Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 16 sur 32

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Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre Bonus

HUNTER

 

Putain de soirée.

La peur au ventre, je m’efforce tant bien que mal de chasser l’homme en moi pour endosser comme il se doit mon rôle de président des Death Angels. Il faut que je fasse le vide dans mon esprit afin de pouvoir me concentrer uniquement sur le déroulé de la soirée, qui, je l’espère de tout cœur s’achèvera en notre faveur.

Louée, soit la Faucheuse…

Je serre les poings pour empêcher mes mains de trembler. De peur ? De rage ? À mesure que le temps passe et que nous approchons immanquablement de l’instant fatidique, je ne saurais dire. Peu importe les émotions qui m’habitent, je compte bien les exploiter pour aller au bout de ma mission de ce soir.

Je déteste savoir mes frères d’armes éparpillés dans plusieurs endroits stratégiques de la ville. Je préfère de loin lorsque nous agissons tous ensemble. L’union fait la force, après tout. Or, si nous voulons prendre l’ascendant sur cet enfoiré de Bolgarov, c’est la seule manière de procéder. Et même si ça me tue de savoir Connor, quelque part, à attendre le feu vert avant de se jeter dans la mêlée… Je ne dois pas me focaliser sur lui.

Ce soir, je ne suis pas Hunter Stryker. Je suis le président de mon MC et je dois agir comme tel.

Je suis actuellement le cul vissé sur ma moto, devant une résidence haut de gamme à attendre que Roxie revienne nous trouver. Nous ? Cullen, Crow, et moi. Le trio de choc. J’ai d’ailleurs bien du mal à tempérer mon meilleur ami qui se retrouve affligé par sa douleur, douleur qui alimente sa hargne et son besoin de faire couler le sang de notre ennemi.

Je ne lui jette pas la pierre, je n’en mène pas bien large moi non plus. Pas après ce qu’a fait Bolgarov. Il nous a touchés en plein cœur en abattant plusieurs de nos hommes et en s’en prenant à la princesse de notre club. Il mérite de souffrir mille morts pour tout ça… Seulement, son heure viendra. Il nous faut attendre le bon moment sous peine de rater notre chance de remporter cette guerre.

Je vois la jambe de Cullen tressauter, alors que nous sommes adossés dans l’ombre. Je pose une main sur son avant-bras.

— Ça va aller ?

Mon meilleur ami, mon frère, croise mon regard et hoche la tête.

— Ouais. J’en peux juste plus d’attendre.

Crow ricane.

— Et moi donc !

Je ne relève pas le commentaire du psychopathe de service, j’ai déjà bien assez à faire avec mon vice-président, pour encourager la folie de notre fossoyeur.

— Fais-moi confiance, mon frère. On ne s’arrêtera pas tant qu’il ne sera pas entre nos mains… à ta merci.

Cullen s’apprête à me répondre, lorsqu’une ombre se faufile jusqu’à nous. Je me crispe, la main posée sur mon couteau, prêt à intervenir. Je me calme rapidement en constatant que ce n’est autre que Roxie. Notre alliée inattendue qui s’avance à notre hauteur, tout sourire.

— J’ai vérifié, elle dort à poings fermés. Ça va être un jeu d’enfant de la sortir de là.

Crow se frotte les mains par anticipation.

— Les autres en sont où ? s’enquiert la jeune femme.

Je jette un coup d’œil à mon téléphone. D’après les messages dont il regorge, tout le monde est en place. Ils n’attendent plus que mon ordre pour passer à l’action. Je me racle la gorge.

— Ils attendent le feu vert.

— Et tu attends quoi pour le leur donner, boss ? réplique-t-elle avec un clin d’œil.

Cette nana est complètement barge. Elle semble presque aussi impatiente que nous de faire couler le sang, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne sais pas encore ce qu’il adviendra d’elle et de notre entente, une fois que la guerre sera derrière nous, mais une promesse est une promesse… Elle sera placée sous notre protection.

Je m’empare de mon portable pour envoyer un message groupé à ceux en charge de diriger les autres attaques.

Maintenant.

Je le remballe dans ma poche et croise les regards de mes acolytes de la soirée. Cullen se dandine sur place. Il va nous péter une durite. Je décide donc d’intervenir en disant :

— Puisqu’elle dort, deux d’entre nous suffiront pour la ramener jusqu’au fourgon ?

Roxie hoche la tête.

— Ouep.

— Cullen et moi, on reste ici. On va faire chauffer le moteur. Faites vite.

— Allez viens le bellâtre, je vais te montrer la voie.

— Putain c’pas trop tôt ! beugle Crow.

Ils disparaissent rapidement sans faire de bruit. Je ne me fais pas de souci, je sais que cette partie du plan se déroulera sans anicroche. Et si quelqu’un tente d’intervenir, Crow l’enverra sans scrupule et sans bruit grossir les rangs de la Faucheuse. Pour ce qui est de Cullen…

— Pourquoi tu me fous sur la touche, merde ?!

— Cullen…

Il abat son poing sur mon torse.

— Tu crois que je suis incapable de me maîtriser ?

Je pose ma main sur son avant-bras en secouant la tête.

— Non. Mais je te connais… dans l’état de nerf dans lequel tu es, tu es tout sauf capable de faire preuve de subtilité.

Il grince des dents, signe de son irritabilité manifeste. Pourtant, il ne réplique rien. Il s’affaisse contre le fourgon en soupirant et en se passant une main dans les cheveux.

— Tu crois que ça se passe comment pour les autres ?

Je baisse le regard sur mes mains dont les jointures blanchissent à force d’être contractées.

— Je ne préfère pas y penser.

Pour tout dire, j’ai hâte que nous passions à la phase deux du plan. J’ai besoin d’être à mon tour en plein cœur de l’action pour ne pas devenir dingue. Cullen se rapproche de moi, collant son épaule contre la mienne, en guise de soutien.

— Et s’il y prend goût ? me demande-t-il.

Pas besoin de lui demander de qui il veut parler.

— Je… ne lui refuserai jamais le droit de vouloir intégrer le club, même si cette simple idée me troue le bide.

Nous n’avons pas le temps d’épiloguer sur cette conversation des plus déprimantes, puisque déjà les silhouettes de nos acolytes apparaissent au loin. Nous nous redressons de concert. Je constate que Crow a balancé le corps inconscient de Nastia par-dessus son épaule, et qu’il la trimballe fièrement en affichant un sourire qui n’augure rien de bon pour le sort de la jeune femme.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre ?

D’après les dire de Roxie elle ne vaut pas mieux que son géniteur. Crow peut bien la garder en vie pour la torturer ou lui faire subir dieu seul sait ce qu’il a en tête, morte ou vive, je m’en branle. Elle a fermé les yeux sur le sort que les hommes de son père ont réservé à Méghane, à mes yeux, ce n’est qu’un moyen d’arriver à mes fins, une marchandise.

— Tout s’est bien passé ?

— Comme sur des roulettes, répond Roxie en souriant.

— C’est un coquard sous son œil ? Je croyais qu’elle dormait ? s’enquit Cullen.

Crow renifle.

— Elle dormait. Je l’ai cogné pour être sûr qu’elle continue. Un problème ?

Cullen hausse les épaules.

— Non. Aucun.

— Bien. Balance là à l’arrière du camion, on se tire.

Le regard de Crow s’illumine.

— J’peux aller avec elle ?

— Fais-toi plaisir.

Je me tourne vers Roxie, qui ne semble pas émue le moins du monde de laisser celle avec qui elle a grandi aux mains du psychopathe de service. Si j’avais émis des doutes au sujet de sa « loyauté » envers les Death Angels, le regard empli de dégoût qu’elle pose actuellement sur la jeune femme les aurait tués dans l’œuf.

— On passe à la suite du plan ? nous interroge-t-elle en se frottant les mains.

— Putain oui ! affirme Cullen.

C’est parti.

***

Lorsque nous arrivons à proximité de la baraque où crèche cet enculé de Bolgarov, nous ralentissons avec le fourgon, ainsi nous pouvons constater que de nombreuses bagnoles sont garées devant, et d’après ce que nous apercevons à travers les fenêtres, c’est le branle-bas de combat à l’intérieur.

Comme nous l’avait assuré Roxie, dès l’instant où le Russe a eu vent des attaques combinées dans ses entrepôts, il a sonné l’alerte et a demandé à ce que du renfort rapplique chez lui pour assurer sa protection. Je jubile en imaginant qu’il pense que sa gamine ne risque rien.

Je jette un coup d’œil dans le rétroviseur, Crow tient la jeune femme dans ses bras, une lame planant au-dessus de la délicate peau de sa gorge. Il lui murmure à l’oreille ce qu’il rêve de lui faire tout en se masturbant énergiquement.

Je détourne le regard. C’est une chose de savoir que mon frère d’armes est un dépravé qui ne recule devant rien, c’en est une autre que d’être témoin des perversions de son âme. Je me tourne vers Roxie et Cullen.

— Vos armes sont prêtes ?

Cullen retire la sécurité de son Sig Sauer.

— Affirmatif.

— OK. Crow ?

— Ouais ?! bugle-t-il en grognant du plaisir malsain qu’il retire de cette situation.

— Tu peux continuer à t’amuser, mais tiens-toi prêt à démarrer en cas de besoin, compris ?

— T’peux compter sur moi, préz.

J’inspire un bon coup et sors mon couteau de sa gaine. J’ai également une arme à feu sur moi, mais c’est avec ma lame à la main que je suis le plus létal. Et je mentirais si je disais que je ne prends pas un malin plaisir à voir le spectre de la mort recouvrir le regard de mes victimes lorsque je leur porte le coup fatal. Avec une arme à feu, je me retrouve privé de ce plaisir. Alors qu’avec une arme blanche c’est forcément du corps à corps…

Et au vu de la frustration que je me paye ce soir en ne sachant pas si Connor est blessé ou pire…

Je prévois de semer sur ma route un fleuve d’hémoglobine en l’honneur de la Faucheuse, espérant ainsi qu’elle entendra mes prières et n’embarquera pas mon mec dans son sillage. —

— À trois… commencé-je.

***

Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais putain de merde c’est sexy en diable de voir une femme se battre comme Roxie le fait en cet instant, nous permettant de nous frayer un chemin à l’intérieur de la baraque. Elle sait exactement où nous conduire, où se cache ce lâche de Bolgarov, qui envoie ses hommes au casse-pipe en se terrant comme un rat. Elle est… sublime. Telle une guerrière, elle abat ses victimes une à une. À mesure que nous avançons, son visage se retrouve recouvert de sang. Ce qui ne l’arrête en rien. Au contraire, ça semble la stimuler.

Cullen et moi suivons, assurant ses arrières. Mon bras droit et meilleur ami est entré en mode représailles. Je le sais parce que je le connais. C’est un très bon viseur. Il est capable de ficher une balle dans la tête d’un homme en mouvement à une distance respectable. Or, ce soir, il choisit de viser des endroits qui handicapent nos assaillants, et finiront par les faire crever de douleur… le plus lentement du monde.

Et moi ? Je finis le travail. Dès lors qu’un homme tombe à terre, je plonge sur lui, ma lame en avant et je tranche dans le tas. À l’instar de Cullen et de Roxie, je ne fais pas dans la dentelle. Je tranche dans le vif, je saigne à blanc. Et je dois bien avouer qu’entendre tous ces enfoirés hurler de douleur c’est putain de bandant !

Je suis recouvert de sang de la tête au pied, j’en ai dans les cheveux, sur le visage, sur les fringues. J’en ai tellement sur les doigts qu’il me faut m’essuyer à plusieurs reprises les mains pour ne pas perdre mon emprise sur ma lame.

Peu importe. Nous ne pourrons pas nous arrêter avant que chaque personne se trouvant à l’intérieur de cette baraque ne pousse son dernier soupir.

Enfin toutes… sauf une.

Notre cible.

Arrivée devant les escaliers, Roxie s’immobilise avant de se tourner pour nous faire face.

— C’est par là, à l’étage, la porte du fond. Bolgarov doit être planqué dans son placard, il donne sur une pièce cachée.

— Tu ne viens pas avec nous ?

Elle secoue la tête.

— Non. Je vous retrouve au fourgon. J’ai des comptes à rendre avec Vassili. Il doit se planquer quelque part.

— Fais attention à toi.

— Tu crois que j’ai fait comment pour survivre jusqu’à présent ?

Cullen attire son attention en posant une main sur son épaule avant de lui dire :

— Sérieusement, au moindre problème, hurle. On rappliquera.

Elle hoche la tête pour toute réponse avant de s’en aller en courant, la rage et la rancœur lui servant de moteur. Je me tourne vers mon frère.

— Prêt ?

— Putain j’attends que ça !

— Alors on y va.

***

Lorsque nous arrivons à l’étage, il ne nous reste que deux ou trois Russes à abattre avant d’atteindre le bureau. Un véritable jeu d’enfant. C’est le cœur battant à tout rompre que nous pénétrons ensemble dans la pièce. Comme Roxie l’avait prédit, à première vue, elle semble déserte. Seulement cet abruti n’a pas correctement refermé le placard derrière lui.

Je croise brièvement le regard de Cullen. Nous n’avons pas besoin d’utiliser des mots pour nous comprendre. Son geste du menton m’informe qu’il a conscience que Bolgarov n’est peut-être pas seul dans cette pièce. Armes au poing, nous avançons ensemble.

— Que personne ne bouge ! hurle Cullen en défonçant la porte de placard.

Assurant ses arrières, j’entre dans la pièce, mon flingue braqué devant moi.

Le spectacle qui s’offre à nous me laisse sans voix. Alekseï Bolgarov est seul dans la pièce, assis sur un fauteuil en velours, un verre de vodka à la main. Il n’affiche pas la moindre once de peur. Il semble résigné sur le sort qu’on lui réserve et prêt à accueillir la Faucheuse à bras ouverts.

S’il pense qu’on va se contenter de le tuer, et basta, il se goure.

Nous avons d’autres plans pour lui. Et je suis prêt à parier qu’il va nous supplier en moins de deux.

— Le président des Death Angels. Je dirai bien que c’est un plaisir de te voir. Mais ce n’est pas le cas.

Je me redresse en souriant.

— Le plaisir est partagé, enfoiré.

Cullen ne bouge pas d’un millimètre, pourtant je vois la main qui tient son arme trembler. J’abaisse lentement son bras.

— Du calme, mon frère.

Mon meilleur ami déglutit, en détournant son regard empli de larmes vengeresses de notre cible.

— Qu’est-ce qu’il y a VP, tu n’as pas les couilles de me buter ?!

Ni une, ni deux, le peu de contrôle que Cullen possédait encore sur lui-même, disparaît. Je m’adosse contre le mur, en m’efforçant de garder un œil en direction de la porte, au cas où, et décide de profiter du spectacle.

Cullen fonce dans le tas et frappe ce connard de Russe à la tempe avec la crosse de son arme, avant d’enrouler sa main libre autour de son cou, juste assez pour le faire haleter à la recherche de son souffle, mais pas suffisamment pour le plonger dans l’inconscience. Il abat alors son front contre le sien et lui crache au visage :

— Si j’étais toi, je ne ferais pas le malin, enfoiré !

Bolgarov ricane. Cullen relâche légèrement son emprise sur sa gorge, et plante à la place le canon de son Sig sur sa tempe.

— Où serait le plaisir dans tout ça ? Dans tous les cas, je serai mort au levé du jour.

Cullen lui sourit de toutes ses dents.

— Toi peut-être. Mais ton comportement influencera le destin de ta fille.

Le Russe se fige. Clairement, il ne s’attendait pas à entendre ça. Il se recompose rapidement un visage neutre.

— Vous bluffez.

C’est à mon tour de sourire en m’avançant vers lui, et en faisant agréablement glisser ma lame ensanglantée sur la paume de ma main.

— Es-tu vraiment prêt à parier là-dessus ?

Cullen fait exagérément courir sa langue sur ses lèvres avant de pousser un soupir d’appréciation.

— Une sacrée beauté que tu nous as cachée là monsieur le pakhan. Comment elle s’appelle déjà, Hunt ?

Je ricane.

— Nastia, non ?

Le regard de Bolgarov se fait hanter, sa mâchoire se crispe. Avec ses quelques mots, nous venons de confirmer ses soupçons et faire grimper sa peur en flèche. Il semblerait que Roxie ne nous ait pas menti, cet enculé aime vraiment sa gosse. Comme moi Cullen doit trouver cela jouissif.

— Où est-elle ?!

— En… relative sécurité avec un de mes hommes, réponds-je.

Cullen ricane.

— Tu as sans doute entendu parler de notre fossoyeur ?

Bolgarov pâlit.

— Je vous en prie ne lui faites pas de…

Il n’a pas le temps d’achever sa phrase que le poing de Cullen s’abat rageusement sur sa gueule.

— Parce que tu as épargné Méghane quand elle t’a supplié peut-être ?!

Le Russe ne répond rien. Ce n’est pas nécessaire. Je jette un coup d’œil à ma montre. Le temps presse. Je me racle la gorge pour attirer l’attention de notre ennemi.

— Comme te l’a dit mon vice-président, le destin de ta gosse est entre tes mains. Si tu coopères, elle aura une chance de s’en tirer.

Je jubile en le voyant déglutir, et bande pratiquement de l’entendre me balancer en grinçant des dents :

— Qu’est-ce que vous attendez de moi ?

— Que tu nous suives sans faire d’histoire jusqu’à notre fourgon.

— D’accord… mais je veux voir ma fille.

Cullen lui tapote l’épaule comme s’ils étaient de vieux amis.

— T’inquiète, mec, tu vas la voir !

Cependant, pas sûr qu’il apprécie le spectacle…

***

Nous avons pris le temps d’attacher les mains de ce connard derrière son dos, en le forçant à s’agenouiller devant nous. Il n’y a rien de mieux pour mettre à mal l’ego d’un homme que de le forcer à ployer le genou devant ses ennemis. Ou peut-être que si. Parce que je dois bien avouer que le coup de pied que Cullen lui a balancé en plein milieu du dos pour le faire mordre la poussière était… on ne peut plus satisfaisant.

Lorsque nous quittons la baraque, Cullen tenant Bolgarov devant lui, son flingue posé contre sa nuque, Roxie nous rejoint en sifflotant.

— Tu as eu ce que tu voulais ?

— C’était même mieux que dans mes rêves les plus fous ! Tope là, réplique-t-elle en dressant sa main face à moi.

Je ris de bon cœur en la frappant de la mienne.

— Meuf, t’es ravagée !

— Si peu, si peu… Ah Salut, Alekseï, ajoute-t-elle.

Elle le contemple de haut en bas en sautillant gaiement autour de lui.

— Mince. Je vois que tu ne t’es pas encore pissé dessus.

Elle enfonce alors son doigt dans son torse.

— Crois-moi, ça ne va plus tarder. Et tu sais quoi ? Je vais prendre des photos pour être certaine de ne jamais oublier ce merveilleux spectacle !

Bolgarov tente de se redresser pour lui cracher au visage. Mauvaise idée. J’avance rapidement jusqu’à lui et enfonce la pointe de mon couteau entre ses cotes.

— Sans faire d’histoires, tu te souviens ?!

Tout son corps se crispe en guise de protestation. Après un temps infini, il pousse un soupir et se remet à avancer comme si de rien n’était. Parfait. En arrivant devant les portes arrière du fourgon, je me demande ce dont nous allons être témoins en les ouvrant. Avec Crow on ne peut être sûr de rien ! Pour le coup, je ne suis pas déçu. Nastia est toujours inconsciente, sur les genoux de notre psychopathe préféré. Mais je dois bien avouer que son état s’est détérioré depuis la dernière fois où mon regard s’est posé sur elle. Il semblerait qu’il se soit amusé à découper ses vêtements, et sa peau en notre absence. Le pauvre, il fallait bien qu’il s’occupe…

Il s’affaire d’ailleurs à faire religieusement courir sa lame sur la poitrine dénudée de la jeune femme en poussant un soupir de plaisir.

Bolgarov se met immédiatement à ruer et à hurler :

— Tu as dit que ma fille était en vie !

Je pose une main sur son épaule.

— Elle l’est, elle est juste assommée. Et quelque peu… amochée.

Pour l’instant.

Crow relève la tête en nous entendant parler, comme s’il venait tout juste de se rendre compte de notre présence. Je souris comme un bienheureux en le voyant plonger son regard dans celui du Russe tout en amenant sa lame ensanglantée devant ses lèvres. Il se met alors à la lécher en empoignant sa queue.

— P’tain c’qu’elle est délicieuse ! Et toute à moi, achève-t-il en se penchant pour faire courir sa langue sur l’entaille qui se trouve sur le sein droit de Nastia.

Bolgarov tente d’envoyer sa tête en arrière pour atteindre Cullen qui l’esquive avant de le forcer à ployer le genou.

— Alors, Alekseï… Ne penses-tu pas que la mort serait préférable pour ta fille ?

— Pitié… se met-il à sangloter.

Quelle douce putain de mélodie à mes oreilles. Roxie tape joyeusement dans ses mains en voyant son bourreau se décomposer devant ses yeux.

— La soirée s’annonce grandiose ! s’extasie-t-elle.

— Grave, acquiesce Cullen en forçant Bolgarov à se redresser avant de le balancer à l’arrière du fourgon.

— Allez on se casse. On a encore du pain sur la planche, conclus-je.

 

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