Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 13 sur 32

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Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre 11

Los Angeles, repère des Death Angels, salle de réunion

 

Lorsque nous regagnons la salle de réunion, je ne suis pas surpris par les paroles que prononcent Hunter d’une intonation qui ne soulève aucune protestation.

— Écoutez-moi bande de fils de putes. Une nana s’apprête à nous rejoindre en salle.

Des chuchotements s’élèvent dans la salle. Notre préz ne se laisse pas démonter il balance son couteau dans les airs, ce dernier se plante au centre de notre écusson sur la table.

— FERMEZ VOS PUTAINS DE GUEULES !

Cullen jette un regard noir à l’assemblée.

— Gardez vos commentaires machistes pour vous. Cette nana a plus de couilles que la plupart d’entre nous ! Elle nous a aidés à tirer Mégh des griffes des Russes, et vient de les fuir pour nous fournir des infos qui pourraient faire basculer les choses en notre faveur. Alors le premier qui ouvre sa gueule, il dégage !

— Je n’aurais pas dit mieux, ajoute Hunter en croisant les bras et en jaugeant tour à tour chacun de nos membres.

Fort heureusement, ils se tiennent tous à carreau. Je me tourne vers le président.

— Il va lui falloir une chaise. On va en avoir pour des plombes.

À peine ai-je le temps d’achever ma phrase que Lenny entre dans la pièce, avec une chaise à la main. Il l’installe à la droite de Cullen et déclare avec hésitation :

— Désolé de vous déranger. C’pour la dame.

Hunter lui adresse un grand sourire.

— Merci mon grand.

Lenny lui sourit en retour avant de quitter la salle pour retourner se poster derrière le bar. Il n’y en a vraiment pas deux comme lui. Il nous faut le préserver coûte que coûte… C’est pourquoi il a été décidé qu’il grimperait à l’arrière de Johnny Stryker pour mener nos familles en sécurité, et ainsi rester à l’écart. On lui a présenté les choses comme si on lui offrait une mission de grande importance. Pas le choix, dans le cas contraire il aurait insisté pour rester et nous aider.

Bien sûr, il est capable de se battre, il est en réalité même très doué avec les armes blanches. Cependant, nous savons qu’il n’est pas de taille à gérer les merdes psychologiques qui vont en découler. Il a déjà eu énormément de mal à se remettre de la mort de Joey et des cauchemars qui ont suivi. Et je ne parle pas de ce qui est arrivé à Méghane. C’est notre boulot de le préserver.

Je croise le regard de Cullen.

— Ça va aller ? Après tout, on ne sait pas quels sont ses liens avec la Bratva.

Il hoche la tête.

— Nos origines ne nous définissent pas. Elle nous a déjà aidés et s’apprête à le refaire en trahissant… les siens. Ça me suffit comme garantie.

— C’est pas faux.

Nous nous installons sur nos chaises, seul Hunter reste debout, attendant que Roxie se pointe. Ce qu’elle fait sans plus tarder. Elle entre dans la pièce et nous jauge tous du regard, avant de demander :

— Où est-ce que je pose mon derche ?

Hunter laisse échapper un sourire en coin avant de désigner la place vacante à côté de notre vice-président.

— Très bien, écoutons ce que tu as à nous dire, déclare Hunter en se rasseyant.

Roxie pose ses coudes sur la table avec détermination et croise le regard de notre président.

— Je sais comment vous aider à remporter cette guerre. Je connais tout de Bolgarov et de ses faiblesses.

Cullen s’agite sur sa chaise.

— Comment… Quel est ton lien avec lui ?

La nana se tourne vers lui et crache d’un ton mordant.

— Je n’ai aucun lien de sang avec cette pourriture ! Je le hais !

Je lève les mains en signe d’apaisement.

— Tout doux, meuf. On veut juste comprendre où était ta place dans l’organisation.

Elle semble se détendre légèrement.

— J’étais comme qui dirait son petit animal de compagnie.

Elle baisse le regard et serre les poings à s’en éclater les jointures.

— Il a assassiné l’ensemble de ma famille, quand il était encore implanté en Russie. Il m’a gardé en vie uniquement pour faire de moi un exemple. Il a fait de moi sa chose, une gamine torturée qu’il emmenait partout avec lui pour montrer à ses ennemis de quoi il était capable.

Des grognements furieux s’élèvent dans la salle. C’est Cullen qui prend la parole le premier.

— Putain de merde ! Est-ce qu’il t’a… ?

Elle secoue rapidement la tête.

— Je n’ai subi aucun sévices sexuel, ni par lui ni par l’un de ses gars. Étrangement, il semble tenir ma vertu en haute estime. Par contre… comme vous pouvez le voir à ma gueule, il ne lésinait pas sur les coups. Pas plus que sur les violences psychologiques.

— L’enfoiré ! grommelle Hunter. Je te fais confiance. Je comprends et respecte ton besoin de vengeance. Je te fais la promesse qu’à partir de cet instant tu es placée sous la protection des Death Angels.

Roxie hoche solennellement la tête.

— Merci. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, comme on dit ! Cette phrase résonne tout particulièrement dans nos têtes puisqu’elle s’est avérée véridique il y a quelques mois de cela, lorsque l’on a sauvé la fille de celui qui a tué… la femme de notre fondateur. Pour ce faire nous avons aidé un enfoiré de Mexicain psychopathe… Alors pourquoi une Russe ne pourrait-elle pas en faire de même ?

Je me racle la gorge pour attirer l’attention sur ma personne.

— Et donc, loin de moi l’envie de mettre tes paroles en doute, mais qu’est-ce que tu as sur Bolgarov que nous ignorons ?

— Je connais sa plus grande faiblesse. Et je sais où elle se trouve. Si on l’atteint, elle, il se pointera. Et s’il se pointe, on aura plus qu’à l’abattre. Puisqu’il ne va jamais nulle part sans ses hommes de main les plus proches… Si on les bute, on gagne.

Hunter ricane.

— Et quelle est cette faiblesse ?

— Nastia. Sa gosse.

L’ensemble de mes frères se mettent à jurer en entendant ça. Ce n’est pas dans nos prérogatives de mêler les enfants à nos histoires, sauf quand c’est nécessaire, comme ça a été le cas dans la villa Morano, le jour où nous avons anéanti le cartel de Tijuana.

— Une gamine ?

Roxie secoue la tête.

— Non. Elle a mon âge. Pour tout vous dire, on a été élevées ensemble. C’est une putain de salope comme son père. Elle prend son pied en voyant son paternel maltraiter les nanas et les gosses de son trafic d’êtres humains.

Roxie marque un temps d’arrêt.

— Peu importe ses névroses, elle est la prunelle de ses yeux, il lui passe toutes ses conneries. Il est prêt à crever pour elle. J’en ai été témoin plus d’une fois.

— Intéressant ça ! Je veux bien me charger de la gosse, j’ai déjà des idées ! s’extasie Crow.

Hunter le tempère.

— Il nous la faut vivante, mec. Du moins… au début… après quoi, tu pourras t’éclater comme bon te semble.

Crow sourit de toutes ses dents. Nous autres frémissons puisque nous savons jusqu’où notre frère est capable d’aller. Le spectacle s’annonce des plus gores au vu de la lueur qui anime son regard. À côté de lui, même les plus cinglés d’entre nous passent pour des enfants de chœur.

— C’est noté, préz.

— Et où se trouve cette chère enfant ?

— Je vais tout vous dire...

Suite à quoi, Roxie se révèle être une mine d’informations très précieuses. Non content de savoir où Bolgarov cache sa fille, elle connaît également l’emplacement de chacune de ses planques, de chacun des entrepôts qu’il utilise pour ses trafics. La véracité de ses informations nous est prouvée puisque certains d’entre eux correspondent avec ceux que nous avons d’ores et déjà débusqués par nous-même. Elle ajoute précautionneusement les emplacements sur une carte. Ainsi, petit à petit, notre plan prend vie. Il ne reste plus qu’à déterminer quand, comment, et qui fera quoi lors de cette attaque sur plusieurs.

Putain, ça s’annonce jouissif !

Il semblerait que pour une fois la Faucheuse soit de notre côté.

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Partie 3

 

Nazdrovia ! Fils de pute !

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