Tu Es Mort
18 Mapeeta
18
MAPEETA
À 3h10, Jason était éveillé comme en plein jour. Il quitta le porche et se rendit dans son bureau, alluma la lumière et ouvrit l’armoire en chêne. Sur l’étagère du haut se trouvait une boîte contenant les fantômes de son passé, qui l’avait suivi lors de ses déménagements successifs.
Jason la déposa sur le bureau et l’examina longuement dans le silence de la pièce, avide de retrouver un semblant de paix intérieure. Il savait que cette impression de bien-être ne durerait pas.
Il souleva le couvercle de la boîte et s’empara du premier objet qui s’y trouvait, un album à la couverture bleu gris dans lequel il conservait les photos de son enfance. Il le plaça à côté de la boîte et tira de celle-ci toute une série de petits carnets noircis de notes, ainsi que d’autres photos.
Jason dessinait constamment lorsqu’il était enfant et il retrouva ses vieux croquis au fond de la boîte. L’angoisse ressurgissait déjà. Des flammes s’étalaient sur nombre de ses dessins : une maison en feu, un arbre en train de brûler, un soleil incandescent.
Avec le recul, il lui fallait bien admettre que ses talents picturaux étaient limités à l’époque, et le temps n’avait guère aiguisé ses dons en la matière. Des croquis bruts de décoffrage, abstraits, enfantins.
Ils n’en apportaient pas moins la preuve que son obsession du feu était solidement ancrée en lui. Sur un autre dessin, il découvrit une dizaine de pierres tombales mal alignées, probablement dans un cimetière. Il posa la feuille sur son bureau et l’aplatit avec la paume de la main. Les tombes, en flammes, étaient enveloppées dans un large nuage rougeoyant. Sur la sépulture du milieu s’étalait un mot, tracé d’une main d’enfant.
Mapeeta.
Sa mémoire ne l’avait donc pas trompé en lui rappelant brusquement ce croquis. Il s’enfonça dans son siège, se passa les mains dans les cheveux et se massa les ailes du nez à l’aide de ses index.
Maïkay. Mapeeta.
Les mots étaient différents, mais voisins. Qu’avait-il bien pu vouloir dire en traçant le second sur cette tombe, un quart de siècle plus tôt ? Dans sa tête se matérialisa la silhouette de son oncle Chris. Il les avait tous bernés en leur cachant le cancer incurable dont il était atteint, mais aussi la dépression qui en avait résulté. Il n’avait jamais souhaité leur révéler l’ampleur de ses souffrances, avant de se pendre en laissant derrière lui un petit mot. Jason aurait aimé l’aider, mais Chris ne lui en avait pas donné l’occasion. Il n’avait laissé à personne la possibilité de lui venir en aide.
Le Chris qu’il voyait derrière ses paupières closes était non seulement en parfaite santé, il avait vingt ou trente ans de moins. Sa barbe n’était pas aussi longue que par la suite et ses cheveux, moins gris, lui ôtaient toute ressemblance avec le Père Noël. Ses lèvres bougeaient, Chris tentait de lui parler, mais Jason ne l’entendait pas. Il crut pourtant reconnaître le mot qu’il prononçait. Un mot jailli des profondeurs de sa mémoire, tel un dauphin prêt à bondir hors de l’eau : Mapeeta.
*
En se réveillant, Kayla s’étonna de ne pas trouver Jason à côté d’elle. Elle bâilla, s’étira et rassembla son courage avant de quitter la chaleur du lit. Elle extirpa ses jambes et chaussa ses pantoufles, se leva, enfila un peignoir et se mit en quête de son mari.
Elle le découvrit devant son ordinateur. Elle prit ostensiblement le réveil Donald posé sur l’imposant bureau en chêne qui monopolisait l’espace exigu de la pièce et regarda longuement le cadran.
— Il est 5h08 et nous sommes dimanche matin. Je te signale que tu devrais être au lit. La seule raison valable de te lever aussi tôt serait de me préparer un thé.
Elle s’en voulait encore de sa colère froide de la veille.
— Une tasse de thé pour madame, répondit-il joyeusement.
Elle se pencha pour l’embrasser sur ses joues mal rasées et son regard se posa sur l’écran.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Des recherches.
— Mais encore ?
— Je te trouve bien curieuse, de si bon matin.
— C’est toi qui me rends curieuse.
— Pourquoi ne pas tout t’expliquer en prenant un petit-déjeuner ? suggéra-t-il.
— Vendu.
*
Il lui parla de ce mot énigmatique dont le souvenir lui était brusquement revenu. Il omit toutefois de lui raconter comment elle s’était transformée en torche vivante dans son rêve et ne lui parla pas de ce dessin d’enfant retrouvé au fond d’une boîte, ni de l’oncle Chris prononçant ce même mot. Il voulait lui éviter de sombrer dans un nouvel épisode dépressif.
— Mapeeta, répéta-t-il comme il croyait l’avoir entendu de la bouche de son oncle. Un mot qui commence par la lettre M, comme sur la photo, et qui n’est pas sans évoquer Maïkay.
— Tu crois que ce M désigne Maïkay ou Mapeeta ? Et d’abord, que signifie Mapeeta ?
— Je ne sais pas du tout. C’est un terme pour le moins énigmatique.
— On dirait un nom de divinité indienne.
— Pas d’après Google. On n’obtient aucun résultat en tapant Mapeeta, mais je serais surpris que ça ne veuille rien dire.
— Je suis d’accord, mais quoi ?
Il se leva en haussant les épaules.
— Une autre viennoiserie ?
Il lui tendit la corbeille à pain dans laquelle elle piocha un croissant.
— Alors, Jason ? Que peut bien signifier Mapeeta ?
Il prit un petit pain, le coupa en deux et le garnit de confiture.
— Je n’en ai aucune idée. C’est même pour cette raison que j’interrogeais Google. Il faut bien commencer quelque part.
Elle le regarda, son croissant à la main.
— Cette histoire de Mapeeta t’est venue comme ça, sans crier gare ?
— Oui.
Il mentait sans mentir. Le mot avait jailli des profondeurs de sa mémoire, à la façon de ces trésors que rejette parfois la mer, mais il était vrai qu’il l’avait utilisé lui-même sur un dessin, bien des années plus tôt.
— J’en arrive à me poser des questions sur son orthographe. Je me demande si…
Il posa sur sa femme un regard pensif.
— Je ne l’épelle peut-être pas correctement.
Kayla se versa un verre d’orange pressée.
— Pour tout t’avouer, j’avais espéré oublier cette histoire, pour une fois.
Jason savait qu’elle souffrait de la situation. Kayla souhaitait parler d’avenir, avoir des enfants, être heureuse. Il n’en prit pas moins un air buté.
— J’ai besoin de savoir, Kayla. Sinon, je ne trouverai jamais la paix. C’est pour cette raison que je m’entête.
Quoi qu’elle en pense, il refusait d’abandonner.
*
Le petit-déjeuner terminé, Kayla nettoya la table, laissant Jason retourner dans son bureau où l’attendait sans doute de nouvelles recherches sur Google.
Elle tira la porte-fenêtre coulissante, mit le torchon humide à sécher sur un fauteuil d’extérieur et prit le temps d’admirer le paysage qu’éclairait le soleil levant. Elle fronça les sourcils en entendant des exclamations énervées sur sa droite. Elle tendit le cou et s’approcha de la haie. Allan, leur voisin, se battait avec un tuyau d’arrosage récalcitrant. Une ombre de sourire passa sur les lèvres de Kayla. Elle fit volte-face et rentra dans la maison où la gravité du moment la rattrapa aussitôt.
Mapeeta. Elle prononça le mot à voix haute et lui trouva une sonorité inquiétante.
Son regard s’arrêta sur le calendrier où s’étalait une inscription rédigée par ses soins à la date de ce dimanche. Elle avait prévu un jogging avec Simone. Les deux jeunes femmes s’étaient connues à l’époque où elles étaient toutes deux serveuses au Duchess et elles étaient devenues très proches.
Kayla avait totalement oublié ce rendez-vous. Elle hésita à appeler son amie afin d’annuler, avant de changer d’avis.
Ça me fera du bien de prendre un peu l’air.
Retrouver Simone était encore le meilleur moyen d’échapper à ses soucis du moment, aux questions qui la taraudaient. Pas seulement au sujet de Jason.
Ralph était fasciné par la mort, lui aussi. Il éprouvait une véritable obsession pour son corps et sa santé. Il n’avalait que des produits sains, refusait de rester dans une pièce en présence de fumeurs, se montrait de mauvaise humeur lorsqu’il lui arrivait de ne pas aller un soir à son club de sport. Il traversait parfois des périodes de dépression, jugeant la vie bien trop courte à son goût. Kayla le raillait fréquemment à ce propos. Ça passe tellement vite, quatre-vingts ans.
La boutade n’amusait guère Ralph.
« Je ne vivrai jamais aussi vieux, Kayla, lui avait-il déclaré un jour de spleen. Je mourrai jeune, je le sais. »
Elle lui répétait constamment d’arrêter de l’effrayer inutilement. Elle avait souvent repensé aux propos prémonitoires de Ralph après sa crise cardiaque, elle en avait même parlé à des personnes confrontées à des expériences similaires. De toutes les histoires étonnantes qu’elle avait pu entendre, la plus frappante était celle de Matthew Henson, un membre de l’une des associations auxquelles elle appartenait.
Matthew et sa petite amie Claire avaient eu le coup de foudre. Ils étaient faits l’un pour l’autre et le destin s’était chargé de les réunir. Rien ne semblait devoir entraver leur bonheur et ils avaient pris la décision de se marier cinq mois après leur rencontre. Matthew avait vingt-cinq ans à l’époque, elle en avait trois de moins.
L’histoire aurait dû s’arrêter là, jusqu’à ce que Claire se mette brusquement à changer. Elle avait un comportement bizarre, ressentait constamment le besoin que Matthew lui dise qu’il l’aimait, même dans des circonstances délicates, lorsqu’il se trouvait en réunion ou au café avec des amis. Elle l’appelait sur son portable en exigeant de savoir à quel point il l’aimait. Cette manie, si elle lui semblait romantique au début, avait fini par lui peser. Lorsqu’il avait interrogé Claire à ce sujet, elle avait été incapable de lui répondre, affirmant obéir à un besoin impérieux.
Claire était tombée malade peu après. Le médecin, ne comprenant pas de quoi elle souffrait, lui avait conseillé de procéder à des examens à l’hôpital. La situation s’était rapidement détériorée et les spécialistes avaient diagnostiqué un cancer généralisé qui lui laissait une espérance de vie de trois à six semaines. Elle n’avait pas tenu plus de cinq jours.
Lorsque Kayla avait demandé à Matthew si Claire avait eu la prémonition de sa mort, il avait hoché la tête. Tout en lui avouant son amour, Claire lui avait clairement expliqué que « l’autre » était le plus fort. Matthew l’avait tout naturellement interrogée au sujet de cet « autre » et Kayla n’oublierait jamais les propos de Claire, tels que Matthew les lui avait rapportés.
« Dieu me rappelle à Lui, je n’ai pas le choix. »
Claire avait toujours su que ses jours étaient comptés.
Tout comme Ralph, qui n’avait pas trente ans au moment de sa disparition. Que se serait-il passé si sa maladie de cœur avait été détectée à temps ? Aurait-il survécu, ou bien aurait-il été emporté par un autre mal ? La même question se posait dans le cas de Claire. L’appel de Dieu était-il inévitable ? Aurait-elle été victime d’une autre affection si l’on avait pu guérir son cancer ?
Kayla se jugeait en partie responsable de la mort de Ralph. Elle s’en voulait de ne pas l’avoir envoyé chez un généraliste qui lui aurait communiqué l’adresse d’un spécialiste, sachant que…
Si elle l’avait fait, Ralph serait toujours vivant et elle serait son épouse à cette heure. Sauf qu’elle ne lui avait jamais demandé de consulter un médecin, le croyant en parfaite santé. Elle s’était même moquée de ses prémonitions. Sans avoir de raison sérieuse de s’en vouloir, elle éprouvait une certaine culpabilité. Et voilà que tout recommençait avec Jason, ses Polaroid mystérieux et ses cauchemars inquiétants. La créature de feu qui hantait ses rêves ajoutait à l’ensemble une touche occulte qu’elle détestait. Elle nageait en plein cauchemar depuis l’irruption de ces photos. Elle aurait voulu pouvoir se réveiller par un matin lumineux, loin des ténèbres dans lesquelles elle se débattait.
Je veux tout simplement être heureuse avec Jason, avoir des enfants et mener une vie de famille paisible. Est-ce trop demander ?
Elle dut s’appuyer sur le plan de travail, vidée. Sa séance de jogging avec Simone était la bienvenue pour recharger ses batteries.
*
Sa femme partie, Jason reprit ses recherches sur Internet dans l’espoir d’élucider le mystère des mots Mapeeta et Maïkay.
Il repensa à la disparition de Rose Salladay. Après ses obsèques, Kayla n’avait plus mis le nez dehors pendant des semaines, et tous les efforts de Jason pour la réconforter s’étaient révélés contre-productifs. Un jour où il l’enjoignait de ne pas se laisser aller de la sorte, quelle que soit l’horreur de la situation, elle était devenue hystérique. « Je t’interdis de me dire ce que je suis censée ressentir, Jason Evans ! » avait-elle hurlé, au comble de la fureur, avant de lancer contre un mur deux tasses de porcelaine qui avaient volé en éclats. Depuis cette scène, Jason marchait sur des œufs dès qu’il était question de la mort. Il avait fini par comprendre ce qui heurtait le plus Kayla : Rose n’avait que trente-trois ans lors de son accident, sa mort lui apparaissait comme le comble de l’injustice.
Jason tambourina des doigts sur le plateau du bureau. De l’autre côté de la fenêtre, les canyons dessinaient des courbes d’un bleu gris magnifique. Il fit des yeux le tour de la pièce et son regard s’arrêta sur la plante verte, seule étincelle de vie dans ce bureau exigu. Jason la surnommait le roseau, ne se souvenant jamais de son nom latin.
L’écran, désespérément vide, n’affichait aucun résultat pour le mot Mapeeta.
— Essayons avec un autre mot, marmonna-t-il.
Il tapa Maïkay sur le clavier.
Cette fois, le moteur de recherche annonça plusieurs milliers de résultats qu’il fit défiler sur l’écran. Mai Kay était un patronyme oriental et renvoyait à plusieurs vidéos de chansons sur YouTube. Il cliqua sur les liens qu’on lui proposait sans rien découvrir de probant.
Une petite voix dans sa tête lui souffla de tenter à nouveau sa chance avec des orthographes différentes.
Il commença par taper mapitaa.
Le terme était inconnu, mais Google lui conseillait l’orthographe mapita. Il obtint aussitôt d’innombrables résultats, correspondant pour la plupart à des sites en espagnol. Il cliqua sur les premiers : une région montagneuse en Argentine, une autre en Espagne, une partie de la Guinée, une entreprise pharmaceutique…
Jason, découragé, se prit la tête entre les mains.
Maïkay. Mapeeta. Mapitaa. Mapita. M.
Et ensuite ?
Les Polaroid, posés à côté de lui, le narguaient. Il les étudia pour la millième fois en s’intéressant tout particulièrement à la troisième photo, hypnotisé par la lettre M qu’il scrutait à la façon d’un magicien prêt à voir sortir un lapin de son chapeau.
Il prononça à voix haute le mot Mapeeta, s’évertuant à imaginer toutes les prononciations possibles. Il se figea sur son siège. Une pensée fragile, remontée des profondeurs de sa mémoire, avait brusquement retrouvé la liberté.
Il avait mal compris. Le mot n’était pas Mapeeta.
Il tapa deux mots sur son clavier : Mont Pytha.
Il valida et Google lui signala l’existence de deux cent mille résultats liés à la ville de Mont Pytha, aux confins de l’Arizona et du Nevada. Il en connaissait l’existence pour être passé tout près de là avec Kayla l’année précédente, en allant visiter le Grand Canyon. Mont Pytha se trouvait à mi-chemin entre l’Interstate 15 menant à Las Vegas et la 40 qui allait vers Flagstaff.
Il cliqua sur le premier lien, montpytha.com, et le site officiel de la ville s’afficha à l’écran. On y trouvait des informations sur la mairie, les activités touristiques ou encore l’aéroport local, agrémentées de photos des environs. Il parcourut le site en se demandant s’il touchait au but.
Il éprouva soudainement le besoin impérieux d’aller sur place, pressé par une voix invisible qui lui murmurait de s’y rendre. Pour un peu, il se serait rué sur les clés de sa voiture.
La partie la plus rationnelle de son cerveau tempéra son ardeur.
Pas si vite. Tu n’as jamais mis les pieds à Mont Pytha. Tu ne sais pas ce que tu y chercheras.
Il s’enfouit le visage dans les mains et tenta de mettre un semblant d’ordre dans ses pensées décousues.
Je dois absolument me rendre à Mont Pytha.
Il n’arrivait pas à se débarrasser de cette idée obsédante. Mais pourquoi ?
Parce qu’un indice important m’y attend.
Il saisit son dessin d’enfant sur lequel se dressaient les stèles en feu, le mot Mapeeta tracé en grosses lettres.
Et si le cimetière se trouvait là-bas ?
La question avait jailli dans sa tête à la façon d’une révélation. Son instinct lui soufflait que la clé du mystère se trouvait à Mont Pytha.
La raison reprit ses droits. Comment pouvait-il en être sûr ? Il avait envie d’y croire et son imagination lui jouait des tours. Il n’était qu’un pantin désarticulé emporté par la tourmente.
Et si…
Et s’il découvrait vraiment ce cimetière à Mont Pytha ? La pierre tombale de la troisième photo ? Les pensées s’enchaînaient à toute allure. La tombe sur laquelle avait été ajoutée la lettre M signalait probablement le nom du défunt.
Tu es mort ! Tu crois être vivant, mais tu n’existes pas…
La formule signifiait peut-être que…
C’est mon nom qui figure sur cette tombe !
La joie d’avoir enfin découvert une piste s’estompa en un éclair.
Me voilà revenu à mon point de départ, c’est complètement ridicule.
Il était vivant, bien vivant, et comptait le rester encore de longues années.
Une autre explication se fit jour, que Jason laissa s’épanouir lentement.
Il prit longuement sa respiration, jaillit de son siège et serra les bras sur son ventre. Pris de crampes d’estomac terribles, il eut tout juste le temps de courir à l’extérieur et de se pencher au-dessus de la rambarde du porche avant de vomir. Son malaise finit par s’éloigner.
Il leva les yeux en direction du soleil. Loin de détourner le regard, il se laissa hypnotiser par la boule blanche qui illuminait le ciel.
Jason comprit alors comment il avait pu mourir.
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