Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom
13 - Plantations
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Plantations
Une heure après, il en était encore à chercher des piquets. Dix. Pour les dix plants de tomates qu'il a pris chez les voisins ce matin. Pas facile à trouver. Il faut qu'ils soient assez hauts, et puis aussi assez droits. Il a fini par trouver. Et il a tout planté. Les deux petits fruitiers avec. Un gros boulot.
Maintenant, il se repose, assis sur les marches du perron de chez Madeleine, et regarde les deux vieilles bêtes faire leur tour. Il laisse la porte et la fenêtre grandes ouvertes, pour aérer la maison. L'odeur de pisse de chat est toujours aussi forte. Il se dit qu'il va devoir demander à Joss comment faire pour s'en débarasser. Elle sait sûrement. Elle travaille chez des vieux. Ils ont souvent des chats. Mais il va falloir qu'il la joue fine. Qu'elle ne se demande pas pourquoi il veut savoir ça. Il ne veut pas lui parler de Madeleine. Si elle est vraiment fâchée avec elle, à cause de la vaisselle cassée, elle lui interdirait peut-être de revenir. Et le chat et le chien mourraient de faim. Les pauvres vieux. De toute façon, maintenant, avec toutes les plantations qu'il vient de faire, il est obligé de revenir. Tous les jours. Pour arroser et puis… tout le reste. Et elle sera bien contente, Joss, quand il rapportera des tas de tomates à la maison. Et pas deux par personne, comme il fait toujours. C'est ce qu'ils ont décidé ensemble, quand ils sont arrivés là, et qu'ils ont commencé à manquer de tout. De ne pas prendre plus qu'il ne faut. Joss dit qu'ils ne sont pas des vrais voleurs. Qu'ils font juste des emprunts. Et toujours où il y en a trop. Mais ce n'est pas facile pour Tom. Il n'est jamais rassasié. Là, par exemple, il a une faim de loup.
– Balourd ! Le Mité !
Il n'a pas pensé à demander à Madeleine comment s'appelaient ses bêtes, alors il leur a donné des noms, en attendant. Ils ont l'air de se reconnaître. Ils reviennent tranquillement. Ils ne sont pas pressés du tout. Surtout Le Mité. Il s'arrête près de l'arbre, se fait un peu les griffes sur le tronc, en regardant Tom par en dessous. L'air de dire : Je rentre si je veux, petit. T'as compris ? Mais Tom ne se laisse pas démonter. Il va chercher les croquettes. Secoue bien le sac. Ça marche. Ils se pressent un peu plus. Mais pas trop, quand même.
Puis Tom referme la porte à clef.
– À demain. Si vous êtes sages, évidemment…
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