Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)
Chapitre 13
Los Angeles, repaire des Death Angels
Ça y est, nous y sommes, il n’y a plus moyen de reculer.
Nous vivons un moment historique dans toute l’histoire du club. Nous faisons appel à un homme qui autrefois bossait pour nos rivaux, les putains de bâtards à l’origine de la fondation du club. Et nous le faisons de bon cœur, parce que même si Diablo et les mercenaires sont des Mexicains, ils nous ont prouvé qu’ils étaient dignes de confiance.
Grâce à eux, nous avons mis un terme définitif au Cartel de Tijuana. Nous avons assassiné le dernier membre de La Famille, celui dont nous ignorions l’existence jusqu’à ce que la fille d’un des frères Morano ne fasse son apparition dans nos vies à tous. Elle a foutu un sacré bazar, mais au final nous a permis de créer des liens.
Des liens façonnés dans le sang. Des liens qui ne peuvent être rompus.
C’est pour cette raison que mes frères et moi ne craignons aucunement de placer nos proches entre leurs mains. Et en parlant de main…
Je jette un coup d’œil vers notre fondateur, Johnny Stryker, qui est actuellement en train de discuter tranquillement avec Josefina, l’Abuela de Diablo. Cette grand-mère est juste incroyable, au lieu de passer une retraite bien méritée sous le soleil de Mexico, elle a fait le trajet jusqu’ici, arme au poing, pour nous promettre de veiller sur les nôtres. Une sacrée bonne femme, et son tempérament de feu semble être apprécié par Johnny.
Je n’aurais jamais cru pouvoir être témoin d’une scène pareille en m’engageant au sein des Death Angels. La haine aveuglante de Johnny envers les Mexicains était légendaire, il tuait à vue toute personne ayant un accent hispanique… et le voilà à plaisanter avec une femme, anciennement membre d’un Cartel.
C’est dingue !
Mais comme quoi on ne peut jamais prédire à l’avance ce que l’avenir nous réservera. La preuve étant ma relation avec Sheila. Qui aurait pu croire qu’elle voudrait d’un abruti comme moi ? Et pourtant…
Je ne peux m’en empêcher, j’avance vers elle, je me poste à ses côtés. Pas assez proche pour éveiller les soupçons, mais suffisamment pour être en mesure d’humer son parfum. Je veux emporter le plus de souvenirs d’elle sur le champ de bataille, je veux me souvenir pourquoi je me bats et pourquoi il m’est impératif de rentrer.
Elle tourne brièvement son regard dans ma direction et m’adresse un sourire qui fait battre mon cœur plus vite. Parce qu’il n’est que pour moi.
— Tu te sens prêt ?
Je grimace. Je ne peux pas lui mentir.
— On ne peut jamais être préparé.
Elle tressaille et tente de ne rien laisser paraitre.
— Tu feras attention ?
Je hoche la tête. Contre tout bon sens, elle m’agrippe le poignet. Là, au milieu de nos frères. Merde. Elle se poste face à moi, et déclare rageusement :
— Sérieusement, si jamais tu arrives au point de non-retour… Ne joue pas au héros. Préviens Hunter ou Cullen.
Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas hurler. Dieu que j’aime cette femme. Rapidement, en veillant à ce que personne ne regarde dans notre direction, je lui effleure la joue du dos de ma main.
— C’est promis.
— Bien.
Elle me relâche et sans plus rien ajouter se dirige vers son fils qu’elle étreint à l’en étouffer. Merde, je crois que je suis jaloux de son rejeton. Lui il a droit à des adieux comme il se doit, alors que moi je ne suis autorisé qu’à la contempler de loin alors que je crève d’envie de l’embrasser pour ce qui pourrait être la toute dernière fois. C’est injuste, bordel !
Méghane s’avance vers moi alors que je fulmine sur mon sort comme le dernier des crétins. Elle glisse une main autour de ma taille et pose une sa tête contre mon épaule.
— Tu as intérêt de rentrer à la maison. Sheila mérite un peu de bonheur. Je ne l’ai jamais vue aussi heureuse que depuis qu’elle passe ses nuits dans tes bras.
Je me fige.
— Tu…
Méghane ricane.
— Les murs de la maison n’étaient pas très… épais. T’inquiètes, je ne dirais rien à personne. Je ne vous trahirai pas.
Je pivote vers la princesse de notre MC.
— Pourquoi ?
Elle hausse les épaules.
— Parce que les règles à la con de ce putain de MC ont bien failli coûter le bonheur à Hunter. Et à… Bref, je trouve certaines de nos règles complètement étriquées. On ne devrait pas renoncer au bonheur simplement parce qu’un vieux croulant comme Johnny en a décidé autrement.
Je ris de bon cœur.
— Putain, heureusement qu’il ne t’entend pas !
Elle me fait un clin d’œil complice.
— Sérieusement, fais attention à toi. Pas uniquement pour Sheila. Pour moi aussi, et pour le MC. On a besoin de toi.
Je me penche vers elle et lui embrasse le front.
— Je te le promets.
Elle me sourit.
— Je prendrais soin de ta régulière en attendant ton retour !
C’est à moi de lui sourire comme un con. Elle hausse les épaules.
— Ben quoi ? Ce n’est pas parce que ça ne peut pas devenir officiel que ce n’est pas ce qu’elle est.
Mon cœur gonfle de fierté.
— Putain, ouais t’as raison !
Sheila lève son regard dans ma direction en m’entendant beugler. Je plonge dans ses prunelles hypnotiques et y puise la force de me battre. Ouais, il n’y a pas moyen que je ne rentre pas auprès de cette nana.
Je serre Méghane contre moi et décide qu’il est temps pour moi de retrouver mes frères. Ils sont tous tendus. Sauf Crow qui sourit comme un bienheureux. Mais en ce qui le concerne, on ne peut plus rien pour lui.
Lenny est posté face à Hunter, les poings serrés.
— Lenny veut venir avec vous.
Notre président semble désemparé. J’interviens en posant une main sur l’épaule de notre frangin.
— Lenny, mon gars, tu ne peux pas venir avec nous.
— Mais… proteste-t-il.
Je me place devant lui et pose mon front contre le sien.
— Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as une mission à accomplir. De la plus grande importance. Tu dois surveiller les femmes et les enfants. On ne peut pas faire entièrement confiance aux Mexicains pour ça, non ?
Lenny hoche gravement la tête et se frappe le torse du poing.
— Lenny les protégera, tous ! Même des Mexicains.
Je croise le regard de Diablo par-dessus l’épaule de mon frère. Il se contente de hausser les épaules et de m’adresser un clin d’œil. On peut dire ce qu’on veut de ce type, il est d’une loyauté à toute épreuve. Je sais qu’il a conscience que ce que je viens de dire n’est pas la vérité, que ce n’est qu’une manière d’apaiser notre doux géant en lui offrant une mission qui le tiendra à l’écart et le gardera en sécurité.
— Tu vois mon grand ? Ta mission est plus importante encore que la nôtre, reprend Hunter.
— Oui, préz. Tu peux avoir confiance en Lenny.
Hunter hoche solennellement la tête.
— Allez, va veiller sur les nôtres.
Après un dernier regard sur chacun d’entre nous, Lenny s’écarte et se fait rapidement entourer par Sheila et Méghane. Tout ira bien pour lui. Diablo s’avance alors vers nous.
— Pas trop les nerfs de confier vos proches à des Mexicains ?
Cullen ricane.
— C’était juste pour le show, mec. Mexicain ou non, t’es une putain de tête de con !
Le Free Rider éclate de rire.
— Un point pour toi, mec. Bon, les mercenaires vont se mettre en route avec les vôtres. Et ensuite, on pourra y aller. Ça vous va ?
Hunter hoche la tête et tend la main vers Diablo.
— Encore merci.
Ce dernier accepte sa poignée de main, marquant une fois de plus cet accord entre nous. Cette putain de grande première dans les circonstances les plus merdiques qui soient. La poignée de main achevée, Hunter se place au centre du groupe et prend la parole :
— Mes très chers frères.
Il pivote vers la seule nana qui constitue notre escadron de la mort. Parce que oui, c’est une guerrière, et qu’aucun d’entre nous ne lui refuse le droit de se venger.
— Et toi, Roxie.Je crois qu’on ne peut plus retarder l’échéance, il nous faut prendre la route. Je tiens à vous rappeler l’essentiel. Peu importe le groupe où vous vous trouvez affecté aujourd’hui, on ne fait pas de prisonnier. On les bute tous jusqu’au dernier…
Il marque un temps d’arrêt.
— À l’exception de cet enfoiré de Bolgarov. Lui, il mérite de souffrir avant de rejoindre les rangs de la Faucheuse. Compris ?
— Oui ! hurlons-nous tous en chœur.
— Alors, à vos bécanes, les mecs ! On y va.
Après quoi, il s’avance vers Connor et l’embrasse comme si c’était la dernière fois. Putain je ne sais pas comment il va faire pour tenir le coup aujourd’hui en sachant que son mec va risquer sa vie. Ils ne sont même pas dans le même groupe, alors il ne saura pas s’il lui est arrivé quelque chose avant nos retrouvailles de ce soir au point de rendez-vous. Merde rien que d’imaginer Sheila face à nos ennemis…
L’ensemble de mes frères enfourchent leurs Harleys.
Nous mettons les gaz en clamant notre devise sous les yeux de nos familles.
Et c’est après un dernier regard vers eux, que nous partons en rangs serrés, la Faucheuse à nos côtés, pour faire couler le sang de nos ennemis et répandre la mort, en espérant qu’elle ne piochera pas trop parmi les nôtres.
OceanofPDF.com