Pentagone: Magie, traque et malentendus (French Edition)
Chapitre 18
†
Le halo cérémonial s’évanouit, les épines disparurent et mes amis retrouvèrent leurs tenues habituelles.
— On s’en va ! paniqua Celian. Réunis quelques affaires, Val. Vite !
— Comment ça, vous partez ? s’écria Morjiane. Où ça ?
— N’importe où, mais loin d’ici ! Val, dépêche-toi !
Je sortis de ma transe et me mis en mouvement, pourtant bien d’accord avec Morjiane. Partir où ? Et pourquoi ?
— Celian, mon garçon, calme-toi, énonça Jolag avec des gestes des deux mains.
— Je ne vais pas me calmer, non ! Ils viennent de diffuser le souvenir du garde du corps d’Ariana ! On a passé un cap ! Avant, seuls les Régisseurs étaient aux trousses de Valentin, au pire leurs exécutants. Maintenant, toute la communauté va le traquer !
— Raison de plus pour rester, lâcha Morjiane d’une voix malgré elle tremblante.
— Raison de plus pour partir, au contraire ! Le Pentagone sait que je suis le complice de Valentin. Et je portais à l’instant ma robe de cérémonie, robe qui peut être localisée chez les sorciers qui ne respectent pas la Loi d’Allégeance ! Imaginez s’ils peuvent aussi localiser ceux qui la respectent ? Imaginez s’ils viennent de me localiser ici ? Ah, quel imbécile ! Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ?
Sa peau oscillait entre pâleur et rougissement, entre terreur et colère.
— Morjiane, Jolag, on vous a assez mis en danger comme ça, reprit-il d’un ton autoritaire. On s’en va.
Morjiane plaça ses mains dans le creux de sa taille :
— Je refuse.
J’interrompis tout mouvement. Celian haussa les sourcils :
— Tu refuses ?
— Je refuse. Soit vous restez, soit je pars avec vous.
Mon meilleur ami parut déstabilisé.
— Non, lâcha-t-il après quelques secondes. Tu restes ici, et nous, on part.
— Partir où ?
— À la maison de la forêt.
Je clignai des yeux mais Celian justifia si bien son choix que je ne pus le réfuter :
— On en revient à l’objectif de base. Il faut livrer le Persécuteur au Pentagone. Or, son lien avec les Monceau ne fait plus aucun doute à ce stade. Sans compter la venue d’Ariana sur place en 2003, celle d’Arkya en 2017, et surtout le mystère autour du meurtre des parents et du frère biologiques de Valentin. Et puis, il est propriétaire de cette maison ! Le risque est loin d’être nul, certes, mais c’est le meilleur endroit où aller pour l’instant !
— Très bien, allons-y, s’entêta Morjiane.
— Non, tu ne viens pas ! Tu restes ici, tu fais disparaître le reste de nos affaires et tu fais comme si tu ne nous avais jamais vus de ta vie !
— Ça va être compliqué.
— Morjiane ! cria presque Celian.
Nous sursautâmes. Il inspira profondément et se força à se calmer.
— Nous partons pour la sécurité de tous, prononça-t-il en respirant fort. Toi et Jolag n’êtes pas associés à nous, et c’est mieux pour tout le monde. Si tu restes, tu as une chance de t’en sortir. Si tu viens, tu te condamnes à mort toi aussi. C’est ce que tu veux ?
Il se tourna aussitôt vers moi sans lui laisser l’opportunité de répliquer :
— Val, tu es prêt ?
— Oui, bredouillai-je pour ne pas le vexer malgré mes bras pleins d’affaires qui menaçaient de tomber.
Celian leva les yeux au ciel et me fit apparaître un sac.
— Merci, fis-je en relâchant mon bazar sur le pouf à ma droite pour tout ranger.
— Et tu laisses faire ça ? s’outra Morjiane en prenant son grand-père à partie.
— Ma petite-fille, stop.
Une ambiance solennelle s’abattit sur nous. Jolag, le visage tiré par les inquiétudes, parut soudain plus ridé que jamais.
— Celian a raison, murmura-t-il. Le risque est majeur et il fait preuve, en nous excluant, d’un grand courage. Partez, mes enfants, et soyez prudents. Je reste ici avec Morjiane. Nous nierons votre venue si le Pentagone se présente.
— Revenez demain, au moins ! insista Morjiane, gagnée par la panique. Si les Régisseurs ne débarquent pas ce soir, alors ça voudra dire qu’ils ne t’ont pas localisé et qu’ils ne viendront pas du tout. Dans ce cas-là, vous serez bien plus en danger chez Valentin.
Celian hésita.
— Elle n’a pas tort, l’encourageai-je alors que je mettais mon sac flambant neuf sur mon dos.
— Demain, d’accord, céda Celian.
Il se tourna vers moi.
— On y va.
◆◆◆
Un vent glacial secouait les arbres presque dégarnis et le bruit du ravin en contrebas berçait la forêt endormie. Celian avança dans les feuilles mortes en resserrant son manteau autour de lui. Je n’essayai même pas d’en faire autant avec ma vieille veste en cuir et lui emboîtai le pas, fixant mes pieds pour ne pas trébucher sur les racines qui émergeaient de la terre ; et sûrement aussi pour ne pas regarder la maison qui se dévoilait entre les troncs.
J’avais peur. Peur de revenir ici. Depuis ma petite enfance, je n’étais revenu qu’à mes dix-huit ans, lorsque j’avais récupéré l’administration du lieu ; et à l’époque, même si j’ignorais tout de l’histoire de cette maison et du massacre qui s’y était déroulé, je m’étais déjà trouvé terriblement mal. Montées de larmes, nausées, envie de fuir à jamais ; j’étais passé par tous les états rien qu’à imaginer mes parents et mon frère chuter dans le ravin. Maintenant, c’était pire. J’imaginais les trois cadavres jetés dans ce ravin. J’imaginais un meurtre maquillé en accident.
Celian sembla percevoir mon trouble car il ralentit la cadence et me lança un regard de pitié. Je fis mine de ne rien remarquer, revins à son niveau et le dépassai même. Nous arrivâmes à l’orée de la forêt, dans l’espèce de clairière qui abritait la maison. Cette grande masse noire n’avait rien de rassurant, et l’idée d’y dormir me glaçait le sang. Je quittai malgré tout le cadre tout aussi effrayant que protecteur des arbres et jetai un coup d’œil un peu plus bas dans le chemin, là où Celian avait garé la voiture en 2017.
— On va voir si on peut toujours entrer dans cette maison, chuchota-t-il en pressant le pas.
— Pourquoi on ne pourrait pas ?
Je réfléchis rapidement.
— Oh, bredouillai-je. Je n’ai pas la clé.
— Ne dis pas de bêtises. Je parle du fait qu’Arkya n’a pas pu entrer, ce jour-là.
J’accueillis ses inquiétudes sans oser lui avouer que j’espérais que la maison nous rejette nous aussi. J’arrivai devant la bâtisse et appuyai sur la poignée. Verrouillé. Je m’effaçai sur le côté pour laisser passer mon ami qui, d’un coup de baguette magique insignifiant, ouvrit la porte avec un grincement. Celian poussa un soupir de soulagement ; moi, de peur. Pressés par le froid qui s’engouffrait à l’intérieur, nous nous dépêchâmes d’entrer dans la maison et de refermer derrière nous. Ignorant l’effroyable odeur de renfermé, je tâtonnai dans le noir à la recherche d’un interrupteur — c’était la première fois que nous venions de nuit — mais Celian m’arrêta et nous fit apparaître deux lampes torches. J’allumai la mienne, et, aussitôt, le décor qui habitait mes souvenirs d’enfant apparut.
Nous nous trouvions sur une scène de crime. Il n’y avait aucune trace de sang, aucune trace de lutte ; mais l’atmosphère était insoutenable. Insoutenable de normalité. Car tout ici était exactement comme lorsque j’étais petit et que des odeurs de crêpes embaumaient l’air ou que nous regardions un film de Noël au coin du feu ; exactement comme lors du drame. Rien que me tenir sur cette latte de plancher où ma mère s’était agenouillée, pleurant et criant son désespoir avant son assassinat, me donnait envie de vomir. La scène de crime était tellement préservée que sur le canapé se trouvait encore la fameuse couverture désignée par Ariana à l’époque.
— Il faut faire une ronde et placer des protections pour ralentir le Pentagone s’il essaie de pénétrer dans la maison, lâcha Celian, bien plus raccroché à la réalité. Tu te charges du tour, d’accord ?
Il ne me laissa pas le temps d’acquiescer qu’il se retourna vers l’entrée, sa baguette à la main, et se mit à débiter de longues formules indistinctes.
J’avançai d’un pas lourd jusqu’à la porte au fond à droite qui était, je le savais, celle de la cuisine. D’après mes souvenirs de notre dernière visite, il y avait ici… Oui. Une photo de la famille Monceau sur le frigo. Une photo de nous quatre. Mon frère me berçait, alors bébé d’une poignée de mois, sous le regard tendre de nos parents. J’aurais presque espéré que quelqu’un ait retiré cette photo. Je déglutis et détachai mes yeux du cliché. Il n’y avait personne dans cette cuisine. Inutile de s’attarder ici.
Je revins au salon où Celian enchaînait avec une première fenêtre. Pour ma part, je continuai ma visite du rez-de-chaussée, me contentant d’ouvrir les portes et de jeter un coup d’œil à l’intérieur des pièces sans me lancer dans une inspection minutieuse qui m’aurait condamné à une incontrôlable crise de larmes.
— On passe à l’étage ? me proposa Celian une fois que nous eûmes terminé nos tâches respectives.
Je le suivis sans un mot, me surprenant à anticiper les marches grinçantes de l’escalier comme si une part de moi n’avait jamais quitté les lieux. Celian se remit à sécuriser chacune des fenêtres de ce nouvel étage et je retournai moi-même à ma propre tâche. Pièce après pièce, le malaise me prenait au corps. Ce qui me choquait le plus, c’étaient les vêtements, propres et sales, qui traînaient partout. Les lits défaits. Les verres vides sur les tables de chevet qui attendaient depuis deux décennies qu’on vienne les laver. Les jouets d’enfant éparpillés sur le sol ; les miens. Oui, c’était cela, le plus choquant. Cette atmosphère hors du temps, comme si la famille qui habitait la maison était sortie pour une promenade joyeuse et s’apprêtait à rentrer pour le goûter ; alors qu’elle avait été décimée dix-neuf ans auparavant.
— On est protégés, m’annonça Celian avec un sourire. Maintenant, il faut qu’on aille se reposer. Tu sais quelle chambre on peut utiliser ?
— Je préfèrerais dormir ailleurs. Dans le bureau, ce sera très bien. Tu peux faire apparaître deux sacs de couchage ?
Celian m’adressa un nouveau regard de pitié mais acquiesça tout de même. Nous quittâmes le premier étage pour rejoindre le bureau d’en bas, à côté du salon. Ici, des papiers débordaient des tiroirs et les étagères qui recouvraient les murs latéraux pliaient sous le poids de nombreux livres. Je m’en approchai avec peine. Mon corps avait comme vieilli de soixante-dix ans.
— Ce sont des livres d’archéologie et de géologie, m’étonnai-je, la surprise prenant momentanément le pas sur ma tristesse. Ils sont même ordonnés par époque.
Celian se redressa :
— Tu crois que ta passion pour l’archéologie vient de tes parents biologiques ?
Je déglutis.
— Je ne sais pas.
Celian me rejoignit aussitôt :
— Courage, Val. Ce n’est qu’une nuit. On fouillera la maison demain matin, et si tout va bien, on pourra rentrer chez Morjiane juste après.
— S’il lui arrivait quoi que ce soit par ma faute, je ne me le pardonnerais jamais, Celian. À elle ou à Jolag.
Mon ami, ne cherchant même pas à parlementer, se contenta d’une accolade fraternelle, puis nous partîmes nous reposer.
◆◆◆
Je bataillais pour m’endormir depuis des heures quand soudain un bruit discret vint rompre le silence de la maison. Alerte, je regardai partout autour de moi grâce au faible rayon de la lune qui filtrait par les volets abîmés. Le bruit me parvint à nouveau, et avec lui une vague de soulagement. Des rats. Des rats couraient dans les canalisations au-dessus de nous. Je me redressai, m’assis dans mon sac de couchage et m’adossai contre les étagères de livres en observant mon ami assoupi. Contrairement à moi qui errais depuis des heures dans un état de somnolence, Celian ne s’était pas réveillé une seule fois et semblait parti pour se reposer jusqu’au matin.
Sans réfléchir, je me glissai hors de mon lit de fortune. Nous avions du pain sur la planche et j’avais trop hâte de quitter cet endroit pour ne pas exploiter mon insomnie. Mieux : elle me permettait de commencer seul la fouille des lieux ; et, en ce 4 décembre 2022, jour du triste anniversaire de la mort de ma famille, sonder les secrets de la maison me remuait déjà assez pour ne pas nécessiter les regards de pitié de Celian. Je quittai le bureau, refermai la porte derrière moi — la respiration régulière de mon ami ne varia pas d’un pouce — et, ma lampe torche à la main, débutai la fouille méthodique.
Les pièces du rez-de-chaussée commencèrent à se succéder et, même si je ne dénichai rien de probant pour notre enquête, ma visite éveilla de vieux souvenirs d’enfant que je pensais avoir oubliés à jamais. Soucieux de ne pas réveiller Celian, je mis de côté le bureau et la cuisine attenante et filai à l’étage où je procédai de manière identique. Ce fut rapide. La salle de bain n’avait rien à m’apprendre, et les chambres pas davantage : celle de mes parents paraissait somme toute assez classique, la mienne était celle d’un gamin de quatre ans lambda et celle de mon frère évoquait l’antre d’un adolescent rebelle.
J’achevai ma mission au petit matin et revins aussitôt au rez-de-chaussée pour terminer les deux pièces restantes, déjà allégé d’un énorme poids. Certes, je n’avais rien trouvé pour nous avancer dans notre quête, mais je n’avais rien trouvé de dramatique non plus. J’étais dans la cuisine en train de découvrir avec horreur des aliments périmés depuis des années lorsque soudain Celian surgit dans mon dos :
— Val ! Tu as commencé sans moi ?
Je me tournai vers lui, observant avec un petit sourire ses cheveux ébouriffés et son visage bouffi :
— J’ai fini, tu veux dire. Je n’ai presque pas dormi de la nuit. J’ai fouillé toute la maison, sauf le bureau et la cuisine.
Celian écarquilla les yeux, jeta un regard déconfit aux aliments moisis et, l’air dégoûté, les fit disparaître d’un geste de la main.
— Je ne comprends pas, murmura-t-il. Tu ne payes pas des agents d’entretien tous les mois, toi ?
Je haussai les épaules. C’était le cadet de mes soucis.
— En tout cas, j’ai une bonne nouvelle, reprit mon ami avec un large sourire. Morjiane et Jolag m’ont contacté. Le Pentagone n’est pas venu. On peut retourner au quartier général.
Le cœur réchauffé par cette annonce, je repris les fouilles de la cuisine à un rythme encore plus soutenu. Chaque minute passée dans cette maison était un calvaire et l’idée de la quitter sous peu me donnait des ailes. Nous enchaînâmes avec la dernière pièce, le bureau, qui mit à mal mon faible moral : ici, de nombreux livres et documents bien plus intimes renseignaient sur la vie de mes parents biologiques, ce qui me nouait la gorge en ce dix-neuvième anniversaire de leur meurtre. Celian, lui, faisait son possible pour améliorer l’ambiance, mais rien à faire : c’était morbide. Mon ami finit à l’évidence par comprendre que le seul moyen de me rebooster était de rentrer chez Morjiane, car il expédia les albums photos, fit disparaître nos effets personnels et nous entraîna vers le salon. Je posai ma main sur son bras pour qu’il nous téléporte, mais il ne bougea pas.
— On n’a pas terminé, Val. Il reste le grenier.
Il désigna le plafond du menton. Je soupirai.
— On n’y était déjà pas allés la dernière fois, rappela-t-il.
— Il fallait une échelle, qu’on n’a pas.
— Je peux en faire apparaître une.
Je soufflai à nouveau.
— Très bien, vas-y, cédai-je en comprenant que je ne pourrais pas y couper. Mais dépêchons-nous.
J’eus à peine le temps de terminer ma phrase que Celian me tira vers l’étage. Il ne me lâcha qu’une fois sous la trappe du grenier et, armé de sa baguette magique, il fit apparaître une échelle qu’il cala en soulevant le carré de bois. Il grimpa en vitesse et passa la tête par l’ouverture.
— Qu’est-ce que c’est que ça ? balbutia-t-il en mettant un pied sur le palier.
— De quoi ?
Il ne répondit pas. Soudain inquiet, je le rejoignis en quelques secondes et me sentis pâlir.
Nous nous trouvions sous les combles. Des araignées aux pattes épaisses s’étaient nichées dans les poutres du toit mansardé quand d’autres pendaient sur leurs longues toiles, au-dessus d’un parquet grinçant, ancien et abîmé où traînaient un amas de couvertures, des livres usés ainsi que des bassines pleines d’excréments humains qui dégageaient une odeur pestilentielle. Mais ce qui attirait l’œil, c’étaient les murs latéraux tapissés d’une centaine de photos de visages, barrés pour l’extrême majorité par de larges traits rouges, avec, chaque fois, une date inscrite d’une écriture instable.
Je m’approchai du mur principal et me confrontai à la multitude de figures raturées. Et ces dates. Ces dates que je connaissais.
— Val, on a un problème, prononça Celian d’une voix tremblante. Les journaux, là. Ils sont récents. Ils annoncent la mort d’Amayar.
Je tournai la tête avec lenteur. Mon meilleur ami s’était penché sur une table cabossée qui semblait faire office de bureau. Le feutre rouge, pas même capuchonné, y était posé.
— La mort d’Amayar, répétai-je.
— Val, j’ai peur. De la magie s’est produite ici. Je le sens.
— Je sais où on est, m’entendis-je articuler en me retournant vers les photos.
Mon regard balaya les clichés jusqu’à tomber, sans surprise, sur ceux des cinq Régisseurs. Les visages d’Ariana et d’Amayar étaient barrés avec les dates du 29 octobre et du 29 novembre 2022. Ceux d’Arkya, d’Arius et d’Arwen demeuraient intacts, mais cette dernière portait tout de même une date.
Celle d’aujourd’hui.
4 décembre 2022.
Ma gorge brûlait.
— Il est en train de la tuer, lâchai-je.
— De tuer qui ? s’inquiéta Celian en me rejoignant. Et de qui tu parles, d’ailleurs ?
Il analysa à son tour l’armée de photos. Son visage se décomposa.
— On est dans… bafouilla-t-il. On est dans le repaire du…
Mais avant qu’il n’ait eu le temps de terminer sa phrase, des pas retentirent derrière nous et une voix cynique, doucereuse et enrouée s’éleva :
— Qui êtes-vous ?
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