Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 23 sur 32

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Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre 20

Quartier d’East Los Angeles, Maison de Sheila, à proximité de chez Cullen

 

Pas facile d’y voir grand-chose avec mon œil tuméfié, mais ça n’a pas la moindre importance. En cet instant, rien ni personne n’a le pouvoir de me tenir éloigné de Sheila. Peu importe la douleur dans mon visage et dans mes côtes, je roule à vive allure pour gagner au plus vite sa maison.

Je souris comme le plus gros des abrutis en la voyant tenir tête à mes frères. Cette nana c’est vraiment quelque chose. Et le plus dingue dans tout ça c’est ce que c’est moi qu’elle a choisi.

Je soupire de soulagement en me garant dans son allée et en apercevant de la lumière dans sa cuisine. Si elle avait été ailleurs que chez elle, j’aurais eu bien du mal à la retrouver. Sheila est du genre efficace quand elle décide de disparaître quelque temps pour nous faire baliser. Fort heureusement, elle n’a pas fait ce choix ce soir, et j’en suis soulagé. Parce que oui, même si je respire encore, mon avenir avec elle n’est pas encore gagné. Il se décidera dans la salle de réunion. Demain.

Je secoue la tête. Je ne veux pas y penser. Pour l’heure, je veux me concentrer sur ce moment avec Sheila, en tête à tête, que Cullen m’a gracieusement offert. Je coupe le moteur de ma bécane, retire mon casque, et me dirige sans plus tarder vers sa porte d’entrée. Je frappe. Il ne faut que quelques secondes pour que je l’entende arriver dans ma direction. Avant qu’elle ne m’ouvre, je l’entends hurler :

— Cullen, je te jure que si tu es venu me faire la morale je t’en colle une !

Je ricane malgré moi en repensant à la baffe qu’elle lui a mise devant tout le MC. Cullen a beau être notre vice-président, quand il s’agit de sa mère, il redevient un petit garçon.

— C’est… c’est pas Cullen, dis-je en me raclant la gorge.

Elle ouvre la porte et lève une main devant sa bouche en avisant ma gueule cabossée.

— Oh mon dieu, Teddy.

Je hausse les épaules.

— Ton rejeton est plutôt doué de ses poings.

Elle lève les yeux au ciel.

— Mon fils est un abruti, tu veux dire !

Sheila m’observe de haut en bas, consternée. Elle prend ensuite ma main dans la sienne et m’attire à l’intérieur.

— Je ne sais même pas comment tu fais pour rester debout. Laisse-moi te soigner.

Je ne proteste pas. Je n’en ai pas la force. J’ai envie d’être égoïste pour une fois et de m’autoriser à bénéficier de toute l’affection qu’elle ressent pour moi.

— Assieds-toi, là, dit-elle en désignant la cuvette des toilettes.

Je ne me fais pas prier pour m’exécuter, en affichant une grimace. Sheila pousse un soupir.

— Retire ton t-shirt.

— Oui, m’dame.

Malgré la tension qui règne dans l’air, elle sourit. Et lorsque mon t-shirt atterrit sur le sol, elle se fige en avisant les nombreux bleus qui fleurissent d’ores et déjà sur mes côtes. Les larmes lui montent aux yeux alors qu’elle pose une main sur mon torse à l’emplacement exact de mon cœur.

— Oh, Teddy… Pourquoi ne t’es-tu pas défendu ?

Je déglutis sous l’intensité de son regard.

— Tu sais pourquoi.

Elle secoue rageusement la tête. Je m’empare délicatement de son poignet et dépose un baiser sur sa main.

— Et je ne regrette pas. Je ne regrette rien de ce qui nous a amenés à cet instant.

Elle essuie rageusement ses larmes.

— Parfois, je déteste vraiment le club.

Je lui adresse un faible sourire.

— Peut-être, mais sans les Death Angels, ni toi, ni moi, ne serions encore là aujourd’hui.

— Je sais. Seulement… regarde ce que les règles ont fait à Hunter, il a renié qui il était pendant de nombreuses années par peur de se faire exécuter simplement parce qu’il aime les hommes. Et Cullen… mon fils aurait pu être mis à mort parce qu’il aime la fille d’un flic. Et toi… Ces règles de merde sont complètement archaïques. Personne ne peut choisir de qui il va tomber amoureux ! Johnny a peut-être renoncé à l’amour, mais ce n’est pas le cas de tout le monde et je… Putain, j’ai envie de lui arracher les yeux à cet enfoiré. Il n’a même pas sourcillé quand les choses sont parties en vrille, comme si te voir être tabassé ne l’atteignait pas, comme si mes larmes ne lui faisaient rien.

Elle inspire profondément pour ravaler ses sanglots. Je l’attire contre moi, et l’enferme dans mes bras.

— Hé, tout va bien. Je suis là. Avec toi.

Elle pose son menton sur le sommet de ma tête.

— Oui, mais pour combien de temps ?

C’est une réponse que je ne peux lui offrir avec certitude. C’est déjà un miracle en soi que je ne me trouve pas déjà six pieds sous terre. En vérité, je ne sais pas ce qui a poussé Cullen à faire machine arrière. A-t-il choisi de faire passer le bonheur de sa mère avant le club ? Ou m’offre-t-il un sursis le temps de décider comment se débarrasser de moi sans perdre sa mère au passage ?

Je n’en sais foutrement rien. Voilà pourquoi je décide de la jouer détendu pour apaiser ses tourments.

— Qui sait ? Peut-être que la claque que tu as donnée à Cullen lui a remis quelques neurones en place ?

Elle s’écarte de moi et prend mon visage entre ses mains délicates.

— Ce que tu peux être idiot.

Je lui souris.

— Ouais, mais toi, tu es amoureuse de cet idiot.

Elle me rend mon sourire et se penche pour déposer ses lèvres sur les miennes. Dans ce baiser, tendre et empli de douceur, nous partageons ce que nous taisons. Nos craintes pour l’avenir, nos espoirs…

Sheila s’écarte finalement de moi et passe une main dans mes cheveux.

— Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai du boulot pour te rafistoler.

Elle tressaille en observant mon nez.

— Je vais commencer par bander tes côtes. Pour ton visage, je vais recoudre ce que je peux pour minimiser les cicatrices, après t’avoir nettoyé, mais je ne pourrai malheureusement pas faire de miracle pour ton nez.

Je lui souris.

— Tant pis. Ce nez cassé prouve que je me suis battu pour avoir le droit de t’aimer.

Elle lève les yeux au ciel.

— Tu as de la chance que j’aime les gueules cassées.

Je grogne pour la forme.

— Les ?

— Tu vas me la jouer homme des cavernes ?

Je hoche farouchement la tête.

— Oui, m’dame. Et si ton gosse ne m’avait pas pété une côte, je te jetterais sur mon épaule, pour te conduire jusqu’à ton lit et te le prouverais avec une telle vigueur que tu me sentirais encore entre tes cuisses au petit matin.

— Hmmm, dit-elle en se léchant les lèvres. Garde ça a l’esprit pour plus tard.

— Tu as quelque chose en tête ?

Elle m’adresse un clin d’œil.

— Ça se pourrait.

Elle indique la douche d’un doigt.

— Maintenant, file là-dessous pour te débarbouiller.

— Tu ne viens pas avec moi ? protesté-je.

Elle sourit en secouant la tête.

— Peut-être plus tard. Là, l’important c’est de faire vite pour que je puisse te soigner.

— Ok, patronne. Mais tu restes, hein ?

Elle hoche la tête.

— Ouep, je ne vais pas me priver du spectacle de ton petit cul !

Je ris de bon cœur en retirant le reste de mes fringues. Je n’en reviens toujours pas qu’une femme comme elle veuille être avec un homme comme moi. Heureusement, je ne suis plus assez idiot pour la tenir à l’écart. Et puisque mon club tout entier est au courant, pourquoi ne pas en profiter ?

D’autant plus que j’ai conscience de l’épée de Damoclès qui tangue toujours dangereusement au-dessus de moi.

***

Après la douche et les soins de Sheila, nous avons regagné sa chambre. Nous sommes allongés sur son lit, allongés dans le noir, dans les bras l’un de l’autre. Plus rien d’autre ne compte en cet instant.

Je souris comme un bienheureux en tenant la femme que j’aime contre moi.

Je tourne mon visage sur le côté et dépose un tendre baiser sur sa tempe.

— Si tu savais comme je t’aime, murmuré-je.

Elle se redresse, prenant appui sur mon torse, sur lequel elle pose son menton, et plonge son regard dans le mien.

— Crois-moi, je le sais.

— Je ne comprends toujours pas comment j’ai fait pour avoir la chance que tu aimes un crétin comme moi, mais tu sais quoi ? J’ai envie de me montrer égoïste et d’en profiter.

Elle m’assène une tape sur le torse.

— Tu as plutôt intérêt, parce que maintenant que tu es mien… il n’y a plus de retour en arrière possible.

Elle ponctue sa phrase d’un baiser affamé où elle mord ma lèvre inférieure, me faisant gémir.

J’agrippe ses cheveux et tire dessus pour la faire reculer et croiser son regard.

— Si j’étais assez stupide pour pouvoir imaginer m’en tirer pour avoir brisé les règles, je ferais de toi ma régulière.

Sheila m’adresse un grand sourire, avant de grimper à califourchon sur mes jambes. Puisque nous sommes nus tous les deux, sa douce et chaude intimité effleure mon sexe.

— Tu es stupide, proteste-t-elle.

Elle se met alors à faire des mouvements circulaires sur mes hanches, attisant le feu dans mes reins, malmenant ainsi mon érection, la recouvrant de son humidité, sans jamais l’autoriser à glisser en elle.

C’est sadique mais tellement jouissif !

— Tu as fait de moi ta régulière à l’instant où tu as posé tes mains sur moi. Peu importe ce qu’en disent les Death Angels, tu m’entends ?!

Elle empoigne vigoureusement mon sexe et l’amène contre son intimité. Je plonge dans son regard, le souffle court.

— Je suis ta régulière ! affirme-t-elle en s’empalant d’une seule poussée sur ma queue.

Putain de merde.

Qui suis-je pour protester ?

Elle pose ses mains sur mon torse pour se stabiliser et m’impose une cadence qui me force à serrer les dents.

— Et tu ferais bien de ne pas l’oublier !

Elle se penche alors dans ma direction, niche son visage dans mon cou et me mords presque à sang tout en ruant sur moi et en gémissant sans la moindre honte. Je pousse un grognement entre plaisir et douleur mêlé, et glisse une main entre nos deux corps pour caresser son clitoris.

Elle enfonce ses ongles dans ma peau et se redresse brusquement, me chevauchant comme si sa vie en dépendait. Je contemple avec émerveillement ses seins qui rebondissent face à moi, jusqu’à ce que je n’y tienne plus. Je me redresse, l’attire contre mon torse, nous faisant ainsi changer de position, sans jamais cesser de la pilonner. Je plonge vers son mamelon et le prend entre mes dents avant de le sucer comme j’en crève d’envie.

— Teddy, gémit-elle au bord du supplice.

Je m’écarte et souffle sur son mamelon tendu.

— Je suis là, bébé.

Je nous fais à nouveau basculer, et faisant fi de la douleur qui me broie les côtes, je m’enfonce profondément en elle et laisse libre cours à la créature bestiale qui se cache en moi. Je la baise sans la moindre retenue, lui offrant tout ce que j’ai à donner, la marquant de mes mains sur ses hanches qui lui laisseront des bleus, de mes suçons sur ses seins et dans son cou, et enfin… de mon sperme lorsque je me déverse en elle en hurlant.

Des étincelles jaillissent devant mes yeux alors que je m’enfonce aussi profondément en elle que possible, pour faire durer mon plaisir. C’est alors que je sens les parois de son vagin se contracter autour de moi, alors que ma queue pulse toujours en elle.

Lorsque mon orgasme reflue, je m’effondre sur le corps de Sheila. Au lieu de protester sous mon poids, elle referme ses mains dans son dos et me caresse tendrement. Elle embrasse ensuite mon épaule et murmure :

— Teddy ?

— Ouais ? dis-je le souffle court.

— Tu n’as pas eu besoin de souffrir pour jouir.

Je me fige en prenant conscience de ce qu’elle vient de dire. Merde, c’est vrai...

— Meuf, putain ce que je t’aime. T’es incroyable !

Elle glisse tendrement sa main sur ma joue.

— Non. C’était incroyable parce que nous sommes ensemble, toi et moi, et que tu l’as finalement accepté sans plus te retenir.

Je crois qu’elle n’a pas tort. Je suis bien trop pris par mes émotions pour lui répondre avec des mots, c’est pour ça qu’à la place je l’embrasse jusqu’à en perdre la raison. Ou en tout cas jusqu’à ce que le besoin de reprendre notre souffle se rappelle à nous.

Je constate que je suis toujours en elle, même si mon sexe est à présent ramolli. Et il n’y a pas un autre endroit où je préfèrerais être.

Et puisque je ne sais pas ce qui va m’arriver au lever du jour, je compte bien en profiter jusqu’à ce que je tombe de fatigue. Au vu du regard que me lance Sheila, je comprends qu’on est sur la même longueur d’onde.

Je fais courir ma langue le long de sa nuque, goûtant au sel de sa transpiration, puis hume l’odeur de sa peau. Un mélange de sa fragrance qui lui est propre et de sexe. C’est bandant.

— Que dirais-tu d’aller prendre une douche ? De manger un truc, puis de recommencer ?

Sheila rit de bon cœur contre moi.

— C’est un programme des plus alléchants.

Je lui lance un sourire canaille.

— Alléchant ? Tu sais, tu peux me le demander directement si tu veux que je te la lèche.

Elle me tire la langue.

— Parce que j’ai besoin de demander ?

Je ricane.

— Ouais. Non. Je prévois de te bouffer la chatte quoi qu’il arrive.

— Des promesses… minaude-t-elle en empoignant mes fesses à pleine main.

— Tu vas voir de quel bois je me chauffe, femme, riposté-je en fondant sur ses lèvres.

Après ça, on peut dire que nous avons profité de cette merveilleuse nuit, jusqu’à tomber d’épuisement sur son lit, à bout de souffle, nos corps brillants de sueur, dans les bras l’un de l’autre.

 

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