Quand l'horizon a disparu

Brad Boney · Chapitre 5 sur 21

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Quand l'horizon a disparu

Chapitre IV

 

LUNDI APRÈS-midi, Julie expliqua qu’elle rentrerait directement à Dallas en sortant du cabinet de l’avocat, elle comptait donc s’y rendre avec sa voiture. Quand Ben arriva pour le rendez-vous, à 15 heures, il fut surpris de trouver ses oncles, Sam et Nick. Il n’avait pas été prévenu qu’ils feraient le déplacement depuis Houston.

Ils échangèrent des salutations, puis entrèrent au cabinet Russ Hardwick. L’avocat des parents Marsh avait édité deux copies du testament, il remit la première à Ben, l’autre à Nick. Tous s’assirent, Ben commença à lire la première page du document, tout comme Sam et Julie, serrés de chaque côté de Nick. Au bout de quelques minutes, Hardwick prit la parole :

— Tout d’abord, permettez-moi de vous offrir mes condoléances. Ben, je vous connais depuis que vous étiez petit garçon. Je n’aurais jamais pensé devoir un jour me trouver devant vous, dans de telles circonstances.

— Merci, Russ. Personne n’envisage jamais le pire.

Hardwick esquissa un faible sourire. Puis il désigna le testament dont il tenait l’original.

— Il n’y a là-dedans aucune grande surprise. Tous les biens sont répartis à parts égales entre les quatre enfants. La maison n’est assujettie à aucun prêt ni hypothèque. De plus, votre père avait établi un compte bancaire séparé pour couvrir les droits de succession et frais d’obsèques en cas de décès prématuré. Outre son assurance-vie, il avait également mis en place un fonds de fiducie pour couvrir les frais universitaires des trois fils qui lui restaient à charge. Quant à la question de leur garde, c’est vous, Ben, qui êtes désigné comme seul et unique tuteur de vos frères. Toutefois, vos parents ont ajouté un addendum l’année dernière, quand vous avez accepté ce poste à New York. Si vous refusez la tutelle, une option que vos parents avaient envisagée, elle passerait alors aux trois frères et sœur de Mme Walsh, ici présents.

Hardwick se tut et attendit. Puis quand personne ne dit mot, il insista :

— Ben, acceptez-vous ou non la responsabilité légale de vos trois frères ?

Ben regarda Julie. C’était exactement la situation qu’elle avait prédite. Mais pourquoi ne lui avait-elle pas annoncé que Sam et Nick assisteraient à cette réunion ?

— J’accepte.

Nick, qui fixait toujours le testament, demanda sans lever les yeux :

— M. Hardwick, quelles sont nos options pour contester ce testament ? En ce qui concerne la garde, je veux dire.

Ben le regarda, choqué. L’avocat répondit posément :

— Quand M et Mme Walsh ont ajouté cet additif, ils ne m’ont donné aucune indication comme quoi vous deviez prendre la préséance sur Ben. Vous avez bien entendu l’option de réclamer la garde des enfants devant un tribunal si vous croyez…

Nick l’interrompit :

— Nous croyons préférable que les garçons soient élevés dans un environnement familial traditionnel.

En entendant cette suggestion, Ben se renfrogna. C’est donc un piège, pensa-t-il.

— Tu es sérieux, oncle Nick ? demanda-t-il, d’une voix délibérément calme. Et je ne parle pas de tes conneries de famille traditionnelle. Tu comptes m’affronter au tribunal ? Vraiment ? Tu sais pour qui je travaille ?

— Pour un cabinet new-yorkais, déclara Sam. Nous sommes ici au Texas.

— Je sais que je ne suis pas censé te parler de cette façon, Sam, mais tu n’es qu’un idiot. Julie, peux-tu mettre un peu de bon sens dans la tête de tes frères ? Sérieusement, je n’arrive pas à croire que nous ayons une conversation pareille !

— Espèce de petit con prétentieux ! ricana Sam. Le soleil ne se lève pas pour t’entendre jacasser, tu sais. Tu vas gâcher la vie de ces garçons !

Ben ne broncha pas.

— Eh bien, le clan Thompson tient aujourd’hui à placer un bon mot lapidaire, à ce qu’on dirait ? Votre mépris faisant suite à la mort de ma mère est vraiment réconfortant. Alors, permettez-moi d’éclairer votre lanterne. Si je peux me le permettre, Russ ?

Hardwick hocha la tête, l’air à la fois troublé et fier.

— Primo, Sam, un bon mot est une expression française, il s’agit d’un dicton intelligent ou d’une amusante boutade, sinon, littéralement parlant, une bonne parole. Est-ce assez prétentieux pour toi ? Secundo, si vous comptez aller en justice pour obtenir la garde des garçons, il vous faudra un très bon avocat, parce que je sortirai l’artillerie lourde. Et je ferai traîner les choses afin que cela vous coûte le maximum – j’espère bien vous mener à la faillite avant que l’affaire soit réglée. D’ici là, Cade aura terminé ses études et vous aurez tout perdu sans rien obtenir. Alors quels que soient vos petits projets, oubliez-les. Vous n’obtiendrez jamais rien, sauf la ruine.

Ben se leva et tendit la main à Hardwick.

— Merci, Russ. Je suppose que nous avons terminé. Si vous avez besoin que je vous signe un document, envoyez-le à la maison, s’il vous plaît. Veuillez souhaiter de ma part un joyeux noël à Susan, et tous mes meilleurs vœux à vous et votre famille.

L’avocat se leva pour lui serrer la main.

— Ben, si vous ou les garçons avez besoin de moi, n’hésitez pas à m’appeler. C’est bien compris ?

— Je n’y manquerai pas.

Ben se tourna vers Julie et ses frères.

— Je pense que nous passerons Noël à Austin, cette année. En petit comité. Vous devinerez pourquoi. Joyeux Noël, Julie.

Il se pencha pour la serrer dans ses bras. En se redressant, il jeta :

— Joyeux Noël, Nick. Sam.

Il leur serra la main, enchanté de la stupéfaction que ses deux oncles n’arrivaient pas à cacher. Il quitta ensuite le cabinet et revint à l’endroit où il avait garé le pickup de son père. Il retourna chez lui, sachant très bien quelle serait sa prochaine étape. Il avait beaucoup de décisions à prendre, mais elles pouvaient attendre.

Sa priorité, c’était de discuter avec ses frères.

 

IL LES trouva tous les trois au salon quand il pénétra dans la maison. Quentin et Cade regardaient la télé, ESPN, la chaîne des sports. Jason était vautré en travers d’un fauteuil club, les jambes pendantes sur l’accoudoir, le nez dans un livre. Ben se pencha pour regarder le titre. Sa Majesté des mouches. Excellent choix.

— Désolé d’interrompre votre oisiveté, mais nous devons à discuter de certains points importants. Tous les quatre. Quentin, tu peux éteindre la télé ? Et si nous allions dans la salle à manger ? Nous serons aussi bien assis à table.

Quentin s’empara de la télécommande et éteignit le téléviseur, puis il leva sur son aîné des yeux lourds de mépris.

Ben décida de ne pas siéger. Au contraire, chacun prit sa place attitrée : Ben et Jason d’un côté, Quentin et Cade de l’autre. Une situation simple et familière, malgré les deux chaises vides en bout de table.

Ben se lança :

— Voilà, nos parents sont morts. Je suis sûr que vous avez remarqué la façon dont les gens évitent d’en parler. Pourtant, ils sont morts et c’est une catastrophe. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis très triste. Ils sont partis et sans eux, nous aurons du mal à continuer, malgré tous nos efforts. C’est un simple constat. Pourtant, je sais que vous vous posez beaucoup de questions.

Quentin se raidit contre le dossier de sa chaise.

— J’ai vu aujourd’hui l’avocat des parents concernant la succession. Et la garde.

— La garde de quoi ? demanda Cade.

— Pas de quoi, débile, déclara Quentin. De qui.

— Je ne suis pas débile, protesta Cade.

Sidéré, Ben fixa son cadet.

— Vraiment ? Et c’est moi que tu traites de crétin ? Pour l’amour de Dieu, ne traite pas ton frère de débile !

— Tu n’as pas à me dire ce que je dois faire ! s’emporta Quentin, les yeux incendiaires.

Ben l’ignora et se tourna vers Cade.

— Toi et tes frères êtes encore mineurs. Légalement, vous devez être sous la responsabilité d’un adulte. Puisque maman et papa ne sont plus là.

— Mais tu vas rentrer à la maison, hein ? demanda Cade. Tu vas revenir t’occuper de nous.

Ben regarda Quentin. Il voulait voir son visage alors que, pour changer, il s’apprêtait à ne pas le décevoir.

— Oui. Bien sûr. C’est ce qui va se passer.

Quentin haussa les sourcils et écarquilla les yeux. Jason se redressa et jeta à Ben un regard furtif. Puis, avec un sourire et un soupir soulagé, il se pencha et posa le front sur le bras de son aîné. Ben lui tapota gentiment la tête.

— Merci, murmura Jason.

— Félicitations, grand frère, marmonna Quentin. Tu as assuré.

— Je suis heureux que tu réagisses de cette façon, parce que maintenant, c’est à votre tour. Tu vas devoir m’aider, Q. Et c’est valable pour tous les trois. J’ai disparu il y a cinq ans, d’accord. Je vous connais à peine. Je ne vous demande qu’une chose, s’il vous plaît, ne soyez pas en colère contre moi. Je suis ici maintenant et nous sommes les quatre dans le même bateau, que ça nous plaise ou pas.

Cade leva la main.

— Alors, dit-il, tu vas être… euh, notre nouveau papa maintenant ?

— Parfois, acquiesça Ben.

Puis il secoua la tête.

— Non. Je ne crois pas que je serai votre père, mais ça y ressemblera un peu.

— Et Travis ? demanda Cade.

— Quoi, Travis ?

— Il dîne tout le temps ici, expliqua Quentin.

Cade hocha la tête et se mit à rire.

— Il risque de mourir de faim si nous ne le nourrissons pas.

— Non, corrigea Quentin, c’est nous qui risquons de mourir de faim. Il aidait beaucoup maman à la cuisine. Il aime cuisiner et nous avons besoin de lui. Il est notre seul espoir de manger correctement.

— Alors, c’est une chance que je l’ai invité pour Noël. J’espère que ça ne vous gêne pas, mais lui et moi avons déjà décidé d’un thème cinématographique. Nous regarderons des films avec beaucoup d’explosions où le héros sauve le monde. Ou au moins un bus.

Quentin éclata de rire.

— Tu es vraiment crétin ! Toi et tes fichus thèmes ! C’est un truc gay ?

— Comme Independence Day ? suggéra Jason.

Ben lui sourit, ignorant Quentin.

— Je n’arrive pas à croire que nous avions oublié celui-là ! Maintenant, vous pourriez me laisser une minute avec Quentin ?

— Bien sûr. Allez, Cade, viens, il nous reste des paquets cadeaux à faire.

Les deux garçons quittèrent la salle à manger pour monter à l’étage.

— Je plaisantais ! se défendit Quentin.

Manifestement, il pensait avoir poussé le bouchon trop loin.

— Je sais, répondit Ben. Je me fiche des plaisanteries gays. Je voulais juste vérifier si tout allait bien entre nous ? Et quand je dis ‘nous’, c’est toi et moi ?

Quentin sourit.

— Oui, tout va bien. Je ne pensais pas… Désolé, si je t’ai sous-estimé.

— Oublions ça. Je veux te parler de Jason. Il a été très calme, même pour lui. Et puis hier, tu as dit quelque chose concernant ce qu’il avait traversé… De quoi parlais-tu ?

— Ce n’est pas vraiment à moi de te le dire.

— Si, puisque je te le demande. Les règles ont changé, Q. Tu dois me mettre au courant de la situation. Je te dispense de la clause de confidentialité.

Quentin le regarda avec suspicion.

— Bon, d’accord… Peu après la reprise des cours, en octobre, maman l’a surpris dans sa chambre dans une situation compromettante.

— Il se branlait ?

— Non. Il n’était pas seul.

— Il était avec une fille ?

Quentin ne répondit pas.

— Avec un garçon ? proposa Ben.

Son cadet hocha la tête.

— Il ne s’est rien passé. Rien d’important. Il m’a dit qu’ils s’embrassaient juste. Et ils étaient entièrement vêtus. Pourtant, maman a pété un câble et elle a mis le gosse à la porte manu militari. Elle t’aimait beaucoup, mais quand même, deux dans la famille ? C’est un peu beaucoup pour une bonne mère catholique, tu ne crois pas ?

— Jason te parle de ce genre de choses ?

— Bien sûr. Ce n’est certainement pas maman. Tu as raté plein de trucs, Ben. C’est génial d’avoir des frères. Jason et moi parlons de tout. Nous sommes complètement différents, lui, c’est le pur intellectuel et moi…

Il s’interrompit.

— Tu as seize ans. Je sais que tu as une copine.

— Comment peux-tu…

— J’ai vu ton visage quand tu lisais ses textos. Qu’il soit gay ou hétéro, un amoureux a la même expression. Tu as des préservatifs, j’espère ?

— Nous ne faisons pas…

— Première règle de la maison. Pas de fille enceinte. Jamais. Sors toujours couvert, je t’en supplie. Déjà que ça va être dur pour moi, je ne veux pas te voir père avant l’université.

— Il y avait une autre règle dans la maison. Pas de sexe, tu te souviens ?

— Oh oui, très bien. Sauf que je n’ai pas suivi cette règle et qu’un jour ou l’autre, vous ferez tous pareil, si ce n’est pas déjà le cas. Donc, nous allons la virer et la remplacer par une nouvelle, d’accord ? Pas d’enfant. Toujours un préservatif. S’il te plaît.

Quentin regarda ses mains.

— Ça va être bizarre, pas vrai ? Que papa et maman ne soient plus là ?

— Ouais, bien sûr. Je suis le plan ORSEC.

— Non, tu es très bien. Je suis désolé que tu sois obligé de quitter New York. Tu crois que tu vas pouvoir trouver un emploi à Austin ?

— Je vais devoir m’inscrire au barreau du Texas et repasser l’examen, ce qui ne m’enchante guère. Mais oui, je peux travailler ici.

— Génial. Je suis heureux que tu sois revenu à la maison, Ben. Désolé si je t’ai blâmé de nous avoir abandonnés.

Ben réalisa alors que son frère avait détourné son attention.

— Attends une minute. Nous parlions de Jason qui embrassait un garçon. Il a fait son coming-out devant les parents ?

— Ouais. Ils ont essayé de se montrer compréhensifs. Il m’en parle un peu parfois, mais qu’est-ce que j’y connais ? Il a besoin de toi.

— Pourquoi les parents ne m’ont-ils pas téléphoné pour m’en parler ?

— Ils ne voulaient pas te déranger, je suppose.

— Et Jason, pourquoi ne m’a-t-il pas appelé ?

— Je ne sais pas, Ben. Demande-lui. Tu n’étais jamais là. Nous n’avons pas l’habitude de penser à toi pour nous aider.

— Merde, je suis le pire des frères. Et Cade ? J’ai des trucs à savoir sur lui ?

— Non, il est très facile. Ce sera le sportif de la famille. Il a fallu quatre essais à papa, mais il a finalement obtenu un athlète. Cade joue au foot et au baseball. Son sang est déjà orange brûlé. Il adore les Longhorn ! C’est de son âge. Durant les quatre derniers mois, tous les samedis, c’était football à l’UT pour lui, papa et Travis.

— Tu aimes bien Travis ?

— Bien sûr. Il est très sympa. Il a eu une enfance difficile, mais il a bien trouvé sa place. Même maman le disait, alors qu’elle craignait…

Un coup à la porte d’entrée lui coupa la parole.

— En parlant du loup ! reprit Quentin.

— C’est Travis ? demanda Ben.

Quentin hocha la tête.

— Va ouvrir, grand frère.

Ben se leva et se dirigea vers la porte. Quand il l’ouvrit, il trouva Travis sur le seuil.

— Tu as les oreilles qui sifflent ?

— Quoi ?

— Nous parlions justement de toi. Entre.

Travis entra et hocha la tête pour saluer Quentin, toujours assis à table dans la salle à manger.

— Hé, Q. Tout va bien ?

— Hé, Trav. Tout baigne.

Travis se tourna vers Ben.

— Hmm, chuchota-t-il, quand il utilise cette formule, ‘ça baigne’, ça veut dire que c’est drôlement important. Tu as décidé de rentrer au Texas ?

Ben sourit.

— Exactement.

— Dans ce cas, bienvenue dans le quartier. Ou plutôt, bon retour !

Travis tendit la main. Ben baissa les yeux et la serra. Il la trouva ferme et robuste.

— Merci. Je m’apprêtais à traîner Quentin dans la cuisine. Nous aurons encore des restes pour le dîner. Ça te dit ?

Travis regarda le sol en demandant :

— Quentin, tu pourrais nous laisser une minute ? Je voudrais parler à ton frère.

— Je serai dans la cuisine. Je vais préparer les restes.

Il disparut.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Ben.

— J’ai repensé à ton invitation pour Noël. Tu ne crois pas que ce serait mieux que je vous laisse tranquille un certain temps ? Tu es revenu à présent. Il faut que tu passes du temps avec tes frères.

Ben se rembrunit.

— Non. À mon avis, ce ne serait pas mieux du tout. En fait, c’est même la pire idée que j’aie entendue. Ils t’adorent. Surtout Cade. Je l’ai bien vu samedi. En ce moment, ils ont surtout besoin de réconfort et de continuité. Et moi, j’ai besoin d’aide. S’ils te considèrent comme leur second frère aîné, tant mieux ! Tu étais déjà là pour eux avant cette catastrophe, alors, s’il te plaît, reste quand ils ont tellement besoin de toi. Sérieusement. Viens passer Noël avec nous et reste ce soir pour nous aider à finir les restes.

— Eh bien, présenté comme ça…

— Tu peux monter chercher Jason et Cade ? Ils emballent des cadeaux.

— Bien sûr.

Ben passa dans la cuisine où Quentin avait déjà commencé à ouvrir les récipients en plastique qu’il sortait du réfrigérateur. Peu après, Jason et Cade les rejoignirent, Travis sur leurs talons.

— Tante Harriet nous a apporté de délicieux sandwiches au fromage, déclara Jason.

— Mmm, grogna Cade, en se frottant le ventre. C’est bon, ça.

— Il y a aussi une dinde entière qui décongèle dans le compartiment du bas, ajouta Travis.

— Comment le sais-tu ? demanda Quentin.

— Je l’ai vue samedi. J’en ai d’ailleurs parlé à ta tante Julie.

— Tu sais comment rôtir une dinde ? lui demanda Ben, plein d’espoir.

— Euh, non, mais je sais la faire frire. Quel Sudiste digne de ce nom ne sait pas frire une dinde ?

— Nous, répondirent en même temps Ben et Quentin.

— Les mecs, vous êtes des bricolins, des cow-boys sans bétail. Je vous jure.

— Dans ce cas, décida Ben, tu es nommé à l’unanimité responsable de la dinde de Noël. Je ne veux rien savoir d’autre.

— D’accord.

— On peut commencer Noël dès maintenant ? demanda Cade.

Tout le monde le regarda. C’était une excellente idée.

— Oui, Cade, dit Ben. Noël commence officiellement aujourd’hui.

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