T2 Destinés

Amanda Hocking · Chapitre 17 sur 30

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T2 Destinés

Chapitre 16

 

— Cet immeuble a besoin qu’on y installe la climatisation ! s’écria Milo en ouvrant la porte de l’appartement à la volée.

Je m’assis et le regardai par-dessus le dossier du canapé. Il avait les bras chargés de sacs d’épicerie et le visage rouge, sûrement à cause de la chaleur.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? demandai-je, étonnée par son apparition surprise.

Je me levai pour aller l’aider avec les provisions, puis je me rendis compte que c’était ridicule. Auparavant, lorsqu’il portait des choses, c’était moi qui me retrouvais avec le plus de poids, parce que j’étais plus forte que lui. J’avais du mal à m’ôter de l’esprit cette image de petit frère même si, dorénavant, il était sans conteste beaucoup plus robuste que moi.

— Quoi ? Tu n’es pas contente de me voir ?

Il posa les sacs sur la table et m’adressa un sourire malicieux.

— Non, ce n’est pas ça. C’est juste que… (je marquai une pause et inspectai les sacs) qu’est-ce que c’est que tout ça ? Et que fais-tu ici ?

— Je me suis dit que tu n’avais pas mangé de bon repas depuis mon départ, et j’ai pensé que tu t’ennuyais et que tu crevais de chaud, m’expliqua-t-il en sortant les surgelés, dont des crèmes glacées et des sorbets, avant de les mettre dans le congélateur. Je sais que tu ne fais pas les courses, et maman non plus, et que, sans moi, vous maigririez à vue d’œil.

— Possible, reconnus-je en l’observant d’un air sceptique.

Il continua à fouiller dans les sacs pour ranger les aliments, tandis que je m’approchais du congélateur et m’emparais d’une glace à l’orange. Il avait visé dans le mille concernant le manque de nourriture et la chaleur.

— Tu n’as pas peur de tomber sur maman ?

— Elle est au boulot, dit-il en haussant les épaules. Et Jack aussi. La maison est très calme, et j’avais besoin de m’aérer.

— Jack bosse ? Je croyais qu’Ezra venait de rentrer, poursuivis-je en sautant sur le plan de travail pour le regarder ranger.

— C’est vrai et, d’ailleurs, il est encore à la maison.

Sans difficulté, il tendit le bras au-dessus de ma tête pour placer les céréales sur l’étagère du haut. Auparavant, il devait monter sur une chaise pour l’atteindre.

— Jack est parti tout seul. Il a fini par vraiment attraper le coup.

— Comment ça ? Il se charge de tout par lui-même ?

Je suçai bruyamment ma glace, essayant d’éviter que des gouttes à l’orange me dégoulinent sur les jambes, sans succès.

— Oui. Pourquoi ça te choque autant ? pouffa-t-il devant ma surprise manifeste.

— Ça ne me choque pas ! (J’essuyai la tache orange sur ma cuisse en haussant les épaules.) Simplement, je ne m’étais pas rendu compte qu’il se débrouillait aussi bien. D’ailleurs, je ne sais même pas ce qu’il fait en réalité.

— Moi non plus. Pour l’instant, ils me tiennent à l’écart, mais Jack m’a promis que, dès que je serai plus à l’aise, je pourrai m’en occuper facilement. Il m’a dit que c’était sympa une fois qu’on s’y habitue et, de toute façon, la majeure partie du travail est déjà faite. Ezra possède des tonnes de brevets et de marques déposées, et il doit procéder à de nombreux remaniements juridiques pour que les gens ne comprennent pas qu’il s’agit du même type qui perçoit de l’argent depuis environ un siècle.

Milo parlait d’un ton détaché, comme si je n’avais aucun mal à suivre son raisonnement.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? Que tu seras bientôt millionnaire ?

Je croquai le dernier morceau de bâtonnet glacé, même si mes gencives n’appréciaient pas vraiment le froid.

— Alice, j’ai le regret de t’informer que je le suis déjà plus ou moins.

L’air penaud, il rangea les dernières provisions dans le frigo, puis se tourna vers moi.

— OK, ils sont super riches mais, toi, tu ne fais que vivre avec eux, c’est tout, soulignai-je.

— Oui, mais… (Mal à l’aise, il appréhendait ma réaction.) Je fais partie de la famille à présent. Donc, Ezra m’a ouvert un compte courant et donné des cartes bancaires l’autre jour, et il examine des documents pour modifier légalement mon nom en Milo Townsend. Ensuite, je pourrai passer mon permis de conduire, qui indiquera que j’ai dix-huit ans, puisque c’est plausible maintenant. Ainsi, il sera plus facile de faire avancer les choses.

Je le dévisageai, bouche bée.

— Arrête ! Tu disposes d’un compte en banque ?

— Oui, tu vois, comme ça, c’est plus pratique. Je peux m’acheter ce dont j’ai besoin. (Il haussa les épaules.) Et aussi de la nourriture pour vous. J’en fais profiter mon entourage.

— Mais…, commençai-je en grimaçant, mais c’est de l’argent. Ça ne te pose pas de problème de l’accepter ?

— Pas vraiment, confessa-t-il. Je n’ai jamais culpabilisé de me servir de celui de maman. Dès que possible, je me mettrai à travailler. J’apporterai ma contribution. Je suis comme un enfant qu’ils viendraient d’adopter.

— Ils t’adoptent pour de bon, n’est-ce pas ?

Un sentiment étrange m’envahit lorsque je me rendis compte que Milo n’était plus vraiment mon petit frère. Il l’était et le resterait toujours mais, en même temps, il m’échappait.

— Milo Townsend ?

— Oui, ça fait bizarre, hein ?

Il fronça les sourcils, et je me sentis rassurée de savoir que la situation n’était pas banale pour lui non plus.

— C’est le nom de qui, d’ailleurs ?

Je mâchonnai le bâton en bois de ma glace en m’efforçant d’afficher un air décontracté face à cette révélation.

— Je crois que c’est celui d’Ezra. Celui de Jack, c’est Hobbs, et Mae s’appelle Everly ; par contre, j’ignore celui de Peter. Ils ne parlent pas beaucoup de lui.

Milo s’appuya contre le réfrigérateur, me regardant balancer les pieds et mordre le bâtonnet.

— Ça ne m’étonne pas. (Le bois se fendit, alors je jetai le bâtonnet dans la poubelle et levai les yeux sur Milo.) Qu’est-ce qu’ils disent à propos de Peter ?

— Mae m’a expliqué que vous étiez liés tous les deux, et qu’il avait manqué de te tuer, m’avoua-t-il avec un frisson. Pourquoi tu m’as caché ça ?

— Je ne pouvais pas faire autrement ! Tu ne devais pas apprendre leur vraie nature. Ça aurait été bizarre de te dire : « Ah, au fait, Peter a tenté de boire tout mon sang. »

— Comment as-tu pu me dissimuler tout ça ? demanda-t-il, outré et blessé. Jack m’a révélé que tu devais devenir une vampire au printemps dernier, mais que tu avais changé d’avis à cause de moi. Et je t’en remercie, sincèrement, mais tu as failli le faire ! Et tu ne m’aurais rien dit ? Tu devais faire face à la décision la plus importante de ta vie, et tu ne m’en as pas touché un seul mot.

— J’étais coincée, soupirai-je. Ils me l’avaient ordonné, et j’avais soulevé le même argument que toi. Je ne voyais pas en quoi il valait mieux disparaître plutôt que de t’expliquer. Et ils ont avancé que tu aurais trop de mal à mener une vie normale en ayant connaissance de leur existence.

— Mais tu aurais pu inventer une histoire. (Il secoua la tête.) Tu aurais pu me raconter que tu étais déchirée entre Peter et Jack, et que tu songeais à t’enfuir avec l’un des deux. C’était proche de la vérité.

— Je n’en sais rien. Ça ne m’a pas traversé l’esprit, je suppose, soupirai-je. Écoute, excuse-moi de t’avoir dissimulé ça. Mais, au moins, je peux me confier à toi désormais, pas vrai ?

— À propos, intervint Milo avec un petit sourire en inclinant la tête, j’ai entendu dire que tu avais embrassé Jack la nuit dernière ?

— Les nouvelles vont vite.

J’évitai de croiser son regard et ce qu’il insinuait.

— Arrête. On n’est que quatre à la maison. Tu es notre seul sujet de discussion là-bas, s’esclaffa-t-il en secouant la tête. De quoi d’autre pourrions-nous parler ?

En baissant les yeux sur mes pieds, je m’aperçus que le vernis de mes orteils s’était beaucoup écaillé. Pour mieux l’atteindre, je ramenai le genou contre ma poitrine et me mis à gratter le violet foncé avec mes doigts.

— Très hygiénique, souligna Milo en désignant mon pied sur le plan de travail.

Je lui tirai la langue.

— Mais bon, tu t’en fiches, non ? Tu ne manges plus ici, rétorquai-je avant d’esquisser un sourire empreint de tristesse. Mince, tu ne manges plus tout court ! Tu ne seras plus jamais malade. Je ne pense pas que ce soit un problème pour toi.

— Tu évites la principale question.

Il tira une chaise et s’assit, puis tapota le siège vide à côté de lui.

— Viens te poser, poursuivit-il, et me dévoiler tous les détails croustillants.

— Il n’y en a pas, marmonnai-je sans quitter ma place.

— Tu as embrassé Jack ! Tu as forcément des trucs à partager !

— Et ça ne te dérange pas d’aborder le sujet ?

Je le dévisageai, guettant les signes d’une jalousie sous-jacente.

— Non, j’ai carrément tourné la page.

Il se redressa, leva les yeux au ciel puis secoua la tête.

— Bon, d’accord, peut-être qu’il me plaît toujours, mais je ne suis plus aussi jaloux. Tu te rappelles, au club ? Je n’ai pas flippé, pourtant il a passé presque toute la nuit à te coller.

— C’est faux ! me défendis-je, mais je devins écarlate. Il m’a beaucoup protégée, donc il était obligé de me toucher. Ce n’était pas une séance de pelotage, ni rien.

— Non, ça, c’était plus tard, me taquina-t-il avec un clin d’œil appuyé.

— Pas du tout !

— Alice, tout le monde vous comprend. Jack et toi craquez vraiment l’un pour l’autre. Qu’est-ce que tu crois me dissimuler au juste ? me lança-t-il franchement.

Je me tortillai un peu, mal à l’aise.

— Je ne sais pas. (Les bras encore autour de ma jambe, je posai la tête sur mon genou.) J’imagine que je n’ai pas l’habitude de parler de ce genre de choses. Et, sans pouvoir expliquer pourquoi, c’est bizarre d’en discuter à cause de Peter.

— Peter ? Il n’est même pas là. Que vient-il faire dans l’histoire ?

Les yeux de mon frère exprimaient une grande perplexité.

— Rien. (Je secouai la tête.) Tout. Est-ce que Mae t’a appris ce qu’impliquait ce lien entre lui et moi ?

— Oui, enfin, elle a fait de son mieux mais, comme je n’ai même jamais eu de petit ami, c’est difficile de saisir ce que vous ressentez.

Avec sa nouvelle allure, j’étais persuadée qu’il ne resterait pas longtemps célibataire.

— C’est différent d’avoir un petit copain.

Je me rongeai les ongles en contemplant le carrelage usé du sol, réfléchissant à la façon de le formuler.

— De manière très abstraite, c’est comme être amoureux, mais c’est bien plus physique. D’après ce que j’ai compris, quand Jack a réellement soif de sang, c’est plus ou moins ce qu’il éprouve.

— De quoi tu parles ? demanda-t-il en plissant les yeux. Tu sais ce que Jack ressent quand il a faim ?

— En quelque sorte. La plupart du temps, je perçois ses émotions. Enfin, pas exactement, sauf si c’est vraiment intense, mais, en général, j’ai une idée de ce qu’il pense. Je crois qu’il s’alimente toujours avant de me voir, par précaution, mais j’ai ressenti ce qu’il ressent quand il a vraiment envie de goûter mon sang.

Lorsqu’il me désirait ainsi, Jack subissait un changement purement viscéral. C’était brut et fort. Cela revêtait un aspect terrifiant mais, en même temps, c’était enivrant et me donnait sans cesse plus envie de lui.

— Attends, attends, attends ! s’exclama Milo en levant la main pour m’arrêter. Tu ressens ses émotions ? Ce n’est pas normal, si ? Ça ne t’est jamais arrivé.

— Non. J’ignore si c’est normal. Mais bon, je ne sais pas vraiment ce qui l’est, ajoutai-je avec un petit sourire.

— Alors, est-ce que c’est son comportement ou le tien qui est étrange ? demanda-t-il en passant outre à ma tentative de plaisanterie, sans cesser de me regarder avec sévérité.

C’était typique de sa part. Il venait de découvrir un élément qu’il ne comprenait pas et s’était mis en tête de le résoudre.

— Est-ce que c’est lui qui t’envoie ses émotions, ou est-ce que c’est toi qui les absorbes ?

— Les deux ? répondis-je avec un haussement d’épaules désespéré. D’après ce que j’ai pigé, il n’y a rien de naturel dans ce que Jack et moi éprouvons. Tu sais, il n’est pas censé craquer pour moi. Je suis supposée désirer Peter, que je laisse indifférent.

Milo prit une profonde inspiration et hocha la tête.

— Hmm… il s’agit d’une opposition évidente entre l’inné et l’acquis.

On aurait dit un médecin qui posait un diagnostic et, si je n’avais pas été curieuse, je me serais moquée de lui. Je m’attendais à ce qu’il m’annonce, comme dans la chanson Addicted to Love, qu’il me fallait regarder les choses en face, et que j’étais accro à l’amour.

— Quoi ?

— Tu comprends la notion de nature et de culture, n’est-ce pas ?

Il me décocha le même regard exaspéré que lorsqu’il m’enseignait le calcul.

— C’est l’argument de base pour expliquer ce qui nous pousse à agir comme nous le faisons. Est-ce biologique, à cause de notre instinct animal, ou encore de notre éducation ? Les hommes trompent-ils leur partenaire par impératif biologique ou à cause d’un père absent ?

— Pour moi, ce sont deux réponses trop générales pour que l’une d’entre elles soit réellement correcte, répliquai-je. Même si l’on donnait à deux hommes les mêmes gènes et la même éducation, ils pourraient prendre deux décisions opposées.

— Tu ne comprends pas, dit Milo en balayant mon argu ment. Peter et toi, c’est entièrement biologique. C’est ce qui vous attire et, pour des raisons que je ne saisis pas tout à fait, Peter lutte contre sa nature. En même temps, Jack est amoureux de toi à cause de vos personnalités respectives. Il a fait éclore une relation entre vous deux. D’un point de vue scientifique, c’est fascinant.

— Contente de constater que mon dilemme sentimental te captive. Au moins, ça sert à quelque chose, grommelai-je sèchement.

Il se mit à faire tourner le bouchon d’une bouteille sur la table comme une toupie.

— Je ne vois pas où est le dilemme. Jack te plaît, c’est réciproque, et Peter est sur la touche. Le problème est résolu.

— Je suis sûre qu’on croisera Peter au cours du prochain millénaire.

— Qu’est-ce qui te fait croire que tu vivras mille ans ?

— L’immortalité, d’abord.

Je laissai mon pied retomber du plan de travail et m’étirai vers l’arrière pour soulager mes épaules nouées.

— Tu sais que l’immortalité n’est pas à prendre au sens littéral, m’indiqua Milo d’une voix calme. C’est seulement une très grande longévité.

— Donc tu es venu ici pour souligner que je suis un magni fique spécimen pour illustrer le débat nature versus culture, et ensuite pour me révéler que je vais mourir ? demandai-je en fronçant les sourcils.

— En fait, non.

Soudain, il se leva d’un bond, ce qui m’effraya. Il bougeait plus vite qu’avant, et ses mouvements perdaient le côté maladroit de ses débuts de vampire.

— Je suis venu te préparer à dîner.

— Tu sais encore cuisiner ?

La question m’avait paru beaucoup plus intelligente dans ma tête. Comme chaque trait de son caractère s’était amélioré, il aurait été idiot de croire que ses compétences culinaires avaient disparu comme par magie.

— Bien entendu ! Et j’ai prévu de te faire ton plat préféré !

Il se dirigea vers le frigo et fouilla à l’intérieur.

— Hé, est-ce que tu peux avaler de la nourriture ?

Là encore, ça semblait moins stupide dans mon esprit.

— Euh, oui, je peux. Mais je ne la digère pas. (Il se retourna vers moi, des aliments plein les bras.) La semaine dernière, Jack m’a mis au défi de goûter une orange, et c’était horrible, comme manger du sel acide. Je ne sais pas trop comment te l’expliquer. Mais je l’ai mangée et, au bout de cinq minutes, je me suis senti très mal et j’ai vomi. Donc je ne mange plus.

— Dégueu, commentai-je.

Je descendis de mon perchoir et m’emparai de quelques légumes pour les rincer.

— La nourriture ne me tente plus, poursuivit-il. En revanche, je suis toujours partant pour boire du sang. En plus, tu sais quoi ? Il n’a pas le même goût ! s’écria-t-il, enthousiaste, comme s’il venait de m’apporter un éclairage sur un point.

— Tu veux dire par rapport à quand tu étais humain ?

— Aussi, mais ce n’est pas ce que je voulais t’expliquer. Il existe plusieurs types de sang, et leur saveur est différente. C’est vraiment étrange, car je me surprends à avoir soif de certaines sortes. Celui des femmes est différent, celui des Asiatiques, et aussi selon les groupes, par exemple le O ou le AB positif ne se ressemblent pas, continua-t-il, parlant comme lorsqu’il évoquait les ingrédients d’une nouvelle recette qu’il venait d’apprendre. Il y a toute une palette de goûts dans la nature !

— C’est bon à savoir, répondis-je d’un ton hésitant.

— Je parie que le tien a un goût merveilleux.

Il plongea ses yeux dans les miens, suffisamment pour me rendre nerveuse, et je reculai un peu.

— Son odeur est douce et il a l’air… copieux, précisa-t-il.

— Merci. Et sans vouloir paraître malpolie, tu me fais un peu flipper, là.

— Pardon. (Il secoua la tête et commença à couper une tomate.) Je ne peux pas faire abstraction de son odeur, tu sais ?

— Eh bien, au moins, essaie de ne pas fantasmer en pensant que tu le bois, grimaçai-je.

Il parvint à ne pas m’attaquer pendant qu’il préparait le reste de mon repas. Il s’assit et me regarda manger, mais c’était toujours agréable, comme lorsque nous mangions ensemble avant. Même s’il ne ressemblait plus tout à fait à mon frère, et qu’il ne l’était plus réellement, nous étions encore une famille.

Mais une famille en pleine mutation.

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