T2 Destinés
Chapitre 28
J’ignore le nombre de jours qu’il m’a fallu pour me transformer. Dans son livre, Peter avait décrit ses impressions pendant le processus ainsi : … comme si l’on m’avait ouvert le ventre avant de le remplir d’anguilles. Je n’ai pas trouvé de formule plus exacte.
Bien sûr, cela n’exprime pas la douleur atroce que mon corps avait subie tandis que mes organes se déplaçaient et mouraient. À l’intérieur, tout bougea et se reconstitua pour s’adapter à la créature entièrement différente que j’allais être.
La transformation se déroula dans un flou délirant. Je n’étais jamais endormie, mais jamais vraiment réveillée. J’avais le vague sentiment de vivre un cauchemar, et je ne parvenais presque pas à distinguer la réalité du reste.
La douleur et la faim me réduisaient le cerveau en bouillie, et je rêvais que des scarabées et des serpents dévoraient ma chair. Lorsque je fermais les yeux, mes visions n’étaient jamais agréables.
Le seul moment de lucidité dont je me souvienne, c’est de m’être réveillée après avoir rêvé que je prenais feu. Bizarrement, dans mon rêve, je m’étais retrouvée à chanter Ring of Fire de Johnny Cash.
Quand je commençai à me réveiller, je m’aperçus que ma voix n’était pas la seule que j’entendais. J’en discernais une autre, bien plus parfaite que la mienne, rauque et brisée.
J’ouvris les yeux, qui me brûlèrent en dépit de la faible lueur qui régnait dans la pièce. Je ne voyais presque rien. Plus tard, ma vision serait meilleure que celle d’un aigle mais, à ce moment-là, j’étais presque aveugle.
Je distinguai vaguement une silhouette. Je n’en percevais pas encore les détails, mais impossible de ne pas reconnaître ces cheveux en bataille. Malgré ma douleur et ma confusion, la joie m’envahit.
— Jack, murmurai-je, la voix rêche. Tu es vraiment là ?
— Chut… Repose-toi.
Il écarta une mèche de mon front, me provoquant une douleur atroce, mais je savourai le contact de ses doigts sur ma peau, parce qu’ils lui appartenaient.
— Mais…
Je tentai de protester, mais ma gorge était irritée à force d’avoir chanté et déliré.
— Je suis tout près, et je vais rester ici jusqu’à ce que tu te réveilles réellement. D’ici là, repose-toi, et on discutera de tout ça plus tard.
Aucun son ne m’avait jamais paru aussi merveilleux que celui de sa voix, et je voulais qu’il continue à parler. Malheu reusement, la douleur et l’épuisement l’emportèrent. Mais, chaque fois que j’avais un éclair de lucidité, il était présent à mon chevet.
Enfin, la soif s’empara de moi, et j’entendis le cœur de Jack battre. Au lieu de me rassurer, ce son ne fit qu’amplifier ma soif.
Au début, j’étais assoiffée et affamée, désirant en même temps du sang et des aliments, mais mon corps subissait une transition et ne pouvait rien digérer. Je dus attendre d’avoir franchi cette étape et d’être complètement épuisée par ce processus avant de pouvoir m’alimenter.
La soif qu’éprouve un vampire n’a rien de commun avec celle des humains. Elle est plus qu’insatiable, et va bien au-delà d’une faim vorace. Elle est plus intense qu’un désir avide. C’est à la fois un mélange de toutes ces sensations, décuplées, tout en étant différent.
Tout mon être était tourné vers un unique objectif, qui occultait tout le reste. Mon corps me semblait comme victime d’une maladie jusqu’à ce qu’enfin j’avale du sang.
Sous la surveillance de Mae et d’Ezra qui se tenaient chacun à un bout de la pièce, Jack me donna une poche de sang dont je descendis le contenu avec avidité. Ce n’était rien en comparaison du sang de Jack. Enfin, pas rien. C’était délicieux, cela me réchauffa et me procura une sensation de bien-être, mais ce n’était pas aussi fort ou fabuleux qu’avec Jack.
Comme auparavant, et comme lorsque Milo s’abreuvait, le sang m’enivra. Je m’assoupis presque instantanément après, et dormis beaucoup mieux que depuis des jours. J’eus enfin l’impression de récupérer et, exceptionnellement, aucun rêve ne peupla mon sommeil.
Plus tard, je me réveillai et posai alors pour la première fois mes yeux de vampire sur le monde.
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Amanda Hocking a toujours écrit des histoires. Elle a fini son premier roman à dix-sept ans. Puis elle en a écrit d’autres. Beaucoup d’autres. Elle a décidé d’autopublier l’une de ses séries, De mon sang, en livre numérique. Des blogueurs l’ont lue, adorée et chroniquée. Aujourd’hui, à vingt-sept ans, elle a vendu plus d’un million d’exemplaires dans le monde entier. Amanda Hocking est très proche de ses lecteurs et communique sur tous les réseaux sociaux ainsi que sur son blog, où elle partage son expérience d’écrivain avec ses fans.
De mon sang est sa première série publiée en France.
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