Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Manhon Tutin · Chapitre 6 sur 32

Pages du PDF

Teddy (Death Angels t. 3) (French Edition)

Chapitre 4

Los Angeles, Santa Clarita, maison ayant appartenue à Élisabeth Stryker

 

Après avoir picolé plus de bières que ce qui était raisonnable, nous nous sommes séparés pour la nuit. J’ai rejoint ma chambre en claquant la porte, les nerfs en pelote, tandis que Sheila est allée rejoindre notre Méghane qui commençait à se réveiller.

Je ne suis pas certain de trouver le sommeil. Je m’affale sur le lit et contemple le plafond pendant ce qui me parait un temps infini. Je déteste le silence. Il m’offre bien trop de temps pour me perdre dans ma tête, et ce n’est pas quelque chose d’enviable.

Dès que je suis seul, il n’y a plus aucun rempart pour maîtriser ce qui me ronge de l’intérieur. Machinalement, je pose ma main sur ma tempe, là où une balle m’a effleuré le jour où mon frère jumeau est mort.

Rien que de penser à Spencer, je défaille.

Spencer. Mon petit frère. Mon jumeau. Mon autre moitié.

Comment pourrait-il en être autrement ?

En plus d’être son ainé, de quelques minutes, mais croyez-moi à mes yeux ça comptait, j’étais également son supérieur dans les rangs de l’armée. Je me souviens encore de l’engueulade magistrale qui a éclaté lorsque j’ai découvert qu’il s’était engagé contre tout bon sens, derrière mon dos.

Pour faire comme toi, grand frère. Pour te prouver que moi aussi je peux être un dur à cuir.

Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas hurler ma douleur, ma rage, mon agonie, lorsque son visage si semblable au mien apparaît juste devant moi. Sauf qu’à la place du jeune homme plein de vie qu’il était, je l’aperçois exactement comme il l’était quand il est mort dans mes bras.

Lorsque j’ai failli à la mission de toute ma vie.

Lorsque j’ai échoué à protéger ce que j’avais de plus cher au monde.

Lorsque cette chienne de vie m’a privé de la moitié de mon âme…

Et sans même pouvoir contrôler les choses, merci l’alcool, je sombre dans l’inconscience, en sachant que le voyage ne sera pas de tout repos.

Semper Fi… mon cul.

***

Le décor se plante. Un putain de désert, aussi brûlant que l’enfer.

Il faisait tellement chaud, en plein milieu de cette putain d’étendue de sable, que nos regards étaient embrumés par notre sueur qui s’écoulait de tous les pores de notre peau. Nous étions en mission de reconnaissance pour tenter de débusquer l’une des planques d’un groupuscule terroriste qui commençait à faire un peu trop de vagues dans la région où nous étions implantés.

C’était une mission toute simple. On se déploie, on observe, et on rentre au bercail.

Nous l’avions déjà fait des centaines de fois, mon équipe et moi. Nous étions rodés, chacun savait exactement ce qu’il avait à faire.

Tout se passait pour le mieux.

C’était même trop beau pour être vrai.

Et en effet, ça l’était.

Pourquoi ?

Parce que nous sommes tombés tout droit dans un putain de piège. J’ai conduit mon équipe tout entière directement dans les bras de la Faucheuse. Les terroristes nous ont encerclés silencieusement, comme nous pensions le faire avec eux.

Ils ont attendu la tombée de la nuit, au moment où nous avons relâché notre vigilance juste avant de plier bagage et de retourner au camp… pour nous tomber dessus.

Nous n’avons pas immédiatement compris que nous étions attaqués, les premiers hommes tombés dans le sable ont eu la gorge tranchée.

C’est lorsque l’un d’entre eux a tenté de sauver sa vie… que le chaos s’est déchaîné.

Je ne me souviens plus de rien après ça. Et même dans mes cauchemars je ne revois pas la suite de l’attaque. J’aperçois simplement des flashs, comme si on accélérait un film devant mes yeux.

Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Je sais ce qui va arriver. Et je refuse de le revivre une fois encore.

Réveille-toi, connard ! Allez !

Impuissant, la scène se fige. Je me sens lever la main pour viser à bout portant un de ces enfoirés de terroristes, et m’apprêter à tirer alors que ce fils de pute s’avance vers moi. Et c’est là que dans mon champ de vision périphérique, un de ses potes se précipite vers moi avec une arme blanche.

Je n’ai alors pas le temps de réagir avant que mon frère ne se joigne à moi pour tenter de me tirer d’affaire.

Je tire. Ma cible tombe au sol, non sans m’avoir visé et atteint en pleine tempe. Là où se trouve ma cicatrice. Quand je tourne la tête, je vois mon frère au sol, un de nos ennemis au-dessus de lui, en train de lui trouer le bide de je ne sais combien de coups de couteau.

Son sang gicle. Ses cris me percent les tympans.

Je lève mon arme et vide mon chargeur sur l’enculé qui s’en prend à mon petit frère.

Trop tard.

En m’agenouillant à ses côtés, je m’efforce de contenir l’effusion de sang, en vain. Il y en a partout. Il y en a tellement que je ne parviens pas à compter le nombre de plaies sanguinolentes qui le recouvrent.

La mort est en chemin. Je le sais.

Mon jumeau est déjà en train de refroidir sous mes doigts, ses lèvres bleuissent, son regard se fait fuyant.

— Reste avec moi, Spence. Reste avec moi…

Je répète ça comme un mantra pendant un temps qui me parait infini. Seuls mes cris percent le silence de la nuit après le dernier souffle de mon frère. Je le prends dans mes bras et le berce comme je le ferai d’un nourrisson.

Ses yeux cadavériques si identiques aux miens me scrutent, me jugent, me sermonnent.

Je…

***

Je me réveille en hurlant. Je réalise que je suis en train de me griffer le visage, comme pour arracher ces horribles visions de mon esprit. Comme un automate, je m’empare du couteau qui se trouve toujours sous mon oreiller et le contemple comme s’il s’agissait d’un sublime trophée.

Sans même y réfléchir à deux fois, je me redresse, écarte les jambes et…

— Pose ce couteau ! hurle quelqu’un en me sautant dessus pour me faire perdre l’équilibre.

— Me touche pas putain ! crié-je en me débattant et en plongeant pour récupérer mon arme.

— Teddy, arrête ! Je t’en supplie ! sanglote-t-elle.

Je suis pris dans l’étau d’une furie, qui n’en a que faire que je la malmène, que je la repousse. Elle grimpe à califourchon sur mes cuisses et me plaque contre le matelas.

— Arrête ! Dégage ! Me touche pas, bordel !

Elle enfonce ses ongles dans la peau de mes épaules, et malgré moi je siffle de plaisir. D’apaisement. Putain, oui.

— Tu n’es pas seul, Teddy. Je suis là. Laisse-moi être là pour toi, bébé.

Je ferme les yeux et secoue la tête de droite à gauche. Non. C’est mal. C’est terriblement bon, mais c’est mal. C’est interdit.

Putain. Putain. Putain.

— Reste avec moi, bébé. Sors de ta tête pour moi, écoute ma voix.

Sheila. Ma Sheila.

Non connard ! Elle n’est pas à toi, elle est intouchable, elle est…

Je cours circuite littéralement quand elle se met à remuer en cercle contre moi, contre ma salope de queue qui réagit au quart de tour. Je bande comme un dingue.

Sheila me connaît. Elle a conscience des démons qui vivent en moi. Et pire que tout, elle sait comment les apaiser, comment me museler, comment me rendre incapable de lui résister. Et ce quand bien même je m’étais promis de ne plus la toucher. De ne plus commettre cette erreur.

Mais ça ne peut pas être une erreur pas vrai ? Une erreur ne peut pas être aussi délicieusement et douloureusement jouissive.

Je perds la dernière once de contrôle que je possède quand elle glisse sa main dans mon froc et qu’elle prend mes couilles entre ses doigts avant de les écraser.

— Bordel de merde, oui ! T’arrêtes pas, sifflé-je entre mes dents serrées.

— Jamais, réplique-t-elle avant de se pencher en avant et de se jeter sur mes lèvres comme une furie.

Ce baiser n’a rien de tendre. Cette étreinte n’a rien de romantique.

C’est bestial. C’est trivial.

C’est bandant.

Et putain, c’est revigorant.

Alors même qu’elle me maltraite pour me faire sortir de ma propre tête, je prends un pied de malade. Il n’y a que la douleur qui peut me faire revenir quand je suis parti aussi loin, et cette diablesse sait parfaitement comment allier douleur et plaisir.

Je suis entièrement à sa merci.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que je ne peux pas prendre les choses en main. De toute façon, foutu pour foutu…

Dès que sa main s’est posée sur ma peau, j’étais condamné. Autant me damner jusqu’au bout en prenant ce qui est mien.

Elle.

Qu’ils aillent tous au diable avec leurs foutues règles de mes deux !

— Sheila… soupiré-je, en nous faisant basculer pour recouvrir son corps du mien.

Elle pose une main sur ma joue. J’ouvre les yeux.

— Tu es là, dit-elle en me souriant. Je te vois.

Je déglutis et fonce sur ses lèvres. Je lui dévore la bouche comme l’affamé que je suis, je la déguste comme si elle était le plus délicieux des desserts. Nos langues se taquinent, nos dents s’entrechoquent. Elle donne autant qu’elle reçoit. C’est une putain de déesse. Sa peau est recouverte de frissons lorsque je la lèche de la commissure de ses lèvres jusqu’au lobe de son oreille.

Je m’autorise à nicher mon visage dans son cou, j’inhale son odeur qui me rend dingue.

— Je… Je ne…

J’essaye de lui faire comprendre que je suis sur la brèche, que je suis incapable de ralentir, de me contenir.

— Je sais. J’en ai envie. Laisse-moi être là pour toi, bébé.

Je sens les larmes couler sur mes joues alors que je lui écarte les jambes, lui soulève sa robe et glisse une main dans mon pantalon pour en sortir ma queue.

Je suis aux abois. Je me déteste.

Elle ne mérite pas ça. Je ne la mérite pas.

Elle devrait être traitée comme une reine et pas baisée comme une vulgaire putain pour apaiser mes tourments.

Sheila ne me laisse pas le temps de réagir, de tergiverser ou de changer d’avis. Elle enroule ses jambes autour de mes fesses, et ses doigts autour de ma queue. Elle cambre le dos pour se soulever et guide mon sexe en elle. Je pousse un grognement de plaisir en sentant la chaleur de sa chatte humide me recouvrir.

— Lâche-toi, bébé.

Et bordel, c’est ce que je fais. Je fais taire mes états d’âme en plongeant en plein cœur de son intimité. Encore et encore. Vigoureusement. Implacablement.

Elle s’agrippe à moi, vient à la rencontre de chacun de mes coups de reins, comme si le même brasier incandescent brûlait en elle.

Je sens rapidement tout mon corps se crisper, signe que je suis proche de la jouissance.

Mais je ne pourrais l’atteindre que si…

Comme si elle lisait en moi, Sheila glisse sa main entre nous et plante ses ongles dans la base de ma queue. Brutalement.

Et c’est la douleur qui me fait basculer.

Je me déverse en elle, en poussant un hurlement.

De plaisir ? De rage ? De désespoir ?

Pas la moindre foutue idée. Ça n’a pas la moindre importance, pas alors que les parois de son vagin compriment ma queue quand elle bascule à son tour.

Bordel.

Je ne l’ai pas ménagé, je n’ai pas pensé à son plaisir, et pourtant… elle jouit autour de moi.

Il faut croire que nos deux êtres se complètent, comme en symbiose.

Et même si je sais que je le regretterai quand le jour se lèvera, j’ai également conscience que je chérirai cet instant volé jusqu’à mon tout dernier souffle.

Qui ne saurait tarder si Cullen découvre que j’ai posé mes sales pattes sur sa mère.

OceanofPDF.com