Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 12 sur 32

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Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre 10

Los Angeles, repaire des Death Angels

 

Le lendemain, c’est le branle-bas de combat au sein du QG, un véritable capharnaüm. Je ne sais plus où donner de la tête. Tout le monde est rassemblé, on boucle les derniers préparatifs pour le transfert de nos êtres les plus chers. Fort heureusement, Diablo, le Free Rider, a accepté de nous aider à les mettre en sécurité au Mexique sur le territoire des mercenaires. Au vu de notre passif avec les Mexicains, personne n’ira à leur recherche là-bas. Dieu soit loué. C’est une chose de moins à laquelle penser.

Ça libère un peu du fardeau que nous portons tous actuellement sur nos épaules. L’ambiance est pesante, les frères plus sombres que jamais. Au moindre dérapage, les choses vont péter. Nous sommes sur la corde raide, et tout le monde en a conscience. On sait pertinemment que ce sont les derniers instants que nous passons tous ensemble. Il faut en profiter, même si les circonstances ne se prêtent pas à la fête.

— Réunion dans cinq minutes, les gars ! déclare Cullen en se dressant sur un tabouret.

Les choses sérieuses vont débuter. Je suis à fleur de peau, je déteste ce genre de moment où le temps semble figé en l’attente inéluctable d’un funeste dénouement. Je l’ai vécu de nombreuses fois lorsque j’étais dans les rangs de l’armée, mais ça ne compte pas. Peu importe le nombre de guerres qu’on a mené, on n’est jamais préparé à ce qu’on va vivre.

Chaque guerre apporte son lot de tourments, de douleurs et de morts.

Celle-ci ne fera pas exception. Pas avec un adversaire aussi puissant que la Bratva.

Je déglutis en glissant mes doigts sur mon Iroquoise. Plus que jamais, j’ai besoin de me recentrer. Je fais partie des membres des Death Angels qui ont le plus l’habitude du terrain, c’est donc sur moi que reposent la plupart de nos choix tactiques. Si je commets la moindre erreur de jugement, ça pourrait coûter la vie à…

— Hé, poussin, murmure Sheila en déposant une pinte de bière sur la table, juste devant moi.

En se penchant, elle glisse son autre main sous la table pour m’effleurer le genou. Je frissonne à son contact. Il est anodin, et pourtant interdit. Savoir qu’elle me touche à la vue de tous les autres membres me fait bander. 

— Tu vas bien ?

— Il faut bien, réponds-je en croisant son regard.

Elle pose une main sur mon épaule, geste qui n’attirera aucunement l’attention sur nous, puisqu’elle agit ainsi avec chacun de mes frangins.

— Tu sais où me trouver en cas de besoin.

Je hoche la tête pour toute réponse. Je crève d’envie de l’attirer sur mes genoux, de la serrer contre moi, de puiser un peu de sa force. Putain, j’enrage de ne pas pouvoir la toucher alors que mes frangins s’en donnent à cœur joie avec leurs régulières. La vie est une garce !

Je me racle la gorge pour me donner contenance et engloutit ma bière d’une seule traite. Pour donner le change et masquer mon trouble, je me remets sur pied et je beugle :

— Allez bougez-vous le cul bande de feignasses !

Sur quoi, je me dirige sans plus un seul regard en direction de Sheila vers la salle de réunion.

***

Hunter est le dernier à nous rejoindre, accompagné par Connor. Techniquement, il n’a rien à faire dans notre salle de réunion, puisqu’il n’est pas un membre des Death Angels, mais au vu des règles que j’enfreins moi-même, j’opte pour fermer ma grande gueule.

Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, puisque Chunck se lève en jurant :

— Qu’est-ce qu’il fout ici, lui ?!

Il n’a pas le temps d’ajouter quoi que ce soit, que la grosse main de Johnny Stryker, notre fondateur, s’abat sur son épaule.

— Ferme ta gueule et assieds-toi !

Chunck adresse un regard noir à Connor avant de se rasseoir en pestant avec Lame, son acolyte, tout aussi abruti que lui par moment. Mais peut-on vraiment leur jeter la pierre pour leur caractère de merde quand on fait un tour de table ? Je ne crois pas non.

J’avoue que je suis impressionné par le changement de caractère de notre ancien préz. Il a accepté bien plus facilement que je ne le pensais la présence de Connor dans la vie de Hunter. Mais après tout, ce dernier a foncé arme au poing pour sauver son rejeton, ce qui mérite le respect.

Hunter s’installe à sa place, en bout de table, et désigne l’emplacement des prospects à Connor. Ce dernier hoche la tête et va s’y installer sans faire d’histoire. Bien. Il respecte notre façon de vivre et sait où est sa place.

Hunter se racle la gorge et abat le marteau pour lancer le début des hostilités.

— Pour la faire courte, si Connor est présent aujourd’hui c’est parce qu’il s’est lui-même proposé de nous venir en aide dans cette guerre, et donc de veiller sur vos putains de miches alors que rien ne l’y oblige. Quelqu’un a quelque chose à ajouter à ça ?

Crow ricane.

— Le mec a plus de couilles que la plupart d’entre vous les gars !

Connor lui adresse un clin d’œil. Notre préz sourit avec fierté.

— Bien, maintenant que la question est réglée. Passons à ce qui nous intéresse vraiment.

Cullen se redresse sur sa chaise.

— Le transfert des familles s’effectuera à la toute dernière seconde, juste avant que nous passions à l’attaque. On espère ainsi garantir un maximum leur sécurité, puisque les Russes n’auront pas le temps de se disperser.

Hunter reprend les choses en main.

— Pour l’instant, les choses restent ainsi, nos proches sont plus en sécurité avec nous, dans ce QG où nos frères des autres chapitres nous rejoignent petit à petit.

À moi d’entrer dans la danse :

— Il a été vu avec Kurt et Johnny, ainsi que les membres des autres chapitres, que les anciens se chargeront d’escorter nos proches en lieu sûr. Pour tous les autres, il n’y a aucun moyen de vous défiler, à moins d’être sur votre lit de mort. Tous ceux qui sont capables de se battre seront présents sur le champ de bataille.

Crow agite son couteau.

— On a un plan ?

Cullen croise son regard.

— Éviter de foncer dans le tas tête baissée. Avant de passer à l’action, nous devons découvrir un moyen d’avoir l’avantage du terrain et de l’effet de surprise. Et c’est là que chacun d’entre vous est important. Nous devons mettre en commun l’ensemble de nos compétences pour monter un plan en béton.

Floki donne un coup de coude à Skylar. Floki n’étant pas du genre très loquace quand il peut l’éviter, c’est son pote qui prend la parole :

— Ça fait plusieurs soirs d’affilés que l’on traque les Russes. On a découvert plusieurs de leurs planques, on ne peut pas être certains de toutes les avoir débusquées, mais on les a répertoriés sur une carte.

Floki se lève et déballe la carte sur le centre de la table. Je me dresse à mon tour pour pouvoir y jeter un coup d’œil.

— Bien joué les mecs, c’est du travail de pro ! Et d’après ce que je vois, certains des emplacements sont entourés par des buildings, ce qui nous permettra de placer des snipers !

Nous en sommes là dans nos discussions quand un coup est frappé à la porte. Hunter tourne la tête vers cette dernière.

— Qu’est-ce qu’il y a, putain ?!

Lenny passe sa tête dans l’entrebâillement, tout penaud.

— Y’a une nana qui saigne et qui d’mande à voir le préz.

Tous les regards se posent sur Hunter.

— C’est quoi ce bordel ?!

— Bougez pas, on va voir ce qui se passe et on revient, ordonne Cullen.

Ni une, ni deux, Hunter, le vice-président et moi regagnons le bar pour découvrir… La nana blonde qui nous a aidés à tirer la princesse de notre MC des griffes de Bolgarov, installée sur un tabouret de bar, avec des blessures partout, et du sang sur la tronche.

Méghane est d’ailleurs à ses côtés et maintient une poche de glace sur sa tempe violacée. C’est elle qui prend la parole :

— Vous ne pouvez pas la chasser ! Elle n’est pas des leurs ! Elle n’est pas comme Bolgarov !

Hunter s’avance doucement vers les deux femmes en levant ses mains face à lui comme s’il s’approchait en réalité d’un animal blessé.

— Du calme, Méghane, on ne va rien faire à…

— Roxie, intervient Cullen en s’approchant à son tour. Bien sûr qu’on ne va rien lui faire, bordel, Mégh, sans elle tu serais…

Voyant que les deux dirigeants de notre club sont en proie à leurs émotions, je décide de mener la barque.

— Bref, ma belle, qu’est-ce qui t’amène ici ?

La blonde m’adresse un sourire pince-sans-rire.

— J’avais envie d’une bonne bière !

Lenny se précipite derrière le bar pour s’exécuter. Bien entendu, notre doux géant ne comprend pas le second degré. Je décide de le laisser faire en songeant qu’une bière ne ferait pas de mal à Roxie.

— Non, mais, sérieusement ?

Elle s’écarte délicatement de Méghane et vient se poster en claudiquant devant Hunter.

— Tu te souviens que tu m’en dois une, préz ?

Hunter hoche solennellement la tête.

— Eh bien, tu vas m’en devoir une bonne avec ce que je vais vous apprendre.

Cullen ne la quitte pas du regard quand elle ajoute :

— La guerre va éclater d’une seconde à l’autre. Ce n’est plus qu’une question de temps.

— Sans blague, tranché-je.

Roxie ne se laisse pas démonter par mon air revêche.

— Si je suis aussi en beauté, c’est parce que j’ai réussi à leur échapper in extremis. Je veux vous aider à détruire cet enfoiré de Bolgarov, et je sais comment nous y prendre.

Hunter se frotte la barbe.

— Et qu’attends-tu en retour de tes informations ?

— La protection des Death Angels. Tant que Bolgarov sera en vie, il va tenter de mettre la main sur moi. Plutôt mourir que de retourner auprès de ce fils de pute.

Le silence se fait pendant quelques instants suite à ça. Hunter déclare finalement :

— Bois un truc, va te nettoyer et rejoins-nous en salle de réunion.

Roxie acquiesce d’un signe de tête.

Hunter nous fait signe de nous tirer, comme de bons petits soldats nous lui filons au train. Cullen se rapproche doucement de son meilleur pote et murmure :

— Tu crois que les gars vont accepter sa présence dans la salle ? C’est une nana.

Je décide d’intervenir :

— Cette meuf est une putain de guerrière. Elle ne se laissera pas faire.

Hunter approuve mon commentaire et affiche son fameux sourire de psychopathe :

— Le cas échéant, elle leur broiera les couilles !

Nous rions tous les trois en retrouvant nos places à la table. Je me demande ce que Roxie peut nous apprendre sur l’organisation de Bolgarov…

J’espère de tout cœur que peu importe les informations qu’elle possède, elles joueront en notre faveur.

 

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