T2 Destinés

Amanda Hocking · Chapitre 21 sur 30

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T2 Destinés

Chapitre 20

 

 

Lorsque mon portable vibra, j’étais en train de sangloter. Milo et Jane étaient toujours inconscients et ne remarquèrent rien. Le moteur tournait encore, et je recevais le souffle glacial de la climatisation. J’avais perdu du sang et j’étais morte de soif. J’avais l’impression de tomber en état de choc.

Je tremblais tellement que je m’aperçus à peine que mon téléphone vibrait. Quand je m’en rendis compte, je m’empressai de décrocher.

— Allô ? dis-je en m’efforçant de ne pas paraître à la limite de l’hystérie.

— Alice ?

Jack semblait lui-même un peu paniqué. Il se trouvait manifestement dans un endroit bruyant, avec des gens qui parlaient et une voix qui me fit penser à celle d’un animateur radio.

— Ça va ? demanda-t-il. Qu’y a-t-il ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Je t’ai appelée. Pourquoi tu n’as pas répondu ?

— Je vais bien, reniflai-je. Je n’ai pas entendu mon portable sonner. Tu rentres ?

— Oui, je suis à l’aéroport en ce moment même.

D’où les sons qui l’entouraient. Je perçus aussi la voix d’Ezra qui lui posait une question.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que tout le monde va bien ? Quand je ne suis pas arrivé à te joindre, Ezra a téléphoné à Mae, qui lui a dit que Milo était chez toi. Est-ce qu’il va bien ? Il a fait une bêtise ?

— Non, il n’a rien. (Je ravalai ma salive pour éviter de me remettre à pleurer.) Il est passé et m’a expliqué qu’il avait besoin de sortir, puis Jane m’a envoyé un texto…

— Jane ? reprit Jack d’un ton moqueur. J’aurais dû me douter qu’elle avait un truc à voir dans cette histoire.

— Elle m’a sauvé la vie, ce soir, Jack ! protestai-je, agressive.

En toute honnêteté, je ne m’étais jamais sentie aussi proche d’elle qu’à présent. En la regardant, endormie sur la banquette avec ses deux petites traces de morsure sur le cou, je savais désormais qu’elle tenait à moi. Elle avait risqué sa vie pour moi.

— Elle a quoi ? (Sa voix se transforma en grondement affolé.) Nom de Dieu, que s’est-il passé, Alice ?

— On est allés en boîte, juste un club gay normal, précisai-je. On était en train de danser, tout allait bien, mais ensuite les vampires de l’autre soir, Violette et Lucian, ont surgi de je ne sais où. Ils nous ont poursuivis, et Milo s’est battu contre eux, puis on est montés dans la voiture et on a roulé toute la nuit.

— Attends. Ils vous ont couru après ?

— Oui. Mais j’ignore à quel moment on les a semés. Peut-être après la raclée que leur a infligée Milo.

Je jetai un coup d’œil autour de moi, craignant soudain qu’ils soient tapis quelque part dans l’obscurité, mais le ciel commençait à s’éclaircir.

— En revanche, Milo est blessé. Et il a perdu du sang.

— Il ne t’a pas mordu, si ?

Jack avait l’air écœuré et apeuré, et la voix tonitruante d’Ezra résonna derrière lui, lui demandant ce qui se passait, mais Jack ne lui répondit pas. Il était trop soucieux pour cesser de me parler, même l’espace d’une seconde.

— Non, il ne m’a pas mordue.

Les larmes me montèrent de nouveau aux yeux, et je tâchai de chasser de mon esprit l’image de mon frère en train de ronger le cou de mon amie comme un chien enragé.

— Mais il a mordu Jane.

— Oh ! soupira-t-il. Est-ce qu’elle… va bien ?

— Oui. Ils vont bien tous les deux. Ils sont inconscients dans la Jetta.

J’essuyai mes larmes avec la paume de ma main. J’aurais souhaité me sentir moins perturbée. J’avais passé beaucoup de temps en compagnie de vampires, et je voulais devenir l’une d’entre eux, alors leur comportement n’aurait pas dû me gêner.

— Vous êtes encore dans la voiture ? demanda Jack. Il est presque… il est plus de 5 heures là-bas. Tu dois réveiller Milo et le ramener à la maison avant le lever du soleil. Sinon, il sera trop fatigué pour pouvoir faire quoi que ce soit.

— Mais il n’y a pas moyen ! pleurnichai-je.

Jane changea de position, mais garda les yeux fermés.

— Réveille-les. Frappe Milo s’il le faut. Vous devez absolu ment rentrer, soupira Jack. Si des vampires sont encore sur vos traces, vous ne pouvez pas rester dans la voiture jusqu’à ce qu’ils vous trouvent. Débrouille-toi pour réveiller Milo et rentrez !

— OK.

En observant le visage endormi de Milo et le filet de bave teinté de rouge qui s’échappait de sa bouche, je songeai que c’était plus facile à dire qu’à faire.

— Nous allons embarquer. Je rentre le plus vite possible. Retournez à la maison et n’en bougez pas. Mae s’occupera de tout jusqu’à mon arrivée, m’assura-t-il d’un ton ferme. Et dépose Jane chez elle.

— Et comment elle va réagir ? demandai-je. Par rapport aux vampires… et au fait que Milo l’a mordue ?

— Elle se sentira fatiguée quand elle se lèvera, mais rien de plus. Et ils n’en ont pas après elle, je me trompe ? Elle sera plus en sécurité en s’éloignant de toi. Alors tu la laisses chez elle et, demain, tu pourras lui téléphoner et lui raconter ce que tu veux. D’accord ?

— Compris. Maintenant, je vais essayer de réveiller Milo.

— Bien. Appelle-moi en cas de besoin. Ou Mae. Ou même le Samu. Ce sera mieux que rien. (Manifestement, Jack avait peur de me quitter.) Alice ? Prends soin de toi, OK ? Cours. D’accord ? Cours sans te poser de questions.

Je raccrochai et entrepris de réveiller mon frère. Je ne l’avais jamais vu aussi profondément assoupi, même quand il était petit. Je tendis la main vers lui et le secouai. Il me repoussa, comme Jane, mais avec plus de force.

— Milo ? criai-je, déclenchant un gémissement de Jane près de moi. Milo ?

— Qu…

Il remua la tête mais garda les yeux fermés.

— Milo, tu dois émerger ! m’exclamai-je avant de lui donner une claque.

— Quoi ?

Il leva brusquement la tête et me fusilla de ses yeux surpris et injectés de sang.

— Tu dois te réveiller et nous conduire à la maison. Le soleil va bientôt se lever.

Les larmes sur mes joues séchaient mais plus il retrouvait ses esprits, plus il s’apercevait à quel point j’étais bouleversée.

— Ça va ? s’inquiéta-t-il.

— Oui. Il faut qu’on parte. D’abord, on doit déposer Jane chez elle.

Il se retourna et l’observa respirer pendant un moment, puis me dévisagea. Désormais, il était complètement réveillé, ses yeux avaient repris leur lueur habituelle et n’étaient même plus injectés de sang. Il guettait ma réaction vis-à-vis de lui.

— Je t’ai fait peur, déclara-t-il d’une voix égale, sans laisser paraître ses émotions.

— On pourrait en discuter plus tard ? J’ai juste envie de rentrer.

Il acquiesça, puis sortit du parking à toute allure en direction de l’appartement de Jane. Elle avait garé sa voiture en ville, mais nous jugeâmes plus prudent de la ramener chez elle.

Lorsque nous arrivâmes devant son immeuble, elle était toujours inconsciente, mais ce n’était pas la première fois qu’elle rentrait dans cet état. Milo se leva et la porta jusqu’au hall d’entrée en prétendant qu’il avait plus de mal à la soutenir qu’en réalité, et le gardien se chargea de la monter chez elle.

Pendant le trajet de retour, je restai muette, et Milo également. J’appuyai ma tête contre la vitre froide, remarquant à quel point le ciel était couvert malgré le jour qui pointait. J’envisageai de révéler à Milo que j’avais eu Jack au téléphone, mais je n’avais aucune envie de parler de ce qui s’était passé durant la nuit.

J’entrai avec Milo dans la maison de Jack et, dès que Mae m’aperçut, ses yeux se remplirent de larmes de détresse. Elle se précipita vers moi et m’étreignit.

— Oh ! ma puce, tu n’as rien, sanglota-t-elle contre mon épaule tout en me caressant les cheveux. Tout va s’arranger. Tu es en sécurité.

Elle s’écarta de moi juste assez pour s’adresser à mon frère, qui m’avait suivie, l’air contrit.

— Ça va ?

— J’ai connu mieux, répondit-il.

— Tout ira bien pour toi aussi, dit-elle, le touchant d’un geste tendre.

— J’ai besoin de prendre une douche, répliqua-t-il en s’éloignant d’elle, puis il quitta la pièce.

— Laisse-moi te regarder, déclara Mae en me tenant à bout de bras pour m’inspecter.

Elle me fit doucement pivoter afin de répertorier toutes mes plaies.

— On ferait bien de te nettoyer avant que Jack voie ça, sinon il va tuer ton frère.

— Ce n’était pas la faute de Milo, balbutiai-je entre deux sanglots.

— Je sais, ma puce, me réconforta-t-elle en essuyant les larmes de mon visage. Tu te sentiras mieux une fois lavée.

Je hochai la tête, puisque je pleurais trop pour décocher un mot. Elle fit couler un bain parfumé au lilas dans la baignoire Jacuzzi, et je m’y prélassai si longtemps que je faillis m’y endormir.

Elle resta avec moi pendant un moment et m’expliqua qu’Ezra l’avait appelée pour tout lui raconter. Jack et lui devaient rentrer deux heures plus tard mais, d’ici là, je ne craignais absolument rien et devais prendre le temps de récupérer.

Une fois sortie du bain, j’examinai un instant l’étendue des dégâts. Plusieurs vilaines griffures marquaient mon dos et mes chevilles. Un gros bleu violacé se formait sur mon bras à l’endroit où Milo m’avait saisie, mais je ne pouvais pas le lui reprocher. Cependant, j’avais mal partout.

J’enfilai une culotte propre et un peignoir douillet. Je me séchai les cheveux jusqu’à ce qu’ils ne soient plus qu’humides, puis je quittai la chaleur de la salle de bains pour retrouver la fraîcheur qui régnait dans toutes les autres pièces de la maison.

Mae était dans la cuisine, occupée à me préparer de la soupe et du thé qui, selon elle, soulageaient tous les maux. Elle finit par m’avouer que c’était Milo qui avait tout fait avant de se retirer à l’étage parce qu’il avait trop honte pour me voir.

Je m’attablai à l’îlot pour boire consciencieusement la soupe et le thé. Mae me contempla avec une fascination perturbante, dont je choisis de ne pas tenir compte. Même si je n’avais pas faim, la chaleur des boissons me réchauffa. Après cette nuit atrocement longue, j’avais hâte de me pelotonner sous les couvertures et de dormir.

Je me levais dans ce but lorsque Jack fit irruption dans la pièce. Ses cheveux étaient ébouriffés et, cette fois, ce n’était pas voulu. Il portait un pantalon de survêtement marron, un tee-shirt fauve et un blazer rayé… une tenue improbable.

Quand je le vis, je constatai la peur et le soulagement qui se lisaient dans son doux regard bleu ainsi que la merveilleuse chaleur qui se dégageait de lui. Sa simple présence éclipsa tout le reste. En quelques secondes, il me rejoignit et me souleva de terre en me serrant dans ses bras.

— Dieu merci ! tu vas bien, murmura-t-il contre mes cheveux humides.

Il se résolut à me reposer. Il me prit le visage entre les mains et examina mes yeux, cherchant un signe de traumatisme, puis passa mon corps en revue autant que le peignoir le permettait. Quand il remarqua les entailles sur mes jambes et mon genou écorché, ses yeux se durcirent brièvement mais, lorsqu’il les plongea de nouveau dans les miens, ils avaient retrouvé leur douceur.

— Comment tu te sens ? me demanda-t-il en balayant une mèche de mon front.

— Bien, acquiesçai-je. Vraiment. Je suis heureuse que tu sois rentré.

— J’aurais voulu que l’avion vole plus vite, m’assura-t-il avec un sourire en se passant la main dans les cheveux.

— J’ai bien cru qu’il allait prendre la place du pilote, renchérit Ezra pour essayer de détendre l’atmosphère.

Lorsque je le regardai, il m’adressa un sourire, soulagé lui aussi.

— Je suis content de voir que tu vas bien, Alice.

— Merci.

— Mais je devrais aller vérifier comment va Milo. Où est-il ? s’enquit-il en se tournant vers sa femme.

— Il est cloîtré dans sa chambre depuis qu’ils sont revenus.

D’un regard, Mae signifia à Ezra que mon frère non plus n’avait pas très bien vécu ce qui s’était passé.

Jack ne me quittait pas des yeux, comme s’il avait peur que je disparaisse. Du coin de l’œil, je vis Ezra sortir de la cuisine. De son côté, Mae avait commencé à laver la vaisselle et ne pouvait pas nous voir.

— Pourquoi tu as mis un jogging avec un blazer ? demandai-je à Jack lorsqu’il me sembla qu’il allait rester planté là à me dévisager.

Je touchai la poche de sa veste, et il éclata de rire.

— Quand j’ai reçu ton message, on était en train de dormir, expliqua-t-il avec un sourire timide. Nous avions des réunions très tôt ce matin mais comme j’ai eu ton texto on a annulé nos rendez-vous et on a changé notre vol. Du coup, je suis resté en pyjama. J’ai enfilé ma veste parce qu’il faisait froid et qu’il pleuvait. C’est mon costume de travail. Ça te plaît ?

— Oui, dis-je en caressant l’un des boutons en platine qui lui conféraient une allure superbe. Je me demandais justement ce que tu portais en déplacement professionnel.

— Eh bien voilà. Enfin, avec le pantalon assorti.

Ses yeux brillaient. Il commençait à se faire à l’idée que j’étais indemne.

— Tu as l’air fatiguée, poursuivit-il.

— Toi aussi, répliquai-je.

Il était plus de 8 heures, soit bien trop tôt pour être debout, pour lui comme pour moi.

— On va se coucher ? proposa-t-il en me prenant par la main, s’apprêtant à m’entraîner dans une autre pièce.

— Jack.

Près de l’évier, Mae lui lança un regard sévère.

— Si tu crois que je vais la laisser hors de ma vue, tu te trompes, lui affirma-t-il d’une voix sereine.

— Autant l’enterrer tout de suite, souligna-t-elle en me dési gnant du doigt sans cesser de le fusiller des yeux, mais elle ne pouvait pas nous en empêcher.

— Merci pour l’avertissement, marmonna-t-il sèchement.

Il m’entraîna à l’étage, ses doigts toujours mêlés aux miens. Il marchait très doucement et ne cessait pas de me regarder pour s’assurer de ma présence. Une fois dans sa chambre, il alluma la lumière et referma la porte. Il me lâcha alors la main, quitta son blazer et le laissa tomber par terre, puis se retourna vers moi.

— Je… je n’ai pas de pyjama, avouai-je, mal à l’aise.

Je ne portais qu’une culotte en coton sous le peignoir moelleux, parce qu’après le bain c’était ce qui m’avait semblé le plus confortable.

— Ce n’est pas grave.

Il m’adressa un sourire, mais pas coquin.

Il s’avança vers moi et, très lentement, défit la ceinture de mon peignoir. Il m’interrogea du regard pour voir si cela ne me dérangeait pas. D’un côté, je voulais l’arrêter. Pas par envie, mais parce que j’allais me retrouver presque entièrement nue devant lui.

Je rougis, et le sourire de Jack s’élargit. Il glissa les mains à l’intérieur du peignoir ouvert et les posa avec douceur juste au-dessus de mes hanches. Ses mains me parurent anormalement chaudes contre ma peau frémissante.

Il me souleva délicatement et me posa sur son lit. Comme j’étais allongée sur le dos, les côtés du peignoir retombèrent. J’étais nue face à lui. Je déglutis péniblement tandis qu’il me contemplait.

Il baissa la tête et déposa un baiser entre mes seins, puis tourna le visage et appuya la joue contre ma poitrine, au-dessus de mon cœur. Il l’écouta battre, sa peau en contact avec la mienne, les mains sur mes hanches.

C’était la façon dont les gens auscultaient le ventre d’une femme enceinte pour écouter le bébé. Ce geste revêtait quelque chose d’étrangement intime et de doux. J’entremêlai mes doigts dans ses cheveux.

Lorsqu’il releva la tête, il plongea son regard dans le mien, et ses yeux bleus devinrent translucides. Il repoussa une mèche de mon front, et son épiderme me parut brûlant contre le mien.

— Est-ce que tu te rends compte que la musique de ton cœur est magnifique ? me demanda-t-il doucement. (Je secouai la tête.) Tu ne sais pas à quel point tu es belle et extraordinaire, sur tous les plans.

Il plaqua ses lèvres sur les miennes. Il était encore tout habillé, mais je sentais sa chaleur à travers son tee-shirt. Il pressait timide ment son corps contre moi. D’instinct, j’allai à sa rencontre avec le mien, et je resserrai mes doigts dans ses cheveux.

Il m’embrassa, et je me mis à trembler d’excitation. Une vague de plaisir me submergea, comme un courant électrique. Une chaleur intense me parcourut. J’avais des papillons dans l’estomac, et mon cœur battait la chamade. Chaque partie de mon être le réclamait.

Le souffle court et rauque, il promenait les mains avec avidité sur ma peau. Il accompagnait mes mouvements avec son corps, mais ce fichu tissu nous séparait. J’avais envie de lui arracher ses vêtements, mais je savais que, même nu, il ne serait pas assez proche de moi. Je voulais sentir son cœur battre à l’unisson avec le mien, et il n’y avait qu’une façon d’y parvenir.

— Fais-le, lui chuchotai-je à l’oreille, puis je renversai la tête en arrière, dévoilant ma gorge.

Il pressa doucement les lèvres contre ma veine et cessa de bouger tandis que je me plaquai contre lui. Il essaya de résister, mais son désir constant pour moi l’emporta.

La douleur intense ne dura qu’une seconde, puis une onde d’extase se propagea dans mon corps à partir de mon cou. Son cœur cognait dans sa poitrine, et je sentais aussi ce bruit sourd dans la mienne, juste au-dessus de mon cœur. Je n’avais jamais connu une sensation aussi merveilleuse que celle de ce double battement.

Je le sentais dans ma bouche, ainsi que le goût de miel acidulé de son sang, même si en réalité je ne l’avais jamais bu. Je percevais la façon dont son sang parcourait ses veines, et les miennes, comme de la soie liquide et chaude.

Et, plus que tout, je sentais combien il m’aimait, un amour pur et brut, qui semblait venir de l’intérieur et se diffuser dans tout mon être. C’était plus profond que tout le reste. Je n’aurais jamais cru que des émotions de cette force existaient.

Quelque part au fond de moi, j’avais honte parce que je comprenais qu’il pouvait mesurer l’ampleur de mes sentiments pour lui et, manifestement, mon amour n’était pas comparable à celui qu’il éprouvait pour moi.

Puis l’intensité commença à diminuer, à devenir plus floue. C’était encore spectaculaire, mais j’avais à présent davantage l’impression de rêver. Je perdais connaissance, et je songeai à prévenir Jack, mais la sensation était bien trop divine pour lui dire d’arrêter.

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