Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 28 sur 32

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Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre 25

Quartier d’East Los Angeles, Maison de Sheila, à proximité de chez Cullen

 

Je me gare dans l’allée de Sheila et descend de ma bécane sans même prendre la peine de couper le moteur. Je ne compte pas m’éterniser ici après tout. Nous devons faire vite, c’est une véritable course contre la montre qui se joue actuellement. Hunter vient de m’envoyer un message, la nouvelle de mon évasion circule sur tous les canaux de la police. Merci Kurt et ses compétences informatiques qui nous permettent de suivre les choses en temps réel. Ça nous a servi plus d’une fois à nous tirer d’affaire.

Machinalement, je jette un coup d’œil dans le quartier. Tout semble calme. Aucune trace d’une quelconque voiture de flics dans les environs.

Bien.

Je récupère mon sac avec à l’intérieur de quoi me changer. Non pas que la tenue de détenu ne me met pas en valeur… C’est juste que c’est légèrement trop tape-à-l’œil à mon goût.

Je grimpe le perron en quatrième vitesse et entre dans la maison sans prendre la peine de frapper. J’entends Sheila s’affairer dans sa chambre. J’avance rapidement dans cette direction et m’appuie contre l’encadrement de la porte.

À peine mon regard se pose-t-il sur elle que je me sens chavirer. C’est dingue ce que j’aime cette femme. Et le plus fou c’est qu’elle semble m’aimer suffisamment en retour pour accepter de disparaître avec moi… Dieu seul sait combien de temps. Elle choisit de se couper du monde, de son fils, pour être avec un abruti comme moi.

Je suis un putain de veinard.

— Hmmm, ce que tu es belle, dis-je.

Sheila sursaute et pose une main sur son cœur en pivotant vers moi.

— Bon dieu, Teddy ! Je ne t’avais pas entendu.

Je souris et avance vers elle pour m’emparer de son beau visage.

— Hein, hein… Ce n’est pas comme ça qu’on accueille son homme.

Je l’embrasse à en perdre haleine comme j’en crève d’envie depuis que nous avons été séparés. Elle fond dans mes bras et me rend mon baiser en s’agrippant à moi.

— C’est comme ça qu’on fait, ajouté-je en plaisantant.

Lorsque je m’écarte d’elle pour pouvoir la contempler je constate qu’elle a les larmes aux yeux. J’en chasse délicatement une de mon pouce.

— Bébé ?

Elle déglutit.

— C’est juste que… Tu l’as tué… Pour moi… Puis tu as été embarqué… Et je… Je ne pensais pas te revoir.

Je la serre contre moi, pour tenter de la rassurer du mieux que je peux.

— Je suis là. Je ne vais nulle part.

Elle hoche la tête contre mon torse et finit par se reprendre. Je dépose un baiser sur le sommet de sa tête.

— Je vais me changer en vitesse dans ta salle de bain et on y va, d’accord ?

Elle acquiesce.

— Oui. J’ai presque terminé. Il ne me reste plus qu’à embarquer deux trois bricoles.

— Parfait.

Je l’embrasse brièvement, incapable de m’en empêcher, avant de quitter sa chambre. Le temps presse. Je m’engouffre dans la salle de bain et me passe sommairement de l’eau sur la tronche avant de me déshabiller. J’ouvre alors mon sac, et mon cœur rate un battement en avisant ce qui se trouve par-dessus mes propres affaires.

Un blouson en cuir.

Un blouson de femme.

Avec inscrit à l’arrière : Propriété de Teddy.

Putain de merde. Si je m’y attendais…

Je soulève précautionneusement le blouson entre mes mains et le contemple, ébahi. Si on m’avait dit il y a quelques mois de cela, que mon avenir serait heureux entre les cuisses de ma régulière, j’aurais éclaté de rire. Et pourtant !

Je décide de le poser de côté pour pouvoir le lui offrir au moment de regagner ma bécane. J’enfile rapidement mes fringues. Rien de très extravagant. Un jean, qui sera bien plus confortable qu’un pantalon en cuir. En effet, je ne sais pas encore où nous allons, ni combien de temps nous allons passer sur la route, autant la jouer confort. J’ajoute à ça un t-shirt noir et enfile mon propre blouson.

Je jette la tenue de détenu dans un coin et envoie un SMS à Hunter pour l’avertir qu’il vaudrait mieux la détruire. Il me répond que ce sera fait immédiatement après notre départ. Bien, mieux vaut ne pas laisser de trace. Je ne veux pas que quoi que ce soit puisse relier Sheila à moi aux yeux des autorités. Je ne veux pas qu’elle soit jugée comme complice.

Rassuré, je quitte la salle de bain en emportant mes affaires et son blouson, que je décide de dissimuler pour le moment. Sheila sort de sa chambre au même instant. Timing parfait.

Elle m’adresse un grand sourire.

— Tout est prêt. À nous l’aventure !

J’aimerais ressentir autant d’enthousiasme qu’elle, seulement je sais que je ne parviendrai à me détendre qu’au moment où il y aura assez de distance entre LA et nous. Après ça… Ce n’est pas tous les jours qu’on se voit offrir des « vacances », loin de tout, avec la femme qu’on aime. Ça n’arrive pour ainsi dire jamais dans notre milieu. Appartenir à un MC n’est pas une colonie de vacances. On ne connaît ni dimanche ni jour férié. Il va falloir m’y habituer. Fort heureusement, Sheila sera à mes côtés.

Nous quittons la maison côte à côte. Sheila ferme la porte d’entrée et glisse la clé sous un pot de fleurs. Je suis certain que son fils est au courant. Après ça, je tends une main dans sa direction. Elle entremêle ses doigts aux miens sans se faire prier. Je souris comme un con en la conduisant à ma moto.

Je m’affaire rapidement à la tâche de fixer nos bagages à l’arrière et quand c’est fait je me tourne vers elle. Le cœur au bord des lèvres, je soulève son blouson devant moi et demande la voix rendue rauque par l’émotion :

— Me ferais-tu l’honneur… ?

— Oh, Teddy… Oui ! Bien sûr que j’accepte d’être ta régulière.

Mon cœur bat la chamade alors que je lui enfile son blouson. Dans notre monde, porter un cuir au nom de son mec, c’est l’équivalent d’une demande en mariage. Merde. Je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions.

Je prends une de ses mains que je lève au-dessus de sa tête et la fais pivoter devant moi pour pouvoir l’admirer. Elle me sourit en arborant fièrement les couleurs de notre club, et mon nom dans son dos.

— Putain, c’est dingue ce que je t’aime !

Sheila éclate de rire et me saute dans les bras. Je la rattrape et noue ses jambes autour de mes hanches pour pouvoir l’embrasser. La revendiquer comme un biker le fait de sa régulière. Aux yeux de tous et pourtant indifférent au monde qui nous entoure.

En mettant fin au baiser, je la repose sur le sol et caresse tendrement sa joue.

— Tu es prête à y…

Tout s’enchaine très vite.

Je vois une voiture piler net devant chez Sheila.

Sa vitre s’abaisser.

Un flingue s’avancer.

Je hurle en poussant ma nana sur le côté.

J’entends une déflagration avant de sentir une vive douleur dans mon pectoral.

Et après ça ?

Black out total.

 

FIN

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