essayé d’entrer mais n’a pas réussi, ce que j’ai trouvé étrange — on n’arrête pas une sorcière de son rang comme ça.
— Mais comment c’est possible que je n’aie rien vu ?
— Je t’ai désorienté.
Ma mâchoire tomba. Je n’en croyais pas mes oreilles.
— J’ai tout de suite reconnu notre nouvelle Régisseuse de la Justice, mais je pensais à l’époque que tu étais un Sans-Pouvoirs, raconta mon ami. Je n’ai pas eu le choix, Val. Je devais respecter la Loi de Préservation et m’assurer que tu ne découvres pas l’existence de la magie. J’ai ensuite utilisé un sortilège de silence pour démarrer sans qu’Arkya entende quoi que ce soit.
Il détourna les yeux :
— J’ai essayé de comprendre pourquoi elle est venue, précisément ce jour-là. La seule explication que j’ai trouvée, c’est qu’elle a dû apprendre quelque chose quand elle a pris ses fonctions de Régisseuse le mois d’avant. Mais ça reste vague, et ça ne dit pas pourquoi on a pu entrer dans la maison et pas elle.
— Il y avait peut-être une barrière magique pour bloquer les membres du Pentagone, proposa Jolag.
— C’est ma théorie.
Personne n’ajouta quoi que ce soit.
— J’aurais apprécié que tu m’en parles avant, murmurai-je à retardement, empli d’un étrange sentiment de honte. Ça fait beaucoup d’un coup.
Et à nouveau, ma voix se brisa et mes larmes montèrent.
— Je suis désolé, Val, soupira Celian en affrontant enfin mon regard.
— On ne va pas accepter une situation pareille ! s’emporta Morjiane. C’est quoi cet acharnement contre une famille ? C’est aberrant ! Il faut qu’on aille fouiller la maison de la forêt, Valentin !
— C’est hors de question, l’arrêta Jolag d’un ton soudain sévère. Je vous rappelle qu’Ariana, et maintenant Arkya, se sont rendues dans cette maison. On ne peut qu’interroger l’implication du Pentagone dans cette affaire. Sans compter qu’un Régisseur risque d’être assassiné le 29. La prudence doit être notre mot d’ordre.
Le sérieux de Jolag me réconforta. Il avait la situation en main. Mais Morjiane, elle, était consternée :
— Alors quoi ? s’énerva-t-elle. On reste là sans rien faire ?
— Sans rien faire de visible, la corrigea Jolag. De nombreux points sont à éclaircir, à commencer par la famille biologique de Valentin. Pour ça, il n’est pas nécessaire d’entreprendre une nouvelle mission à l’Arbre ou dans un lieu régi par le Pentagone. As-tu déjà tenu ton dossier d’adoption, Valentin ? ajouta-t-il avec douceur en se tournant vers moi.
Je secouai la tête :
— Jamais. Tout ce que je sais, c’est que j’ai passé un moment dans un orphelinat avant d’être accueilli par ma famille adoptive, qui m’a juste dit que mes parents et mon frère étaient morts dans le ravin sans aucun autre détail.
— Alors il faut commencer par là, mon garçon. Retourne en secret chez tes parents adoptifs, trouve ce dossier, et Celian t’en fera une copie comme pour celui du Persécuteur. Dans tous les cas, je vous interdis formellement, avec toute ma tendresse et mon expérience, de défier le Pentagone d’une manière ou d’une autre avant le 29.
Jolag se leva :
— Celian, mon petit, nous reprendrons nos entraînements plus tard. Tu peux continuer à t’exercer sur Valentin s’il l’accepte. Plus aucun souvenir ne pourra remonter après mon sortilège de restitution.
Il nous sourit à tous.
— Reposez-vous, mes enfants.
Et il disparut.
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