Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)
Chapitre 9
Quartier d’East Los Angeles, Maison de Sheila, à proximité de chez Cullen
Puisque je suis de plus en plus cinglé et que nous nous apprêtons à entrer en guerre, sans savoir qui parviendra à en réchapper, autant jouer les abrutis jusqu’au bout, non ?
Et par là, je veux dire qu’au vu de la situation désespérée dans laquelle le MC se trouve actuellement, je suis d’avis que je n’ai plus rien à perdre à outrepasser certaines limites. C’est sans doute pour cette raison que je reconduis Méghane chez elle dans un premier temps pour qu’elle puisse préparer ses affaires, avant d’en faire de même avec Sheila.
L’inverse aurait été plus problématique. Pourquoi ? Je décide d’agir à l’encontre de tout sens moral. Ce soir, je vais enfreindre sciemment les règles que j’ai juré de suivre en rejoignant les Death Angels. Et je vais le faire de bon cœur.
J’ai conscience, comme à chaque fois que je m’apprêtais à entrer sur le terrain au sein de l’armée, que je vis peut-être mes derniers instants sur cette terre, alors pourquoi les gâcher en me privant de la seule chose qui me rend vivant et qui donne un sens à ma piètre existence ?
Ce soir, que Cullen me pardonne, je compte rester auprès de Sheila et… l’aimer comme elle mérite de l’être.
Je ne suis pas stupide au point de ne pas reconnaître ces sentiments qui agitent mon palpitant quand je suis près d’elle. Je ne voulais tout simplement pas y céder, parce que c’est injuste pour elle.
Sheila mérite quelqu’un de tellement mieux que moi. Quelqu’un qui pourra prendre soin d’elle au quotidien. Quelqu’un qui ne possède pas sous son crâne un alter ego qui pourrait lui faire du mal à n’importe quel instant.
Pourtant… même en étant au courant de la plupart de mes névroses, cette merveilleuse femme n’a jamais fait machine arrière. Elle n’a jamais tremblé devant moi, pas même en apercevant la folie briller dans mes yeux. Au contraire, elle semble être la seule à réellement pouvoir lire en moi et à savoir comment m’apaiser.
Ce soir, je suis désormais trop las pour faire preuve d’honneur.
En cet instant, ce que je désire le plus au monde, c’est entrer chez elle, et n’en ressortir qu’au petit matin, comblé après avoir passé la nuit dans ses bras.
Sheila doit être sur la même longueur d’onde que moi, puisqu’au moment où je me gare dans son allée de garage, elle effleure mon genou de sa main.
— Tu rentres, poussin ?
Je pivote la tête dans sa direction pour pouvoir plonger dans ses magnifiques prunelles bleues.
— Plutôt deux fois qu’une.
Je la vois déglutir sous l’intensité de mon regard.
— C’est vrai ?
Je me penche par-dessus le levier de vitesse pour l’embrasser.
— Oui. Ce soir, il n’y a que toi et moi qui comptons. Le reste n’a pas d’importance.
— Mais… et le club ? Les règles ?
Je chasse sa répartie d’un geste de la main.
— J’en ai rien à foutre. Je vais peut-être crever au cours de cette guerre. Et je ne crèverai pas sans t’avoir aimé comme tu le mérites.
Je fais courir le bout de mes doigts sur le renflement de sa poitrine.
— T’es une putain de déesse, Sheila. Et ce soir, je vais t’adorer comme il se doit.
Je baisse soudainement le regard.
— Si… c’est c’que tu veux, bien sûr.
Elle glisse tendrement son doigt sous mon menton pour me forcer à relever les yeux.
— Tu as mon consentement, Teddy. Tu l’as toujours eu.
Je déglutis. Je ne suis pas très doué pour gérer mes émotions, or cet instant en est rempli. Il y a tellement de non-dits entre nous, de différences dans nos façons d’être, et pourtant nous désirons la même chose.
Je ne la mérite pas, putain !
— Tu viens ? murmure Sheila.
Je me racle la gorge pour me donner contenance.
— Passe devant, je vais faire le tour pour m’assurer que tout est OK.
Sheila m’adresse un sourire.
— Ok. Je t’attends.
***
Je fume comme un pompier à la recherche de mes couilles.
Ça doit faire dix bonnes minutes que Sheila est rentrée chez elle, j’ai déjà fait le tour de la baraque deux fois, tout est clean, et me voilà à faire le pied de grue sur son paillasson.
Bordel, mais qu’est-ce qui me prend ?!
Ce n’est après tout pas la première fois que je m’apprête à faire l’amour avec une femme. Et ça ne sera pas non plus la première fois avec Sheila. Alors qu’est-ce qui me retient ?
Si j’étais moins con, j’avouerais qu’il s’agit du poids des sentiments que je ressens pour elle.
Parce que baiser une nana anonyme ou une conquête de passage, ça n’a rien de compliqué. Il n’y a aucune attente. On le fait simplement pour prendre son pied.
La situation face à laquelle je me trouve actuellement est plus complexe. Je ne doute pas de parvenir à faire grimper Sheila aux rideaux. Là n’est même pas la question. Ce qui me remue les tripes c’est que… j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Les relations sexuelles que nous avons eues jusqu’à maintenant se sont produites dans le feu de l’action. Là, c’est calculé, réfléchi.
Je vais entrer dans cette maison pour faire l’amour à cette femme, trahissant ainsi volontairement mon MC, manquant de respect à mes frères d’armes.
Parce que oui. Je sais que, même si les règles peuvent s’assouplir dans certaines circonstances, comme nous l’ont prouvé Connor et Genesis, je ne suis pas certain que ça s’applique dans mon cas. Je mettrai ma queue à couper que si Cullen et Hunter l’apprennent, ils m’arracheraient les couilles.
— Teddy ? m’appelle Sheila, me sortant de mes pensées.
J’éteins ma clope et la balance dans le cendrier avant de me tourner vers elle, et de… littéralement me figer sur place. Sheila ne porte rien de plus qu’une nuisette toute en transparence qui magnifie la beauté de son corps.
Oui elle a donné la vie, oui elle porte les cicatrices de la maltraitance subie aux mains de son mari, mais toutes ces marques… la rendent plus belle encore. Elles retracent son histoire, la femme forte qu’elle est.
— Oui ? dis-je en déglutissant.
— Tu viens ?
Je hoche la tête pour toute réponse. Je sais, on m’a connu plus loquace. Elle tend sa main dans ma direction, je m’en empare. Elle me sourit et m’entraine jusque dans sa chambre. Je ralentis brusquement.
— Attends. Je vais prendre une douche, OK ?
Sheila se plaque brusquement contre mon corps.
— Il en est hors de question !
Elle se dresse sur la pointe des pieds, niche mon visage dans mon cou et hume mon odeur.
— Tu sens l’homme, le vrai. Et tu sais quoi ? ajoute-t-elle en attrapant ma main et en la glissant entre ses cuisses déjà humides. Il se trouve que je trouve ça très sexy.
En sentant la chaleur de son sexe contre ma main, je retiens difficilement un grognement.
— Putain, femme, tu vas me tuer ! clamé-je en la soulevant dans mes bras comme un animal et en fonçant vers son lit.
Je la jette au milieu du matelas, grimpe dessus à mon tour et me place à genoux devant elle. Son regard plonge dans le mien. Le désir qu’elle ressent pour moi me cloue sur place. Je fais lentement courir mes doigts sur l’intérieur de ses cuisses avant de les écarter.
— Cette fois, c’est juste pour toi.
Laisse-moi te montrer ce que tu représentes pour moi…
Je n’ajoute pas cette dernière partie. Comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas doué pour gérer mes émotions ni exprimer mes sentiments. Par contre, je sais comment les lui prouver. Et c’est ce que je vais faire de ce pas.
— Teddy… me sermonne-t-elle. Je veux te toucher.
Je chasse sa main, et fais claquer ma langue.
— Chut, laisse-moi faire.
Je ne lui laisse pas le temps d’ajouter quoi que ce soit, je déchire sa sublime nuisette pour offrir son corps à mon regard. Elle est tellement bandante putain. Sa poitrine se soulève frénétiquement, ses tétons pointent dans ma direction, sa chatte ruisselle d’humidité, et sa peau se couvre de frissons sous le poids de mon regard.
Et moi ? Je bande comme un âne, la bave aux lèvres.
— Dieu que tu es belle ! la complimenté-je en venant recouvrir son corps du mien pour capturer ses lèvres.
Je l’embrasse comme j’en rêve depuis des lustres, sans rien retenir du désir qui fait rage en moi. J’enfonce ma langue dans sa bouche, je la dévore, je la malmène, je la domine. Ce petit jeu ne me satisfait pas longtemps.
J’ai faim d’elle. Je veux la dévorer toute entière.
Je veux graver chaque centimètre de son corps dans mon esprit, sur mes lèvres, sur ma peau.
Elle pousse un soupir de contentement lorsque mes doigts se referment sur son lobe d’oreille.
— Accroche-toi, ma belle. J’essaie de ralentir le rythme… mais putain, j’y arrive pas !
Elle pousse un gémissement sonore, comme si mes paroles venaient d’allumer un feu en elle. Elle croise mon regard et écarte délibérément plus largement ses jambes en cambrant le dos pour s’offrir à moi. Et rien qu’à moi.
C’est moi qu’elle veut.
Putain.
Je lui adresse un sourire carnassier avant de me laisser tomber à genoux à côté du lit. Après quoi je l’attire jusqu’au bord du matelas et glisse ses jambes sur mes épaules.
— Teddy… me supplie-t-elle.
Bien disposé à exaucer ses prières, je jette un coup d’œil désespéré à son intimité.
— Merde, t’es trop sexy !
La suite se passe de commentaires. Je niche mon visage contre son entrejambe et hume son odeur féminine à m’en faire éclater les sinus. Après quoi, je fais courir ma langue contre ses replis intimes, faisant exploser sa jouissive saveur sur mes papilles gustatives. Ma queue pulse dans mon froc et proteste d’être à l’étroit. Pas de chance, ce moment n’est pas pour elle.
Je contemple à nouveau le sexe de Sheila en me léchant les lèvres et… je ne me retiens plus. Je fonds sur elle comme un affamé et lui dévore la chatte avec toute la bestialité que j’ai en moi. Je ne la ménage pas. Tout y passe. Je la lèche, je le suce, je la mords, je la doigte. Je m’enfonce en elle, je m’attarde sur son clitoris, je vais même jusqu’à effleurer l’autre entrée de son corps. Je ne me refuse rien, je lui offre tout.
— Teddy… J’en peux plus, hurle-t-elle en s’agrippant au matelas.
— Je suis là ma belle.
Je sais ce qu’elle veut et je suis plus que disposé à le lui offrir. Sans tergiverser, j’ouvre mon cuir, en sors ma queue, soulève ma douce Sheila dans mes bras et l’installe sur mes cuisses. Elle croise mon regard, le sien est enfiévré par le plaisir.
Elle me sourit et attrape mon sexe, avant de le guider en elle et de s’empaler dessus d’une seule poussée.
— Putain, oui ! Teddy, baise-moi !
— Ce que femme veut, grogné-je entre mes dents serrées.
Je pivote sur moi-même et l’allonge sur le sol avant de me mettre à la pilonner vigoureusement. Encore une fois, je prends garde à faire passer son plaisir avant le mien. Je ralentis le rythme et glisse une main entre nos deux corps pour caresser son clitoris au rythme de mes coups de reins.
Son souffle se fait de plus en plus haletant, son corps se crispe. Je souris comme un perdu et attrape une de ses jambes, je pose sa cheville sur mon épaule afin de changer l’angle et pouvoir la pénétrer plus facilement.
Et là, son vagin comprime ma queue alors qu’elle jouit en poussant un gémissement qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Tel un incroyable souvenir que je chérirai dans les jours les plus sombres de mon existence.
Sheila redescend lentement sur terre, je suis toujours en elle. Je n’ai pas joui, mais je m’en contrefous. Elle a pris son pied et semble comblée, c’est tout ce qui compte à mes yeux. Seulement Sheila ne l’entend pas de cette oreille.
— Dis-moi quoi faire pour t’aider. Je veux que tu jouisses en moi, je veux te sentir me remplir.
Je détourne brièvement le regard, cette simple demande me rappelle à quel point je suis bousillé, à quel point je ne mérite pas d’être en elle.
— Pas besoin. Je suis très bien comme ça, dis-je en caressant son mamelon.
— Va te faire foutre Teddy, réplique-t-elle en plaquant ses mains sur mon torse.
J’ai à peine le temps de réaliser qu’elle me fait tomber sur le dos avant de s’installer à califourchon sur mes hanches, ma queue toujours profondément enfouie en elle.
— Tu vas jouir, toi aussi, enfoiré ! ajoute-t-elle en tirant sur mon lobe d’oreille avec ses dents.
Elle se met alors à se déhancher en formant des cercles sur mes hanches, et en se caressant les seins, tout en poussant des gémissements outrageusement sexy. Il n’en faut pas plus pour que mon érection redevienne dure comme le roc.
Seulement, ce n’est pas…
Je siffle en la sentant agripper mes couilles.
Elle se penche sur moi, et murmure à mon oreille :
— Je sais ce qu’il te faut. Fais-moi confiance.
Je ferme les yeux et me laisse aller à l’expertise de cette femme. Elle me tourmente quelques instants en me poussant sur la brèche. Je me mords la lèvre inférieure lorsque je sens son sexe se contracter contre le mien, signe qu’elle prend son pied. Elle se sert de moi pour attiser son plaisir et c’est putain de bandant !
— Caresse-moi, me supplie-t-elle.
Je m’exécute fièrement et lui rend caresse pour caresse, baiser pour baiser. Je vais à la rencontre de chacun de ses coups de reins. Bientôt, seuls nos gémissements et nos peaux claquant l’une contre l’autre sont les seuls bruits présents dans la pièce.
Ma respiration est haletante, mon corps agréablement crispé, je sens des picotements remonter le long de ma colonne vertébrale, mais je sais que je ne pourrais jouir que si…
Sheila m’inflige un mouvement de bassin qui met ma queue au supplice, avant d’agripper mes couilles et de les tordre. La douleur me fait basculer. Je jouis brutalement en poussant un grognement.
Je redescends sur terre en sentant ses tendres caresses sur mon corps. Lorsque je croise son regard, elle m’adresse un sourire éblouissant avant d’embrasser le bout de mon nez.
— Alors, tu vas te plaindre d’avoir pris ton pied ?
Je lève les bras en signe de reddition.
— Jamais.
Normalement, c’est ce que je ferai, je déteste devoir souffrir pour atteindre l’orgasme. Et je hais encore plus demander à mes conquêtes de me faire du mal pour y arriver. Seulement, cette fois, je n’ai rien demandé. Sheila l’a fait elle-même, parce qu’elle le voulait.
Elle est parfaite juste comme ça.
Elle se plie à mes besoins pervers sans se plaindre.
— Bien. Tu apprends vite, plaisante-t-elle en tordant un de mes tétons entre ses doigts. Que dirais-tu d’aller prendre une douche ?
— Seulement si on peut remettre ça.
— On a toute la nuit, poussin.
La Faucheuse soit louée !
Qui aurait cru que ce serait si bon de se damner ?!
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