Quand l'horizon a disparu
Chapitre XVII
APRÈS AVOIR appelé l’équipe de Berkeley pour les prévenir que, tout compte fait, il ne les rejoindrait pas dans le Pacifique Sud, Travis retourna avec Ben chez les Walsh pour annoncer la nouvelle aux autres. Tous exprimèrent leur satisfaction, surtout Cade, à qui Travis avait terriblement manqué.
— Tu vas habiter ici ? demanda-t-il.
Travis se tourna vers Ben, qui n’hésita pas :
— Tu es ici chez toi. Avec nous. Tu as mis toutes tes affaires dans un garde-meubles ?
— Ouais, répondit Travis. Sur North Lamar.
— Dans ce cas, nous irons les chercher ce week-end.
DEUX JOURS plus tard, après une longue journée passée à déménager ses cartons, Travis s’endormit sur l’un des canapés, allongé sur le côté dans son blue-jeans et son tee-shirt brun avec écrit dessus ‘Qu’Austin reste différent !’, la tête posée sur l’accoudoir du canapé. Il étira la jambe droite, plia le genou gauche et roula à moitié sur le ventre, les bras croisés devant lui. Ses bottes et ses chaussettes formaient un petit tas sur le plancher.
Ben le regardait depuis le couloir. C’était samedi après-midi et ses frères avaient disparu jusqu’au soir. Il n’entendait rien sinon la sempiternelle circulation en arrière-fond. Il traversa la pièce jusqu’au canapé où il s’assit. Il souleva le pied nu de Travis et le déposa délicatement sur ses genoux, niché contre son entrejambe. Il posa la main droite sur le dos de Travis, les doigts écartés, et de son autre main, lui caressa la jambe, à travers son jean. Glissant vers le bas, il lui frotta le pied avant de remonter au mollet et à la cuisse, jusqu’aux fesses. Après avoir promené ses doigts tout le long de la jambe de Travis, Ben s’accrocha à la poche arrière de son jean.
Le dormeur commença à s’agiter sous son toucher, à frotter son pied contre le ventre de Ben. Celui-ci se plia en deux pour embrasser ses fesses, puis il remonta, baiser par baiser, au creux de ses reins. Il y frotta le front, inhalant l’odeur de sa chemise. Il était si heureux d’avoir retrouvé tout ce qui faisait leur couple. Ses mains remontèrent dans le dos de Travis, massant en chemin les muscles endoloris sous le coton.
Travis tendit le bras pour attirer Ben plus près, en s’agrippant du poing à son tee-shirt.
Ils avaient réussi à ne pas baiser pendant deux jours parce que Travis voulait passer un test de MST.
— Écoute, avait-il dit à Ben, tu es le seul avec qui j’ai eu des rapports sexuels depuis que j’ai rompu avec Trisha.
— Et tu es le seul avec qui j’ai eu des rapports sexuels depuis que j’ai rompu avec David.
— Dans ce cas, si nos tests sont négatifs, je ne veux plus de préservatifs.
— Cela signifie que tu me fais vraiment confiance.
Travis n’hésita pas.
— Je te confie ma vie.
Ce matin-là, ils avaient appelé le numéro spécial qui donnait les résultats des analyses vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme prévu, tout était négatif.
Ben passa le bras autour de Travis pour lui frotter la poitrine. Celui-ci laissa glisser ses doigts le long du corps de Ben et sur son bras jusqu’à ce que leurs mains se joignent, que leurs doigts s’entrelacent. Tous deux se plaquèrent l’un à l’autre dans une étreinte fiévreuse. Ben aimait sentir Travis sous lui. Il roula sur son amant et pesa sur lui. Il écarta une mèche de cheveux roux et frotta son nez contre sa nuque découverte, avant de lui mordiller le lobe de l’oreille. Travis poussa un grondement audible lorsque Ben se mit à onduler contre lui. Encore une fois, il tendit le bras pour attirer Ben plus près encore, plus complètement sur lui. Il souleva les fesses pour augmenter la friction contre le sexe durci de Ben, encore caché sous son Levi’s. Ben prit Travis par le menton et lui fit tourner la tête vers lui. Bon Dieu, comme tout ça lui avait manqué ! Il l’embrassa, à la fois heureux, nostalgique et enflammé.
Pour la première fois depuis la mort de ses parents, Ben vit les eaux s’éclaircir.
— Je suis si heureux que tu emménages avec nous, dit-il à l’oreille de son amant.
— Tu es sûr de toi ?
— Certain. Nous l’avons bien mérité, tu ne crois pas ?
Ils s’embrassèrent encore, puis Travis roula sur le dos pour passer les doigts dans les cheveux de Ben. Celui-ci se pencha et défit la braguette de son blue-jean. Il dut cesser d’embrasser Travis une seconde afin de se concentrer sur sa tâche. Une fois le pantalon ouvert, Ben saisit le sexe épais à travers le tissu humide de son boxer gris. Après quelques va-et-vient presque brutaux, il reporta son attention aux lèvres de son amant. Pendant ce temps, Travis défit la ceinture de Ben, descendit sa braguette et passa la main à l’intérieur, appréciant la grosse bosse qu’il y trouva.
— Ça m’a manqué.
— Et tu as aussi manqué à ma queue.
Travis rit.
— Oh, dit Ben, tu ne parlais pas de sexe ?
— Non-on. Mais peu importe, tu me fais marrer.
— Encore ?
— Toujours.
Le sexe de Travis pointa sous la ceinture élastique de son sous-vêtement. Ben baissa le boxer et révéla l’organe dans toute sa gloire rigide. Il le fixa, hypnotisé. Pour ne pas être en reste, Travis sortit la queue de Ben par la fente de son caleçon. Ils se caressèrent l’un l’autre et s’embrassèrent encore, plus passionnément cette fois. Sexes, lèvres, mains, langues, et corps – Ben voulait tout à la fois. Étendus sur le canapé, ils prirent tout leur temps pour les préliminaires, le jean baissé, comme deux adolescents en rut qui se découvrent du bout des doigts. Chacun ne cessait de pousser sa queue douloureuse dans les mains de l’autre. Ben finit par ôter à Travis son jean pour lui empaumer les bourses et lui caresser l’intérieur des cuisses. Ensuite, il se mit à genoux pour l’aider à le débarrasser de son tee-shirt avant de retirer aussi le sien. Il glissa au sol, tirant sur le jean de Travis qu’il retourna pour mieux l’enlever. Travis se rassit sur le canapé, complètement nu, avec Ben à genoux sur le plancher entre ses jambes. Toujours en pantalon, Ben se pencha et lécha les bourses de Travis, dardant sa langue sur la peau lisse, puis de haut en bas de son sexe.
Il regardait son amant tout en taquinant sa queue.
— Qu’est-ce qui te fait sourire? demanda Travis.
— Toi.
Ben lui souleva les testicules pour lécher la peau musquée en dessous. Il s’appliqua à sa tâche, décidé à ne pas laisser un centimètre carré lui échapper. Lorsqu’il s’attaqua au gland sensible, les hanches de Travis décollèrent du canapé. Ben prit la base du sexe à deux doigts et engloutit le reste dans sa bouche. Il agita la tête avec enthousiasme, lèvres ouvertes. Travis retomba en arrière et ferma les yeux, jouant doucement avec l’anneau de son mamelon droit.
Après une longue pipe, Ben se releva et se déshabilla complètement, repoussant son jean et son boxer d’un coup de pied. Travis allongé sur le canapé, le regardait faire.
— Viens ici.
Ben se coucha sur lui, son sexe trouvant sa place entre les jambes de Travis. Il lui embrassa le cou et le serra contre lui. Leurs deux corps échauffés et en sueur glissaient facilement l’un contre l’autre. Ben avança légèrement en se soulevant, de sorte qu’il se retrouve un genou plié, à califourchon sur la poitrine de Travis. Le saisissant par ses longs cheveux, il lui fourra sa queue dans la bouche. Travis libéra alors sa fringale, sans chercher à cacher combien il aimait le sucer. Il se caressait en même temps.
Ben se retira et baissa les yeux sur son amant étalé sous lui.
— Je t’aime, Atwood. Tu le sais, j’espère ?
— Je t’aime aussi, Obi-Wan. Maintenant, couche-toi et laisse-moi te déguster.
Ben s’étendit sur l’autre extrémité du canapé. Travis se retourna de façon à se placer entre ses jambes. Il saisit le sexe épais entre ses doigts et se pencha pour le prendre dans sa bouche. Ben tendit le bras pour passer ses doigts dans ses cheveux roux. Parfois aussi, il reprenait le contrôle de leurs ébats et forçait Travis à monter et descendre, à ralentir ou à accélérer. Après plusieurs minutes de succions voraces, Travis se redressa au-dessus de Ben, les yeux brillants et le sourire sauvage.
— La terre est plate, annonça-t-il.
Ben le regarda, perplexe.
— Ah, bon…
— La terre est plate.
— Qu’est-ce qui te prend ?
— Allez, le taquina Travis. N’es-tu pas M. Carnet-Crayon ? Je te propose un jeu.
Ben considéra ses options et décida qu’il était capable de suivre.
— D’accord, jouons.
Il prit un temps avant d’ajouter :
— Mais dans ce cas, la terre n’est pas plate. Elle est ronde.
Travis accepta la réponse et baissa la tête, reprenant le sexe de Ben dans sa bouche. Il le suça avec entrain et amena Ben au bord de l’orgasme. Comme celui-ci tentait de lui signaler qu’il n’allait pas tarder à jouir, Travis s’écarta, même s’il continua à jouer avec la queue de Ben.
Encore une fois, il répéta :
— La terre est plate.
— Non, répondit Ben. La terre est ronde.
Travis fit tournoyer sa langue autour du gland, puis aspira le sexe jusqu’au fond de sa gorge. Il le garda en place un moment, sans bouger, luttant contre son réflexe nauséeux, puis il se détendit. Ben se contint quelques secondes, mais il finit par attraper Travis par la nuque pour s’enfoncer dans sa bouche. Il était sur le point d’exploser quand Travis s’écarta brusquement.
— Merde ! protesta Ben. Là, t’es vache !
Travis leva la tête pour le regarder dans les yeux, les lèvres gonflées et luisantes.
— La terre est plate.
— C’est quoi ce jeu à la con ? cria Ben. La terre est ronde, putain.
Travis recommença son manège, plus lentement cette fois, il taquina Ben, le mordilla et le suça. Enfin, il l’aspira profondément et l’y garda jusqu’à ce que les larmes lui jaillissent des yeux. Ben n’en pouvait plus. Ça faisait six mois qu’il n’avait pas baisé. Il enfonça sa queue dans la gorge de Travis et retint ses gémissements pour tenter de jouir discrètement. Mais Travis reconnut ses frissons révélateurs et pour la troisième fois, il priva délibérément Ben de son plaisir. Ses yeux, humides et frénétiques, brillaient comme ceux d’un fou.
Il gronda encore :
— La terre est plate.
— Que veux-tu de moi ? s’écria Ben, frustré. Dis-le, je le ferai, je veux jouir.
— La terre est plate.
Un élan de férocité traversa Ben, il naquit dans son estomac et remonta dans sa gorge, puis jaillit de ses yeux comme un faisceau laser.
— Suce-moi ! exigea-t-il, avec un éclat de rire amusé.
Travis sourit, mais sans obéir. Il continua à titiller le gland du bout de la langue, rendant Ben à moitié fou de désir.
— La terre est plate, affirma-t-il.
— Je t’en prie… plaida Ben
Il essaya de contrôler sa santé mentale, mais sa chair avait atteint le point de rupture, aussi il renonça.
— D’accord, pouce, gémit-il. La terre est plate. Cette putain de terre est archi-plate.
— Je t’aime, déclara Travis.
— Alors, fais-moi jouir, supplia Ben.
Travis lui souleva les jambes et les dressa en l’air. Pressant les genoux de son amant contre ses oreilles, il lui lécha la raie des fesses. Ben gémit lorsque Travis se déplaça pour l’embrasser.
— Alors, chuchota Travis, nous y voilà.
— Nous y voilà.
— Nous sommes faits pour vivre ensemble, continua Travis.
— Nous sommes faits pour vivre ensemble, répéta Ben.
— La terre est plate.
— La terre est plate, répéta Ben, soumis.
— Je veux que tu me baises.
— Je veux que tu…
Il hésita, mais seulement un moment.
— Merde ! D’accord, céda-t-il, je veux que tu me baises.
Travis enfouit le visage dans son cul et lui offrit un anulingus enthousiaste. Sa langue diabolique provoqua chez Ben des frissons qui le traversèrent de part en part, il leva les jambes plus haut encore. Travis se redressa et l’embrassa à nouveau, entremêlant leurs mains et leurs souffles, il pressa les genoux de Ben sur sa poitrine.
— Tu promets de ne plus jamais me pousser hors de ta vie ?
— Oui, répondit Ben.
— Quoi qu’il nous arrive ?
— Je promets. Crois de bois, crois de fer, si je…
Ben cacha son visage dans le cou de Travis, sachant très bien ce qu’il venait d’accepter.
Une reddition inconditionnelle.
Travis cracha dans sa main et enduisit son sexe de salive avant de pousser contre l’orée du corps de Ben. Au début, ce dernier se contracta, d’instinct, mais il se détendit dès que Travis l’embrassa.
— Compte jusqu’à huit, ordonna Travis.
— Un, deux…
Tout en comptant, Ben disait adieu à tout ce qu’il pensait connaitre du sexe et de l’amour. Travis le pénétrait et lui se laissait faire. Pire encore, il le désirait. Travis l’avait mené si près de l’orgasme que la base de sa colonne vertébrale frissonnait sous la pression du sexe qui l’empalait peu à peu.
— … sept, huit.
— Est-ce que tu as mal ?
— Non-on, répondit Ben.
Du coup, Travis se mit à le baiser pour de bon et il fut vite évident qu’aucun d’eux n’allait durer longtemps.
Ben attira Travis contre lui pour chuchoter à son oreille :
— Tu es le seul homme à m’avoir jamais baisé sans préservatif. Le seul qui aura joui en moi.
Cette idée fit naître en eux une onde de choc qui leur traversa le corps – au singulier, vu qu’ils se sentaient désormais tellement unis qu’ils ne formaient plus qu’un.
Travis accéléra la cadence.
— Vas-y, plaida Ben, dont les yeux se révulsaient.
Quelques instants plus tard, Travis se cabra comme un mustang lorsque sa queue gonfla et explosa. Il ouvrit la bouche dans un cri silencieux. Quant à Ben, il empoigna son sexe dur et sentit les jets de sperme chaud se répandre sur sa poitrine et son estomac.
Travis s’effondra sur lui, tremblant et haletant. Leurs lèvres se rencontrèrent et ils se frottèrent le visage l’un contre l’autre.
— Tu vois ? déclara Travis. Je te l’avais bien dit. La terre est plate.
Ben le serra contre lui.
— Oui, admit-il. Absolument. La terre est plate.
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